‹ Les Indo-Européens avant l'histoireChapitre 29 sur 215 · II. D£QRB BB CIVILISATION · texte numérisé non relu

II. D£QRB BB CIVILISATION

Villages [grdTna). Il manquait un lien reliant Mes diverses tribus en un tout politique ; la tribu formait la plus haute unité politique. En cas de danger seulement chacune se liguait avec la plus voisine, le danger passé, Talliance était finie. Le rapport était donc exactement celui qui existait chez les Germains, au témoignage de Tacite. Les Aryas et les Germains formaient un peuple dans le sens purement ethnographique, et non dans le sens politique : une agrégation de tribus indépendantes et existant purement pour elles-mêmes. L'histoire documentaire ultérieure ne peut rapporter aucune œuvre commune du peuple etitier, telle que l'expédition des Grecs à Troie. On ne pôut objecter l'émigration des Aryas vers les Indes, et la prise de possession de ce pays 9 car il se peut que les tribus du Sud se soient mises en mouvement d'abord, et qu'ensuite lés"autfes aient suivi.

B. Relations internationales.

X. Le rang qu'occupe le peuple aryen sous ce rapport est caractérisé par l'absence de l'institution de Thospitalité dans le sens juridique c.-à-d. de la protection légale (saufconduit) conventionnellement assurée à l'étranger par son hôte(**). Le peuple père aryen se trouvait encore dans la phase par laquelle a débuté le développement du droit chez tous les peuples ; chez lui il n'y avait point de droit pour l'étranger. Cela est attesté d'abord par la ^^n^t^^. La langue mère ne connaît point d'expressions pour désigner l'hospitalité ; elles n*apparaissent que dans les langues filles et la variété des formes autorise à conclure que la chose n'est venue à la connaissance des divers peuples indo-euro-

(*0) Je renvoie, poar cette question et pour ce qui sait, à mon article sur l'hospitalité dans Tantiquitë, dans \e Deutsche Rundschau àe Rodsnbbro, T. 13, Livr. 9, p. 357, s. Berlin, Ï881.

42 LIVRK 1. — LB PBUPLB PKRB ARYBN.

pëens qu'après leur dispersion, donc pas même dans leur seconde patrie. Vient ensuite la légende grecque, La race engloutie par le déluge de Deucalion, n'avait aucune notion de l'hospitalité, et Hercule, le héros national des Grecs, tua Iphitos sous son propre toit. Enfin le droit romain jusque dans ses derniers temps s'est tenu au principe de l'absence de droit pour l'étranger non juridiquement garanti par un traité international. L'hospitalité dans le sens indiqué est une institution créée par les Phéniciens dans l'intérêt de leur commerce ; c'est d'eux qu'elle a passé aux Grecs et aux Romains. L'absence de cette institution chez le peuple père équivaut à la privation de relations internationales assurées et donne ainsi une preuve frappante du degré infime de sa civilisation ; les Grecs considéraient les peuples ignorant l'hospitalité comme des peuples sauvages ; c*est un des traits par lesquels Homère caractérise les Cyclopes.

c. Le droit de la famille — la femme.

XI. D'après l'opinion de plusieurs auteurs, c'était le côté brillant du droit aryen. On cite à cet efiet d'abord le principe de la monogamie et ensuite les sacrifices funéraires. La première prouverait chez les Aryas une conception morale de Tessence du mariage qui les élèverait bien au-dessus de tous les autres Asiatiques, les seconds prouveraient que la piété était le trait fondamental des liens de la famille.

La première proposition est inexacte (^*); la polygamie était juridiquement permise. Peu fréquente, il est vrai, elle ne se rencontrait en fait que chez les princes et les riches, ainsi que cela se présente partout où elle est permise. Avoir plusieurs femmes est un luxe trop cher pour celui qui n'a qae des ressources restreintes. Néanmoins, l'assertion même que

(**) V. les preuves dans ZiidMBB, 1. c, p. S24, s.

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