‹ Les Indulgences, leur nature et leur usageChapitre 310 sur 396 · Voir toutefois ce que nous disons à la page suivante · texte numérisé non relu

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10) Indulgence, pléilièrc, une fois le mois, pour ceux qui le réciteront chaque jour durant un mois, à la condition qu'ils se confesseront, communieront, et prieront aux intentions ordinaires du Pape.

Pour gagner ces Indulgences, il est de soi nécessaire, non seulement de réciter les Paler et les Ave prescrits, mais encore d'énoncer et de méditer les principales douleurs que la sainte Vierge a ressenties pendant la vie et à la mort de son divin Fils *. Mais comme, parmi les fidèles, les personnes illettrées, et même beaucoup de personnes plus instruites ne sont pas toujours en état de méditer. Sa Sainteté Léon XIII, par un rescrit daté du 15 mai 1886, a décidé que lesdites Indulgences, excepté celles énoncées sous les n°6, 7, 9, pourront être gagnées par ceux qu'un motif quelconque empêcherait de lire et de méditer, pendant la récitation du chapelet, les sept douleurs de Marie, pourvu qu'ils accomplissent les autres conditions prescrites {Raccolta, page 203).

De plus, il faut que ces chapelets aient été bénits par les supérieurs des Servites, ou par un autre religieux du même Ordre, délégué à cet effet par ses supérieurs (Raccolta^ loco ci' tato).

Autrefois, la faculté d'indulgencier ces chapelets n'était accordée, en dehors de l'Ordre susdit, qu'aux directeurs de la confrérie des Sept-Douleurs, ou aux curésdontla paroisse possède une pareille confrérie, et cela seulement pour les localités où il n'y avait point de couvent de Servites et en faveur des seuls membres de cette confrérie {Rescript, auth., I, n. 136).

Plus lard, le T. R. P. général desdits religieux permit d'indulgencier ces chapelets même pour des fidèles étrangers à la confrérie de Notre-Dame des Sept-Douleurs, et il communiqua ce pouvoir à ceux des autres prêtres qui avaient obtenu l'autorisation d'admettre les fidèles dans la confrérie. Toutefois, des doutes ayant paru naître en ces derniers temps sur ces différentes autorisations. Sa Sainteté Léon XIII, le 19 janvier 1884, a revalidé, pour plus de sûreté, toutes les facultés d'indulgencier accordées par le Père général des Servites, et a donné à celui-ci expressément le pouvoir de déléguer tout prêtre, même séeu-

1. Dans le bref de Clément XII qui traite ce point (voir Theod. a Sp. S., M, 3'21), il est dit: cum pecuUari Doloruin hujusmodi explicatione et meditalione ,

lier, pour indulgencier les chapelets des Sept-Dou leurs {Rescr. auth., p. 652.)

Nous avons déjà fait observer que, pour appliquer validement l'Indulgence à ces chapelets, il faut se servir de la formule spéciale prescrite à cet effet ; même dans le cas où l'on tiendrait ce pouvoir directement du Saint-Siège (voir cette formule dans la IIP partie. Gfr Décret, auth., n. 401 ; voyez aussi ce que nous avons dit ci-dessus, p. 328,4).

Les chapelets que distribuent les Servîtes, portent, en place de gros grains pour les Pater^ sept médailles, dont chacune représente une des sept douleurs. Mais, d'après les déclarations réitérées et de date toute récente des généraux de l'Ordre ces médailles ne sont pas nécessaires pour gagner les Indulgences, et elles peuvent être remplacées par des grains ordinaires (v. plus haut les remarques générales, page 330 n. 6-10).

Le possesseur d'un chapelet bénit de ce genre ne peut non plus le vendre ou le prêter à d'autres, pour les faire participer aux Indulgences : sinon ces Indulgences cesseraient immédiatement, d'après les décisions du bref de Benoît XIII cité plus haut. — Voyez page 333-336, n» H et 12, où nous avons traité longuement ce point.

