‹ Les Indo-Européens avant l'histoireChapitre 18 sur 215 · Point d'agriculture · texte numérisé non relu

Point d'agriculture

IV. Les motifs sur lesquels l'opinion dominante appuie la proposition contraire ne tiennent point. Les seuls qui méritent examen sont, à mon avis, les suivants.

^ Ils connaissaient certaines espèces céréales. Conclure de là qu'elles avaient été gagnées artificiellement par culture agricole est erroné ; il est possible que ce fussent des graines venues à l'état sauvage, que l'on récoltait comme on le fait de nos jours pour les baies qui poussent dans les bois.

Vient ensuite la concordance des mots sanscrit ajras, grec iypoç, lat. affer^ goth. akrs, allemand acker. Mais il est inexact de dire que ajras voulait dire terre cultivée, ce mot signifiait pâture (§5).

Enfin la dérivation du grec dpoUvy lat. arare, goth. arjan : labourer, de la racine sanscrite ar. Seulement, cette racine n'avait pas le sens de labourer, mais celui de diviser; les deux substantifs de la langue mère qui en ont été formés (aritra: rames, aritar : rameur, conservé dans le suéd. anc. ar : ame et district obligé de fournir des rameurs) n'ont pas pour objet la division de la terre, mais celle de l'eau : la navigation déjà connue à cette époque du peuple père, comme le montre la concordance de nau, nav (sanscrit) avec vaJjç^ naviSy nacelle. Avec cette signification de ramer, les deux expressions se sont conservées dans bobt^ç rameur, tp^fn^ç trirème, ratis radeau. Les Aryas n'ont appris à connaître la charrue qu'après la séparation du peuple fils. Eux-mêmes

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