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DE CES DEUX PEUPLES

XXXin. Si j'ai soumis le monde babylonien à un examen aussi minutieux, ce n'est pas avec l'intention de passer en

lY. RACE DBS ARTAS ET DBS SÉMITBS. § 33. 266

reyae la part de civilisation que les Aryas ont reçue des Sémites ou, en termes juridiques, pour faire l^inventaire de cette succession. Mes recherches avaient une autre utilité : la possibitité qu'elles m'offraient dans une si large mesure, d'établir d'une manière irréfutable ma théorie sur le rapport de causalité entre le sol et ses habitants. Nom que cette preuve fût nécessaire pour le Babylonien lui-même, car il sufSsait de signaler simplement tout ce qui lui appartient dans la culture des Indo-européens. Ce but pouvait être atteint sans étudier le processus du progrès à Babylone, sa spontanéité, ou son éclosion sous l'influence de l'habitat. Mon objectif dans cette démonstration était l'Âryas plutôt que le Babylonien; — j'entends l'Aryas dans sa patrie originaire; — la preuve faite pour le Babylonien devait trouver son application à l'Aryas. C'est donc chez le Babylonien que je compte établir la thèse que j'applique à l'Aryas : le sol est tout le peuple. Si le tableau du monde babylonien ne m'avait ouvert les yeux, je n'aurais guère pu reconnaître que, pour l'Aryas également, pour sa civilisation et sa race, le sol de la patrie a tout fait. En démontrant dans les détails l'influence de ce facteur sur le Babylonien, j'ai établi des comparaisons avec l'Aryas ; cela me paraissait plus opportun que des vues d'ensemble exclusivement consacrées à la preuve de l'influence du milieu sur la civilisation de l'Aryas. Cette étude n'aurait pu trouver place que dans le premier livre, mais la notion du rapport de causalité entre le sol et le peuple y faisait défaut, et il a fallu les exemples empruntés au Babylonien pour l'introduire dans le second. Ma méthode qui, pour chaque particularité, compare l'Aryas au Babylonien, devait du reste donner plus d'évidence à ma proposition, dans son application aryenne. La démonstration faite pour le Babylonien indiquait d'avance la solution du problème pour l'Aryas. Chez chacun des deux peuples la difirence de civilisation doit être mise exclusivement au compte de leur patrie. J'essaierai dans les paragraphes suivants la

266 LIVRE II. — ARYAS BT SEMITES.

même démonstration par rapport à la différence de leur race respective.

Je vais aborder un terrain très glissant, et par cela même soigneusement évite jusqu'ici. Qu'est-ce que les historiens, nos prédécesseurs, ont trouvé à dire de la race du Babylonien et de l'Arjas? Rien ; il y a là pour eux un rr historique qu'ils laissent de côté. Et la question de savoir comment cette race s'est formée? C'est Vx à la deuxième puissance, deux inconnues au lieu d'une! Je ne puis que paraître téméraire en n'évitant pas le problème, car il doit d'avance paraître insoluble à tout le monde. Je vais indiquer le moyen par lequel j'espère néanmoins le résoudre.

Je vais procéder par déduction ; j'argumenterai de la religion des deux peuples. L'homme se peint dans ses dieux; — tels les dieux, tels les hommes. La proposition : Dieu créa l'homme à son image, peut se retourner: l'homme s'est créé Dieu à son image. Si donc nous voulons savoir comment nous devons nous représenter les Sémites et les Aryas, tournons nous vers leurs Dieux, nous y trouverons le reflet de leur propre image. J'examinerai ensuite les conditions respectives de leur vie extérieure. Les peuples et les individus ne se trouvent point sur la même ligne quant à l'influence qu'exe^ cent sur eux les conditions de leur vie extérieure. A son entrée dans le monde, l'individu porte en lui le germe de l'homme futur, germe qui peut être si tenace, si âpre et si dur que toutes les modalités ultérieures de la vie ne peuvent l'atteindre que fort peu. Les peuples au contraire n'apportent rien sur terre, ils deviennent ; ils sont comme une tablette vierge de toute écriture, et ce que l'on peut lire en eux après des milliers d'années d'existence est exclusivement l'œuvre de l'histoire. Au contraire, les caractéristiques constatées chez l'individu à la fln de sa carrière, existaient déjà dans leurs traits fondamentaux lors de sa naissance; les contours de sa vie extérieure ont seuls pu subir des modiflcations. Le délai que la nature accorde pour agir sur l'homme isolé est

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