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L'ASSOCIATION DES ENFANTS 1)1" MARIE, ETC

34. — L'Association des Enfants de Marie sous la protection de la Vierge Immaculée et de sainte Agnès ' .

Cette association, destinée exclusivement aux jeunes filles, a été fondée par dom A. Passèri, abbé et chanoine régulier de Latran 2. En 1861, elle fut canoniquement érigée, à Rome, dans l'église paroissiale de Sainte-Àgnès-hors-les-Murs. Pie IX, par un bref du 16 janvier 1866, lui accorda de riches Indulgences et de nombreux privilèges. Le 16 février de la même année, elle fut élevée au rang d'association primaria Pin Unio Primaria), avec pouvoir de s'agréger d'autres associations de même titre et de même but canoniquement érigées par les évêques diocésains, et de leur communiquer ses Indulgences et privilèges, en se conformant, toutefois, aux prescriptions du pape Clément VIII (voir plus haut, $ 6, p. 38 et suiv.). Par un bref du 14 février 1870, ce pouvoir d'agrégation à été transféré à l'abbé général des chanoines réguliers de Latran (résidant à Rome, à S. Pielro in Vincolï). Par un décret de la Sacrée Congrégation des Indulgences, du 30 août 1866, dispense avait déjà été accordée relativement à la distance prescrite autrefois pour les confréries (voir p. 16), en sorte que les évêques s'ils le jugent bon, peuvent ériger, dans la même ville, plusieurs associations de ce genre, qui doivent alors être toutes agrégées à la Primaria de Rome.

.Nous résumons ici les règles approuvées que contient le Manuel cité ci-dessous :

L'association se compose déjeunes filles qui, sous la bannière de la Reine Immaculée du ciel et sous la protection de sainte Agnès, vierge et martyre, se proposent de fuir le mal et de s'appliquer à progresser dans la piété chrétienne, dans la pureté des mœurs et

1. D'après le Manuale grande délia Primaria ecc. délie Figlie di Maria, da D. Alberto Passèri, Can. reg. Lateran. (Rome). Le Manuale piccolo, ecc. (Rome), renferme tout ce qu'il y a d'essentiel. — Du reste, toutes les congrégations déjeunes fdles qui sont agrégées à la Congrégation Primaria du Collège Romain et dont nous avons parlé dans le numéro précédent, portent également le titre d'Enfants de Marie.

2. A la (in du xvi° siècle, Pierre Fourier. chanoine régulier, canonisé Récemment, avait déjà fondé une association de ce genre pour les jeunes filles, sous le titre de l'Immaculée Conception, dans sa paroisse de Mattaincourt.

Î7 \ 11" PART., IV' SECT. — CONFRÉRIES ET ASSOCIATIONS PlEi -I S

dans l'accomplissement de leurs devoirs d'état. — Les récipiendaires doivent d'abord subir un temps d'épreuve, comme aspirantes ; pour l'admission à ce degré, aucun âge n'est fixé, il n'est pas même nécessaire d'avoir fait sa première communion : il suffit de faire voir une vénération spéciale h. la très sainte Vierge, de donner bon espoir qu'on vivra vertueusement et d'avoir assisté aux réunions au moins durant un mois. — Pour qu'une aspirante devienne Enfant de Marie, il faut qu'elle ait déjà fait sa première communion; que, durant 3 mois au moins, elle ait fait partie de l'association comme aspirante; que sa conduite ait été exemplaire, et qu'elle ait assisté au moins aux réunions mensuelles.

Les Enfants de Marie portent, comme insigne, une médaille bénite par le directeur et -u>pendue au cou par un ruban bleu de ciel (pour les aspirantes, le ruban est vert . Seuls, les directeurs ont le pouvoir de bénir ces médailles pour les récipiendaires etd'y attacher l'Indulgence plénière à l'article de la mort; ils ne peuvent déléguer ce pouvoir à d'autres, à moins d'en avoir obtenu l'autorisation du directeur général, à Rome. — Les associées doivent porter cette médaille pour leurs réunions, les communions générales, les processions et autres cérémonies de l'association : la chose est de règle; dans les autres cas, le port de la médaille est simplement recommandé.

L'association est sous la conduite d'un prêtre, qui a le titre de directeur, et qui est assisté d'un bureau composé d'une supérieure et d'une vice-supérieure (choisies par le directeur au moment où l'association est instituée; elles peuvent être mariées ou veuves , d'une présidente, de deux assistantes, d'une directrice des aspirantes, etc., élues par les Enfants de Marie, chaque année, le dimanche après la fête de l'Immaculée Conception. — Dans [es paroisses, le curé est le directeur de l'association ; dans les autres églises ou chapelles, c'est le prêtre chargé de cette église ou chapelle; dans les deux cas, ce peut être aussi un autre prêtre choisi par le curé ou le recteur, s'il n'est pas désigné par l'évèque diocésain.

Chaque semaine, autant que possible, a lieu une réunion des Enfants de Marie, présidée par la supérieure. — Le premier dimanche de chaque mois, a lieu la congrégation générale : une assemblée générale se lient aussi en chacune des."» principales fêles de la très sainte Vierge, en la fêle de sainte Agnès et aux grandes fêtes solennelles; elle est, autant que possible, présidée par le directeur. Alissue de ces congrégations générales, on fait une quête pour l'entretien de la chapelle, pour les autres dépenses de L'association et pour les messes célébrées pour les défuntes.

Les fêtes de l'Immaculée Conception et de sainte Agnès sont celé-

i ASSOCIATION DES ENFANTS DE MARIE, ETC. Zi'.t

brées avec une solennité spéciale : en la première de ces deux fêtes, l'association fail dire une messe pour lesassociées vivantes. Le jour des Morts, on dil une messe pour les associées défuntes de toutes sso dation s agrégées à la Primaria de Rome. Si une associée meurt, on chante ou on dit une messe pour le repos de son àme : — et, dans tous les eas que nous venons d'indiquer, les Enfants de Marie doivent offrir la sainte communion pour leurs consœurs. — En outre, chaque mois, au jour de la congrégation générale mensuelle, le-, associées doivent, communier à l'autel de l'association pour toutes les Enfants de Marie et pour toutes les associations agrégées à la Primai ia de Home.

