‹ Les Indo-Européens avant l'histoireChapitre 163 sur 215 · II. CCNSERYATION DS LÀ TRADITION · texte numérisé non relu

II. CCNSERYATION DS LÀ TRADITION

les autres consenrèrent leurs foyers. Le ver sacrum des Romains semble être la copie de cette situation, ce qui prouve, non seulement qu'elle exista à Tëpoque primitive, mais encore qu'elle se renouvela fréquemment pendant la migration .

A chaque abandon de la patrie par une partie du peuple, il j avait un nouveau motif pour prendre congé des parents, des amis, des voisins et de la terre ; la continuité de la tradition ancienne jusqu'à l'établissement à poste fixe était ainsi assurée. Les liens rattachant au passé les deux fêtes, Oaristia et Terminalia^ sont donc incontestables, et le doute soulevé tout à l'heure ne saurait être maintenu. La fixation de ces solennités, dans le calendrier romain, aux 22 et 23 février, en concordance avec la dernière semaine de ce mois, consacrée aux feralia^ et avec les cérémonies accomplies dans le temple de Yesta au premier mars, ne laisse subsister aucun doute sur l'idée qui les inspirait : c'était l'imitation des faits qui avaient accompagné le départ de la patrie; — quand elles eurent perdu leur signification réelle d'autrefois, elles devinrent la commémoration du temps primitif.

Si je ne me trompe en ce qui concerne le sens de ces fêtes, elles acquièrent la valeur d'un témoignage historique constatant la fréquence de séparations partielles. L'émigration fragmentaire, que symbolise le 'oer sacrum^ se rapproche considérablement de l'époque historique, et pour expliquer la longue persistance des souvenirs, nous ne sommes plus obligés de remonter au premier abandon de la patrie aryenne par le peuple migrateur. La survivance de ces souvenirs, la continuité de la tradition assurée par la fréquente réitération de l'acte originaire au cours de longues pérégrinations, se vérifie dans le ver sacrum aussi bien que dans les fêtes commémoratives dont le calendrier romain fixait la date.

A la suite du premier exode, les migrateurs essaimèrent

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donc fionyent. Le pays choisi par les ancêtres pour s*y fixer définitivement suffit d'abord aux besoins de la vie, mais un long sëjour et Taccroissement de la population durent nécessairement le rendre insuffisant. Par les mêmes causes, les conditions de Texistence furent alors ce qu*elles avaient été a Torigine et provoquèrent les mêmes résultats: les vieillards, les malades, les infirmes, les paresseux, les poltrons restèrent en arrière; les jeunes, les forts, les résolus, les courageux, les aventureux partirent. Qu'est-il advenu des premiers ? Ils ont disparu de la surface de la terre sans laisser de traces, le torrent dévastateur qui passa sur eux, Scythes, Avares, Mongols, etc. les a complètement emportés. Nous avons ainsi perdu des repères linguistiques qui indiqueraient le chemin suivi par les Indo-européens dans leur itinéraire de l'Iran jusqu'à la Russie méridionale. On n'a pas encore découvert, que je sache, dans tout ce vaste espace, une seule peuplade dont l'idiome révèle une parenté avec le sanscrit; la constatation de pareilles enclaves nous fournirait des témoins linguistiques des étapes aryennes.

Je termine ici mes recherches sur le ver sacrun et le calendrier romain, mais je dois m'arrêter encore un moment sur les résultats obtenus. Nous avons prouvé que dans l'un et l'autre se trouvent figurativement fixés les faits qui ont accompagné le départ lors de chacun des exodes successifs. Il y a là deux éléments dont l'importance doit être mise en lumière : chacun des exodes^ et figura'^ tivement.

Remarquons avant tout qu'il s'agit, non pas des faits concomitants du premier départ^ mais de ceux qui entourèrent chacun des exodes successifs. Je ne saurais assez insister sur ce point; à mes yeux, il a une triple valeur.

ITdhoTi — nous l'avons déjà dit — ainsi s'explique la continuité de la tradition transmise depuis les migrateurs primitifs jusqu'aux Italiotes établis à poste fixe, et l'on conçoit

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