D'après la tradition de l'ordre des Frères prêcheurs et les témoignages multiples des Pontifes romains 2, le chapelet ou rosaire, dans sa forme actuelle, a pour auteur saint Dominique. Ce grand saint en avait eu, de la sainte Vierge elle-même, une révélation expresse vers l'année 1206 ; et depuis lors il déploya

1. Cfr p. Arias, S. J., Tractalus de Rosario B. M. V., Coloniae, 1613; M. Navarri, Miscellanea de Psaltei'io et Bosario B. M. V., Colonise, 1525; P. Theodor. a Spiritu S. part. Il, cap. III, 552, pag. 217; Girard, Petit Manuel de la dévotion au Rosaire, Paris (Haton, libraire, rue Bonaparte, 33) ; mais tout spécialement l'ouvrage récemment publié par P. Leikes 0. P., Rosa aurea, chez Lcumann, à Diilmen, 1886.

1. Spirita sancto, utpie creditur, afflatus B.Dominicus Ordinis fratrum \Pr3edicatoriim auctor,... modum facilem et omnibus pervium ac admodum fium nrandi et precandi Deum, Bosariam seu Psalterium ejusdem B. M. V. nuncupatum, quo cadem Bealissima Vlrgo Salutatione Angelica anties ei quinqungies, adnumerum Davidici Psalteriirepetita, etOratione Dominica ad quamlibet decimam, cum cerlis medilationibus totam ejusdem D. N. J. Ch. vitam demonstrantibu; interposila veneratur, excogitavit, ex— cogitatum, per Sacrse Bomanae Ecclesise partes propagavit, etc. (S. Fiui V, Brève « Consi^everunt » d. d. 17 Sept. 1569. Cfr. iv lect. II Noct. fetti. SS. Rosarii).

tout ce qu'il avait de zèle pour en établir et en propager l'usage'. Aussi dut-il à cette pieuse pratique d'innombrables conversions de pécheurs et les triomphes les plus merveilleux sur les hérétiques albigeois, qui infestaient à cette époque les provinces méridionales de la France. Propagez le rosaire, ce sera le remède contre tant de maux : telles avaient été les paroles de la sainte Vierge à saint Dominique.

Le rosaire proprement dit, nommé aussi psautier du rosaire ou psautier de Marie, se compose décent cinquante Ave Maria (autant qu'il y a de psaumes) ; ces Ave Maria sont divisés en quinze dizaines, dont chacune est précédée d'un Pater '^; on les récite en méditant pieusement, chacun selon sa capacité, sur les principaux mystères de la vie, de la mort et de la résurrection de Jésus-Christ. Ces Pater et ces Ave sont regardés par l'Église comme autant de roses, réunies en quinze couronnes qu'on ofîre ^ la Reine des cieux : de là le nom de rosaire. La troisième partie du rosaire, comprenant cinq dizaines, s'appslle communément le chapelet ^.

Le saint pape Pie V, malgré ses nombreuses occupations^ ne laissait passer aucun jour sans dire le rosaire, et il voulut être imité en ce point par toutes les personnes de sa maison. Saint Cliarles Borromée le disait également tous les jours ; il exigeait que les élèves de son séminaire en récitassent chaque jour au moins une partie. Ce saint prélat érigea la confrérie du rosaire dans sa cathédrale ; souvent il en présidait lui-même les réunions, et récitait alternativement avec les pieux assistants les prières du psautier de Marie. 11 paraissait attendre uniquement de la dévotion au saint rosaire, la conversion et la sanctification des lidèles de son diocèse. — Saint Jean Berchmans voulut mourir en tenant en main son chapelet : mourir ainsi, n'est-ce pas mourir en prédestiné ? Saint François Xavier guérissait les malades par l'attouchement de son rosaire. Saint François de Sales et saint Alphonse de Liguori s'étaient engagés par vœu à réciter le chapelet tous les jours. — Bref, il faudrait un volume pour citer tous les saints qui avaient une dévotion particulière pour le rosaire et qui obtenaient par là des grâces signalées. Voyez sur ce point le P. Leikes, loco cit., p. 324 et sqq. — Les louanges que Pie IX et Léon XIII donnent à cette dévotion se trouvent dans le même ouvrage, page 284, etc.

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