IV. LES FBMHB
trois crimes, et non deux : ^apiMXilaj ihtofioxij rtSf rhww et
Le premier est la supposition d^en/ants. D'après ce qui précède, il paraîtra compréhensible qu'une femme, dont le bonheur et la position dépendaient de la maternité, pût à défaut de cet avantage, former le projet de simuler une grossesse et de s'attribuer Tenfant d'une étrangère. Elle profitait du moment où le mari était en campagne ; à son retour il se trouvait père.
Le deuxième crime est là falsification des clefs. L'idée que l'on 7 rattache a quelque vraisemblance, mais elle ne vaut guère mieux que la précédente. La femme pouvait avoir le désir de s'emparer des objets que son mari tenait enfermés soigneusement sous clefs, n'osant naturellement se fier à sa femme, même lorsqu'il se mettait en route ou partait en guerre. Cependant les clefs étaient précisément la condition et le signe caractéristique du gouvernement domestique de la femme; à l'entrée dans la maison, elles étaient offertes à la nouvelle épouse, et en cas de séparation, elles lui étaient enlevées [claves adimere^ exigeré). Pourquoi alors contrefaire des clefs? Mais celles que la femme falsifiait n'étaient pas les clefs réelles, c'étaient des symboles, les claves ad significandam parties faciliiatem^ le signe honorifique de la fécondité. Comment devons-nous entendre la chose en réalité ? La femme oontrefaisait^elle les clefs, les volait-elle à une autre, les achetait-elle, corrompait-elle ses parents pour s en faire offrir? Je n'insiste pas; en tout cas le but était de tromper le mari et cela suppose que la fraude se commettait avant la conclusion du mariage ; la clef disait au mari : tu reçois une femme qui enfante facilement.
Le troisième crime est la préparation de philtres mélangés à son insu à la boisson du mari. Ici encore la femme trompe, comme dans les deux cas précédents. Pourquoi ? pour s'assurer de son amour? Cela me paraît trop raffiné pour l'époque primitive, et il faut chercher une explication plus
réaliste. Toat d'abord se présente le motif de l'augmentation artiâcielle de l'appétit sexuel chez le mari. Cette interprétation ne me satisfait pas davantage, pas n'était besoin de pareil moyen chez un peuple neuf, plein de vigueur. En revanche, il est une autre cause qui, d'après ce qui précède, offre la plus grande vraisemblance : la femme qui n'a point d'enfants prépare un philtre pour devenir mère* Ce n'est donc pas un but erotique qui la guide, c'est l'idée qui remplit tous ses sens et ses pensées : la conception. Bien loin d'employer ses ^aou^xaid pour se débarrasser de ses enfants, ils ne lui servent que pour s'en procurer. Que le mot puisse avoir ce sens, cela est hors de doute — ^àfiuaxov désigne en premier lieu non le poison, mais le médicament; 4>cipiLaKeia signifie donc non seulement la préparation de poisons, mais aussi celle de médicaments, de philtres — et qu'il doive être pris ici en ce sens, cela résulte de ce qu'il est impossible que la loi n'ait comminé contre l'empoisonneuse que la séparation; elle aurait dû la punir de mort.
La croyance à l'efScacité des philtres, existant déjà anciennement, s'est conservée à Rome jusqu'aux temps historiques. Un renseignement de Tite Live (VIII, 18) en fait foi. Le texte a été aussi mal compris que celui de Plutarque. D'après l'opinion dominante ("*), non moins de 170 femmes, appartenant aux plus hautes classes, se seraient conjurées, en l'an de Rome 422, pour empoisonner leurs maris. On s'étonne que pareil conte ait pu trouver créance chez les archéologues ; il ne vaut pas mieux que celui de la mère de l'époque primitive, qui empoisonne ses enfants. L'événement se place au meilleur âge de la république, lorsque la vie conjugale était au dessus de tout éloge; cette circonstance seule empêche
(5*'j V. de préférence Marquaedt, dans Bekkbb, ffandb, der rôm AlUrth.f V. p. 67»