Le directeur et la supérieure doivent veiller à ce que les Enfants de Marie aient une conduite exemplaire. Celles-ci doivent, autant jjue possible, assister chaque jour à la sainte messe, réciter le chapelet, faire une courte méditation ou considération, une lecture spirituelle et l'examen de conscience; et en tin, matin et soir, réciter 3 Ave Maria à la Vierge Immaculée, avec l'invocation : « 0 Mère très pure, préservez-moi du péché mortel ! » — Chaque semaine ou tous les quinze jours, ou du moins chaque mois, elles doivent se confesser et communier; une fois chaque semaine, elles doivent réciter le petit Office ou le chapelet de l'Immaculée Conception, et faire, chaque samedi, une pratique spéciale en l'honneur de leur sainte Mère. — Chaque mois, elles doivent prendre part à la communion générale et à la congrégation générale, et faire, en commun ou en particulier, un jour de récollection spirituelle. — Chaque année, autant que possible, elles feront les exercices spirituels au moins durant quatre jours ; elles feront les neuvaines préparatoires aux principales fêtes du Sauveur et de la très sainte Vierge, et au moins un triduum avant la fête de sainte Agnès; — durant le mois de mai, elles honoreront tout particulièrement la très sainte Vierge.

Ixoulgexces et privilèges, concessions des papes Pie IX, et Léon XIII [Rescr. aath., Il, n° 51).

I. Indulgence pîénière : — 1° Le jour de l'admission comme aspirante et comme Enfant de Marie (confession et communion) ; — 2° à l'article de la mort, aux mêmes conditions ou, si cela n'est pas possible, en invoquant de bouche ou au moins de cœur le saint Nom de Jésus; — 3° aux l'êtes de Noël et de l'Ascension (confession, communion, visite de l'église de l'association ou, si la distance est trop grande, d'une autre église ou chapelle publique, en y priant aux intentions ordinaires) ; — 4° de même, aux fêtes de l'Immaculée Conception et de sainte Agnès ; — 5° de même aux

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de la Nativité de la très sainte Vierge, de l'Annonciation, de la Purification et de l'Assomption ; — 6° de même, en la fête du saint Rosaire; — 7° à la Toussaint; — 8° une fois chaque mois au jour où les associées se confessent, communient, visitent l'église de l'association et y prient comme ci-dessus n 3 , à condition qu'elles aient assisté aux réunions qui se tiennent durant le mois (elles peuvent choisir pour cela le jour de la communion générale de chaque mois); — 9° si, chaque année, elles ontpris part pieusement au moins à plus de la moitié des exercices spirituels qui ont lieu dans l'association (confession, communion, visite de l'église de l'association, comme ci-dessus, en y priant aux intentions ordinaires).

II. Indulgences partiel! es : — 1° 7 ans etl quarantaines, si elles visitent l'église de l'association ou, dans le cas où la distance est trop grande, toute autre église ou chapelle publique, et y prient comme ci-dessus, aux autres fêtes moins solennelles de la très sainte Vierge; — 2° 60 jours, pour toute bonne œuvre dans l'esprit de l'association, par exemple si elles baisent l'image de la Mère de Dieu représentée sur leur médaille, si elles veillent à une modestie spéciale dans leurs vêtements, si elles s'abstiennent des danses ou des assemblées dangereuses, etc.

III. Les associées peuvent gagner les Indulgences des stations si, aux jours désignés, elles visitent l'église de l'association, ou bien, au cas où la distance est trop grande, toute autre église ou chapelle publique, en y priant comme ci-dessus, à condition qu'elles aient accompli les autres œuvres prescrites (voir t. 1, p. 579 .

IV. Indulgences pour les défunts et autres privilèges : — 1° Toutes les Indulgences ci-dessus sont applicables aux âmes du purgatoire; — 2U toutes les messes dites, par n'importe quel prêtre, à l'autel de l'association, pour les associées défuntes, sont privilégiées; — 3° les directeurs peuvent gagner les Indulgences ci-dessus en remplissantles conditions prescrites; — 4° les directeurs ont le pouvoir de bénir les médailles de l'association en y attachant l'Indulgence plénière à l'article delà mort) ■ ; — 5° le directeur général, à Rome, peut bénir ces

1. Par rescrit de la Sacrée Congrégation des Indulgences, du 24 août 1897, une nouvelle médaille de l'association a été approuvée, et il a été décidé

CONFR. m se VI'. NOin DE N.-D.-DBS-SEPT-DOULEURS 277

médailles e1 ronimuniquer ce pouvoir à d'autres prêtres que luitnême ou les autres directeurs invitent pour l'admission des aspirantes ou des Enfants de Marie; — 6° toute association agrégée à la Primariade Rome peut célébrer la fête de i'Imma- Bulée Conception un jour dans l'octave, jour fixé par le directeur respectif, en sorte que toutes les messes peuvent être relies de la fête pourvu que, pour la grand'messe, il n'y ait pas une autre fête de la très sainte Vierge ou un double de lrc classe, et que, pour les messes basses, il n'y ait pas l'office du dimanche ou un double de 2e classe; la messe paroissiale ou conventuelle du jour ne peut non plus être omise, s'il y a obligation; enfin, il faut observer les rubriques, et cet induit doit, avant d'être mis à exécution, être soumis à la chancellerie épiscopale respective ; — 7° le même induit, aux mêmes conditions, s'applique à la fête de sainte Agnès.

Pour la pieuse association en l'honneur de Marie Immaculée et de saint Louis de lionzague, contre les paroles déshonnètes et les plaisanteries inconvenantes, voir Acta S. Scd., vol. I, pp. 321-327.

