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LA VISITE DES SEPT ÉGLISES ET DES SEPT AUTELS PRIVIL

I. — Indulgences plénières : aux quatre fêles suivantes : Noël, Jeudi-saint, Pâques, Ascension.

II. — Indulgences partielles : 1) Trente ansei trente quaran» laines, aux fêtes de saint Etienne, de saint Jean l'évangéliste, des saints Innocents, de la Circoncision, de l'Epiphanie, aux dimanches de la Septuagésime, de la Sexagésime et de la Quinquagésime; le Vendredi et le Samedi saints ; tous les jours de l'octave de Pâques, y compris le dimanche de Quaslmodo ; à la fête de saint Marc, évangéliste ; aux trois jours des Rogations ; à la fête et pendant toute l'octave de la Pentecôte jusqu'au samedi inclusivement. — 2) Vingt-cinq ans et vingt-cinq quarantaines, le dimanche des Rameaux. — 3) Quinze ans et quinze quarantaines, le troisième dimanche de l'Avent; la veille de Noël ; la nuit de Noël, à la première messe; et le matin de la même fête, à la messe de l'aurore ; le mercredi des Cendres ; le quatrième dimanche de Carême. — 4) Dix ans et dix qicarantaines, le premier, le deuxième et le quatrième dimanche de l'Avent; tous les jours de Carême non encore mentionnés; la veille de la Pentecôte; le mercredi, le vendredi et le samedi de tous les Qualre- Temps, à l'exception des Quatre-Temps de la Pentecôte, dont il est fait mention au n° 1.

23. La Visite des sept églises principales de Rome, et celle des sept autels privilégiés dans l'église de Saint-Pierre ^

(Raccolta, p. 474-476).

I. C'est un usage très ancien de faire le pèlerinage ou la visite des sept églises principales de Rome.

Ces églises sont : Saint-Pierre du Vatican ; Sainte-Marie- Majeure, Saint-Laurent-hors-les-murs; Sainte-Croix d e Jérusalem, Saint-Jean de Latran, Sainl-Sébastien-hors-les-murs, et Saint-Paul. Introduite par la piété de nos ancêtres et approuvée

lions. De même nous passerons sous silence les Indulgences spéciales que Léon XII par rescril de la S. Congrégation des Indulgences, du 28 février 1827, a accordées, en sus des Indulgences dont nous donnons ici le catalogue, aux églises stationnales romaines. Ces Indulgences spéciales, concédées pour le carême seulement, exigent la visite d'un^' seconcle église de Rome et des prières déterminées assez longues {Raccolta ,\) Â12) .

\. Cfr M. Attilii Serrani dç Septemurhis Romae ecclesiis, una cumearum rcUquiis, stationibus et Indulgentiis, Coloniœ 4600; Theûdouus a Spiritu SASCTO, de Indulgentiis, II, pag. 46 et 47 ; enfin, un ouvrage allemand : riie Wallfnhrt zu den sieben Haiiptkirchen von Rom, — (Pèlerinage aux sept églises prmcipales de Rome), par le D' Antoine de Waal, Fribo'urg-en-Brisgau, 1870; — cet opuscule traiie des sept églises en général, de l'historique de ce pèlerinage et de la manière de l'accomplir, et enfin de chaque éghee en particulier.

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par les souverains pontifes, comme Sixle-Quint le montre dans la bulle E gregia populi Romani pietas, du 13 février 1586, celte dévotion a élé pratiquée presque chaque jour par saint Joseph Galasance, et fréquemment par saint Philippe de Néri et par d'autres saints. Actuellement encore, toujours fidèles à cette dévotion, de pieux pèlerins de toute condition, tant Romains qu'étrangers, se rendent dans ces églises pour y vénérer la mémoire des apôtres et des saints martyrs.

Tous ceux qui, après avoir pieusement reçu les sacrements, visitent ces églises et y prient selon l'intention du Pape, peuvent gagner les très nombreuses Indulgences dont elles ont été enrichies par les bulles et les brefs des souverains pontifes i. Ces riches Indulgences, en vertu de concessions gracieuses des pontifes romains, peuvent être gagnées parfois même en dehors de Rome, à la condition que l'on visitera sept églises désignées par l'évêque du lieu 2. Bien plus, dans les couvents de femmes, la visite de sept autels ou de sept chapelles situées à l'intérieur de la clôture ou bien encore la visite répétée des mêmes autels, si ceux-ci ne sont pas assez nombreux, suffit quelquefois pour donner droit à ces faveurs (v. Rescr. auth., II, p. 589, n. 16 ; et RaccoUa, p. 475).

Si depuis de longs siècles, comme nous l'avons dit, on pouvait, en visitant les sept églises de Rome, gagner les Indulgences nombreuses de chacune de ces basiliques, il n'y avait pas cepen-

1. Sur les nombreuses Indulgences attachées à l'église de Saint-Pierre, par exemple, voyez l'opuscule publié à Rome en 186'i, "avec, l'approbation de la S. Congrégation des Indulgences : Mignanti, Jndulgense délia basilica Vaticann; les Rescripta authentica, n. 5 et 6, ne rapportent que celles de ces Indulgences de l'église de Saint-Pierre et de Latran qui sont communicables à d'autres églises.

