‹ Les Indulgences, leur nature et leur usageChapitre 377 sur 396 · II* PARTIE, 111* SECTION — TEMPS SPÉCIAUX · texte numérisé non relu

II* PARTIE, 111* SECTION — TEMPS SPÉCIAUX

morti's articulo. Il est évident qu'il s'agit encore ici du moment réel de la mort.

L'intention des papes en accordant cette Indulgence a toujours été, comme elle l'est encore, de mettre les fidèles en étal de n'avoir plus rien à expier après cette vie mortelle. Le P. Théodore a Sp. S. dit à ce sujet {de Indulg., part. IL, pag. 204) : Nos absolute, nullamque distinctionem adhihentes dicimus, hanc Indulgentiam plenariam pro mortis articulo concessam... sive alterius applicantis ministerio indigeat, sive fidelibiis concessa sit per se ipsos acquirenda^ in vei^o recipi tantummodo mortis articulo..., quia finis Summorum Pontificutn hujusmodi gratiam concedentium est, ut decedentihus nihil supersit post hanc vitam mortalem purgandum ; ac per consequens Summi Pontifices eani peccatorum remissionem impertiuntur, qwe {quantum est ex se) efficaciam habeat perducendi illos vere contritos de peccatis ad x temam beatitudinem statim possidendam.

22) De tout ce qui précède il faut conclure que l'Indulgence plénière à l'article de la mort ne peut être gagnée qu'une fois par chaque fidèle.

Il est vrai que, dans leur sollicitude pour le bien des âmes, et afin de faciliter à tous les mourants l'acquisition de cette Indulgence, les papes l'ont accordée pour des motifs et à des litres très nombreux et très variés (v. p. 504, n. 3 et sqq.) ; mais jamais ils n'ont déclaré que le fidèle la pouvait gagner autant de fois qu'il a de titres pour l'acquérir.

En outre, cette Indulgence est destinée et appliquée par le Pape tout spécialement à la personne même du mourant, et celui-ci ne doit la gagner qu'au moment précis de sa mort, lequel évidemment n'arrive qu'une fois. Quant à prétendre que le fidèle pourrait alors, en conséquence de ses différents titres à cette Indulgence, la gagner une fois pour lui-même, et plusieurs autres fois pour les âmes du purgatoire, c'est une assertion qui ne repose sur aucun fondement solide, et qui se trouve réfutée par tout ce que nous avons dit jusqu'à présent.

Nous avions à peine écrit ce qui précède quand nous apprîmes de sources très autorisées, que la S. Congrégation des Indulgences venait de se prononcer résolument dans le sens indiqué. La question avait été soulevée à propos du sommaire des Indulgences accordées ù la confrérie du Saint-Rosaire. Comme ce sommaire ne contient pas moins de cinq Indulgences plénières accordées pour l'heure de la

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mort aux membres de celte confrérie, on en concluait volontiers que les confrères mourants pouvaient gagner plusieurs fois l'Indulgence plénière in articulo mortis (v. Pastoralblatt de Munster, 1885, pag. 69 et 70 : Rescript, anth., II, page 426).

La S. Congrégation rappelle dans sa réponse la véritable notion de l'Indulgence de la bonne mort. Par cette Indulgence, dit-elle, le fidèle obtient à son heure dernière la rémission totale de tontes les peines temporelles dues à ses péchés. Or il serait absurde de dire qu'une seule et même personne puisse obtenir plusieurs fois une pareille rémission.

Que si l'on s'était imposé la pratique de plusieurs œuvres ou la récitation de plusieurs prières auxquelles est attachée cette grâce suprême, on n'avait rempli, à vrai dire, que différentes conditions pour s'assurer une seule et même Indulgence; que l'Indulgence elle-même ne pouvait cependant être gagnée qu'une seule fois [au moins en tant que plénière et d'une manière complète), puisqu'elle n'est pas applicable aux âmes du purgatoire, mais qu'elle constitue, dans l'inteniion des papes, une faveur tout à fait personnelle, qui doit revenir au fidèle lui-même à l heure de sa mort. Aussi, pour ce motif, la même Congrégation a déclaré bien nettement que les fidèles ne gagneraient cette Indulgence qu'au moment réel de leur mort, et non pas quand on les croit sur le point de mourir ni quand on leur donne la bénédiction apostolique.

Il ne s'ensuit pas pourtant, continue le document en question, que les différentes pratiques de piété auxquelles est attachée l'Indulgence in articulo mortis soient inutiles pour le moribond : loin de là, ces pratiques diverses servent à exciter en lui de plus vifs sentiments de foi, d'espérance, de charité et d'entier abandon à la sainte volonté de Dieu ; de plus, elles l'aident à accepter la mort avec résignation, lui inspirent une confiance plus grande dans les mérites de Jésus- Christ et des saints, et le mettent ainsi de plus en plus dans les dispositions requises pour obtenir par l'Indulgence plénière la rémission de toutes les peines dues à ses péchés.

11 pourrait arriver aussi, ajoute la S. Congrégation, que le mourant ne gagnât pas l'Indulgence plénière à tel titre, parce qu'il n'aura pas accompli avec toute l'exactitude voulue une condition prescrite, trop pénible peut-être pour lui dans ces derniers moments, comme serait p. ex., la récitation du Credo ou du Salve Regina; tandis qu'il pourra la gagner à un autre titre par un acte plus facile, p. ex., par l'invocation du saint nom de Jésus, faite au moins de cœur, après réception des sacrements.

Ayons donc grand soin de nous assurer pour l'instant de notre entrée dans l'éternité la pleine rémission de toutes les peines méritées par nos fautes : car nous ne savons quelles dettes nous avons à acquitter envers la justice divine, et nous ignorons si jusqu'à présent les Indulgences plénières que nous pensions gagner nous ont été appliquées par Dieu dans toute leur étendue, ou dans quelle mesure elles ont pu l'être.

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Regardons spécialement comme de la dernière importance de nous préparer déjà durant notre vie à recevoir au moment de la mort une abondante application des mérites de Jésus-Christ, de sa très sainte Mère et des saints. A cet elTet, menons dès maintenant une vie vraiment chrétienne, approchons-nous souvent et dignement des sacrements, invoquons les patrons de la bonne mort, ayons surtout une vraie dévotion à la très sainte Vierge, à saint Joseph, à notre ange gardien; ce sont là les moyens les plus efficaces pour obtenir un iour la grâce d'une mort précieuse devant le Seigneur.

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