‹ Les Indulgences, leur nature et leur usageChapitre 311 sur 396 · Voir sur ce sujet Leikes. Rosa aurea, p. 4t · texte numérisé non relu

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2. C'est un usage louable, mais non pas nécessaire, de réciter au couunenoement du chapelet le Credo, le Gloria, le Fater et trois Ave, pour obtenir une augmentation des trois vertus théologales (V. Leikes, loc. cit., p. '257).

3. Cependant un appelle rosaire, ros>trium, tant le chapelet que le rosaire complet: Bosaria et coronx promiscue accipienda sunt. (Décret, auth.u. 237, ad 2).

Prenons donc la sainte habitude do dire tous les jours et avec dévotion le chapelet, cette prière si agréable à Marie, recommandée par rÉglise avec tant de sollicitude, et qui non seulement nous ouvi'e à nous-mêmes une riche source de grâces, mais encore nous met à même de secourir efficacement les âmes du purgatoire et de leur ouvrir le ciel. Si nos occupations ne nous permettent pas de réciter en entier le rosaire ni même le chapelet, disons-en au moins une partie : ce léger tribut d'hommage que nous payerons ainsi à la Reine du ciel, attirera sur nous de riches et nombreuses bénédictions.

Indulgences'' {Raccolkij p. 204) : 1) Cent jours, pour chaque Paler et pour chaque Ave Maria, à tous ceux qui récitent dévotement le rosaire entier de quinze dizaines, ou au moins le chapelet de cinq dizaines 2. — 2) Indulgence ple'nière, une fois l'an, au jour qu'ils auront choisi, à tous ceux qui auront récité chaque jour de l'année le rosaire de quinze ou le chapelet de cinq dizaines. Pour gagner cette Indulgence, il faut se confesser, communier, et prier selon les intentions ordinaires du Pape (Be« noît XIII. — BveïSanctissinius, du 13 avril 1726).

3) Indulgence plénière, une fois l'an pour tous les fidèles qui réciteront le chapelet à l'heure qui leur a été assignée ^ . Conditions : confession, communion et prières pour l'exaltation de l'Église, etc. (Pie VII. — Bref du 16 février 1808).

Pour le chapelet dit en commun^ V\qW d,diC(:ovàé des Indulgences spéciales par un décret de la S. Congrégation des Indulg. en date du 12 mai \.9,'6{{Rescr. auth., no373j. D'après ce décret, — qui confirme en mèuie temps les Indulgences mentionnées ci-dessus, — tous les fidèles qui, d'uncœur contrit et avec dévotion, récitent en commun cinq dizaines du chapelet, dans leur maison, à l'église, dans une chapelle publique ou un oratoire privé, gagneront les Indulgences suivantes:

1) Dix ans et dix quarantaines, une fois par jour, et 2) une /ndulgence plénière, le dernier dimanche de chaque mois, s'ils ont ainsi récité le chapelet en commun au moins trois fois par

1. Nous faisons remarquer expressément qu'il est question ici, et dans tout ce paragraphe, du chapelet de la Très-Sainte-Vierge et des Indulgences qui y sont attachées, en dehors et indépendamment de la C07ifrérie du saint Rosaire. Nous parlerons dans la section IV de cette confrérie et des Indulgences spéciales que gagnent ses membres en récitant le psautier de Marie.

2. On ne gagnerait pas cette Indulgence en récitant sur son chapelet isolément quelques Pater ou quelques Ave : pour la gagner, il faut se proposer dédire au moins le chapelel de cinq dizaines {Decr. anth., n<>291, ad 8).

3. Celte Indulgence ne concerne que les membres du Rosaire perpé tuel (dont nous parlerons dans la section IV) : car, en dehors de celte association, il n'y a pas d'heure assignée aux simples fidèles pour la récitation du chapelet.

37fi II* PARTIR, Iir SFXTION — OBJETS DE PIÉTÉ

semaine, et si, confessés ei communies, ils visitent une église et y prient quelque temps aux intentions du Souverain Pontife ^ .

« Pour gagner ces diverses Indulgences, il est nécessaire :

i) Que l'on ait un rosaire ou un chapelet bénit par un religieux de l'ordre de Saint-Dominique, ou par un autre prêtre légitimement autorisé » {Raccolta, p. 205). Un chapelet qui aurait reçu les Indulgences apostoliques, ou celles des PP. Croisiers, ou celles de Sainte-Brigitte, ne donnerait pas droit à ces Indulgences des Dominicains: il faut pour cela une bénédiction spéciale. De même un prêtre qui a le pouvoir d'attacher aux chapelets ces autres Indulgences, n'a pas pour cela le droit d'y appliquer les Indulgences du rosaire, s'il n'a pas été expressément autorisé à cet ellet.

Pour bénir les chapelets et y attacher ces Indulgences, il faut se servir de la formule prescrite, môme quand les pouvoirs qu'on a reçus émanent directement du Saint-Siège (Z)ec)\ aulh., n. 401). Les Dominicains ne bénissent jamais les chapelets de six dizaines, mais seulement ceux de cinq, de dix ou de quinze dizaines. Aussi, dans la formule que le T. R. P. général des Frères- Prêcheurs communique en même temps qu'il accorde le pouvoir de rosarier, on lit expressément : Rosaria benedi.cenda debent omnino quinque, vel decem^ vel quindecim denariis coalescere {\ . Le]kes loco cilat.^ p. 240. Voyez aussi les remarques générales que nous avons données ci-dessus, p. 327 sqq.).

