PREFACE
ticnliëre — la plame lai tomba de la main. Au surplus, bien qu'inachevé, l'ouvrage est parvenu néanmoins à former un tout pleinement satisfaisant.
De l'étude d'abord projetée sur l'Histoire du développement du droit romain^ Jhering a achevé l'introduction et quelques chapitres. Je voulais d'abord joindre cette œuvre comme appendice de la présente publication, mais lorsque, par la sui te,je trou vai dans les papiers du défunt les autres fragments, il me sembla plus opportun de faire paraître le tout ensemble, sous la forme d'un petit livre séparé. La publication se fera au premierjour(*).
J'ai exposé la genèse des Indo-européens avant l'histoire avec tous ces détails, d'abord pour faire comprendre maintes inégalités, même quelques contradictions qu'un dernier remaniement aurait sans aucun doute fait disparaître, ensuite pour expliquer comment ce volume paraît non seulement chez ceux qui depuis de longues années ont publié les écrits de Jhering, mais en même temps chez les éditeurs des travaux de Binding.
Si je ne produis cet ouvrage que plus d'un an et demi après la mort de Jhering, ce retard doit être attribué surtout à l'état du manuscrit. Pendant de longs mois, la veuve du défunt s'est infatigablement occupée du déchiffrement mot pour mot d'un texte en partie presqu'illisible; c'est grâce à elle seule, à son excellente copie, que l'œuvre peut enfin voir le jour. Ma tâche propre a été relativement faible. Après
*[Bntfvicklunffsgeschichte des rômischen déchus. — Sinleitung. — Verfasiunç des rômischen Hames. Leipzig 1894, Vl-l!^ pp.].
VI PRÉPACB.
avoir rëussi à établir le plan d'ensemble et les divisions qu'il comportait, j'avais à revoir la transcription « à vérifier les citations, à combler quelques lacunes, i corriger de légères négligences de rédaction, à couper par ci par là des périodes devenues trop longues. Je me suis néanmoins imposé la plus grande discrétion dans ce travail, bien que Jebring m'ait enjoint, à plusieurs reprises et inistamment, d'agir à Tégard de son œuvre posthume comme je le croirais juste, et en particulier d'abréger et de modifier à mon gré. Je crois que le monde a le droit de recevoir la dernière œuvre capitale de Jhbbing telle qu'il l'a écrite, dût-il subir quelques répétitions et des inégalités de style. J'ai observé une réserve plus grande encore quant au contenu de l'ouvrage, là surtout, naturellement* où je ne pouvais me rallier aux opinions de l'auteur; il m'aurait paru peu convenable d'exprimer mon dissentiment même sous forme de notes (*). Ceci s'applique aussi aux passages où Jhering se met en contradiction avec des résultats acquis de la science allemande, et à ceux où se fait sentir le défaut de connaissance du droit germanique qu'il regrette lui-même (p. 358). Moins encore pouvait-il m'incomber d'anticiper sur la critique inévitable (à laquelle Jhering tout le premier fait appel, p. 354); je crois néanmoins pouvoir dès ce moment aller au devant de la contradiction sur un point important.
(*) Toutes les fois que, pour orienter le lecteur, jViju|?é nécessaire de sigrnaler les lacunes ou la composition successive de Touvrage, j'ai placé mes ol)servation8 entre [ ] .
PRSFAGB. TU
Dans son tableau du caractère du peupk^ls aryen {LiYTeî)^ Jhsbikg admet presque complètement les données de Zimmbr Altindisches Leben (1879), et comme celui-ci, il considère la clTîlisation du Rig-Veda comme l'état arjen primitif. Cette opinion pourra ne pas paraître étonnante aux Romanistes, car la culture des Romains, dès les premiers temps de la royauté, était bien plus avancée que celle des Indiens du Rig-Veda, d'après la conception de Zimmer. Mais il en est autrement des savants qui connaissent le droit allemand. Lorsqu'ils apparurent à la lumière de l'histoire, les peuples germaniques se trouvaient à un degré plus bas pour le développement de l'Etat et du droit que les Indiens du Rig-Veda — même d'après la description de Zimmbr — ils devraient donc avoir reculé pendant la migration ce qui, improbable déjà pour les autres rapports ('), est littéra* lement inadmissible pour les institutions de l'État et du droit et aurait été certainement combattu avec la plus grande vivacité par Jhering lui-même ('). Or, et mon attention a été appelée sur ce point de source très autorisée, les derniers travaux des indianistes considèrent la civilisation du Rig-Veda comme déjà hautement développée, et ne remontant nullement à l'époque aryenne primitive. Que l'on compare notamment ce que disent Pischel et Gbldnbr Vedische Studien, Tome I (1889) p. XXI et XXV, et Ton obtiendra un tout autre tableau que celui tracé par Zimmbr,
(*) Gomp. à oe sii^jet Schràdbb Sprachvergleichung und Urçesehichtef p. 55, 209.
(^) Comp. p. 59, 442, 448 du présent ouvrage.