Œuvre des écoles apostoliques
Cetle œuvre, fondée en 1865 par le P. de Foresta, S. J., a pour but de seconder l'œuvre admirable de la Propagation de la foi et les autres œuvres apostoliques, en préparant de bons missionnaires.
L'école apostolique n'est donc pas un simple petit séminaire préparant des enfants au sacerdoce pour les besoins d'un diocèse particulier. Ce n'est pas davantage une sorte de petit aovicial de la Compagnie de Jésus ou d'un Ordre religieux, comme il s'en est établi récemment et avec fruit dans plusieurs Ordres et instituts.
L'école apostolique est une école spéciale, un petit séminaire de missionnaires. Elle est le noviciat de l'apostolat sous toutes les formes, dans toutes les conditions qu'il plaira à Dieu de déterminer. Elle embrasse toutes les missions indistinctement, en France et dans les pays lointains. A la fin de leurs études littéraires, les élèves de l'école sont libres de choisir, parmi les sociétés de prêtres séculiers et réguliers qui envoient des sujets dans les missions, la maison ou l'institut qui répond davantage à leurs attraits.
Pour répondre à sa fin, l'œuvre choisit les enfants qui offrent les garanties les plus sérieuses de vocation. Elle s'applique ensuite, par une éducation toute spéciale, à les former de bonne heure à la science et aux vertus solides qui conviennent à ce saint état.
Autant que ses ressources le lui permettent, elle ne demande aux parents, pour les frais d'entretien, que ce qu'ils peuvent donner. Le surplus des dépenses est soldé à l'aide des dons fournis par les bienfaiteurs de l'œuvre.
Bénie très souvent par les Souverains Pontifes Pie IX et Léon XIII, elle a été enrichie de nombreuses Indulgences, comme un le verra plus loin.
1. Voir Albèric de Foresta, de la Compagnie de Jésus, fondateur des
écoles apostoliques, sa vie, ses vertus et son œuvre par le K. P. lie Cha-
zocrnes, de la même Compagnie. Poussielgue frères, Paris. — Voir aussi
mptes Rendus a\ apostoliques, publiés chaque année parles
directeurs de ces écoles.
(I i \ RI DBS ÉCOLES Al"- i 01 1 « > « ES ï I •">
L'idée des écoles apostoliques, si grande et si belle, répondail à un besoin trop évident pour n'avoir pas immédiatement un grand sur ers. Non seulement la première école apostolique, fondée en 1865 à Avignon par le P. de Foresta, s'accrul rapidement, mais elle se multiplia. Dès L'année 1868, deux nouvelles écoles se formèrent, l'un*' à Turin el l'autre à Amiens; en 1869, une autre fut fondée à Poitiers; en 1 871, une autre encore à Turnhout en Belgique. Dans la suite, Bordeaux, Dôle, Boulogne-sur-Mer, Monaco, Tananarive Madagascar , Limerick Irlande . Riobamba Equateur , eurenl leurs écoles apostoliques sur le modèle de celle d'Avignon.
Chacune de ces écoles fournil en moyenne 150 à 200 apôtres ù l'Eglise en quinze ou vingl ans. On peut en conclure le grand bien déjà opéré par cette œuvre et le bien plus grand que l'avenir lui r< serve. On ne s'étonnera plus de ces parole- qu'adressait i d 1869 au fondateur des écoles apostoliques le cardinal archevêque de Bordeaux :« Non, il ne saurait exister d'oeuvre plus excellente... c'est l'œuvre de Jésus-Chrisl lui-même... Soyez donc assuré de toutes mes sympathies et des vœux ardents que je forme pour la prospérité d'une aussi admirable institution... J'adhère de grand cœur à votre sainte entreprise, et je vous prie dès ce moment de me compter au nombre des fondateurs. »
L'année précédente (1868 . .M-1 de Ségur avait déjà écrit au môme P. de Foresta:« L'œuvre des écoles apostoliques, que le bon Dieu daigne visiblement bénir entre vos mains, est une des plus belles tleurs que le parterre de l'Église offre en ce uniment aux regards de Dieu etdes hommes... Combien il serait désirable de voir se multiplier en France ces humbles, mais précieuses écoles apostoliques, ces belles petites pépinières de missionnaires et de religieux !