35. — Confrérie du Scapulaire noir de Notre-Dame-des-Sept-Douleurs ' .

Au milieu du xme siècle, sept pieux gentilshommes de Florence, que l'Église vient de mettre au nombre des saints, fondèrent, à la demande de Notre-Dame, près de leur ville natale, l'Ordre des Servites ou des serviteurs de Marie. Le but principal qu'ils se proposaient était de méditer les douleurs que souffrit la très sainte Vierge durant sa vie et surtout au moment de la passion et de la mort de son divin Fils, et de répandre la dévotion à la Mère des douleurs parmi le peuple

qu'à partir du 8 décembre 1898 les directeurs ne pourraient plus employer, pour la réception des Enfants de Marie, d'autres médailles qui dillV'reraient du modèle approuvé. — sans quoi on ne gagnerait point les Indulgences en portant ou en baisant la médaille; toutefois, les associées antérieurement admises peuvent garder la médaille qu'elles ont eue au jour de leur réception et gagner ces Indulgences (.Vomi*, revue théol., XXXI, 504:.

t. Voir Pecoroni, Pratiche divote in onore di Marin >>'. Addolorata, etc., Borna, 1859; à cette édition on a ajouté, il y a peu d'années, quelques changements et quelques décisions récentes.

278 11" l'AKT., IVe 6ECT. — CONFRÉRIES II ASSOCIATIONS en

fidèle. [/Ordre adopta la règle de saint Augustin et fut approuvé par le pape Alexandre IV en 1255. La très sainte Vierge elle-même, ainsi que le Saint-Siège Ta reconnu à plusieurs reprises, lit connaître à ses serviteurs, dans une apparition, qu'ils devaient porter un costume noir avec un scapulaire de même couleur, en souvenir des souffrances qu'elle a endurées pour nous.

En même temps qu'ils s'appliquaient à leur sainte entreprise, les fondateurs commencèrent a donner un petit scapulaire noir aux pieux fidèles qui, sans entrer dans leur Ordre, voulaient cependant faire spéciale profession d'être les serviteurs de Marie et nourrissaient le désir de penser habituellement aux douleurs de leur Mère. Ce fut là le commencement de la confrérie de Xotre-Dame-des-Sept-Douleurs. Avec le scapulaire, les mêmes religieux firent connaître aussi et aimer le chapelet des Sept-Douleurs de Marie, dont nous avons parlé ailleurs t. Ier, p. 306 .

L'Ordre nouveau se propagea avec une célérité prodigieuse, grâce surtout au concours de saint Philippe Beniti et de sainte Julienne Falconieri. De son côté, la confrérie de Notre-Damedes-Sept-Douleurs prit de rapides accroissements et gagna un très grand nombre de membres, surtout dans les hautes classes de la société. L'empereur Rodolphe Ier de Habsbourg avec l'impératrice, l'empereur Charles IV avec Anne son épouse, et plus tard un grand nombre de princes de la noble maison de Habsbourg, les rois de Pologne, de Portugal, de Càstille, d'Aragon et de Navarre, et beaucoup de personnages princiers voulurent se revêtir du scapulaire noir de Xotre-Dame-des- Sept-Douleurs'. Le saint roi Louis IX de France est le membre le plus illustre de cette confrérie.

Un grand nombre de Papes ont marqué leur estime pour l'Ordre des Servites et pour la confrérie de Xotre-Dame-des- Sept-Douleurs, en leur accordant des grâces nombreuses et de riches Indulgences.

L'érection canonique de la confrérie et la communication de

1. Pecorosi, /. c, page 22, sqq. ; voir aussi la Vie de saint Philippe par Soulier, publiée en diverses langues à l'occasion du sixième centenaii

de ce saint.

CONFft. i»i SCAP. NOIR m tf.-D.-DES-SBPT-DOtJLEURS 279

ses Faveurs spirituelles appartiennent au Général des Pères Servîtes*; mais, en délivranl les diplômes d'érection, il est obligé de se conformer aux prescriptions de Clément VIII voir p. Ï7 ri suiv. Pour les formulaires à employer, voir notre III Partie, n° 51. a . D'aprèsune décision récente que nousavons rapportée ci-dessus (p. 63), les évêques ne peuvent plus ériger ces confréries et leur communiquer les Indulgences correspondantes, quand même ils auraient obtenu les pouvoirs extraordinaires dont nous avons parlé plus haut (voir p. 62, sqq.).

Le pape Paul V, par un bref du 14 février 1607, avait donné au Général des Servîtes le pouvoir d'ériger des confréries avec la permission <le l'évêque dans toutes les églises de son Ordre, pourvu qu'il y résidât au moins cinq ou six de ses religieux qui fussent piètres. Par un autre bref du 28 juillet suivant, ce Pontife accorda le même pouvoir au vicaire général (en l'absence du Général , et supprima la clause restrictive qu'il devait y avoir au moins cinq ou six prêtres dans l'église de l'Ordre. Enfin le pape Urbain VIII, par un bref du 18 septembre 1028, permit que, même dans les églises appartenant au clergé séculier, le Père Général pût, avec la permission de l'Ordinaire et du curé de l'église, établir la confrérie. Avec ce pouvoir il lui accorda celui de désigner, mais une fois seulement, dans chacune de ces églises, sept autels auxquels les fidèles pourront gagner les Indulgences des sept autels de Saint-Pierre à Home ici", t. I". p. 582, II; voir aussi P. Theos. a Si- S., 11. p. 306, sqq. et les Rescr. auth., p. 644 et 645).

Lors de l'érection de cette confrérie, on doit désigner une chapelle ou un autel de la Mère des Douleurs comme chapelle ou autel de la confrérie, où les associés puissent pratiquer leurs exercices de dévotion.

