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La composition de la troupe émigrante dans le ver sacrum

Ce sont les jeunes gens qui quittent la ville, j'entends les jeunes gens des deux sexes, et ils ne se décident point de leur propre mouvement, mais ils sont chassés ; nos renseignements sont formels. Recherchons si ces trois éléments, — la jeunesse, des deux sexes, la contrainte — se sont également reproduits dans le départ des Aryas de leur patrie.

Le second à coup sûr: les Arjas ont emmené leurs femmes. Leur exode se distinguait ainsi d'une expédition guerrière, tendant au butin ou à la conquête, à laquelle ne prenaient part que des hommes, tandis que les femmes restaient à la maison, comme dans les courses des Normands. Cette participation imprimait à l'entreprise le cachet d'une émigration. La présence des femmes suppose l'abandon définitif du sol natal et la recherche d'une autre patrie (comme dans les déplacements des Germains à l'époque de la migration des peuples). Lorsque les hommes seuls partent, on a en vue une expédition guerrière et le retour au pays.

Il est tout aussi certain que le premier élément, tel qu'il se rencontre dans le ver sacrum^ ne peut avoir existé dans l'exode des Aryas. On ne renvoyait pas les nouveaux nés d'une année entière, mais seulement les enfants mis au monde au printemps. Les Romains avaient de bonnes raisons pour se tenir dans des limites aussi étroites; ils devaient ménager ce qu'ils avaient de meilleur : leur force nationale. Pour le but qu'ils poursuivaient dans le ver sacrum, pour

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jBgurer rëmigration de l'ëpoque primitive, une petite troupe suflSsait. Or, il s'agit ëyidemment ici d'un dëpart. Ils procédaient de la même façon ailleurs, p. ex. en matière de re?endication, où un bateau, un fonds de terre, un troupeau devaient être reprësentës en justice par un morceau de bois, une motte de terre, un mouton.: pars pro toCo. Nous verrons plus loin pourquoi ils choisissaient justement les enfants nés au printemps.

Cette parcimonie extrême apportée à la composition de la troupe expulsëe montre que le motif de Texpëdicion n'était pas vëritable, n'avait pas sa cause, comme s'il s'était agi d'une émigration réelle, dans un excès de population dont on voulait se délivrer par le renvoi de l'excédent, mais que le ver sacrum avait uniquement un but figuratif. Chez les Romains, on n'attribue jamais le "otr sacrum à la surabondance des habitants, mais à d'autres calamités : la peste, les misères de la guerre, auxquelles l'émigration n'apporte pas le moindre remède. Du reste la circonstance que l'exécution du "otr sacrum était séparée du vœu même par un espace de vingt à vingt et un ans ne permet pas Tliypothèse de l'application d'un remède à une population trop dense.

L'émigration, dans le ver sacrum, n'avait donc pas de but réel. C'est ce qui la distingue de celle des Aryas, chez qui le motif était véritable ; 11 s'agissait de se débarrasser d'un excédent de population qui ne pouvait trouver une nonr^ riture suflSsante dans la patrie. De là résulte que cet exode devait avoir de toutes autres proportions que dans le ver sacrum. Pour venir en aide au peuple, une partie notable des habitants devait émigrer, et l'intérêt des émigrants eux-mêmes exigeait qu'ils fussent nombreux ; ils devaient se compter par milliers, voire par centaines de mille, s'ils voulaient emporter la perspective de briser la résistance à laquelle ils devaient s'attendre à l'étranger. Le fait qu'ils y ont réussi prouve que cette supposition est fondée. Nous

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