Visites des malades et des prisonniers
Déjà Pie VI avait accordé, par mandement du cardinal Vicaire, du 28 février 1778, une Indulgence de cent jours h tous les fidèles qui visitent les hôpitaux publics, pour exercer envers les malades les œuvres de la charité chrétienne. Mais comme on ne savait pas si celte concession avait été faite pour Rome seulement ou pour le monde catholique tout entier, Pie IX, par rescrit de la S. Congrégation des Indulgences du 23 août 1861, déclara que cette Indulgence pouvait être gagnée par tous les fidèles de l'univers [Rescr. auth., n.403).
De plus, en visitant les malades elles prisonniers, on peut encore gagner des Indulgences partielles à différents titres particuliers : p. ex., comme membre de certaines confréries ou associations pieuses. En effet, un grand nombre d'associations ont obtenu de pareilles Indulgences, soit en général pour toute œuvre de piété ou de charité, soit en particulier pour chaque visite faite à un malade ou à un prisonnier. C'est ainsi que les confrères du Saint-Rosaire gagnent trois ans el trois quarantaines chaque fois qu'ils visitent les membres malades de la confrérie, et soixante j'oMrs chaque fois qu'ils accomplissent une autre œuvre quelconque de piété, de dévotion ou de charité. Les confrères du Très Saint Sacrement et du scapulaire du Carmel ont droit dans les mêmes conditions à cent jours, et les Congréganistes de la Sainte Vierge à sept ans et sept quarantaines, etc., etc.
En outre, ceux qui possèdent un objet de piété enrichi des Indulgences dites apostoliques (chapelels, croix, médailles), gagnent deux cents jours en visitant el en secourant les prisonniers ou les malades des hôpitaux (voyez IIP section, n" 2), etc.
320 II" PARTIE, Ile SECTION — ŒUVRES DE CHARITÉ
53. Acte héroïque de charité en faveur des âmes du Purgatoire.
L'acte héroïque de charité, comme le définit la RaccoUa, p. 453, consiste en l'offrande spontanée, faite par le fidèle à la divine Majesté en faveur des âmes du purgatoire, de toutes ses œuvres satisfactoires pendant la vie et de tous les suffrages qui peuvent lui être appliqués après sa mort. Beaucoup de fidèles, dévots serviteurs de la très sainte Vierge Marie, ont adopté la louable pratique, introduite ou au moins propagée à la fin du dernier siècle par le P. Gaspar Oliden, théatin, de déposer ces œuvres et ces sufîra^-s entre les mains de la très sainte Vierge, afin qu'elle les distribue à celles de ces saintes âmes qu'elle veut délivrer plus tôt des peines du purgatoire. Par cette Dffrande, on ne cède que le fruit spécial et personnel de chaque œuvre ; et par suite, cette donation n'empêche pas les prêtres d'offrir la sainte messe à l'intention de ceux qui leur ont donné des honoraires ; elle n'empêche pas non plus les fidèles de prier pour eux-mêmes, pour leurs parents, et d'accomplir leurs pratiques ordinaires de piété et de dévotion. Seulement, tout ce qu'il y a de satisfactoire dans les œuvres que l'on fait, est appliqué ou donné, par ce vœu, aux âmes du purgatoire. Les fruits de mérite et d'impétration nous restent toujours, le mérite ne pouvant se communiquer à autrui, et les fruits d'impétration pour nous ou pour les autres étant différents et indépendants du mérite satisfactoire (cfr p. 22 et 47).
Le P. Théodor. a Sp. S. (de Indulg., p. l, p. 405), démontre qu'il est plus louable d'abandonner les Indulgences et toutes les œuvres satisfactoires aux âmes du purgatoire, alors même que par de nombreux péchés on aurait encouru beaucoup de peines temporelles à expier, parce que c'est un acte d'amour très parfait de se dépouiller du nécessaire pour secourir les autres. A ceux qui croient que cet abandon est contraire à la charité bien ordonnée, il répond avec le cardinal Lugo : « L'homme peut sacrifier au prochain ses avantages temporels, pourvu qu'il ne lui saci'ifie jamais les éternels. «Jn his damnis temporalibus laudabile est ea subire propter proximum... ; cum hoc enim stat quod simpliciter magis nos diligarmts, cnm in rébus seternis nos prœferamus aliis omnibus. Cet acte de charité envers les âmes du purgatoire est donc parfaitement conforme au véritable amour de Dieu et du prochain. De plus, il augmente en nous l'intcMisité de notre amour et la grandeur de nos mérites, pour toute l'éternité, ce qui est beaucoup plus précieux que toute la rémission des peines temporelles qu'on pourrait obtenir dans cette vie. Theodor a Sp, S. cite encore, à l'appui de