LA CROIX OU LA MEDAILLE DE S. BENOIT
la croix, on voit les lettres: G. S. P. B., c'est-à-dire, (Jrwa; sancti Patris Benedicti^ ou, croiv du saint Père Benoît.
Sur la ligne verticale du milieu, qui forme le montant de la croix, on lit : G. S. S. M. L., initiales des mots: Crux sacra sit mihilux, c'est-à-dire, que la sainte Croix soit ma lumière.
Sur la ligne transversale, on lit : N. D. S. M. D. ; ou bien : Non draco sit mihi dux ; que le dragon ne soit pas mon chef.
Autour de la médaille, se voit d'abord le monogramme du saint Nom de Jésus ; I. H. S. ; puis viennent les caractères suivants : V. R. S. N. S. M. V. S. M. Q. L. I. V. B., qui sont les initiales de ces deux vers :
Vade rétro, Salana; nunquam suademihi vana; Sicnt mata, qux libas ; ipse * venena bibas;
et signifient en notre langue : Retire-loi, Satan; ne m,e conseille jamais des choses vaines ; ce que tu donnes à boire est mauvaisebois toi-même le poison ^.
Des faits sans nombre démontrent que le pieux usage de cette médaille, avec l'invocation de saint Benoît, a de tout temps procuré aux fidèles des grâces extraordinaires pour l'àme et pour le corps : elle a été surtout efficace contre les maladies, les poisons, les dangers et les tentations de toute sorte.
Pour avoir part à ces faveurs, il suffit de vénérer une de ces médailles, ou de la porter sur soi dévotement ; aucune prière n'est prescrite. Il est conseillé cependant, lorsqu'on veut obtenir de Dieu une grâce particulière par l'intercession du grand patriarche saint Benoît, de réciter tous les mardis cinq Gloria Patri en mémoire de la passion de Notre-Seigneur, trois Ave Maria en l'honneur de Marie Immaculée, et trois Gloria pour obtenir la protection du saint.
Le souverain pontife Benoît XIV, par le bref Cœlestibus
Ecclesix, du 12 mars 1742, a approuvé la médaille telle que
■ nous l'avons décrite, avec l'image de saint Benoît, la croix, et
les lettres qu'elle présente^. En approuvant aussi la formulée
1. L'opuscule romain cité plus haut porte : ipsa, au lieu de ipse.
2. On voit autour de quelques médailles anciennes ; f Z.-f D. 1. A.fB.I.Z. t S.A. li. t^.f H. H. F. j-B. F. R. S; ces lellres appartiennent, non à la croix de saint Benoît, mais à la croix dite de la peste, de saint Zachane : c'est pourquoi l'on a raison de les omettre purement et simplement sur les médailles de saint Benoît.
3. On rencontre de ces médailles où les lettres manquent en partie ou bien sont reproduites à faux. Quand il y a plusieurs de ces lettres dont la succès-
employer pour bénir cette médaille (voir celte formule à la III* partie), le même pape a concédé de nombreuses Indulgences è ceux qui la porteraient avec piété.
Indulgences. Trois conditions sont requises pour que l'on ait part à ces faveurs spirituelles :
a) Les médailles doivent être en or, en argent, en cuivre, en bronze ou en quelque autre métal solide ;
b) Elles doivent être bénites avec la formule prescrite par les PP. Bénédictins, ou un prêtre délégué par eux. Autrefois ce pouvoir de bénir n'était accordé qu'aux membres de l'ordre de saint Benoît; mais en 1856 le pape Pie IX permit au père abbé du couvent de Sainl-Paul à Rome, procureur général des Bénédictins du Mont-Cassin, de déléguer à cet effet des prêtres d'autres ordres religieux et même des prêtres séculiers i.
c) On doit porter dévotement sur soi la médaille indulgenciée et accomplir les bonnes œuvres prescrites pour chaque Indulgence.
i) Indulgence plénière s aux fêles de Noël, de l'Epiphanie, de Pâques, de l'Ascension, delà Pentecôte, delà Trinité, du saint Sacrement, de l'Immaculée Conception, de la Nativité de Notre- Dame, de l'Annonciation, de la Purification, de l'Assomption, de la Toussaint, et à la fête de saint Benoît (21 mars).
Ont droit à ces Indulgences plénières, tous ceux qui ontcoutu me de réciter aiv moins une fois par semaine la couronne de Notre-Seigneur, ou le rosaire, ou un chapelet de cinq dizaines, ou l'office divin, ou celui de la sainte Vierge, ou l'office des morts, ou les sept psaumes de la pénitence, ou les psaumes graduels : tous ceux aussi qui ont l'habitude, soit de faire le catéchisme, soit de visiter les prisonniers ou les malades de quelque hôpital, soit de secourir les pauvres, soit enfin d'assister à la messe, ou de la dire s'ils sont prêtres, pourvu que, vraiment contrits, ils se confessent et communient aux fêles indiquées ci-dessus, et récitent quelques prières selon les intentions du Souverain Pontife.
2) Indulgence plènicre à l'article de la mort, pour celui qui recommandera son âme à Dieu, et recevra les sacrements de pénitence et d'Eucharistie, ou, en cas d'empêchement, fera un acte
Bion ne présente aucun sens, Tlndulgence devient au moins douteuse. Eu effet, dans la formule prescrite par Benoît XIV, il est dit à différentes reprises : char acier ibux a Te designatis (avec les lettres désignées par vousmême, ô mon Dieu !) — f Voir "plus haut, page 333).
1. Pour obtenir ce pouvoir, les préiros français peuvent s'adresser, soit à l'abbé de Noire-Dame des Ermites (Einsiedoln), en Suisse; soil à l'abbé de Solesmes (Sarthe), en France, ou à tout autre supérieur d'une abbaye da Bénédictins.