2). « 11 est nécessaire que, pendant la récitation du rosaire, on tienne en main le chapelet bénit et qu'on s'en serve selon la coutume. Si cependant deux ou plusieurs personnes récitent le chapelet en commun, il suffit, d'après une concession de Pic IX (décret de la S. Congrégation des Indulçrences, du 22 jan\ ier 1858) que l'une d'elles se serve ainsi du chapelet, pour en régler a récitation; mais il faut que les autres, s'abstenanl de toute occupation extérieure, se recueillent convenablement et s'unissent à la prière de celle qui tient le chapelet » {Raccolta, loc. citai.).

Ce décret ne change rien, il est vrai, à la décision, que nous avons rapportée, et d'après laquelle celui qui récite seul le chapelet, doit le tenir et s'en servir selon l'usage, c'est-à-dire, lou-

1. Voir plus haut, p. 20'» n. 25, les Indulgences pour la récitation du chapelet pendant le mois d octobre.

cher les grains l'un après l'autre à mesure qu'il dit les prières correspondantes. Cependant le décret en queslion accorde pour le rosaire ou le chapelet ordinaire de la Très-Sainle-Vierge (non pour les autres couronnes ou chapelets) l'autorisalion spéciale que la S. Congrégation des Indulgences avait jugée nécessaire (réponse du 29 mai 1841) ^ pour que les fidèles participante la récitation sans avoir de chapelet, puissent néanmoins jouir des Indulgences {Decr. auth., n. 291, ad 12). En conséquence, toutes les personnes qui, dans une église, p. ex., s'unissent à la récitation du rosaire faite en commun, peuvent, sans avoir ellesmêmes de chapelet, gagner toutes les Indulgences, pourvu que le prêtre ou toute autre personne qui dirige la prière se serve de son chapelet indulgencié ^ (v. la publication: Il Rosario, Ferrara, 1884, p. 96; — et Guerra, p. 96).

3) « En récitant le chapelet, il faut méditer les mystères de la vie, de la passion et de la résurrection, etc., de Notre- Seigneur Jésus-Christ, comme l'exige le décret de la S. Congrégation des Indulgences du 13 août 1726, approuvé par Benoît XIII. Toutefois ce même pape déclara dans sa constitution Pretiosus, du 26 mai 1727 (.§ 4), que les personnes ignorantes, qui sont incapables de réfléchir sur ces mystères, peuvent se contenter de réciter le chapelet dévotement, pour gagner les Indulgences; mais l'intention formelle de ce pape était que ces sortes de personnes prissent peu à peu l'habitude de méditer les grands et saints mystères de la Rédemption, puisque tel est le but de l'instilution du rosaire » ^ [Raccolta, p. 20o et 206).

La méditation des mystères de notre Rédemption est donc un complément essentiel de la récitation du chapelet. Par consé-

1. An. quando possessor coronx Dotnini, vel crucis, cui àpplicaiae sunt Indulgenlim Vix Crucis, preces prxscriptas récitât una cwn aliis qui sibi non habent sive coronam, sive crucein tali privilégia ditatam, possint ads— tantes et sirnul recitantes easdem Indulgentias lucvari, quas lucratur possessor coronse seu crucis ? — S. Congregatio respondit : Négative absque speciali facuUate.

2. Comme nous l'avons dit ci-dessus, p. 35i, cette concession spéciale a été donnée également en faveur des crucifix indulgenciés pour le Chemin de la croix.

3. Voici les paroles du pape Benoît XIII à ce sujet : Ad consolallonem personarum vere rudiuni ac divinis meditandis mysteriis... minxis idanea^ rum nrselerea déclarantes easdem devoia ac pia ejusdem rosarii recitalione prcrdictns Indulgentias... eliam lucrari passe; tamclsi plane volumus, ut Hidem Reparatianis nostrx mysteriis sanctissimis meditandis juxta rosarii inslitxUum assuefiant.

II* PARTIE, me SECTION — OBJETS DE PIÉTE

quenl, on ne gagnerait pas les Indulgences en méditant pendant la récitation des dizaines sur d'autres grandes vérités, p. ex. sur ics tins dernières de l'homme. Ainsi l'a décidé la S. Congrégation des Indulgences par le décret déjà cité du 13 août 1726. On lui avait posé la question suivante : An qui SS. Rosarium B. M. V. récitant omissa consueta meditatione mysteriorum himianœ reparatiojiis, et illorum vice mortem aut cetera novissima vel alia pia ac religiosa meditantur, Indulgentias aSummis Pontificibus concessas pro recitatione Rosarii lucrentur ? — Elle répondit : Nonlucrari.

Pour faciliter la méditation des mystères du rosaire, l'usage s'est introduit de les énoncer brièvement * avant le Pater, ou bien dans VAve Maria, après ces mots : et béni est le fruit de vos entrailles, Jésus. Les deux méthodes peuvent être employées mais ni l'une ni l'autre n'est nécessaire pour gagner les Indulgences ; car il suffit de considérer mentalement les mystères [Décret, auth., n. 273, ad 4).

Comme ces deux métliodes sont en usage en France, soit parmi le clergé, soit parmi les laïques, nous donnons ici, d'après l'une cl l'autre, la série des mystères du rosaire, en ajoutant à chacun d'eux le fruit i)ratique qu'on doit s'eflorcer d'en tirer et la grâce qu'on peut (lomander : point important, qu'on ne saurait trop recommander à la piété des fidèles.

P)-cjnièrt' manière: Intercaler l'énoncé du mystère dans VAie Maria, après ces paroles : et benedictus fructus ventris lui Jésus.

Mystères joyeux.

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