Souvent, en effet, on obtient pour des églises célèbres et très fréquentées, parfois même pour de simples chapelles, des autels ou des confréries qui attirent un grand concours de fidèles, un titre d'affiliatioa à l'église de Saint- Pierre, de Saint-Jean de Latran, de Sainte-Marie-Majeure, de N.-D. de Lorette, etc., etc. Par cette agrégation, les dites églises ou chapelles participent à certaines Indulgences expressément déterminées par les souverains pontifes, mais non pas à toutes les Indulgences de ces grandes basiliques. -— Pour obtenir un de ces titres d'affiliation, il faut que la demande soit appuyée par l'évêque du diocèse, lequel doit certifier la vénération et la fréquentation extraordinaires, etc., dont ces éi,'lises sont l'objet. Le plus simple et le plus sur est de faire traiter la chose par l'agent-épiscopal.

2. Autrefois, d'après Théod. a Sp. S., loco cit.. p. 48, les Indulgences des églises de Rome s'accordaient fréquemment hors de l'Italie ; maison ne pouvait les gagner qu'une fois l'an, au jour fixé par l'évêque du lieu, et en visitant sept églises désignées par le mômoévèque; déplus, celle coucessioo n'était faite d'ordinaire que pour sept ans.

danl, jusqu'à ces derniers temps, d'Indulgence spéciale accordée pour l'ensemble de cette pieuse pratique. C'est ce qui détermina le pape Pie IX à concéder une Indulgence ple'nière, à gagner depuis les premières vêpres jusqu'au coucher du soleil du jour suivant, pour tous ceux qui, confessés et communies, visitent dévotement ces sept églises et y prient pour l'union entre les princes chrétiens, l'extirpation des hérésies et l'exaltation de notre mère la sainte Église.

II. Très ancienne aussi est la pieuse coutume de faire dans lesdites églises, et spécialement dans la basilique de Saint- Pierre, la visite des sept autels privilégiés. Des documents anciens, conservés aux archives de la même basilique, font mention de ce pieux exercice dès le temps du pape Innocent II (1130). Ces sept autels sont à Saint-Pierre, ceux de la Madone de saint Grégoire, — des SS. Processe et Martinien, — de l'archange saint Michel, — de sainte Pétronille, vierge, — de la Madone délia Colœina, — des SS. apôtres Simon et Jude, — et de saint Grégoire le Grand.

Tout fidèle qui, avec les dispositions voulues, visite dévotement les sept autels, peut gagner les nombreuses Indulgences accordées par plusieurs papes, et confirmées par saint Pie V, Sixte-Quint, Paul V, Clément VIII et Urbain VIII.

Ce dernier pontife a expédié un grand nombre de brefs à des églises hors de Rome, accordant gracieusement à sept autels de ces ^lises les mêmes Indulgences qui sont attachées aux sept autels privilégiés de Saint-Pierre au Vatican {Raccolta, p. 475) *.

La petite église de Sainle-Marie-des-Anges, près d'Assise, dite aussi de la PoiHioncule, à cause d'une petite villa contiguë à la

1. Il ressort des Decr. auth.,n. 103(voir aussi P. Théod. a Sp. 5f-. ^oco cit..) que la faculté de gasrner ces Indulgences hors de Rome était accordée pourdouze fois l'an. La même concession était faite aux églises des couvents de femmes, si ces églises possédaient sept autels ou chapelles. L'évêque devait désigner les autels ou les chapelles, aussi bien que les douze jours de l'année.

2. Waddingus, Annales Ordinis Minorum, ad annum 1221; Ferraris, Prompta Bibliotheca, verb. Indulgentia, art. V ; l'ie de saint François d'Assise, par P. Candidus Chalippe : dans le troisième volume de cet ouvrage on trouve des explications fort étendues sur l'Induli/ence de la Portioncule; P. Mathias GrONWels, Hisloria critica S. Indulgent iae B. Mariée anyelorum, vulgo Portiuncula . Antwerpice, 1726. Voir encore les Bol- LANDI8TE8, 4 octûbre, Analecta de S. Francisco, p. III.

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chapelle, fut donnée à saint François d'Assise par les RR. PP. Bénédictins de l'abbaye du MontSoubaze. Le saint, qui avait réparé ce sanctuaire délabré et abandonné, raOectionna toujours d'un amour de préférence, parce qu'il était dédié à la Reine des anges, parce qu'il fut le premier temple et le berceau de son Ordre, et que lui-même y avait reçu de Notre- Seigneur et de sa très sainte Mère les grâces les plus signalées. Avant de mourir, François ordonna expressément à tous ses Frères d'avoir en grande vénération cette chapelle, singulièrement choisie, leur dit-il, par Jésus-Christ et par sa sainte Mère.

