Le Chapelet des Sept-Douleurs
Ce chapelet doit son origine à l'ordre vénérable des Servîtes, ou serviteurs de Marie, fondé vers le milieu du xin° siècle, sur le mont Senario, près de Florence.
Il a été propagé par les sept saints fondateurs de cet ordre, et se compose de sept parties ou séries de grains, comprenant chacune un Pater et sept Ave Maria, en souvenir des sept douleurs de la très sainte Vierge, que les fidèles doivent méditer pieusement en le récitant.
Voici, d'après la RaccoUa (p. 197), la manière de le réciter : Acte de contrition.
0 mon Seigneur, qui seul êtes parfaitement aimable, me voici en votre divine présence, tout confus à la vue des injures si graves et si nombreuses que je vous ai faites. Je vous en demande pardon de tout mon cœur ; je m'en repens par pur amour pour vous, et en considération de votre bonté infinie, je les déteste plus que tous les maux et les ai en horreur. Et comme je voudrais être mort mille fois plutôt que de vous avoir oflensé, ainsi je suis fermement résolu à perdre plutôt mille fois la vie que de vous offenser encore. Mon Jésus crucifié, je me propose sérieusement de purifier sans retard mon âme dans voire précieux sang par le sacrement de pénitence.
Et vous, cependant, ô Vierge très compatissante, mère de miséricorde et refuge des pécheurs, obtenez-moi, je vous en supplie par vos douleurs si cruelles, le pardon de mes péchés, aujourd'hui que, priant selon l'intention des souverains pontifes pour gagner les Indulgences attachées à votre chapelet, j'espère obtenir par elles la rémission des peines dues à mes péchés.
I. Animé de cette confiance, je médite la première douleur que ressentit la très sainte Vierge, Mère de Dieu, quand elle remit Jésus son fils unique au temple entre les bras du vieillard Siméon et que celui-ci lui fit entendre ces paroles : « Un glaive de douleur transpercera votre âme » ; paroles qui signifiaient la passion et la mort de son lîls Jésus. — Un Pater et sept Ave Maria.
II. La sainte Vierge éprouva la seconde douleur quand elle fut obligée de fuir en Egypte, pour éviter la persécution du cruel Hérode
1 . Dans le diocèse cI'Angoulème quelques personnes se firent rendre leurs déboursés pour des chapelets bénits par les t-*?. Croisiers, ou même acceptèrent seulement en retour quelques aumônes destinées à des bonnes œuvres. La S. Congrégation vit là un motif sul'lisant pour juger nécessaire d€ revalider les Indulgences par rescrit du 15 mai 1886 (voyez Analecla jurit Pontif. eérie 27, 569).
Indulgences. — 2'».
(|iii dans son inii)iétc choirhaità mettre à mort son liis Inen-aimé. — Un Pater et sept Ave 3Jaria.
III. La sainte Vierge éprouva la troisième douleur lorsque, au temps de Pâques, après avoir visité Jérusalem avec saint Joseph son époux et Jésus son lils bien-aimé, elle perdit, en retournant à sa pauvre demeure, celui qui était tout son amour et le pleura pendant trois jours. — Un l'aler et sept Arc Maria.
IV. La sainte Vierge éprouva la quatrième douleur quand elle rencontra son aimable fils Jésus, portant jusqu'au mont du Calvaire sur ses épaules délicates la pesante Croix à laquelle il allait être attaché pouj- notre salut. — Un Pater et sept Ace Maria.
V. La Sainte Vierge éprouva la cinquième douleur quand elle vil comment son fils Jésus fut élevé sur l'arbre de la croix, comment le sang coula de toutes les parties de son très saint corps, et comment enfin il mourut après trois heures d'agonie. — Un Pater et sept Ave Maria.
VI. La sainte Vierge éprouva la sixième douleur lorsque son fils bien-aimé eut le côté percé d'une lance, et que, descendu de la croix, il fut déposé sur son sein très pur. — Un Pater et sept Ave Maria.
Vil. La sainte Vierge, notre souveraine, l'avocate spéciale de ses serviteurs et de tous les pauvres pécheurs, éprouva la septième et dernière douleur quand elle vit comment le très saint corps de son fils Jésus fut déposé dans le tombeau. — Un Pater et sept Are Maria.
On récitera ensuite trois Ave Maria pour vénérer les larmes que la sainte Vierge versa dans ses douleurs, pour obtenir la grâce d'un vrai repentir et gagner les Indulgences.
f. Priez pour nous, Vierge très affligée «,
^. Afin que nous devenions dignes des mérites de Jésus-Christ.
PRIONS. — Seigneur Jésus-Christ, nous vous demandons en grâce que la bienheureuse Vierge Marie, votre mère, dont l'àme très sainte a été transpercée d'un glaive de douleur pendant votre passion, soit notre médiatrice auprès de votre miséricorde, maintenant et à l'heure de notre mort. Par vous, Jésus-Christ Sauveur du monde, qui vivez et régnez avec le Père et le Saint-Esprit dans les siècles des siècles. Ainsi soit-il.
Afin d'exciter les fidèles à réciter ce chapelet, les souverains pontifes Benoît XIII, par le bref Redemploris Dotnini, du i26 septembre 1724; Clément XII par le bref Unigeniti Fi/ii Dei , du 12 décembre 1734, et Pie IX, par un rescrit de la S. Congrégation des Indulgences, en date du 18 juillet 1877, accordèrent ou confirmèrent les nombreuses Indulgences suivantes:
1. Dans les brefs relatifs à ces Induigence», il n'est pas question do cette prière finale, ni de l'acte de contrition qui précède et que nous avons cité. Elles no sont donc pas essentielles pour gagner les Indulgences. Compare» les paroles de la RaccoUa : « Pour gagner ces Indulgences, etc., » que nous citons à la page 372.