Société de Saint-Vincent de Paul
Cette société a été fondée à Paris en 1833 par des jeunes gens chrétiens (à leur tète fut M. Frédéric Ozànam, mort eu 1854 qui, pour sauvegarder l'intégrité de leur foi et la pureté de leurs mœurs, se réunirent dans la pratique de la charité. Ils choisirent pour patron sainl Vincent, le grand ami des pauvres et des souffrants. Dès le commencement, malgré la modicité de leurs ressources, qui provenaient uniquement des quêtes de leurs conférences de charité, ces jeunes associés tirent immédiatement un très grand bien. L'efficacité de leur action était due surtout à la visite des pauvres à domicile. Le pauvre sent d'ordinaire comme une barrière le séparer du riche : la visite au lover, les entretiens intimes, la parole consolatrice partant d'un cœur franchement compatissant, brisent cet obstacle et ouvrent l'àme du pauvre aux bons et nobles sentiments.
A cette œuvre première et fondamentale, la société ne tarda pas à en ajouter d'autres : on recueillit des orphelins pour les confier I des l'amilles chrétiennes, on prit, un soin particulier des jeunes apprentis pour les maintenir dans la foi et la vertu durant les années les plus périlleuses, on alla même dans les prisons pour enseigner lux jeunes détenus les devoirs delà religion et les préserver de la rechute. En général, toute œuvre de charité spirituelle ou corporelle Revint l'objet de l'ardente activité de ces jeunes chrétiens ; et ce qu'ils avaient une t'ois commencé, ils le poursuivaient avec la plus consciencieuse persévérance : ainsi s'efforçaient-ils «le marcher sur les traces de leur glorieux patron.
Le nombre des associés s'accrut peu à peu, de telle sorte qu'on fut obligé de sectionner l'unique conférence primitive, et, dès 1843, c'est-à-dire, neuf ans après la fondation de l'œuvre, Paris comptait 29 conférences, avec un millier de membres; 2.UU0 familles pauvres étaient secourues et visitées chaque semaine. De Paris, la société de Saint-Vincent de Paul se répandit bientôt dans le reste de la France et à l'étranger.
1. Voir surtout le Manuel de la société de Soi ni -Vincent de Pa«/, 1903. On peut se procurer ce Manuel, ainsi que tous les autres renseignements désirables, au secrétariat général de la société, 6, rue Furstenberg, Paris.
372 II' PART., IVe SECT. — CONFRÉRIES il ASSOCIATIONS PIEUSES
En 1837, des conférences étaient établie» à Nîmes, à Lyon, à Nantes, à Rennes, à Dijon, à Toulouse, etc.; en 1861, il y en avait déjà 1.549 en Fi .ni'1'.
A l'étranger, Rome, le centre de la catholicité, eut sa conférence di - 1-viS: puis il s'en fonda en Angleterre, en Espagne, en Belgique un Hollande, en Allemagne, etc., etc.
En Turquie même, Constanlinople vit ses pauvres, chrétiens el musulmans, secourus par les membres de la sociétéde Saint-Vincenl de Paul, .bien que les mœurs de l'Orient et l<-s conditions sociales du pays -oient loin de faciliter la visite des pauvres.
L'état d'ensemble de la société etsa prospérité actuelle dans presque tous les pays de l'univers chrétien nous sont révélés par le la il suivant. Dans l'audience solennelle accordée par le Souverain Pontife Léon XIII, le 4 février 1888, aux 1.500 délégués des conférences de France, de Belgique, d'Allemagne, d'Espagne, d'Angleterre d'Amérique et d'Italie, M. Pages, alors président du conseil généra] de Pan-, a présenté au Saint-Père un riche album contenant le catalogue îles conférences dans la diverses parties du monde, an nombre <lc -plus de !.'2(in, ainsi que le nom de leurs membres, qui s' élèvent a plus de nh.ooO. Depuis lors, sans cesse de nouvelles conférences se sonl formées et beaucoup de nouveaux membres se sont agr< -
Ainsi, dans la seule année 1902 cent soixante-huit nouvelles conférences ont été unies k la société de Saint-Vincent de Paul. Récemment les catholiques du Brésil et de l'Australie se sont distingués par un magnifique élan vers celte société et ont créé un grand nombre de nouveaux foyers de charité. Partout aussi on s'occupe avec zèle des œuvres qui forment le complément de la visite des pauvres et qui tendent à l'amélioration religieuse et morale des classes ouvrières. La réhabilitation des unions illicites, la diffusion des bonnes lectures, l'organisation de» retraites, la protection surtout de l'enfance et de la jeune-se ont particulièrement ail irè l'attention des confrères. Le rapport général sur les conférences et les œuvres de la sociét*'- de Saint-Vincent de Paul pendant l'année 1902* en rend un splendide témoignage.
En 1902, la société a dépensé I2.43i.816 francs pour les pauvres il'' tous les pays, dont 2.243.521 revenaient à la France, 7.107.297 au reste de l'Europe, et plus de 3 millions aux autres parties du monde;
La société de Saint-Vincent de Paul a été approuvée el recommandée par le Saint-Siège, non seulement dans les brefs d'Indulgences qui lui sont propres, mais dans d'autres bulles ou