Croix ou Médailles de saint Benoît
Saint Benoît avait, pendant sa vie, une grande dévotion pour
1. Aucune formule spéciale n'est prescrite pour cette bénédiction (v. plus haut, p. 328, n. 4.) — En faveur des membres de la Confrérie des âmes du purgatoire de S. Maria m Monterone, et des autres associations qui y sont agrégées, Pie IX avait, dès l'année 1861, accordé pour toujours, aux prêtres autorisés à recevoir dans ces confréries, le pouvoir d'indulgencier le chapelet angélique (v. Rescrivl. aiith., n. 402).
2. Nous parlerons bientôt (n. 21) de la statue de saint Pierre que l'on vénère dans sa basilique à Piome. — Le pouvoir général d'attacher les Indulgences papales ou apostoliques (voyez ci-dessus, p. 3i3) aux chapelets, aux médailles, aux statuettes (par conséquent aussi aux statuettes de saint Pierre) etc.), ne donne nullement le droit d'appliquer l'Indulgence spéciale dont il est ici question : ce droit est réservé au Pape seul.
3. Voir LoBL (Loibel), Disquisitio sacra niimlsmatica de origine, quiddi' laie, virtutc pioque usu numismatum seu crucicularum S. Benedicti abhalis. Vienoas Austrise, 1742.
Indulgences. — 25.
la croix, instrument de notre rédemption et de notre salut ; souvent il se servait du signe de la croix pour opérer des miracles, ainsi qu'on le voit au livre II des Dialogues de saint Grégoire pape. On ne saurait cependant indiquer d'une manière précise l'origine de la croix ou médaille du saint patriarche, fondateur de l'ordre célèbre des Bénédictins. Le livret que remet à Rome le T. R. P. abbé de Saint-Paul aux prêtres qui obtiennent de lui la faculté de bénir les médailles de saint Bsnoîl, la fait remonter au commencement du xi' siècle. Ce fut à l'occasion de la guérison miraculeuse du jeune Bruno, fils du cofnte Hugues d'Égiahcim en Alsace, qui devint pape sous le nom de Léon XI, gouverna l'Église de 1049 à 10d4, et fut mis au nombre des saints. Mabillon, dans son F/« siècle bénédictin, rapporte ce fait reproduit après lui par l'auteur de la Disquisitio citée en note, et plus tard encore par D. Guéranger dans son opuscule sur cette médaille *.
En l'année 1647, on découvrit en l'abbaye de Metten (Bavière) un manuscrit où saint Benoît était représenté tenant de la main droite un bâton terminé par une croix ; sur le bâton était écrit ce vers :
€rux sacra sil M. Lux, non draco sit mihi dux
A la main gauche le saint portait une banderolle où se lisaient ces deux autres vers :
Vade relro Sathana nuc[ suade m. vana Sunt mala quse libas ipse v$nena bibas.
Ce sont précisément les mots dont les initiales se lisent sur l'une des faces de la médaille.
La médaille de saint Benoît représente d'un côté le saint patriarche tenant d'une main la croix et de l'autre un livre, celui des règles de son ordre. Sur le revers sont gravées des lettres qui semblent mystérieuses et dont voici l'explication :
Dans les quatre parties triangulaires formées par les angles de
1. Essai sur l'origine, la signification et les privilèges de la médaille ou croix de saint Benoît, par le R. P. dom Pkosper Guku.vvgiîr, abbé de Solesmes, Poitiers, H. Oudin, 1862, paçes 24-27. Dans cet intéressant opuscule on trouve le récit de grâces singulières et merveilleuses par lesquelles le Seigneur a récompensé, môme en ces derniers temps, la coniiance des tidèles en la médaille de saint Benoît.
Pour plus de détails sur la guérison miraculeuse du jeune Bruno d'Egisheim, on rjeut consulter le savant ouvrage du R. P. P. Brui:ker. S. J.: l'Alsace et l'Eglise nu temps du pape saint Léon IX. Le Houx, Strasbourg, ai Retaux, Paris, 1889.