LES STATIONS DE ROME
dans lesquelles se trouvent les monuments les plus vénérables, les plus précieux souvenirs de saints et surtout des martyrs, remonte jusqu'aux premiers âges du christianisme. Le peuple, le clergé, les papes eux-mêmes, s'y rendaient processionnellement pour y priera certains jours déterminés.
Saint Grégoire le Grand, voulant régulariser et conserver une dévotion si pieuse et si ancienne, désignales églises à visiter non seulement pendant le Carême, mais encore pendant le reste de l'année ; de plus, il ordonna que ces églises fussent indiquées dans le missel romain, comme le rapporte le diacre Jean dans la Vie de ce saint pape (livre II, chap. ii et vi).
2) Dans le but d'exciter les fidèles à faire la visite de ces églises au jour fixé, et à y prier selon les intentions du Souverain Pontife, le même saint Grégoire et ses successeurs accordèrent à ce pieux exercice diverses Indulgences, que Pie VI confirma à perpétuité par décret de la S. Congrégation des Indulgences, du 9 juillet 1777 (Rescr. aiith., l, n. 313).
Remarquons toutefois qu'outre les églises indiquées pour la station dans le missel romain, il y a encore d'autres églises de Rome enrichies des Indulgences stationnales (Raccolta, p, 466) ; mais, pour gagner ces Indulgences, il faut visiter l'église même où se trouve la station {Ibid., p. 472).
3) Anciennement on ne pouvait gagner les Indulgences stationnales que dans la capitale du monde chrétien par la visite des églises indiquées. Mais, en faveur des fidèles qui sont dans l'impossibilité de visiter les stations de Rome, les souverains pontifes, par concession gracieuse, ont consenti depuis longtemps à étendre le privilège de ces Indulgences à d'autres églises ou chapelles désignées à cet effet (Racco^to, p. 472).
Nous verrons dans la section IV" que ce privilège a été surtout concédé aux ordres et aux congrégations religieuses, ainsi qu'à un grand nombre de confréries ou d'associations pieuses. Grâce à cette concession, les membres de ces sociétés peuvent, en visitant, aux jours fixés, l'église ou la chapelle de leur ordre ou de leur confrérie, ou une autre église (p. ex., celle de la paroisse), gagner les mêmes Indulgences plénières et partielles qu'ils gagneraient s'ils visitaient ce jour-là là station de Rome.
bus, à des jours déterminés ; ou encore de stare, parce qu'ils assistaient à la
frière et à l'instruction religieuse debout {stantes) ; cependant il admet^aussi analogie avec l'expression militaire stalio.
424 II* PARTIE, in« SECTION. — INDULG. LOCALES
Nous disons aux jours fixés, car on ne peut pas prendre un autre jour à son choix : c'est ainsi que l'a décidé la S. Congrégation des Indulgences, par décret du 7 mars 1678 {Decr. aulh., p. 15. — Raccoltùy p. 473).
4) Autrefois ladite Congrégation a constamment refusé d'énumérer en détail ces Indulgences stationnales, elle ne voulait même pas permettre qu'on spécifiât si elles étaient plénièvesou partielles (Decr. aut/i., n. 12). Mais comme, malgré cette réserve et ces prohibitions, on publia de tous côtés, même au moyen delà presse, une foule de catalogues fort différents entre eux, et qu'il s'ensuivit parmi les fidèles des disputes, des abus et des scandales, la S. Congrégation des Indulgences se livra à un examen approfondi de la question, et proposa au Pape de déterminer ces Indulgences, selon la mesure de celles accordées aux chapelles papales, de manière à attacher une Indulgence plénière à quelques grandes fêtes, une partielle aux fêtes moindres, et de retirer toutes les anciennes concessions.
Le pape Pie VI accepta ces conclusions le 9 juillet 1777 (Rescr. auth., I, n. 313) : en conséquence, les Indulgences des stations de Rome se trouvent réglées de la manière que nous allons indiquer ; et toutes les indications qui s'en écartent, sont désormais sans aucune valeur*.
5) Ces Indulgences s'obtiennent aux conditions ordinaires : c'est-à-dire qu'on doit recevoir les sacrements de pénitence et d'Eucharistie pour gagner les Indulgences plénières ; et qu'il suffit, pour participer aux Indulgences partielles, d'être en état de grâce, ou de s'y mettre, au besoin, par un acte de contrition parfaite (voyez ce que nous avons dit à ce sujet, p. 67). De plus, pour gagner les unes et les autres, on doit, au jour fixé, visiter l'église de la station ou une église jouissant du même privilège et y prier aux intentions ordinaires du Souverain Pontife. [Raccolta, p. 465 et 472).
Indulgences {Raccolta, p. 465-472) 2.
1 . Il nous revient que l'on voit toujours encore dans certaines églises le» anciens tableaux, avec leurs séries d'Indulgences exorbitantes, qui ont été révoquées depuis longtemps : fait regrettable, qui ne saurait tourner ni à l'avantage ni à l'édification des fidèles.
2. Nous ne donnerons pas ici la nomenclature des églises stationnales de Rome telle se trouve dans le missel romain), puisqu'il sutlit aux fidèles qui goal hors de cette villa de connailre les jours déterminéa pour les sta-