CRUCIFIX INDULGENCIÉS POUR LA BONNE MORT
nons ainsi par analogie avec ce qui se passait autrefois dans l'usage de privilèges semblables (v. la note précédente ; voir aussi Decr. auth., n. 144).
4). D'après cela, il est nécessaire que le prêtre porte ou présente lui-même le crucifix au mourant. En même temps il s'efforcera de faire comprendre à celui-ci la grandeur de la grâce qu'il va recevoir ; il l'aidera à faire les actes de vertu appropriés à la circonstance, lui fera baiser le crucifix, le lui mettra entre les mains, etc. Cependant cette dernière particularité., à moins de prescriptions spéciales, ne paraît pas absolument nécessaire ; encore moins faut-il que le prêtre reste près du moribond jusqu'à son dernier soupir : il suffit qu'il lui laisse son crucifix, pour que le mourant le tienne entre les mains, ou l'aperçoive, ou au moins l'ait à sa portée. — Mais après la mort ou la guérison du malade, le prêtre doit redemander la croix indulgenciée, afin de faire participer encore d'autres fidèles à ses effets salutaires. 11 aura donc grand soin de ne pas permettre qu'on l'enterre, comme cela arrive parfois, avec la dépouille mortelle de celui qui s'en est servi, ni même qu'on la garde dans la famille du défunt.
•5). Pour conférer l'Indulgence de ce crucifix, on n'a besoin d'aucune formule de prières. On n'est donc pas obligé d'employer la formule prescrite par Benoît XIV pour appliquer l'Indulgence plénière aux mourants.
Cette formule n'est même pas exigée pour les croix ordinaires de la bonne mort, dont nous avons parlé au commencement de cet article ; au contraire, elle est prohibée lorsque le moribond veut gagner l'Indulgence avec une de ces croix, comme il est dit expressément à la fin du catalogue des indulgences aposto, liques (v. plus haut, p. 342 ; avec la note de la même pagequi explique le sens de cette prohibition).
Pour avoir le droit de se servir de la formule prescrite par Benoit XIV, il faut ordinairement que le prêtre ait reçu de son évèque l'autorisation spéciale de conférer l'Indulgence plénière à l'article de la mort (voyez ci-après, article '27, n. 4). La plupart des prêtres qui ont charge d'âmes, sont aujourd'hui munis de cette autorisation, et par suite peuvent et doivent employer la formule en question. Mais l'emploi de cette même formule n'est plus nécessaire, lorsque le prêtre possède un des crucifix dont nous parlons, ou que le malade a lui-même un objet de piété auquel sont attachées les Indulgences apostoliques. La prohibition dont nous avons parlé,
signifie donc simplement que le crucifix indulgencic ad hoc, appartenant au moribond ou au prêtre, ne donne pas à celui-ci le droit d'employer la formule de Benoît XIV, et que le moribond gagne alors l'Indulgence dont il s'agit sans l'emploi de cette formule.
Donc en résumé : 1" quand le prêtre qui assiste un moribond, possède seulement le pouvoir émané de son évèque, il doit nécessairement employer la forme prescrite par Benoit XIV ;
2' S'il possède un crucifix de la bonne mort, sans avoir l'autorisation épiscopaie dont il vient d'être question, il lui est défendu de se servir de ladite formule :
30 S'il possède un crucifix indulgencié, et qu'il ait en même temps l'autorisation épiscopaie susdite, il est libre d'employer l'une ou l'autre manière de conférer l'Indulgence.
Ces crucifix sont donc utiles surtout aux prêtres qui n'ont pas reçu de l'évêque l'autorisation de donner l'Indulgence de la bonne mort, soit qu'ils n'aient pas charge d'âmes, soit pour tout autre motif. — Cependant tous les prêtres, ceux-là mêmes qui ont les deux pouvoirs, se serviront avec avantage du crucifix, quand l'imminence de la mort rendra impossible l'emploi de la formule, quoi qu'il soit encore pourvu à ce cas dans la formule même de la bénédiction apostolique in articulo inortis
6). Les conditions prescrites au mourant pour gagner l'Indulgence sont comme presque toujours : la confession, la communion, ou, en cas d'impossibilité, l'invocation du saint Nom de Jésus, qu'il doit faire au moinsde cœur, s'il ne le peut débouche, en recommandant dévotement son âme à Dieu, et en acceptant la mort avec résignation de sa main paternelle.
7). Enfin, il est clair que le prêtre qui possède un de ces crucifix, peut s'en servir pour gagner lui-même l'Indulgence à l'heure de sa mort, quand môme ce crucifix lui serait alors présenté par quelque autre [Decr. auth., n. 144). Mais après la mort de ce prêtre, l'Indulgence cesse de plein droit, et ce crucifix ne pourra plus (à moins d'être indulgencié de nouveau) servir auprès des moribonds.