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EN L'HONNEUR DE JÉSUS MOURANT SUR LA CROIX ET DE SA DOULOUREUSE MERE

Cette association a été fondée par le P. Vincent Caraffa, septième Général de la Compagnie de Jésus, et établie par lui dans l'église du Gesùà Piome, sous le titre indiqué de « congrégation de Jésus mourant sur la croix et de sa douloureuse Mère », ou, plus brièvement, « congrégation de la Bonne Mort- ». C'était vers l'année 1648. A cette époque, un grand nombre de fidèles avaient l'habitude de se réunir dans l'église du Gesù le vendredi soir de chaque semaine : on exposait le

1. Cf. P. Thkodor. a Sp. S., p. 311, et la feuille publiée par le 11. P. Général «le la Compagnie de Jésus : Inxtruclio de Congregationibus Borne Mords rite instituendis.

'2. En beaucoup d'endroits cette association est appelée confrérie de l'Agonie 'If Notre-Seigneur Jésus-Christ. — Le li. 1'. Caraffa, élu Général le 7 janvier 1646, mourut déjà le 8 juin 1649, d'une maladie contractée en serv.inl les pauvres à Rome, h l'époque de la grande famine.

( ONGRÉG \ i h>\ m i \ honni- mou i /|l)7

Très Sainl Sacrement, deux Pères Jésuites proposaient à la pieuse contemplation des assistants 1rs souffrances du divin Sauveur duranl sa passion et relies de sa très Sainte .Mère au pied de la croix, et en tiraient de salutaires enseignements pour la préparation à une bonne mort; on terminait par quelques prières faites en commun.

(.est ainsi que se forma peu à peu la congrégation de la Bonne Mort, à laquelle, par bref du 21 août 1055, le pape Alexandre VII accorda la faveur d'une Indulgence.

dette dévotion ne tarda pas à se propager, et bientôt la nouvelle association se trouva établie dans un grand nombre de villes, spécialement aux endroits où il y avait des maisons et des églises de la Compagnie de Jésus. Les exercices de la Bonne Mort se faisaient régulièrement cbaque semaine, ordinairement le dimanche, et partout ils produisaient des fruits de salut les plus abondants. Aussi le pape Benoit XIII, par la bulle Redemptoris nostri, du 23 septembre 1729, érigea-t-il la pieuse association en archiconfrérie ou en congrégation primaire, et l'enrichit de nombreuses Indulgences. Il en confia la haute direction au Général et au vicaire général de la Compagnie de Jésus, leur donnant plein pouvoir d'établir des congrégations de la même espèce dans les églises de la Compagnie, puis de les agréger à l'archiconfrérie centrale de Rome, et de leur en communiquer toutes les Indulgences.

Pie VII confirma toutes ces faveurs par un rescrit du 6 février 1821 (Rescr. auth., I, n. 338). Le pape Léon XII (rescrit du 22 janvier 1827) accorda au même Général de la Compagnie le pouvoir d'établir ces associations même dans les églises qui n'appartiennent pas à la Compagnie de Jésus, de les agréger à l'archiconfrérie romaine et de les faire participer à toutes ses Indulgences.

L'établissement et l'agrégation de ces confréries étaient soumis d'abord à toutes les prescriptions de la bulle Quaecumque (voir ci-dessus, p. 38, sqq.) ; mais deux rescrits de la Sacrée Congrégation des Indulgences, du 16 septembre 1882 et du 21 mars 1885, dispensèrent les congrégations delà Bonne Mort de la prescription relative aux distances (voir p. 16), et de la formule d'érection généralement obligatoire (voir p. 51). De plus, tout ce qu'il y aurait eu d'irrégulier et de contraire aux for-

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malités prescrites, soit dans l'érection et l'agrégation des confréries soit dans la réception des nouveaux membres, a été revalidé par concession générale le 21 mars 188o.

D'après les décisions récentes, les évêques, lors même qu'ils posséderaient les pouvoirs extraordinaires dont il a été question plus haut p. 02. sqq.), ne peuvent pas communiquer aux congrégations de la Bonne Mort, fussent-elles d'ailleurs canoniquement érigées, les Indulgences propres de ces associations; mais l'agrégation effective, par le Général de la Conpagnie de Jésus, à l'archiconfrérie romaine, est indispensable p. 63).

[1 existe, su? la congrégation ée la Bonne Mort, Je iourtes instructions en latin, que l'on pourra se procurer facilement, auprès des Pèresde la Compagnie de Jésus. Nous en donnons ici la substance.

/,'■ but de ces associations, comme leur nom même l'indique, est de préparer les fidèles à une heureuse et sainte mort, spécialement par le souvenir fréquent du Sauveur souffrant et mourant pour nous et par la pratique d'une vie vraiment chrétienne. A cet effet, les associés se réunissent dan- régîise ou dans la chapelle de la congrégation une luis par semaine (ordinairement dan- la soirée du vendredi ou du dimanche . ou pour le moins une ou deux fois chaque mois. On expose alors le Très Saint Sacrement, Le directeur ou un autre prêtre fait une instruction ou une méditation sur les souffrances de Notre-Seigneur, les douleurs de sa très Sainte Mère ou sur les fins dernières de l'homme; on récite quelques prièn commun, et l'on recommande spécialement à Dieu les associés malades ou mourants.