Conditions d'admission. — 1° Four l'enfant. — Naissance légitime, douze ans accomplis, bonne santé, conduite édifiante, grande piété, désir sérieux de devenir missionnaire, goût de Tétude, intelligence plus qu'ordinaire, connaissance du français, de l'orthographe, de l'analyse. Il doit aussi avoir fait sa première communion (on donne la préférence à ceux qui ont commencé le latin avec succès).
2° Pou a les parents. — Promesse par écrit : 1° de ne jamais s'opposer à la vocation de l'enfant, soit pour la vie de missionnaire, soit pour la vie religieuse ; 2° de ne point le réclamer pour les vacances ; 3° de le reprendre sans frais ni risques pour l'Ecole, si, avant la fin de ses études littéraires, les directeurs ne jugent plus à propos de le garder. — Cette promesse devra être
'illi m - l'Ai'.T., IVe SKCT. — CONFRERIES ET ASSOCIATIONS PIEUSES
envoyée d'avance ou apportée par l'enfant à son arrh l'École.
Les demandes d'admission devront toujours être accompagnées d'une lettre de l'enfant composée par lui seul. Dans cette lettre, il exprimera les motifs qui le portent à se faire missionnaire ou religieux, dans un Ordre ou une congrégation qui envoie des sujets aux missions; de plus, la promesse de se conformer consciencieusement aux règles établies dans l'Ecole. 11 ajoutera à sa lettre un devoir d'analyse grammaticale, et, s'il a commencé le latin, un thème et une version latine, le tout non corrigé par un autre.
Les parents ou les protecteurs de l'enfant sont instamment pri<s de fournir tous les renseignements qui peuvent aider les directeurs à juger s'il réunit les conditions requises.
Conditions d'agrégation a l'œuvre. — Donner son nom, et remettre une offrande de fondateur, de protecteur, de souscripteur ou d'associé.
1° Sont fondateurs, ceux qui assurent une bourse par un capital de 10.000 francs, ou une rente annuelle de 500 francs. Lue demi-bourse ou une somme de 5.000 francs donne le titre de fondateur de second ordre.
2° Sont protecteurs, ceux qui adoptent et entretiennent un apostolique durant le temps de ses études, par une pension annuelle de 500 francs.
3° Sont souscripteurs, ceux qui promettent une offrande de 20 francs par an.
4° Sont associes, ceux qui offrent une aumône annuelle moins considérable.
Les membres d'une famille, d'une communauté, peuvent, en réunissant leurs aumônes, avoir droit à ces divers titres. — On reçoit avec reconnaissance les offrandes en nature : linge, habits, livres classiques et autres, comestibles, etc.
Avantages pour les bienfaiteurs. — /. Le mente d'un acte de zèle et de charité de premier ordre. — 11 va environ un milliard d'âmes a convertir ! Nul acte évidemment n'est plus excellent ni plus. méritoire que celui de contribuer à les sauver par le plus efficace des moyens, la multiplication des missionnaires.
II. La participation à toutes les prières et bonnes œuvres des directeurs et des élèves. — Outre des prières quotidiennes pour
U i \ Kl DES ii 01 BS IPOSTOLIQUES 'l 1 7
les bienfaiteurs vivants ou décédés, les élèves fonl chaque jour, a tour de rôle, la sainte communion aux intentions de ces mêmes bienfaiteurs.
III La bénédiction spéciale du Souverain Pontife e1 les Indulgences que nous allons énumérer.
Indulgences, toutes plénières et applicables aux âmes du purgatoire.