D'un décret du 24 juillet 1756 [DeCT. auth., n. 208), il résulte qu'une confrérie de Notre-Dame-des-Sept-Douleurs qui n'aurait pas un autel propre, dédié à la Vierge douloureuse, qui ne réciterait pas chaque vendredi le chapelet des Sept-Douleurs, et qui ne ferait pas chaque année (ordinairement le troisième dimanche de septembre) la procession solennelle, etc., ne doit pas être regardée comme valide ment établie (cf. p. 22).

Le 14 décembre 1733, le pape Clément XII a d'ailleurs revalidé tout ce qu'il y aurait pu y avoir d'irrégulier jusqu'alors dans l'établissement de ces confréries.

1. On s'adresse au Revmo /'. Genzrale dei Servi di Maria, Rorua, S. Maria in Via.

280 II" PART., IVe SECT. — CONFRÉRIES ET ASSOCIATIONS PIEUSES

Pour les (indroits où il n'y a pas de religieux de l'Ordre des Servites, ni de confrérie de Xotre-Dame-des-Sept-Douleurs canoniquement établie, le Général de l'Ordre donne à tous les prêtres qui en font la demande le pouvoir de bénir le petit scapulaire noir, de l'imposer aux fidèles et de les recevoir ainsi dans la confrérie; il leur communique aussi la faculté de bénir le chapelet des Sept-Douleurs.

On peut user séparément de ce dernier pouvoir, puisque ces chapelets sont enrichis d'un grand nombre d'Indulgences qui peuvent être gagnées par tous les fidèles indistinctement, par ceuxlà même qui ne sont pas de la confrérie (voir tome Ier, p. 506.

Relativement à l'exercice ou à l'usage de ces pouvoirs, nous renvoyons à ce qui a été dit, tome Ier, p. 538, 8.

Nous rappelons seulement ici que la bénédiction et l'imposition du scapulaire des Sept-Douleurs sont inséparables de l'entrée du récipiendaire dans la confrérie, et inversement. On sait que ce scapulaire, composé de deux morceaux de laine, tombant l'un sur la poitrine et l'autre sur le dos, doit être de couleur noire, tandis que le cordon double qui les relie peut être de n'importe quelle couleur. Pour le bénir et l'imposer aux fidèles et pour recevoir ceux-ci dans la confrérie, il y a des formules spéciales, que l'on trouvera dans la troisième partie (n. 215). Elles sont obligatoires en ce sens que les paroles qui, dans ces formules, expriment la bénédiction et l'imposition du scapulaire, ainsi que la réception dans la confrérie, doivent être prononcées de toute nécessité pour que ces actes soient légitimes et valides, comme il a été dit, tome Ier, p. !J43, et ci-dessus, p. 74.

Pour la validité de la réception, il est, de plus, absolument nécessaire que les noms des associés soient inscrits sur le registre de la confrérie, comme la Sacrée Congrégation des Indulgences l'a déclaré à plusieurs reprises (voir plus haut, p. 76). En conséquence, dans les endroits où il n'y a pas de confrérie de Notre-Dame-des-Sept-Douleurs canoniquement érigée, les prêtres munis à cet effet des pouvoirs nécessaires doivent inscrire les noms des nouveaux associés sur un registre privé et les envoyer de temps en temps à une confrérie canoniquement érigée ou bien à un couvent de Servites, par exemple au Général de l'Ordre (Roma, S. Maria in Via).

Aussi, dans les nouveaux pouvoirs d'admission, il est dit, à la fin

CONFR. DU 3CAP. NOilt D! N.-D.-DES-SEPT-DOOLEURS 281

île la formule d'admission : Tandem priai nomen uniuscujusque induti illudque conscribat, transmittendum ad aliquam ecclesiam Ordinis vel ad ecclesiafn, in qua a Priore gcnerali canonice erectt

Septem Dolorum /î. M. \ .. ut inscribi possit in albo Confraternitatis. qux inscriptio omnino necessaria est ad lucrandas indulgentias.

La chose esi de rigueur» même dans le ras où l'on aurait reçu la faculté de bénir el d'imposer plusieurs scapulaires à la fois par la formule abrégée, à moins cependant qu'on n'ail obtenu des pouvoirs exceptionnels tout particuliers voir tome Ier, p. 540; quant à ce qu'il y a à observer quand ou porte plusieurs scapulaires à la fois, voir p. 548 .

Quiconque est reçu dans la confrérie de Xotre-Dame-des- Sept-Douleurs, doit toujours porter le scapulaire de la manière qu'il a été marqué (t. Ier, p. 546). C'est la principale condition pour gagner les Indulgences de la confrérie. Si le scapulaire est usé ou qu'on l'ait perdu, il n'est pas nécessaire d'en faire bénir un nouveau, mais on peut soi-même revêtir un scapulaire non bénit .

Dans les règles de cette confrérie, il est dit entre autres choses: Les associés doivent dire chaque jour sept Pater et sept Ave en l'honneur des Sept-Douleurs de Marie, assister à la récitation publique du chapelet des Sept-Douleurs qui se fait dans toute église des Servites après Vêpres le dimanche ou le vendredi, réciter à la mort de chaque associé sept Pater et sept Ave pour le repos d» âme. Aux cinq principales fêtes de la très sainte Vierge, ainsi que le vendredi des Sept-Douleurs et le troisième dimanche de septembre ils doivent s'approcher des sacrements, après avoir jeûné la veille de ces fêtes; le troisième dimanche de chaque mois, spécialement durant le mois de septembre, ils ne manqueront pas d'assister à la procession du scapulaire, etc. Mais h. la fin il est dit : Cependant, en n'observant pas ces prescriptions, l'on ne pèche pas. ou perd seulement les mérites, grâces et Indulgences qui y sont attachés.

Indulgbnges [Rescr. auth., II, n. 80) {.

I. Indulgence ple'nière : 1° Au jour où, par la réception du scapulaire, on entre dans la confrérie, si l'on se confesse et que l'on communie; — "2° à la fête principale de la confrérie

1. Le sommaire approuvé, le 7 mars 1888. par la Sacrée Congrégation îles Indulgences, contient quelques petites modifications, que nous signalons en leurs lieu et place.

