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L'Indalgence pléniére à l'article de la mort

1) L'Église est une vraie mère: à chacun de ses enfants, depuis le berceau jusqu'à la tombe et au delà, elle témoigne une tendresse toute maternelle. Mais elle se montre surtout pleine de sollicitude à leur égard au moment redoutable, duquel dépenu une éternité de bonheur ou une éternité de malheur. Après avoir préparé le malade à une bonne mort par la réception des sacrements de Pénitence, d'Eucharistie et d'Exlrême-onclion, elle cherche encore à le consoler et à lui adoucir le terrible passage. Pour cela, elle ouvre en sa faveur le trésor dont elle est la dispensatrice, des mérites infinis de son divin fondateur, de la très

1 . Par privilège il faut entendre ici le droit de bénéficier des pouvoirs extraordinaires accordés aux confesseurs, et dont il a été question n» 56-76.

Mgr Bouvier {l c, page 312) dit : « Pour les privilèges, il ne peut pas y avoir différents degrés dans leur application : car, une fois appliqués validement, ils sont les mêmes pour tout le monde (on en profite entièrement ou l'on n'en profite pas). Mais il n'en est pas de même pour Vlndidgetice du Jubilé : car, bien que pléniére dans l'intention du Pape, elle n'est souvent 'que partielle dans la réalité et admet un grand nombre de degrés, selon les dispositions de chacun et la manière dont les œuvres sont accomplies ».

2. V. Biluale Romanum, edilio ttjpica de 188i, p. 122; Theodorus a Spiritu sancto, de Jndulgentiis, II, pag. 19 i sqq.; Be^qer. Pastoral-Théologie, III, 702 ; ScHVECH, Pastoral-Théologie, § 335, «te, etc.

INDULGENCE PLÉNIÈRE A l'aRTICLE DE LA MORT o03

sainte Vierge et de tous les saints, e' Kii oflYe !e bienfait d'une Indulgence plénière, au moyen de laquelle il peut, à ce moineni suprême, payer à la justice divine toutes ses dettes et entrer sans retard dans rélernelle béatitude.

2) L'usage d'accorder une Indulgence plénière à l'heure de la mort est très ancien dans l'Église. La lettre XlIP de saint Cyprien martyr en fait mention dès la seconde moitié du troisième siècle. Dans ses Annales de l'an 878, Baronius cite l'exemple du pape Jean VIII concédant une Indulgence plénière aux chrétiens qui tombaient dans la guerre contre les infidèles.. Le pape Clément VI, élu en 1342, et le pape Grégoire XI, élu en 13 70, accordèrent la même faveur pour le temps de la peste. Dans les siè'^les suivants, cette Indulgence a été concédée avec une pieuse libéralité par un grand nombre de papes, entre autres par Paul V, par Alexandre VII, etc. (v. P. Theod. a Sp. S. l. c, § I et H).

L'indulgence in articula mortis n'est pas suspendue pendant l'année sainte : ainsi l'ont déclaré plusieurs souverains pontifes, notamment Benoît XIV, Clément XIV et Léon XII, dans les bulles qu'ils ont publiées sur la suspense des Indulgences pendant le Jubilé ordinaire (Raccolta, p. 450).

3) Comme nous l'avons fait remarquer plusieurs fois, on peut à bien des titres gagner une Indulgence plénière à l'heure de la mort.

Ainsi, ont droit à cette Indulgence, ceux, p. ex., qui ont invoqué fréquemment le saint nom de Jésus pendant leur vie, et qui l'invoquent encore à l'heure de la mort (v. p. 119, 4 et 5) ; — ceux qui ont souvent dit la prière à l'ange gardien, Angele Dei (v. p. 122, 16) ; — ceux qui ont récité fréquemment les actes de foi, d'espérance et de charité (v. p. 131); — ceux qui possèdent un objet de piété ^ muni des Indulgences apostoliques (chapelet, crucifix, médaille) (v. p. 340, IV) ; — ce même droit enfin, comme nous le verrons à la section IV, est concédé aux membres de presque toutes les confréries ou congrégations canoniquement érigées et enrichies d'Indulgences directement ou par voie d'affiliation.

Le moribond peut lui-même s'appliquer cette Indulgence, sans qu'il soit besoin de l'intermédiaire d'un prêtre; ou plutôt elle

1. Voyez ce qui a été dit à la page 343 sqq. et surtout à la page 345, n. 5, sur les pouvoirs iJappliiuer les Indulgences apostoliques, y compris l'Indulgeace pléaière à l'article de la mort, aux chapelets, croix, médailles, etc.

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lui est appliquée par le seul fait qu'il a rempli les conditions prescrites. Ces conditions sont le plus souvent la réception des sacrements, ou, si elle est impossible, la contrition parfaite, l'invocation, faite de bouche ou au moins de cœur, du saint nom de Jésus, et l'acceptation résignée de la mort comme venant de la main de Dieu.

4) Parmi les dill'érents titres qu'on pouvait avoir à cette Indulgence, se trouvait jusqu'à ces derniers iem^sV absolution générale ■qui se donnait au moment de la mort dans quelques anciens ordres religieux et dans leurs confréries respectives. Cette absolution, on le comprend, n'avait pas pour but de remettre une dernière fois ses péchés au moribond ni de le relever des censures et irrégularités qu'il pouvait avoir encourues ; c'était plutôt, comme l'Indulgence plénière elle-même, une rémission totale des peines temporelles dues aux péchés. Elle différait cependant des autres Indulgences in articulo mortis en ce qu'elle devait être appliquée par un prêtre autorisé à cet effet, et selon une formule spéciale, différente pour chaque ordre religieux. Mais Léon XIII, par son bref du 7 juillet 1882, a aboli toutes ces formules diverses et a ordonné expressément que désormais on ne se servît plus d'aucune autre formule que celle qui, prescrite par Benoît XIV, a été insérée dans le rituel romain, et dont nous aurons à parler bientôt. On doit seulement intercaler au Confiteor le nom du saint fondateur de chaque ordre (Decr. auth., p. 491).

Comme cette formule de Benoit XIV, ainsi que nous l'établirons ci-après, ne peut être récitée qu'une seule fois sur chaque malade, dans le même danger de mort, il s'ensuit que le pouvoir de donner l'absolution générale aux confrères du Scapulaire, du Saint-Rosaire, etc., devient inutile aux prètresqui ont charge d'âmes et qui pour ce motif sont autorisés à conférer à tous les mourants, sans distinction l'Indulgence m ajVicw^o mortia.W est bon cependant que le prêtre rende le malade attentif aux diflérents titres que celui-ci peut avoir à cette Indulgence, afin de le consoler davantage, d'affermir et augmenter en lui la confiance que cette faveur lui sera sûrement appliquée au moment de son entrée dans l'éternité.

Du reste, il est dos cas où la faculté de donner Vabsolufion gêné' raie comme directeur de confrérie devient d'un usage pratique: car, bien que de nos jours, à cause du manque de prêtres, ou par suite des concessions particulières faites à un grand nombre d'évêques, le pouvoir de conférer l'Indulgence plénière à l'article de la mort s'accorde dans la plupart des diocèses à tous les prêtres qui ont charge d'âmes, ce pouvoir cependant n'est pas absolument nécessaire à tous

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