OBSERVATIONS
Nous publions en fin de ce travail 26 observations inédites d’indurations plastiques des corps caverneux.
Elles ont été recueillies pour la plupart à la consultation spéciale des voies urinaires du service Civiale, par notre excellent ami le D' Lavenant ancien chirurgien assistant de l'hôpital Lariboisière, qui a bien voulu nous les communiquer, en nous engageant à choisir ce sujet de thèse. Nous ne saurions trop le remercier de son amabilité et lui témoignons ici l'expression de noire très vive gratitude.
. M. le D' Bazy nous a fourni 6 cas qu’ils a recueillis les uns à l’hôpital Beaujon, les autres dans sa pratique de ville. Qu'il nous permette de lui dire combien nous sommes touché par cette nouvelle marque de sympathie qu’il nous témoigne. Nous avons eu la rare fortune de passer notre dernière année d’études comme interne provisoire dans son service. Il nous y a accueilli avec tant de bienveillance que nous tenons à lui dire une fois encore que nous sommes et resterons toujours son
élève profondément dévoué et reconnaissant.
Observation I (Résumée).
Due à l’obligeance du D' Bazy.
Induration des corps caverneux. — Antécédents héréditaires entachés d’arthritisme.
De B..., 49 ans.
Se présente à la consultation du Dr Bazy le 3 novembre 1903.
Ce malade s’est aperçu, au mois de juillet précédent, que sa verge se recourbait pendant les érections en même temps qu’il ressenfait une sénsation de cuisson assez vive. Inquiet, il a consulté à ce moment un médecin qui l’a sondé régulièrement pendant quelque temps, sans aucun résultat. |
A l’examen, on constate une induration en placard de la face supérieure de la verge. Cette induration siège à 1 centimètre environ en arrière du gland. Sa forme est à peu près losangique. Elle mesure 1 centimètre de large et 1 cm. 1/2 de long. Elle est indolore à la palpation.
Aucune maladie antérieure.
Le grand-père du malade était goutteux.
Lui-même a eu quelquefois de vagues douleurs dans les lombes et dans les pieds. |
Pas de sucre dans les urines :
Traitement. — Frictions avec pommade iodurée.
Observation II (Résumée).
Communiquée par M. le D" Bazy.
Lithiase urinaire. Prostatisme, — /nduration du corps caverneux gauche.
Fr..., 63 ans.
Vient consulter en décembre 1907 parce qu’il éprouve une certaine difficulté à uriner et que ses mictions sont très fréquentes, à peu près toutes les deux heures le jour commela nuit.
Au mois d’août dernier a ressenti une douleur assez vive dans le flanc gauche et depuis quinze jours cette douleur reparaît avec irradiations dans le bas-ventre.
A l'âge de 20 ans, a eu une blennorragie bénigne.
Maintenant il urine par saccades à plusieurs reprises, avec effort.
A l'examen, on constate qu'une sonde n° 20 passe avec frottement au niveau de la portion bulbaire.
Pas de rétention; la vessie.se vide complètement.
L’urine est limpide et ne contient pas de sucre.
. 2 YA Il existe en outre dans l'épaisseur du corps caverneux gauche
une induration dont ne se plaint pas le malade.
Observation III (Résumée). .
Due à l’obligeance du D' Bazy.
Induration des corps caverneux. — Blennhorragie ancienne,
Rétrécissement.
O..., 63 ans.
Vienat consulter le Dr Bazy le 5 novembre 1908 parce qu’il a
remarqué la présence d’une petite grosseur sur la verge qui gène l’érection et la rend un peu douloureuse. Il existe en effet au niveau de la racine de la verge, sur sa face supérieure une plaque dure, qui peut avoir la surface d’une
pièce de cinq francs et qui se prolonge un peu en avant dans
le corps caverneux droit surtout, Le malade est un ancien blennhorragique, rétréci depuis vingt ans et qui se fait régulièrement dilater de temps en temps. Aucune manifestation arthritique.
Pas de sucre dans les urines examinées à plusieurs reprises.
Observation IV
Note communiquée par le Dr Bazy.
: Q «4 . ci , È D Induration des corps caverneux.— Diabète léger autrefois (?)
R..., 68 ans. ;
Vient consulter en 1905 le Dr Bazy parce qu'il est très affecté par l’existence'd’une induration des corps caverneux datant déjà de sept ans (1898).
