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II. CIVILISATION DES ART AS ET DES SEMITES

tradition babylonienne lai assigne six jours et sept nuits, r Ancien Testament lui assigne quarante jours et autant de nuits. Dans l'un et dans l'autre, il ne peut y avoir aucun doute sur le caractère intentionnel de cette fixation de temps.

Pourquoi le récit babylonien ne parle-t-il que de six jours, pourquoi pas de sept, nombre des nuits, ce qui aurait été plus naturel? Parce que le Dieu qui a déchaîné les éléments se repose le septième jour, tout comme le Dieu Jehovah après la création ; c'est le sabbat, jour auquel les Dieux mêmes ne travaillent point. C'est l'idée du labeur hebdomadaire du Babylonien (p. 145 ss.) attribué aux Dieux ; la semaine a commencé le soir du sabbat et finit la nuit avant le sabbat suivant ; pendant ce temps le Dieu a dû travailler nuit et jour, à la difierence de la faible humanité qui a besoin du repos de la nuit.

Le motif pour lequel l'Ancien Testament augmente dans de telles proportions le nombre des jours et des nuits est évident. Il fallait faire comprendre au peuple comment il avait pu se faire qu'il y eût tant d'eau que personne ne pat se sauver même sur les plus hautes montagnes, et que celles-ci étaient même de quinze coudées sous les eaux (Genèse, 7-20). Il fallait pour cela un espace de temps bien plus long que les six jours et sept nuits du récit babylonien, qui contenaient déjà plus qu'il n'était nécessaire, car un seul jour aurait amplement suffi. L'augmentation du nombre doit être mise dans les deux cas au compte de la légende qui cherchait à rendre l'événement plausible pour le peuple. Dans l'un et l'autre cas le narrateur 8*est grandement éloigné de la réalité; il n'y a point de cyclones ni de tremblements de terre qui durent six jours, point de pluies qui tombent pendant 40 jours comme dans le récit de l'Ancien Testament; la fable est manifeste dans les deux cas.

Le quatrième point où les deux récits s'écartent concerne la nature du véhicule au moyen duquel l'homme pieux se

sauva : d'après les Babyloniens c'est un vaisseau; TAncien Testament indique une construction en planches, la célèbre arche de Noé. L'arche nous dépeint l'habitant de l'intérieur des terres qui n'a pas la notion de ce qu*il faut pour qu*un véhicule puisse se maintenir sûrement sur l'eau, c.-à-d. la quille.

Je me résume : le récit de l'Ancien Testament contient l'adaptation d'un événement qui supposait la mer, à la conception de rhabitant du continent qui n'avait pas idée de la mer et de tout ce qui en dépend.

B. Lts ouvrages hydrauliques des Babyloniens.

XXVni. L'eau implique pour l'agriculteur deux tâches directement opposées : amener l'eau à son fonds lorsqu'elle y manque, et l'en éloigner lorsqu'elle menace de lui nuire(*^'). La nature peut lui épargner ces deux soucis. Il évite le premier dans la zone tempérée ou froide où les chutes atmosphériques se répartissent sur toute l'année et où le soleil n'a pas assez de force pour évaporer rapidement l'eau ; le ciel le remplace et lui épargne la nécessité de se procurer artiâciellement cet élément indispensable. Il échappe au second lorsque les dispositions du terrain ne sont pas de nature à lui faire craindre des inondations. Il en est autrement quant au premier, dans la zone chaude où la pluie ne tombe que pendant une saison unique ou à de rares intervalles, et où l'ardent soleil l'absorbe rapidement. S'il n'a pris ses mesures pour l'adduction réglée de l'eau pendant la saison sèch^, c'est un homme perdu, sa terre meurt de soif. L'établissement de conduites d*eau artificielles lui est enseignée par la nature même d'une manière si impé-

(*^*) Cette opposition de aquam ducereet arcere se traduit juridiquement en droit romain dans les servitudes aquœ ductus» a^ite haustus et dans Vactio aquœ pluvia ARCEJUDm'

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