â8â il' PART., IV BECT. — CONFRERIBS ET ASSOCIATIONS IMI.i SES

■ infesser, communier, visiter l'église de la confrérie à partir des premières vêpres, et y prier aux intentions ordinaires' . Les associés empêchés le jour même de la fête peuvent gagner

cette Indulgence, aux mômes conditions, à l'un des sept jours suivants Léon Xlll. rescrit de la Sacrée Congrégation des Indulgences, 16 juillet 1887 ; — 3° à l'article de la mort : si, muni des sacrements, ou, quand on ne peut les recevoir, si vraiment contrit on invoque de bouche ou au moins de cœur, le saint nom de Jésus ' ; — 4° quand, après s'être confessé et avoir communié, l'on assiste pieusement à la procession solennelle qui se fait, avec la permission de l'Ordinaire, un dimanche de chaque mois dans les églises de l'Ordre2, et qu'on y prie selon les intentions accoutumées ; — 5° au dimanche de la Passion, pour tous les associés qui se confessent, communient, visitent l'église ou la chapelle de la confrérie à partir des premières vêpres), y méditent pieusement sur les sept douleurs de Marie ainsi que sur la Passion de Notre- Seigneur, et enfin prient aux intentions ordinaires du Souverain Pontife; — (i° le 3e dimanche de septembre, Indulgence plénière Toties Quoties, pour les associés et tous les fidèles :i voir t. I. p. -417, n. 280 .

II. Indulgences partielles : 1" 7 ans et 7 quarantaines^ aux fêtes de la Nativité, de l'Annonciation, de la Purification et de

1. Les associés peuvent recevoir à l'iieure de la mort la bénédiction avec Indulgence plénière d'un religieux de l'Ordre des Servites, ou, a défaut d'un Servite, de toul autre prêtre Pecokoni, /. c, p. 110). La formule commune prescrite à cet effet se trouve dans unir.' troisième partie,

2. Si. pour un motif raisonnable [au jugement du directeur de la confrérie . cette procession mensuelle ne peut avoir lieu, le* confrères peuvent cependant gagner l'Indulgence plénière en assistant dévotement, dans l'église de la confrérie, a la récitation dn chapelel des Sept-Douleurs (S Congrégation des Indulgences, 21 mars 18

:;. Comme, en un grand nombre de confréries, la fête des Sept-Douleurne peut être célébrée le 3' dimanche de septembre, la Sacrée Congrégation des Rites a permis, le" janvier 1896, que. dans ces églises, une (une seule M i solemnis defeslo Septem Dolorum avec le consentement dû curé ou du recteur de l'église puisse être chantée ce dimanche. — pourvu que n'y tombent ni un double de première classe ni une fête de la très sainte Vierge; on ne peut non plus omettre la messe paroissiale ou conventuelle qui correspond à l'office du jour, si elle est obligatoire; enfin il faut se conformer aux rubriques.

CoNP. i>i 8CAI». noiii ni N.-D.-DKS-M.i'i-Dori.n us ti«S3

I Assomption de la 1res sainic Vierge, si les associés se confessent, communient, visitent l'église ou la cliapelle de la confrérie (à partir des premières vêpres), et y prient aux intentions ordinaires; — 2° 7 a>is et 7 quarantaines, chaque vendredi, si l'on reçoit les sacrements de Pénitence et d'Eucharistie, et qu'on récite cinq Pu la- et cinq Ace en souvenir de la Passion de Xotre-Seigneur ; — 3° B ans et 5 quarantaines, pour les associés qui accompagnent le Saint-Sacrement quand on le porte aux malades, et qui prient pour ceux-ci ; — 4° 100 jours si l'on récite en commun l'office de la très sainte Vierge dans la chapelle de la confrérie; — 5° 60 jours, chaque fois qu'on assiste au Salve Regina et aux litanies de la très sainte Vierge, qui se chantent tous les samedis après vêpres, ou bien qu'au même jour on récite sept Pater et sept Ave en l'honneur des sept douleurs de Marie, ou que l'on assiste soit à la messe soit à un autre office célébrés par les associés dans leur église ou leur chapelle ; chaque fois aussi qu'on se rend à la réunion publique ou privée des membres de la confrérie, ou que l'on accomplit quelque autre œuvre de piété ou de charité; — 0° 100 jours, quand durant l'année on fait une pieuse méditation sur les sept douleurs de la très sainte Vierge ou les souffrances de Notre-Seigneur; qu'on récite le Pater NosteretVAve Maria avec le Stabat Mater, ou que l'on fait quelque autre pieux exercice de ceux qui sont en usage dans les églises et chapelles de la confrérie, et que l'on prie aux intentions du Souverain Pontife.

De plus, les associés peuvent gagner les Indulgences des Stations de Rome, si aux jours déterminés ils visitent pieusement l'église ou la chapelle de la confrérie (voir t. Ier, p. 579).

III. Privilèges : 1° Tous les associés qui, pour cause de maladie ou par suite de quelque autre empêchement légitime, ne peuvent visiter l'église de la confrérie, gagnent cependant les Indulgences, en faisant commuer la visite par leur confesseur en une autre bonne œuvre.

2° D'après une concession récente du Souverain Pontife le pape Léon XIII, les confrères qui demeurent dans des localités où il ne se trouve pas d'église soit de l'Ordre, soit de la confrérie de Notre-Dame-des-Sept-Douleurs, peuvent gagner les Indulgences qui exigent la visite d'un de ces sanctuaires, en visi-

284 H PART., i\' SECT. — CONFRÉRIES ET ASSO< IATIONS PIEUSES

tant leur propre église paroissiale (voir plus haut, ad VIII, et à la fin : p. 2.VJ el 257 ;.

