‹ Les Indulgences, leur nature et leur usageChapitre 284 sur 396 · ACTE héroïque DE CHARITÉ EXVERS LES AMES DU PURGATOIRE · texte numérisé non relu

ACTE héroïque DE CHARITÉ EXVERS LES AMES DU PURGATOIRE

sa doctrine le P. Nieremberg et Dominicus Soto. Ce dernier dit (IV Sent., dist. II, art. 1) : Ad notandum est, quod absque comparatione pluris œstimandum est minimum augmentum meriti et gratiae, quam liberatio a maximapœna purgatorii; incomparabiliter, inquam, pretiosius est cuni majori meHto et gratia existere in purgatorio viginti a7inis, quam cum minori esse illic una die, imo sine purgatorio in cœlum etolare. Et le P. Eusèbe Nieremberg, S. J., dans son ouvrage Avaritia sancta, estime que celui-là pratique la charité au plus haut degré, qui diffère pour le salut du prochain sa propre béatitude et le bonheur de voir Dieu (Theod. a Sp. S. lac. cit., p. 407).

« Tout ce que nous donnons par charité aux âmes des défunts >, dit saint Ambroise, « se change en grâces pour nous, et, après notre mort, nous en retrouvons le mérite cent fois doublé». En effet, d'après sainte Brigitte, « lorsque nous délivrons une âme du purgatoire, cet acte est aussi agréable à Notre-Seigneur Jésus-Christ que si nous l'avions délivré lui-même, et, l'heure venue, il nous en récompensera pleinement ». — Nous n'avons donc pas à craindre de nous causer du préjudice par cet actede charité; au contraire, nous y gagnons : car, si nous renonçons pour nous-mêmes au mérite satisfactoire, nous nous rendons dignes par là de l'amour particulier de la très sainte Trinité, de la très sainte Vierge Marie et de tous les saints, et nous méritons de ressentir les effets de cette promesse de Jésus-Christ : a On versera dans votre sein une mesure pleine et pressée jusqu'à déborder 6. Déplus, par cette donation, nous obligeons les âmes du purgatoire, qui, arrivées au ciel, s'intéresseront à nous et feront en sorte, ou bien que nous n'allions pas nousmêmes en ce lieu d'expiation, ou que nous en soyons délivrés au plus tôt.

« Le P. Ferdinand deMonroy, homme éminemment apostolique, fit à l'heure de la mort une donation écrite, par laquelle il transférait aux âmes du purgatoire toutes les messes qui seraient dites pour le repos de son âme, toutes les pénitences que l'on ofTrirait en sa faveur, et toutes les Indulgences qu'ongagnerait pour lui» [Tout pour Jésus, par le R. P. Faber, chap. ii, vers la fin du § 5). — Cet acte héroïque a été accompli par le vénérable Ximénès, d'après le conseil de la sainte Vierge elle-même; il a été fait également par une foule d'autres personnages, illustres en dignité, en doctrine et en sainteté, voire même par des communautés religieuses tout entières (On peut consulter le petit livre intitulé : Atto croico di carità, Rome, 1853, traduit en français, et publié à Clermont-Ferrand, typog. Hubler, etc.).

Avant d'indiquer les Indulgences et les privilèges de l'acte héroïque de charité, nous faisons avec la Raccolta l'observation suivante : quoique cet acte soit appelé du nom de vœu dans certains feuillets imprimés, où se trouve aussi une formule particulière de cette offrande, il n'oblige cependant pas sous peine de péché. Il n'est pas non plus nécessaire de prononcer la formule

Indulge.nces. — 21

proposée. Un acte de volonté et l'offrande faite de cœur suffiscnl pour donner droit aux Indulgences et aux privilèges'.

L'acte héroïque de charité a été enrichi de nombreuses Indulgences par Benoît XIII (décret du 23 août 1728) ; ces faveurs ont été confirmées par le pape Pie VI, le 12 décembre 1788 ; enfin, le souverain pontife Pie IX, par décret de la S. Congrégation des Indulgences du 30 septembre 1852, les a déterminées ainsi qu'il suit :

Indulgences et privilèges (RaccoUa, p. 454), 1) Les prêtres qui ont fait l'acte héroïque de charité, peuvent jouir de l'autel privilégié personnel tous les jours de Vannée ^.

2) Tous les fidèles ^ qui auront fait le même acte pourront ga-

1. Pour faire cet acte, on peut se servir de la formule suivante :

« Père céleste ! en union avec les mérites de Jésus et de Marie, je vous offre pour les âmes du purgatoire toutes les œuvres satisfactoires de ma vie entière, ainsi que toutes et chacune des œuvres qui seront offertes pour moi après ma mort (Et ces œuvres, je les dépose dans les mains très pures de l'immaculée Vierge Marie, alin qu'elle les applique aux âmes que, dans sa sagesse et sa bonté maternelles, elle veut délivrer les premières des flammes du purgatoire). Daignez, ô mon Dieu, agréer celte offrande, et faites qu'en récompense de cet acte, je croisse tous les jours dans votre grâce, Ainsi soit-il ».

Cette offrande est plus courte encore dans le petit livre Massime eterne di S. Alfonso, etc. dont les exemplaires ont été répandus en Italie par centaines de mille ; la voici :

« 0 mon Dieu, en union avec les mérites de Jésus et de Marie, je vous offre pour les âmes du purgatoire toutes mes œuvres satisfactoires, ainsi que celles qui me seront appliquées par d'autres durant ma vie, à ma mort et après ma mort ».

C'est une sainte et salutaire pratique de renouveler souvent cette offrande, soit par une des formules indiquées ou par une autre semblable, soit même par un acte purement intérieur.

2. C'est-à-dire aussi souvent qu'ils offrent le saint sacrifice pour les défunts; ce qui, nous le verronsdans la section III, Autel privilégié, doit se faire avec les ornements noirs, au jour où les rubriques ne le défendent pas. Cela ressort clairement an n. 5 des récentes décisions de la S. Congrégation des Indulgences, que nous citerons bientôt.

3. A une deman 'e faite par le P. Schneider, S. J., la Secrétairerie de la S. Congrégation des .' adulgences répondit, le 26 mars 18S1, que dans ces mots « tous les fidèles », «e sont pas compris les prêtres dont il est parlé au n» 1, et que ceux-ci ne piiuvent gagner l'Indulgence a) de ce no 2 qu'au jour où, empêchés par la maladie de dire la messe, ils reçoivent la communion à la manière des a iiples lidèles (Pour le même motil, il faut en dire autant, ce semble, de l'Indulgence b) accordée le lundi pour l'assistance à la sainte messe; car le décret original latin du 30 septembre 1852 réunit ces deux Indulgences a) GiV, sous un seul et même numéro, commençant par ces mots : Quod omnes Christi fidèles qui idem . votum amplexi sont, etc. Voyez ce décret du 30 septembre 1852, rapporté textuellement par les Rescr. auth., n" 392).

Celte réponse de la Secrélairerie paraît, fondée : l) sur les termes du dé«

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