INDULGENXE DU JUBILÉ APPLICABLE AUX DÉFUNTS
81) D'après ce que nous avons dit au n. 79, les Indulgences des aulels privilégiés et toute autre Indulgence qui serait uniquement applicable aux défunts, ne tombent pas sous cette suspense.
En sont encore exceptées : a) l'Indulgence plénière à l'article de la mort, dont il sera question à l'article suivant ; b) les Indulgences accordées par Benoît XIII à ceux qui récitent V Angélus trois fois par jour (voir ci-dessus, page 183) ; c) l'Indulgence des Quarantes-Heures, qui est actuellement de dix ans et de dix quarantaines (plus haut, p. 263); d) celles que l'on gagne en accompagnant avec un cierge allumé ou en faisant ainsi accompagner le saint Sacrement auprès des malades (v. plus haut, p. 265, n° 14) ; e) les Indulgences concédées par les légats a latere, les nonces, les évêques et les archevêques (Benoît XIV, bref du 17 mai 1749, Cum nos nuper).
Par contre, la suspense s'étend même à l'Indulgence plénière attachée à la bénédiction papale que les évêques, archevêques, etc., ont coutume de donner deux fois chaque année (v. plus haut, page 307).
Droit d'appliquer aux âmes du Purgatoire V Indulgence du Jubile', et de la gagner à différentes repenses.
82) Pour savoir si l'Indulgence du Jubilé est applicable aux défunts, et si on peut la gagner plusieurs fois, il faut consulter la teneur de l'acte de concession.
a) Si la bulle né parle pas du droit d'appliquer aux défunts l'Indulgence jubilaire, cette application ne peut être faite que par ceux qui ont le privilège de leur applipuer toutes les Indulgences, celles mêmes qui, de droit commun, ne leur sont pas applicables. Si au contraire, comme il arriva en 1881 et en 1886, la bulle de concession permet de faire aux âmes du purgatoire Tapplication de cette Indulgence, ou si un rescrit pontifical fait après coup cette concession, tous les fidèles peuvent offrir Vlndulgence pour les défunts et participer eux-mêmes aux autres privilèges. — Au Jubilé de 1875, on pouvait, selon la déclaration faite le 25 avril par le Souverain Pontife, gagner deux fois l'Indulgence, une fois pour soi-même et une autre fois pour lésâmes du purgatoire, li en était de même en 1823.
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b) Dans son encyclique Inter prxùerilos, § 84, Benoît XIV déclara (ju'on pouvait gagner V Indulgence de l'année sainte, 1750, autant de fois qu'on accomplirait les œuvres prescrites ; mais il avait déjà fait savoir auparavant, dans la bulle Convocatis (§ 52), qu'on ne pouvait jouir qu'une seule fois des privilèges * du Jubilé. La même concession a été faite de nouveau en l'année jubilaire de 1775. — Au Jubilé ordinaire de 1875, on pouvait, comme nous l'avons dit, gagner l'Indulgence deux fois, mais on n'avait qu'une seule fois le droit de bénéficier des privilèges {S. Pœnit., 25janv. 1875: Acta S. Sedis, VIII, 267). L'Indulgence des Jubilés extraordinaires de 1879, 1881, 1886, pouvait se gagner aussi souvent qu'on accomplissait les œuvres prescrites, mais les privilèges n'étaient concédés non plus que pour une fois. {S. Pœnit., 26 fév. 1879, 25 mars 1881, 15 janv. 1886: Acta S. Sedis, XI, 527 ; XIII, 423, et XVIII, 333).
On peut voir ci-dessus (p. 48 sqq.) ce que nous avons ditsur les eiïets salutaires des Indulgences en générai et des Jubilés en particulier, et sur les avantages immenses qu'ils procurent, non seulement à chacun des enfants de l'Eglise, mais encore à l'humanité tout entière.