‹ Les Indulgences, leur nature et leur usageChapitre 296 sur 396 · CRUCIFIX INDULGENCIÉS POUR LA BONNE MORT APOST · texte numérisé non relu

CRUCIFIX INDULGENCIÉS POUR LA BONNE MORT APOST

des prières, comme cela a lieu pour le rosaire et les autres couronnes. Le chapelet dit apostolique tient simplement lieu de tout autre objet bénit, tel que croix, médaille ou statuette: on peut donc, par ce chapelet, même sans en dire les prières, gagner plusieurs des Indulgences apostoliques, pourvu que l'on accomplisse l'œuvre prescrite pour chacune en particulier, selon les indications dudit catalogue (voir plus haut, p. 337 note 2 ).

5). Celui qui possède une croix, une médaille, un chapelet, etc., munis des Indulgences apostoliques, peut gagner par là même l'Indulgence plénière à l'article de la mort (v. page 340, n. IV). Si un prêtre, ne connaissant ou ne désirant pour ses malades que l'Indulgence de la bonne mort, avait demandé seulement le pouvoir d'indulgencier des croix pour les mourants, il aurait par le fait même, s'il n'en était pas fait mention spécialement, le pouvoir d'y attacher toutes les Indulgences de VElenchus, c'est-àdire, toutes les Indulgences apostoliques ci-dessus énumérées {Decr. auth., n. 237, ad 3).

6). Pour appliquer les Indulgences apostoliques (et celles de sainte Brigitte), il suffît rigoureusement que le prêtre autorisé fasse sur les objets à bénir un simple signe de croix, avec l'intention de les indulgencier (voyez cependant plus haut, pag. 328, n. 4).

3. Crucifix de la bonne mort à l'usage des prêtres avec Indulgence plénière o toties quoties ».

11 arrive fréquemment que le Saint-Père, quand on le lui demande expressément, bénit ces sortes de crucifix, spécialement pour les prêtres. Ils diffèrent en plusieurs points des crucifix ordinaires de la bonne mort, ainsi appelés parce que le Saint-Siège ou un prêtre autorisé y a attaché les Indulgences apostoliques, et parmi elles l'Indulgence plénière à l'article de la mort (v. p. 340, IV.) Ces derniers crucifix, a ussi bien que les médailles, chapelets, statuettes, sont bénits pour l'usage de tous les fidèles et non pas des seuls prêtres ; et les Indulgences qui y sont attachées, y compris celles de la bonne mort, ne peuvent profiter qu'à une seule personne, à celle qui est propriétaire de l'objet bénit. Les crucifix dont nous parlons dans le présent article, sont au contraire bénits pour l'usage exclusif des prêtres, mais leur Indulgence peut profiter à tout le monde: ils ont donc une vertu beaucoup plus étendue.

Sous quelles conditions et dans quelles limites peut-on faire usage de ces crucifix, auxquels est attachée toties quoties l'Indulgence de la bonne mort? Cela dépend avant tout de l'inten-

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lion du Souverain Pontife : si en les bénissant, il a fait quelque prescription ou reserve parLiculières, il faudra s'y tenir rigoureusenienl * ; sinon, il faudra s'en référer aux règles générales concernant la matière. — Pour ce dernier cas, les points suivants paraissent hors de doute :

1). Tous les moribonds à qui un de ces Crucifix est présenté par le prêtre, peuvent gagner l'Indulgence plénière. Ces crucifix ne perdent donc pas leur Indulgence en servant successivement à plusieurs malades ; et par là ils diffèrent des autres crucifix, qui ne peuvent jamais la faire gagner qu a une seule personne, à celle qui en est propriétaire.

2). Le prêtre seul pour qui le Saint-Père a béni un de ces crucifix, peut s'en servir pour faire gagner l'Indulgence plénière aux mourants. Ce prêtre ne pourra pas le prêter à un autre prêtre dans le même but, ni le donner, ou le laisser en héritage, après l'avoir une fois accepté pour en faire usage lui-même : sans cela les Indulgences seraient perdues. Tout au plus pourrait-il le prêter à un autre qui s'en servirait pour conférer simplement la bénédiction au malade ou le lui faire baiser (v. plus haut, page 335). Ainsi toutes les règles générales données plus haut (page 333, n. 11 et sqq.) sont ici applicables.

Mais le prêtre qui a fait bénir à la fois plusieurs de ces crucifix par le Saint-Père, peut les distribuer à d'autres prêtres, avant de les avoir destinés à son propre usage : car il est manifeste, en ce cas, que le Saint-Père a eu l'intention de les bénir ou pour ceux qui les lui ont présentés, ou pour d'autres à qui les premiers les donneraient pour en faire usage auprès des malades (page 334, c).

3). Le prêtre qui possède un pareil crucifix, ne peut pas s'en dessaisir pour le faire circuler et le faire servir à toutes les personnes d'une paroisse, ou même d'un cercle plus restreint : car, sans parler des abus qu'entraînerait facilement cette pratique, il nous semble que le prêtre est obligé, comme intermédiaire personnel, à conférer lui-même cette Indulgence. Nous raison-

1. Avant la célèbre bulle Pia Mater, par laquelle Benoît XIV donnait aux évêques des pouvoirs plus étendus au sujet de la bénédiction apostolique avec Indulgence plénière à l'heure de la mort (v. plus loin, n. 27 ; 7), les curés qui en faisaient la demande obtenaient fréquemment le pouvoir de conférer ladite Indulgence avec un crucifix et sous certaines conditions déterminées, aux moribonds de leur paroisse (v. Peser, auth., I, n. 137). Quelques ordres religieux, tels que les Camilli-ns et les Jésuites jouissent encore aujourd'hui de ce privilège, comme nous l'avons dit ci-dessus, p. 342, note 1 {Loco cit., page 613, 12; et 635, 1).

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