Ce fut en 1221, au commencement du mois d'octobre, que saint François, dans une apparition de Jésus-Christ, de la sainte Vierge et d'une multitude d'esprits célestes, osa demander à Nolre-Scigneur lui-même, par l'entremise de Marie, une Indulgence plcniùre, pour tous ceux qui, contrits et confessés, visiteraient l'église de Sainte-Marie-des-Anges ou de la Portioncule. Le Fils de Dieu exauça la prière de son fidèle serviteur, à la condition toutefois qu'il obtiendrait du Souverain Pontife la confirmation de cette Indulgence.

Honorius III, qui gouvernait alors l'Église, et qui se trouvait pour le moment à Pérouse, non loin de la ville d'Assise, la confirma en effet, la même année ; mais ce ne fut que deux ans après, en 1223, qu'il l'accorda à perpétuité, et la fixa, selon la volonté de Jésus-Christ manifestée à saint François dans une seconde vision, au jour anniversaire de la dédicace du sanctuaire de la Portioncule \ c'est-à-dire, au 2 août, à partir des premières vêpres {Raccolta, p. 470).

Par ordre du Souverain Pontife, cette Indulgence fut publiée solennellement à Sainte-Marie-des-Anges le l»"" août de cette année 1223, par les évêques d'Assise, de Pérouse, de Todi, de Spolèle, de Foligno, de Nocera, de Gubbio, après un discours plein de feu, prononcé par saint François lui-même.

Telle est l'origine de l'Indulgence de la Portioncule, dont on ne saurait sans témérité mettre en doute l'authenticité, comme s'exprime Bcn(»ît XIV, de Synodo diœcesana, lib. XIII, cap. XVIII, n'^s 4, 5, et Disquisitio de Indulgentia Portiunculœi p. 1-25, dans ses 0/)usci</amisce//anea(edit. Venel., lom.Xlir

1. Ce sanctuaire fut plu>^ tard renfermé clans une grande et très belle église, honorée, le 22 mars 1754, par Benoît XIV, du titre et de la diguité da hasUiqxie patriarcale.

Cette célèbre Indulgence appelée aussi le saint Pardon^ a été dans la suite étendue à toutes les églises des trois Ordres de Saint-François et à beaucoup d'autres églises et chapelles de tout l'univers catholique par plusieurs papes, et nommément par Grégoire XV, dans son bref Splendor paternx glorise, du 4 juillet 16-22) <.

A la confession déjà prescrite pour gagner l'Indulgence, le même pontife ajouta la communion ; sont dispensés toutefois de cette dernière condition ceux des fidèles qui, le 2 août, visitent la chapelle de la Portioncule elle-même.

Le vénérable Innocent XI, par bref du 22 janvier 1687, confirma les décisions du bref de Grégoire XV, et, en déclarant cette Indulgence applicable aux âmes du purgatoire, il ordonna aux fidèles de prier aux intentions ordinaires du Souverain Pontife à chacune des visites qu'ils feraient pour la gagner.

Cette Indulgence est différente des autres Indulgences plénières, non pas en elle-même, mais par plusieurs circonstances qu'il importe de relever : 1) Elle est concédée immédiatement par Jésus-Christ lui-même, qui par là, selon la doctrine du cardinal Bellarmin, [de Indulgenliis, 1, II, c. XX) confirma trois dogmes: la réalité des Indulgences, le pouvoir des papes à ce sujet, et la nécessité de la confession auriculaire; 2) elle peut se gagner à des conditions peu onéreuses et même très faciles à remplir, tandis que les Indulgences plénières très rares en ce temps reculé,étaient attachées ordinairement à des pratiques fort pénibles; 3) en dehors du Pardon du Jubilé, on ne trouve guère d'Indulgences qui soient aussi visiblement bénies de Dieu c'est-à-dire, aussi fécondes en fruits salutaires de p(jnilence (v. Bourdaloue, sermon sur la fêle de la Portioncule, troisième partie ; et P. Mat- THL\s Gronwels, l. C.) On trouve parfois des fidèles qui ont négligé le devoir pascal et qui se décident à recevoir les sacrements en la fête de Notre-Dame-des-Anges : tant est puissant l'attrait de la grande Indulgence de la Portioncule 2 1

i. On y lit : Volentes igitur omnes et singulas ecclesias Fratrum S.Franciscide Ohservanlia , etiam Reformatorum, ubiqiœ existentes aliquo spirituali

munere iUv^trare omnibus utriusque sexus C hrislifidelibus vere pœni-

tentibus, qui aHquam ex dictis ecclesiis tn 2' die mensis Augusti, a primis Vesperis usqiie ad occnsum solis diei hujusmodi, singuHs annis dévote visitaverint, plenariam, etc.

2. Voici en quels termes le Martyrologe de Saint-François annonce tous les ans aux trois Ordres la fêle de la Portioncule : « A Assise "en Ombrie, la dédicace

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