II. CIVILISATION DBS ARYAS ET DES SEMITES
du moins la passion du jeu. S'il l'avait eue comme TAryas, on lirait certainement parmi les commandements de Moïse : tu ne joueras point; chez lesAryas le législateur hébraïque n'aurait assurément pas omis de le joindre aux autres préceptes. Cette opposition entre les deux races s'est maintenue jusqu'à ce jour. Pour cent joueurs appartenant à la race aryenne, on n'en verra pas un seul de race sémitique autour des tables de jeu(**) — dans sa passion du jeu l'Indo-européen révèle encore aujourd'hui sa descendance aryaque.
C'est également chez l'Aryas exclusivement que l'on trouve le dissipateur. Le Juif n'a pas ce défaut, il conserve son bien. Aussi n'arrive-t-il presque jamais chez lui que la fortune patrimoniale et le bien-être acquis se perdent, tandis que dans les familles chrétiennes il n'en reste souvent plus rien après quelques générations. Économiquement le juif en règle générale progresse, le chrétien trop souvent recule.
D'où vient donc cette opposition de race maintenue depuis répoque primitive jusqu'à ce jour? Une fois existante elle a pu se perpétuer héréditairement de génération en génération, mais pour se transmettre il fallait d'abord qu'elle se fût manifestée. Quelle est donc la cause de sa naissance ?
Je réponds: Pendant des milliers d'années, sans peiné, l'Aryas a trouvé sa subsistance comme pâtre, et le Sémite a dû labourer son champ à la sueur de son front. Là une vie sans
[^*) Ai-je besoin d*expliqaer qu'il n'en est pas de la bourse comme du jea de hasard? Celui qui opère à la bourse ne croit pas se livrer au hasard, il fait une spéculation ; dans le jeu de hasard, les chances sont égales pour tous; à la bourse c'est Thomme adroit qui domine le maladroit et lui tire l'argent de la poche. Il serait intéressant de savoir par la statistique dans quelles proportions^ eu égard à leur nombre total, les juite et les chrétiens prennent part aux loteries publiques. Je ne crains point d'avancer qu'on n'y trouverait qu'un petit nombre d'Israélites.
trayail, ici an pénible labeur. Il est évident qu'une différence pareille doit, dans le cours des siècles, influer sur la race. Pour le prouver, je rappelle la peinture que fait Cook des insulaires de la mer du Sud, le petit peuple le plus insouciant, le plus gai que cet explorateur eût rencontré dans ses voyages. Le motif en était qu'il ne travaillait point. Comme les troupeaux de TAryas, les fruits des arbres lui épargnaient toute peine.
Si la profession du pâtre évite à Thomme la nécessité de tendre ses bras, elle lui évite aussi celle de se fatiguer la tête. Les besognes qui lui incombent sont de la nature la plus simple : il garde, trait, tond, abat son bétail. Le paysan, au contraire, est obligé d'user de son intelligence. Il doit épier la nature^ savoir quand il faut semer, récolter, comment il faut labourer le sol, quels sont les meilleurs fruits, et s'il est nécessaire de pratiquer des assolements, s'il peut cultiver sans trêve ou s'il convient d'observer périodiquement un temps de repos. Le paysan devait étudier le sol, le pâtre pouvait s'en dispenser; et que d'autres choses encore épargnées à ce dernier, et qui s'imposaient au cultivateur. Il dut inventer la charrue, la herse, le battage du grain; concevoir l'idée de remédier par des engrais à l'épuisement du sol; se faire remplacer lui-même par l'animal et le dresser à cet efiet. Pour le paysan actuel, il est vrai, cette nécessité de penser a disparu, mais seulement parce que d'autres avant lui ont pensé; il opère avec le capital intellectuel d'expériences et d'inventions qu'un long passé a réunies et que l'agronomie scientifique le dispense aujourd'hui d'augmenter. Mais avant d'être ainsi déchargé, il a dû méditer lui-même, l'industrie agricole toute entière est son œuvre et cela est immense en comparaison de ce que le pâtre a produit dans le même temps. Des milliers d'années ont passé sur ce dernier sans qu'il ait fait un pas, tandis que l'agriculteur était en progrès continuel.