Par suite de cette concession, les membres de la confrérie peuvent encore gagner toute une série d'Indulgences plénières et partielles, à savoir presque toutes celles qui sont marquées dans le sommaire n° 81 des Rescr. au/h., p. W.'yl. Nous indiquons seulement ici les jours pour lesquels sont concédées les Indulgences plénières : 1° Pâques ; 2° Assomption ; 3" Nativité de la Sainte Vierge ; 4° troisième dimanche de septembre ; 5° une fois, chaque année, aux prières des Quarante-Heures ; 6° l'un des sept jours qui précèdent ou suiventla fête des Sept- Douleurs : 7° Fête-Dieu; 8° saint Philippe Beniti (23 août : 9° saint Pérégrinus Latiosus (30 avril); 10° sainte Julienne Falconieiï 19 juin) ; 11° Sept-Douleurs de la très sainte Vierge (vendredi après le dimanche delà Passion); 12° sept fondateurs de l'Ordre des Servites (11 février); 13° au premier jour ouvrier qui suit la fête des Morts, si à ce jour, avec la permission de l'Ordinaire, on fait l'office solennel pour les membres défunts de la confrérie. — Les conditions à remplir chaque fois sont : la confession, la communion, la visite d'église et, durant cette visite, la prière aux intentions ordinaires. Pour gagner les Indulgences des numéros 1, 2 et 3, il faut, de plus, réciter 7 fois le Pater et Y Ave, ou bien les vêpres des défunts.

3 Toutes les Indulgences énumérées sont applicables aux âmes du purgatoire.

4° Enfin, les associés ont part aux mérites et à toutes les bonnes œuvres de l'Ordre des Servites (réponse du T. R. P. Général, 14 juin 1881).

36. — L'Archiconfrérie de Notre-Dame de Compassion pour le retour de l'Angleterre à la foi catholique2.

Par le bref Compertum est du 22 août 1897, le pape LéonXIII a lui-même érigé cette archiconfrérie dans l'église de Saint-

1. Le même privilège a t'-t « ■ accordé, par rescrit de la Sacrée Congréga-

gation des Indulgences du 17 janvier 1888, aux tertiaires de Nptre-Dame-

>ept-Douleurs, qui demeurent dans des localités où l'on ne trouve pas

Jise du premier ni du troisième ordre des Servit)

■>. Voir Analecta ecclesiasticcL, janvier 1898, '■> et suiv. ; Bulletin trimes-

tnCHICONFR. OF. N.-l). DE COMPASSION SAINT SULPICE 285

Sulpice, à Paris, parce que Le vénérable M. Olier, fondateur de la Congrégation des Sulpicièns, étail animé d'un zèle ardent pour le retour dé l'Angleterre à l'Eglise romaine el parce que fe grand essor pris par cette Congrégation favorise singulièrement la propagation de la confrérie dans le monde entier. Aussi, dans le bref cité plus haut, le pape Léon XIII exhorte tous les fidèles de l'univers à entrer dans cette confrérie, et il accorde aux directeurs de l'archiconfrérie le pouvoir de s'agréger, en tous lieux, d'autres confréries de même nom et de même but (en observant toutefois les prescriptions contenues dans la bulle de Clément VIII et dans les autres ordonnances apostoliques) et de leur communiquer toutes les Indulgences de l'archiconfrérie.

Par un décret de la Sacrée Congrégation des Evêques et Réguliers, du 30 août 1897, les Statuts de ï arcliiconfrérie, approuvés par le Souverain Pontife, ont été publiés. Les voici :

I. Le but de la pieuse association est d'obtenir de Dieu, par les prières et les bonnes œuvres auxquelles ses membres s'appliqueront, le retour de la Grande-Bretagne à la foi catholique.

II. Pour atteindre ce but, les membres de la pieuse association ne se contenteront pas de la prière, mais ils ajouteront l'exercice des bonnes œuvres de toutes sortes, ainsi que l'emploi de tous les moyens pouvant efficacement contribuer au but que se propose l'association.

III. Outre la bienheureuse Vierge Marie, la pieuse association honore comme ses protecteurs spéciaux : saint Joseph, saint Pierre, prince des apôtres et patron de l'Angleterre, saint Grégoire le Grand et suint Augustin, évèque, qui en fut l'apôtre.

IV. Pour faire partie de l'association et gagner les Indulgences dont elle a été enrichie, les associés devront, chaque jour, ajouter à leurs prières quotidiennes une prière spéciale, au moins un Ave Marin, pour obtenir de Dieu la conversion qui est le but de l'association. On les exhorte d'une manière particulière à réciter la prière à la très sainte Vierge pour nos frères d'Angleterre, insérée dans la Lettre apostolique aux Anglais, du 15 avril 1895 (voir t. I, p. 331).

V. L'association Primaria a son siège à Paris dans l'église deSaint- Sulpice, laquelle a le droit d'agréger, avec le consentement des Or-

triel de l'archiconfrérie de Notre-Dame de Compassion, paraissant depuis 1900 {Rédaction, 50, rue de Vaugirard, à Paris; Administration, librairie Lecoffre, 00, rue Bonaparte, Paris .

280 II' PAUT., IVe SF.CT. — CONFRÉRIES ET ASSOCIATIONS PIB1 SES

dinaires respectifs, toutes les autres associations semblables qui viendront à être érigées dons tout l'univers. — Dans tous les lieux où les prêtres de Saiut-Sulpice auront une résidence, ils auront droit à ce que leur église devienne le siège de l'association.

VI. Le président effectif de L'association Primaria est le Supérieur général, //>" tempore, de la compagnie de Saint-Sulpice, lequel pourra se choisir un représentant parmi ses prêtres et le délégui ; pour l'expédition des affaire-. — l);uis les diocèses où l'association sera canoniquement érigée et aurégée à la Primaria, les présidents seront nommés par les Ordinaires respectif-.

VII. Le président de l'association pourra, parmi les membres qui se distinguent le plus par leur zèle et leur piété, choisir des zélateurs et des zélatrices, dont il fixera le nombre selon les circonstances et qui s'emploieront selon leur pouvoir à faire prospérer l'œuvre. A cette fin, ils se réuniront en conseil avec le président, à certaines dates déterminées, pour prendre les mesures qui sembleront les plus utiles pour le bien de l'association.