/.'■.s pratiques pieuses, indulgenciées pour la plupart, que Ton reco m mande aux associés, son! les suivantes : réception fréquente dès sacrements, surtout aux jours de réunion de la congrégation; préparation à la mort un jour de chaque mois, de préférence au jour déterminé pai la confrérie, ou au moins quelquefois durant L'année voir t. Ie*, p. i-i-. [assistance à la sainte messe, même les jours ouvriers; court examen de conscience chaque soir. On leur recommande, en outre, de pratiquer les œuvres de miséricorde, notamment de visiter les malades, et de veillera ce qu'ils reçoivent à temps les ments, d'accompagner les défunts à leur dernière demeure et de prier pour eux, de pratiquer quelques exercices de pénitence pour participer aux souffrances deJésus el de Marie, enfin de prier pour tous les a de demander les uns pour le- antres la

grâce d'une sainte mort.

i 0NGR1 G \ I !■ >n DE I \ BONNE MORT 109

Qnanl aux formalités prescrites pour l'érection et l'agrégation, il faut observer tout ce qui a été dit plus haut (p. 268), relativement aux congrégations de ta très Sainte Vierge. Ajoutons encore que le nom des congrégations agrégées doit toujours être le même que celai de l'archiconfrérie centrale : Congfegatio sab invoeaûione I). .Y. /. C. in Cruce morientis ac beatissimae t'j'is Gewîtricis perdolentis, ru/i/o Bonae Sfortis.

Ce demies i de la lionne Mort » estSenlemenl une indication

abrégée; c'est pourquoi une confrérie portant bien ce titre • « 1 *^ la

Bonne Mort », niais, au lieu du nom principal mentionné, étant apautivnuMit, par exemple de saint Joseph, ne pourrait être agrégée à la Congrégation primaire ni gagner ses Indulgences, comme nous L'avons déclaré ci-dessus (p. 49, b et 66, 3).

L'incription des associés dans le registre de la congrégation est nécessaire. La réception des nouveaux membres se fait régulièrement par le directeur de l'association. Cependant, par un rescrit de la Sacrée Congrégation des Indulgences du 23 juin 1883, le pape Léon XIII, après avoir revalidé toutes les réceptions précédentes qui auraient été entachées de nullité, a accordé, une fois pour toutes, que le directeur puisse, pour un motif raisonnable, déléguer un autre prêtre à sa place. Quoiqu'une réception solennelle ne soit pas nécessaire ni même guère en usage, on ne doit cependant pas recevoir des absents si ce n'est en des cas exceptionnels (v. p. 84, d).

Indulgences (Rescr. auth., 11, n°77).

I. Indulgence plém'ère : — 1° Au jour de la réception dans la congrégation, si on se confesse et que l'on communie; — -1" a l'article delà mort, pourvu que, confessé et communié, ou, si l'on ne peut recevoir les sacrements, pourvu que, vraiment contrit, on prononce de bouche, et en cas d'impossibilité, au moins de cœur, le nom de Jésus ou que l'on donne quelque signe de contrition ; — 3° une fois par mois, le vendredi ou le dimanche auquel se fait la réunion de la congrégation devant le Saint-Sacrement exposé, à condition que l'on se confesse, que l'on communie dans l'église de la congrégation, puis que l'on assiste pieusement à l'exposition du Saint-Sacrement et qu'on y prie aux intentions ordinaires ; — 4° aux fêtes

\\i\ il' PART., IVe SBCT. — CONFRERIES ET ASSOCIAI IONS PIEUSES

de Noël, Epiphanie, Pâques, Ascension, Pentecôte, Sainte-Trinité, Fête-Dieu, Purification, Annonciation, Assomption, Nativité. Immaculée-Conception, saint Joseph, saint Jean-Baptiste, Toussaint, et à la fête de chacun des apôtres, si, après s'être confessé, on communie dans l'église de la congrégation et que l'on prié aux intentions ordinaires; — Z'J à la fête du patronage de saint Joseph troisième dimanche après Pâques), et à la fête des Sept-Douleurs de la très Sainte Vierge (troisième dimanche de septembre), â tous les associés, qui, s'étant confessés et ayant communié, visitent pieusement la chapelle ou l'église de la congrégation et y prient aux intentions du Souverain Pontife. La visite peut se faire à partir des premières vêpres et jusqu'au coucher du soleil de ces deux jours de fêtes; — 6° enfin, les associés peuvent gagner les Indulgences des Stations de Rome (voir 1. 1, p. 579), si durant le temps du Carême, ou pendant le reste de l'année, aux jours des stations, ils visitent pieusement l'église ou la chapelle de la congrégation, ou bien, aux endroits où elle n'existe pas, une autre église quelconque et y récitent sept Pater et sept Ave Maria.

II. Indulgences 'partielles : — 1° 7 ans et 7 quarantaines pour les associés qui, dans l'après-midi du vendredi ou du dimanche, assistent à l'exposition du Saint-Sacrement dont il a été question plus haut et y prient pour les besoins de la sainte Eglise; — 2° 1 ari, chaque fois que les associés accompagnent au cimetière le corps d'un défunt, ou s'ils sont empêchés de le faire, soit par la maladie, soit par un autre obstacle, chaque fois qu'au son de la cloche, recommandant aux prières des fidèles un défunt ou un malade, ils récitent â genoux, autant du moins que leur infirmité le permet, un Pater et un Ave pour l'âme du défunt ou pour la santé du malade ; — même Indulgence chaque fois qu'ils assistent aux assemblées, aux offices ou aux instructions de la congrégation; chaque fois qu'ils entendent la sainte messe durant la semaine, ou font avec soin 1 examen de conscience du soir, chaque fois enfin qu'ils visitent des malades ou des prisonniers.

Tov.les les Indulgences que nous avons enumérées sont applicables aux âmes du purgatoire.

Indci.t. Les associés qui sont absents du lieu où la confrérie est établie ou qui demeurent à un autre endroit, peuvent cepen-

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