Le malade açencore des érections qui sont très douloureuses ; l’éjaculation provoque également une vive douleur.
Pas de blennhorragie antérieure.
Pas de syphilis.
L'examen des urines plusieurs fois pratiqué ne révèle pas trace de sucre, mais le malade dit qu’en 1895 son médecin lui a dit qu’il avait du diabète léger.
Le malade est actuellement dans un état névropathique très
accentué.
Observation V
Induration des corps caverneux. Origine indéterminée.
B... Edmond, 66 ans, marchand de tissus.
Se présente à la consultation du Dr Bazy à l’hôpital Beaujon, le 1e juin 1909, parce que, nous dit-il, il souffre depuis trois ou quatre ans pendant les rapports sexuels et surtout parce que depuis deux ou trois mois, il a constaté l’apparition et le développement d’une grosseur au niveau de la verge. ;
On constate en effet, au niveau de la racine de la verge, sur la ligne médiane, une induration dont le volume est à peu près celui d’un gros noyau de datte.
Ce noyau a une consistance cartilagineuse, et semble s’enfoncer dans l’épaisseur du raphé médian.
L’érection est incomplète et le malade se plaint de vives douleurs au moment des érections.
Les mictions ne sont pas modifiées,
Le calibre de l’urètre est normal.
Les urines ne renferment ni sucre ni albumine.
Dans les antécédents pathologiques du malade, on relève en 1875 une blennhorragie légère complètement gubrie au bout de six semaines. à
Le malade est soumis à un traitement de piqûres de thiocynamine. On fait successivement à quelques jours d'intervalle 8 piqûres d’un centimètre cube de thiocynamine dans l’épaisseur même du noyau induré.
Le résultat étant absolument nul, on essaie ensuite le traitement par les courants continus. On fait successivement 6 séan-
ces (8 à 10 milliampères pendant un quart d'heure).
à BTS Ce nouveau mode de traitement est suspendu, aucune amé-
lioration ne s'étant produite.
à (A + Cbservation VI
Induration du corps caverneux droit. Origine indéterminée.
H... Paul, 39 ans, architecte.
Ce malade se présente à la consultation du D" Bazy,le 2 janvier 1909, à l'hôpital Beaujon parce que depuis quelques mois, il souffre toutes les nuits de minuit à trois Détron d’érections violentes, prolongées et douloureuses, qui ne sont calmées qu'après l'émission difficile de quelques gouttes d’urine.
Le malade attire l’attention sur l’existence dans l'épaisseur du corps caverneux droit, d’un noyau dur, de la grosseur d’un haricot, légèrement douloureux à la palpation et siège d’irradiations très pénibles pendant les érections. ;
Aucun antécédent pathologique à signaler,
Pas de blennhorragie antérieure. Pas de syphilis.
Les urines sont normales, et ne renferment ni sucre ni albu-
mine.
Le calibre de l’urètre est normal, et le jet urinaire n’est pas
modifié dans sa forme.
Pas de traitement institué, le malade n’étant pas revenu à la
consultation.
où —
Observation VII
Communiquée par le D' Lavenant.
| 7 Induration du corps caverneux gauche.
Syphilis et blennorragie antérieures.
Ces Gustave; employé de bureau, 26 ans. - |
Se présente à la consultation le 11 octobre 1907.
Ce malade a eu trois blennoragies consécutives depuis trois ans ; la dernière date d’il y a six mois mais semble actuellement complètement guérie.
. Se plaint depuis quelque temps d’une légère douleur du côté | gauche de la verge.
En effet, en arrière de la rainure balano-préputiale, on sent
à gauche le long du canal une grosseur du volume d’un pois à à laquelle fait suite un petit cordon dur et légèrement bosselé. La palpation est indolore.
Pendant l’érection, la moitié gauche du gland reste flasque. L’axe dela verge est fortement dévié du côté gauche. L'érection est assez douloureuse et le coït très difficile.
Le malade a eu dix ans auparavant la syphilis mais il s’est toujours soigné.
L’urètre est libre.
Les urines claires ne contiennent pas de sucre.
Traitement.
2 grammes d’iodure de potassium par jour.
Frictions avec une pommade à l’iodure de plomb ; au mois. de février suivant on n’observe aucune modification,
On fait six injections de fibrolysine Merck daus la cuisse.
Résultat nul,