VIII. L'office des zélateurs et des zélatrices consistera à accroître autant qu'il sera en leur pouvoir, le nombre des associés, et à leur délivrer, .avec L'autorisation du président, leurs billets d'inscription, ayant soin de tenir note des noms des associés, pour les transmettre ensuite au président lui-même, qui les transcrira dans le registre général de l'association.

IX. Un dimanche de chaque mois, lequel devra être déterminé d'une manière fixe, se tiendra, dans l'église où se trouve érigée la pieuse association, une réunion de ses membres, pour faire en commun et, autant que possible, devant le 1res Saint-Sacrement exposé, des prières pour obtenir plus efficacement de Dieu le retour si désiré de la Grande-Bretagne à l'Eglise catholique.

L'inauguration solennelle de l'archiconfrérie eut lieu, le 17 octobre 1897, par S. Em. le cardinal-archevêque de Paris, en présence du cardinal-archevêque de Westminster et d'un grand nombre d'évêques et de prélats. A la fin de l'année 1900. on comptait plus de 11.000 associés inscrits à Saint-Sulpice. Depuis lors, en France et en Angleterre, en Italie, en Belgique, et jusqu'en Australie, un grand nombre de ces confréries ont été érigées (en 1903, environ 600) et agrégées à la Primaria de Paris ; et le nombre des associés dans le monde entier s'est accru extraordinairement.

Depuis 1900, paraît à Paris, sous la direction des prêtres de

BICOKFB. DE \.-l). DE COMPAS8IOK BAINT-SCLPICB 28"

Saint-Sulpice, un Bulletin trimestriel de l'archiconfrérie de Notre- Dame de Compassion, etc.. Ce Bulletin rend compte des origines de ta confrérie, de ses progrès et de son étal actuel; il donne des articles très intéressants et les conférences faites dans les réunions mensuelles, par exemple sur les causes du schisme entre l'Angleterre et l'Église, sur les points de doctrine contestés par les Anglicans, sur les progrès du catholicisme en Angleterre, etc. Ce Bulletin a été honoré d'un bref élogieux de Léon XIII, le 13 septembre I'

Avant la création de cette œuvre universelle de prières, on avait tenté, en divers lieux, de ressusciter les associations de prières pour l'Angleterre, tient M-! Wïsemanet Ignace Spencer avaient été, vers le milieu du xixe siècle, les inspirateurs.

Ainsi l'année 1889 vit s'établir une confrérie de Notre-Dame de la Merci ou de la Rançon pour la conversion de l'Angleterre, dont les Centres d'inscription sont Caterham (Surrey) pour l'Angleterre, et les monastères des Ursulines de Boulognè-sur-Mer et de Gravelines pour la France.

La même année, on en érigea une branche spéciale, dite Branche galloise de Saint-Téléan, pour la conversion du Pays de Galles.

Une autre confrérie, ayant en partie pour tin la conversion de l'Angleterre, a été érigée dans le sanctuaire de Notre-Dame de Bouiogne-sur-Mer Pas-de-Calais), cinq ans après celle de Notre-Dame de la Merci : c'est Varchiconfrérie de Notre-Dame de la Mer.

Sur toutes ces pieuses institutions, qui ne sont point rendues inutiles par l'apparition de l'archiconfrérie de Notre-Dame de Compassion, voyez le susdit Bulletin trimestriel, lre année, noa 2 et 3, p. 134; et 3e année, n° 1 , p. 87 et 90.

Par le susdit bref du 2:2 août 1897, Léon XIII a accordé à cette archiconfrérie les Indulgences suivantes :

Indulgence plénière : 1° Le jour de l'entrée dans la confrérie ; — 2° à l'article de la mort ; — 3° aux deux fêtes de Notre- Dame de la Compassion, l'une durant le carême, l'autre au mois de septembre; de même pour les fêtes de saint Joseph, de l'apôtre saint Pierre, de saint Grégoire le Grand, de saint Augustin évêque, patron de l'Angleterre; — 4° le jour de la réunion mensuelle dont il est question dans l'article ix des statuts.

50 jours d'Indulgence, une fois chaque jour, si les associés récitent la Salutation angélique, comme il est dit dans l'article iv des statuts.

Ces Indulgences sont applicables aux âmes du purgatoire.

288 II" PART., IVe SECT. — CONFRÉRIES ET ASSOCIATIONS PIEUSES

37. — Pieuse Union de prières à Notre-Dame de Compassion pour le retour des frères dissidents dans le sein de la Sainte Église Romaine ' .

Sous ce titre, une pieuse Union a été canoniquement érigée, à Rome, dans l'église Saint-Marcel, à l'autel de Notre-Dame de la Compassion, le 7 novembre 189b. Son but, aussi noble que saint, est de prier assidûment pour la conversion des Eglises dissidentes (c'est-à-dire hérétiques et schismatiques . Des Unions du même genre pourront être érigées dans toutes les églises du monde entier, où se trouve un autel ou une image de Notre-Dame de la Compassion. A cette fin, on établira des centres secondaires en diverses contrées pour promouvoir l'érection d'Unions particulières dans les églises des régions qui leur seront désignées.

Le directeur général de cette pieuse Union sera toujours le Révérendissime Père général des Servîtes, à qui il appartient de nommer un secrétaire général, choisi parmi ses religieux. Un autre ecclésiastique pourra être choisi pour président ou directeur des pieuses Unions particulières.

