PRÉFACE
L'auteur des Indulgences, le I». P. François Beringer, étail ué !•' 30 mai L838, à Mayence.
Après de brillantes études au Gymnase de sa ville n.itale, il se rendit à Rome, en 1858, et,duran1 sepl années, il suivi! comme élève «lu Collège Germanique les cours de philosophie el de théologie professés à l'Université Grégorienne. En L864, il fut ordonné prêtre, à liome, revint à Mayence avec le grade de Docteur en théologie et en philosophie, et, pendant quatorze ans, il tFavailla avec fruit dans son diocèse comme chapelain, directeur de séminaire et secrétaire particulier de MRT Guillaume-Emmanuel de Ketteler. 11 put enfin, en 1879, par suite du Kulturkampf, réaliser un désir qu'il caressait depuis longtemps, celui d'entrer dans la Compagnie de Jésus. Ses Supérieurs renvoyèrent bientôt à Rome où il trouva sa voie et sa mission spéciales. De l'automne de 1883 au mois de janvier 1909 il se consacra entièrement (à partir de 1884, avec le titre de Consulteur de la Sacrée Congrégation des Indulgences) à l'étude et à l'exposé des questions relatives aux Indulgences. Nous avons le principal fruit de ces vingt-cinq années de travaux dans les cinq dernières éditions de cet ouvrage. Après la mort du P. Joseph Schneider, qui publia ce livre en Allemagne et en donna plusieurs éditions, le P. Beringer mit en 1884 la dernière main à la huitième édition préparée par le P. Schneider et il la lit paraître ainsi que les suivantes, sous son nom. C'est au P. Schneider que nous devons la première publication de cet ouvrage en allemand: mais son successeur n'en a pas moins le très grand mérite d'avoir, tout en conservant l'esprit du P. Schneider, donné à l'œuvre son plein déve-
IV PRKFACE
loppement et sa perfection, du moins relative. En Allemagne comme en France, ce travail fait autorité en tout ce qui concerne les Indulgences; et, à Rome même, parmi les Consulteurs de la Sacrée Congrégation, le P. beringer était fort estimé.
Dans la Préface de la huitième édition allemande, le P. Beringer cite un mot d'un ecclésiastique haut placé, à propos du P. Schneider, et ce mot s'applique parfaitement au P. Beringer. « En toutes les questions relatives aux Indulgences nul ne s'y entendait mieux ; il a ouvert à tous les sources précieuses des Indulgences : sans doute, Dieu lui aura accordé a lui-même une Indulgence toute plénière.» Ou'il soit permis, cependant, à l'auteur de cette Préface de recommander instamment l'âme du cher défunt aux prières de tous ses lecteurs.
Le 23 janvier 1909 le P. Beringer mourut subitement dune attaque cardiaque, au Collège Germanique, à Rome. Au commencement de mai de la même année nous lui avons succédé dans ses travaux. D'ailleurs, depuis 1894, le P. Beringer nous avait associé à son œuvre, et nous avions collaboré à la préparation et à la publication des trois dernières éditions du grand ouvrage sur les Indulgences.
Aussi avons-nous pu, aussitôt aprèslamort de l'auteur, donner à la treizième édition allemande comme à la troisième édition française un supplément qui en fait en quelque sorte une édition nouvelle. De cette manière, ceux qui possèdent la troisième édition pourront la compléter en y joignant ce supplément que l'on peut se procurer à part. Et, ainsi, l'ouvrage renferme maintenant les décisions et les concessions les plus récentes en matière
d'Indulgences, jusqu'en 1911.
Jos. Hilgers, S. J.
Application des Indulgences. — Décret du Saint-Office du 2 décembre 1909.
Toutes les Indulgences générales, accordées pour les fidèles Jusqu'en 1910, et que l'on gagnesans le secours d'un objet quelconque bénit, comme scapulaire,etc, ou sans faire partie d'une pieuse Association quelconque, peuvent être appliquées aux dmes du Purgatoire, alors même que cette autorisation n'est point mentionnée dans l'acte de concession. Ainsi Ta décidé un Décret du Saint-Office, du 2 décembre 1909.
Cette décision s'applique à toutes les Indulgences de ce genre, consignées dans la 3e édition des Indulgences, leur nature et leur usage.
Publication des concessions d'Indulgences. Leur validité. Le Motu proprio du 7 (publié le 15) avrii 1910.
Dès 1746, il était rigoureusement prescrit que toutes les concessions d'Indulgences générales fussent, sous peine de nullité pour la faveur obtenue, présentées à la Sacrée Congrégation des Indulgences, pour authentication, sous leur forme originale.
Par concessions d'Indulgences générales, on n'entend que les Indulgences accordées de telle sorte qu'elles puissent être gagnées par tous fidèles, en tout temps et en tout lieu, sans recourir à l'usage de quelque objet bénit ou sans appartenir à une pieuse Association quelconque.
Depuis la Constitution Sapienti consilio (voir plus loin, p. 1), la Sacrée Congrégation des Indulgences n'existe plus comme Congrégation spéciale, et tout ce qui concerne les Indulgences est confié exclusivement à la Congrégation du Saint-Office. La prescription rappelée ci-dessus a été, sous cette nouvelle organisation, confirmée et étendue par un Motu proprio du 7 avril 1910. D'après cette Ordonnance du Pape, toutes les nouvelles