‹ Les Indo-Européens avant l'histoireChapitre 141 sur 215 · I. VBR SACRUM · texte numérisé non relu

I. VBR SACRUM

telles qae les embarras extrêmes en temps de gaerre, les épidémies y etc. qui amenaient le ver sacrum. De qaelle natare peat avoir été la cause qui porta les Aryas à émigrer ?

Nous pouvons répondre avec une vraisemblance, à mon avis, voisine de la certitude, que c'était la pléthore, l'excès de population. Ainsi s'explique qu'une portion seulement du peuple, c.-à-d. la partie excédante, pour laquelle les aliments ne suffisaient plus, quitta le sol de la patrie. Ce ne peut avoir été le choc d*un ennemi vainqueur, qui détermina si souvent les Germains à la même résolution. Pour les Arjas^ invincibles par le nombre, aucun ennemi n'était redoutable ; sinon, le peuple entier, et non pas une fraction, eût dû prendre la fuite, comme il arriva chez les Germains. Une épidémie ne peut davantage avoir été le motif déterminant ; des individus isoles peuvent se soustraire à la contagion par la fuite, une masse de peuple composée de milliers d'hommes emporte la maladie avec elle. Le cas d'une famine accidentelle et passagère est peu vraisemblable; elle ne pouvait menacer les pâtres aryens que sous la forme d'une épizootie, et en pareille occurrence, l'abandon de la mère patrie était aussi peu efficace que dans la première hypothèse. Lorsque le pays suffit en général pour nourrir la population, une crise temporaire ne la décide pas à quitter le sol natal.

L'oppression politique et sociale, sous laquelle gémissait la plèbe romaine, fit surgir plus d'une fois des projets d'émigration. Mais ce motif encore ne peut avoir existé. On ne trouve chez les Aryas aucune trace d'opposition de classes dominantes et opprimées, ni d'exploitation des pauvres par les riches ; cela ne date en tous pays, que de l'époque du capitalisme.

Il ne reste ainsi que l'excès de population, qui ne se produit nulle part aussi facilement que chez un peuple pastoral. La même superficie qui, par une culture rudimentaire, suffit ^ Ventre tien de dix familles^ et eu nourrit cent grâce â une

agriculture perfectionnée, ne sustente qu'une seule famille de pâtres. Si l'on songe qu'à l'époque où la branche indoeuropéenne se sépara de lui, le peuple aryen avait une existence de plusieurs milliers d'années, on comprend que l'excès de population avait dû prendre des proportions telles qu'il ne restait plus d'autre moyen qu'une émigration en masse. La faim a chassé les Indo-européens de TAsie vers l'Europe; elle a déterminé leur mission historique ; pendant des milliers d'années elle a motivé leurs déplacements. Ce fut elle encore qui les débucha d'une seconde patrie, lorsque par suite de l'imperfection de leur agriculture, le sol leur refusa de nouveau la subsistance ; même dans une troisième, ils ne purent trouver le repos. Bien avant dans l'époque historique, les Celtes et les Germains recourent à l'émigration; partout c'est de la terre qu'ils réclament i grands cris, ils sont prêts à déposer les armes lorsqu'on satisfait à cette exigence. Ce ne fut pas l'insuffisance du sol qui les y força, mais l'ignorance de l'agriculture. A mesure que celle-ci se développa, la nécessité d'émigrer décrût et c'est ainsi que l'on peut expliquer que les Grecs et les Latins ne furent point forcés d'y recourir et réussirent à se tirer d'affaire en expédiant des colonies. Ce n'est qu'au sujet des Samnites que Ton mentionne des émigrations souvent répétées ['^"), mais c'était un peuple de pâtres, auquel le motif indiqué ne s'applique point. Dotez les Aryas de la charrue, et l'histoire de l'Europe aura une autre face; plutôt que du sang aryen, ce serait vraisemblablement du sang sémite qui coulerait dans les veines de l'Européen. L'Europe a toujours attiré les Sémites. Dès la première occupation de l'Occident par l' Aryas, nous rencontrons le Sémite dans les établissements commerciaux des Phéniciens du

(*7") Varro de R. R. 3, 16, 29, qui inroquâ le motif signalé ci-dessus : ut olim crebro Sabini facMaverunt propter multitudinbm libbborum.

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