Exercices de cette pieuse Union. — Tous les associésréciteront. chaque jour, 7 Ave Maria en l'honneur des Sept Douleurs de la très sainte- Vierge. — Dans l'église de la pieuse Union, on célébrera, tous les vendredis, une messe en l'honneur île Notre-Dame de la Compassion et, si les rubriques le permettent, on dira la messe votive des Sept-Douleurs . Durant cette messe, on récitera le chapelet desSept- Douleurs : tous les associés, à moins d'en être légitimement empêchés, prendront part à cet exercice. — Le troisième vendredi de chaque mois, au commencement de ladite messe, on exposer.! le Saint Sacrement sur l'autel: il restera exposé pendant une heure, et l'on fera des prières spéciales en rapport avec le but de la pieuse Union. — En outre, le même troisième vendredi de chaque mois, il y aura une réunion où le directeur ou un autre prêtre délégué par lui) animera le zèle et la ferveur des associés.

Pour s'inscrire dans cette pieuse Union, ou pour l'établir hors de Rome, on doit écrire au curé de Saint-Marcel [Rome, Chiesa di S. Marcello al Corso).

1. Cf. Analecta ecclesiastica, septembre, octobre 1897, 434 ; et Monitoré ecclesiastico, novembre 1902, 401.

PIEUSE i \n>\ DB \ -il ni' COMPASSION ik.mi 289

Dans l'audience «lu 1 \ février 1902, par rescrit de la Sacrée Congrégation des Indulgences daté du môme jour, Léon XIII a accordé les Km i gbn< es suivantes :

I. Indulgence plénière : 1° Le jour de l'inscription; — 2° le vendredi de la Passion, fête principale de la pieuse Union ; — .'{ en l;i fête «le Noël; — 4° en la fête de l'Annonciation; — o° le Jeudi Saint; — 6° le jour de Pâques; — 7° en la fête de la Pentecôte; — 8° en la fête de la Très-Sainte-Trinité; — 9° en la fête des saints apôtres Pierre et Paul; — 10° le jour de la Toussaint; — 11° le jour de la Commémoration des fidèles trépassés ; — conditions : confession, communion, visite d'une église OU d'un oratoire public en y priant aux intentions du Souverain Pontife et aux tins de la pieuse Union; — 12u à l'article de la mort, si, disposes comme ci-dessus ou du moins contrits, ils invoquent de cœur, s'ils ne le peuvent de bouche, le saint nom de Jésus.

IL Indulgences partielles : 1° 7 ans et 7 quarantaines, le troisième vendredi de chaque mois, si, d'un cœur contrit et avec dévotion, ils visitent le Saint Sacrement exposé d'après les statuts de la pieuse Union ; — 2° 300 jours, une fois par jour, s'ils récitent la prière suivante :

0 Vierge des Douleurs. Mère de Dieu et notre Mère très aimante, de votre trône de miséricorde, jetez avec bonté vos regards sur nous qui, prosternés à vos pieds, repentants et contrits, implorons le pardon de nos péchés, et vous rendons des louanges et de ferventes actions de grâces pour toutes les faveurs que vous nous avez accoret, en particulier, pour nous avoir conservé intact et pur le don inestimable de la foi. Notre reconnaissance sera éternelle, ô divine Mère, et, à l'avenir, nous vivrons de manière à nous rendre moins indignes de votre bonté et à pouvoir ainsi vous consoler de tant de souffrances que, pour nous, vous avez endurées dans la vie, la passion et la mort de Jésus. Nous sommes les tils de votre douleur; et, au pied de la croix, Jésus vous a donnée à nous pour être notre Mère.

Vous n'avez jamais cessé d'avoir pour nous lous l'amour d'une véritable et tendre Mère, mais beaucoup, hélas! beaucoup de nos frères se sont détournés de vous, renonçant à la foi de votre Fils, et ils se sont détachés de vous. Les voici disséminés dans le monde entier; depuis des siècles, ils errent dans les ténèbres des schismes at des hérésies, et, de vice en vice, ils vont se précipitant dans le

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me abîme de l'incrédulité. 0 pieuse Mère, ayez compassion d'un si grand nombre de fils ingrats et rebelles : pardonnez-leur, >us en supplions par la passion de' Jésus et par les douleurs de votre cœur maternel. Par l'abondante effusion de vos lai attendrissez leurs cœurs et brisez l'endurcissement de leur volonté. Qu'un rayon de vos yeux remplis de tristesse éclaire leurs esprits et leur fasse découvrir les pièges du démon qui les ont trompés; que votre main puissante b'S retire de l'abîme de leur apostasie et les ramène au bonheur des enfants de Dieu dans le sein de notre Mère l'Église catholique! Reine et .Mère de tous les chrétiens, exaucez notre prière et faites que bientôt nous puissions revenir au pied de vos autels pour vous remercier du meilleur de notre cœur et chanter avec joie : Réjouissez-vous, ô Vierge Marie, parce que seule vous avez détruit toutes les hérésies dans le monde entier! Ainsi soit-il!

Toutes les Indulgences ci-dessus, sauf celle à l'article de la mort, sont applicables aux âmes du purgatoire.

38. — L'Archiconfrérie de prières et de bonnes œuvres pour le retour des Églises séparées à l'union catholique, sous le patronage de N.-D. de l'Assomption, érigée dans l'église de l'Anastasie à Gonstantinople H .

Depuis plus de vingt-cinq ans, cette pieuse confrérie, sous le patronage de Notre-Dame de l'Assomption, a été érigée par le P. Emmanuel d'Alzon, fondateur de la Congrégation des Augustins de l'Assomption, — en vue d'implorer le secours divin dans l'importante affaire de l'unité chrétienne. Sous son successeur, le P. François Picard, la confrérie a pris de plus grands développements. Elle recrute ses associés non plus seulement parmi les Latins, mais encore parmi les Orien:jux des divers rites, et elle les anime à promouvoir, par des prières et par des œuvres de divers genre, l'unité de l'Eglise, en sorte qu'ils amènent les chrétiens dissidents eux-mêmes à prier aux mêmes intentions.

Par le bref Cum divini Pastoris, du 25 mai 1898, le pape Léon XIII exhorte vivement tous les fidèles à se faire inscrire dans cette confrérie; il rappelle à l'association combien il est

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