I. Pour tous les fondateurs (protecteurs), souscripteurs et associes, ainsi que pour les jeunes élèves <|ui se trouvent dans les< coles apostoliques, ou qui pourront y être reçus à l'avenir : — a) au jour de l'agrégation; pour les élèves, au jour où ils sont admis à revêtir la soutane ; conditions : confession et communion ; — b) aux fêtes de Noël, delà Pentecôte, de l'Immaculée-Conception, de la Nativité; de l'Annonciation, de la Purification, de l'Assomption de la très Sainte Vierge, aux fêtes des apôtres Pierre et Paul et de saint François-Xavier; à chacune de ces fêtes on doit se confesser, communier et visiter une église ou un oratoire public les apostoliques peuvent visiter la chapelle de l'école), entre les premières vêpres et le coucher du soleil, et y prier à l'intention du Souverain Pontife; — c) à l'article de la mort, pourvu que, confesse et communié, on. si cela n'est pas possible, pourvu que, sincèrement contrit, on invoque le saint nom de Jésus de bouche ou ou moins de cœur (Pie IX, bref du 12 avril 1So7; rescrits du 9 août 1869 et du M juin 1870).
II. Pour les mêmes que ci-dessus et pour les directeurs de l'école : — a) aux fêtes du Sacré-Cœur et de saint Joseph, à la fête de Jésus retrouvé au temple (dimanche dans l'octave de l'Epiphanie) , à la fête du Patronage de saint Joseph (IIIe dimanche après Pâques), et un autre jour de l'année à désigner par l'Ordinaire du lieu ' ; — b) le premier vendredi de chaque mois, entre le lever et le coucher du soleil. Pour gagner ces Indulgences, il faut se confesser, communier, visiter la chapelle de l'école ou quelque oratoire public, et y prier aux intentions du Souverain Pontife (Pie IX, bref du lo mai 1877 .
1. Pour Amiens et Poitiers, la fête désignée est celle de saint Louis de Gonzague.
-4 1 S il' l'Ali i .. r. SBCT. — ( dm i: il;! I • i i isSOCf ATION'S PlKUSES
Les demandes d'admission d'enfants, les demandes de renseignements, ainsi que les dons des fondateurs, protecteurs, souscripteurs ou associés de l'œuvre, peuvent être adressés aux directeurs des écoles apostoliques de Thieu Belgique . ancienne école apostolique d'Amiens] ; de Poitiers Vienne), rue des Buissons, 11 ; de Bordeaux Gironde), séminaire colonial, rue de Moulis, 3; de Turrihout Belgique), collège Saint-Joseph; de Notre-Dame des Anges, à Salussola (Haute-Italie), 'ancienne école apostolique d'Avignon) ; de Monaco (au collège des Jésuites).
Outre ces écoles apostoliques, il en existe actuellement un grand nombres d'autres; elles sont en général destinées à devenir des pépinières de jeunes religieux. Presque chaque Congrégation a la sienne, établie pour son développement particulier. Les alumnats, cependant, des PI', de V Assomption et les croies de l'institut de Betlein (fondé par l'abbé Hanoi à Immensee en Suisse! ont pareillement le caractère d'universalité et de catholicité de l'œuvre du P. deForesta. Ils admettent des vocations pour tous les Ordres religieux et même pour le clergé paroissial. V école apostolique des petits clercs de Saint- Joseph à Seyssinel Isère 'jst. elle aussi, destinée à former des aspirants pour toutes les sociétés religieuses vouées aux missions dans les pays infidèles. Cette école se trouve maintenant à Suse (Italie).
11 est à souhaiter qu'une œuvre semblable soit établie dans la plupart des diocèses de notre pays, pour aider et augmenter les vocations sacerdotales dans le clergé séculier. La pénurie des prêtres est le grand danger qui menace l'existence même de l'Église de Fiance. Déjà le diocèse de Paris a commencé une fondation de ce genre : c'est l'œuvre des Séminaires, que préside M. l'abbé Odelin, vicaire général nous en parlerons à l'appendice .
En Allemagne, Y association de Suint-Léon a été fondée dam h- même but.
n .1 \ in ni - 1 coi i > d'ohibnt i 1 9