‹ Les Indo-Européens avant l'histoireChapitre 88 sur 215 · II. CIVILISATION DES ARTÀS ET DES SEMITES · texte numérisé non relu

II. CIVILISATION DES ARTÀS ET DES SEMITES

6. Les fortifications de la ville. Leur raison d'existence pour un peuple demeurant dans la plaine, exposé en tout temps à l'attaque des habitants de la montagne et du désert, ne demandait pas d'explication. Ce n'est que par rapport à leurs dimensions dépassant toute autre mesure que le point de vue de la nécessité absolue n'est pas exact. Si j'ai frappé juste plus haut, le temple à étages babylonien s'ajouterait à cette série. Pour lui également, il y avait une cause, non point extérieure, mais intérieure: celle du sentiment religieux.

5. Le remplacement du bâtiment en bois par le bâtiment en pierre chez tous les autres peuples civilisés. En présence de ce dernier, et sauf des circonstances spéciales, le premier ne pouvait se maintenir, pas plus que les arcs et les flèches en présence des armes à feu. Ce qui est imparfait cède inévitablement devant tout progrès, l'arme à feu chasse Tare et les flèches, la pierre chasse le bois.

Toutes ces évolutions étaient en germe dans la cuisson de la première brique ; pour en faire sortir le monde tout entier, il ne fallait plus qu'une gestation suffisante, et celle-ci n'a point fait défaut. Aucun peuple civilisé n'a pu, comme le babylonien, jouir, dans l'histoire, d'une période infiniment longue de développement sans trouble et que n'interrompirent ni les assauts et les menaces de l'extérieur, ni les guerres meurtrières, ni les séditions et les révolutions de l'intérieur. Cette période perdura plusieurs centaines de siècles, si nous y comprenons l'époque des prédécesseurs des Babyloniens: les Accadiens et les Summériens.

L'opinion qui admet que la race est chose innée, fait entrer en ligne de compte un deuxième facteur : l'esprit essentiellement pratique formant le trait le plus saillant du caractère babylonien et qui devrait, d'après cette opinion, être également attribué à la nature.

J'ai déjà donné (p. 89 ss.) mon avis. Dans ma conviction aucun peuple n'a été doué par la nature autrement que le^^

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autres; tous sont sortis de ses mains parfaitement égaux, leur différenciation ultérieure est exclusivement l'œuvre du développement historique qui leur était imposé par les qualités du sol (dans le sens large expliqué plus haut). Nulle part Tinfluence régulatrice exercée par le milieu sur la civilisation du peuple ne se manifeste avec autant d'évidence qu'à Babylone. Mieux que partout ailleurs on peut montrer le lien de causalité existant entre l'habitat et les événements dont il fut le théâtre : l'histoire politique du peuple, ses progrès, ses institutions, sa race. Nous venons de faire cette démonstration pour tout ce qui concerne le bâtiment, il nous reste à l'appliquer aux eaux et â leurs dépendances. Il en était de même du caractère éminemment pratique du Babylonien ; celui-ci n'était pas le résultat de facultés natives, mais le précipité anal d'une activité d'esprit continuée pendant des milliers d'années, impérieusement commandée par les circonstances dans lesquelles il se trouvait, et en ce sens imposée par la nature elle-même.

Je prends congé de la pierre pour me consacrer dans la suite au deuxième facteur du monde babylonien : l'eau.

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