II. CIVILISATION DBS ART AS BT DFS SBMITBS
hasarde pas dans la montagne; devant cette fortification naturelle s'arrête régulièrement l'ennemi même supérieur en forces aux prises avec une tribu peu nombreuse (Basques, Monténégrins, Suisses). G*est ainsi que l'on comprend que les Aryas purent pendant des milliers d'années mener une vie paisible, sans être attaqués par un ennemi extérieur. L' Aryas dans sa patrie originaire n'u jamais vu une de ces guerres mettant en question l'existence de tout un peuple ou d'un état, comme celles que le Sémite et l'Egyptien ont eues a supporter à diverses reprises.
Mais sous un autre rapport il lui en a coûté cher de ne pas connaître la ville. Sans elle il lui était impossible d'atteindre à la culture plus haute dont elle est l'indispensable condition. Aucun peuple exclusivement agricole et privé de villes n'a produit quelque chose d'important pour la civilisation. L'histoire de celle-ci se rattache partout aux villes ; souvent même une seule forme une étape.
Les raisons en sont si évidentes que je devrais craindre de me perdre dans des banalités si je voulais les énumérer ('"'). Il y a cependant trois points que je crois pouvoir relever sans être exposé à ce danger. Le premier s'écarte de la notion de la civilisation comme ensemble de ce que l'activité industrielle, le commerce, l'art et la science ont procuré à rhnmanité ; mais indirectement il a pour la vie civilisée des peuples une importance extraordinaire. Je le résume en cette proposition : la ville est le lien le plus solide qui attache l'homme au sol.
(<*>) Je ne puis néamnoins m'abstenir ici de la remarque que Ton ne àBYnil pas laisser ignorer ces raisons à la Jeunesse studieuse ainsi qu*on le âut, malheureusement, à ma connaissance, dans l'enseignement des écoles ; moi du moins Je ne me souyiens pas avoir entendu, au collège, un seul mot sur l'immense importance de la Yille pour Thistoire de la ciyilisation de l*humanité, et Je dois avouer à ma honte que Je n'en ai acquis pleine conscience qu'à l'occasion de ce travail.
Plus l'homme a mis dans la terre, plus il y est attaché. Le pâtre n'y met rien, il peut l'abandonner sans laisser quelque chose derrière lui. II en est de même du paysan, tant que l'agriculture se trouve encore dans ce premier stade où le labeur et le produit annuels se succèdent sans interruption et où Ton ne connaît pas encore de travaux de la terre qui ne sont rémunérateurs qu'après des années. Telle était encore la situation chez les Germains dans les premiers siècles de notre ère, et ainsi s'explique que Tîdée d'abandonner la terre qu'ils avaient cultivée, n'avait pour eux rien de répugnant. Les Grecs et les Italiotes n'ont plus jamais quitté le sol une fois qu'ils s'y furent fixés. Pourquoi pas? Ils y avaient trop enfoui; ils y avaient creusé des fossés, élevé des digues, planté des oliviers, des vignes, des arbres fruitiers : — le travail les enchaînait à la terre.
Mais la plus grande partie de ce que Thomme introduit dans le sol se cache non dans la terre, mais dans la ville, et je ne parle pas seulement ici de la ville moderne, où pour la même surface, ce capital enfoui égale mille fois le capital de travail du laboureur, mais même, quoique dans une mesure plus restreinte, de la ville dans la première période de son existence. Les maisons sous leur forme primitive de constructions en bois n'ont coûté qu'une dépense minime comme temps et comme travail, tandis que rérection des murs ou des remparts, le creusement des fossés ont coûté beaucoup de travail et de temps, trop pour les abandonner, et recommencer l'œuvre à une autre place, sans compter l'absence de protection pendant la marche. A partir de l'emploi des pierres comme matériaux de construction à la place du bois, qui historiquement n'a probablement eu lieu que pas à pas (murs de ville — temples — édifices publics — maisons privées — pavage des rues), cette divergence s'accentue jusqu'au maximum de son intensité. De tous les liens qui attachent Thomme au sol, la pierre est le plus fort. Une ville de pierre est une chaîne qui retient pour