L... Eugène, garçon, livreur, 44 ans
Se présente le 30 juin 1909, à la consultation de l’hôpital Lariboisière, parce qu’à l'état d’érection sa verge s’incurve à droite depuis trois mois, et cette déviation va en augmentant de plus en plus. ;
Blennorragie il y a vingt ans.
Urètre libre.
Lobe droit de la prostate légèrement augmenté de volume. |
Les urines claires ne contiennent ni sucre, ni albumine.
On sent dans l’épaisseur du corps caverneux droit une pläque indurée, parcheminée, allongée dans le sens antéro-postérieur non douloureuse à la palpation. ‘
Traitement. — Bains chauds.
Six injections de fibrolysine Merk dans la cuisse à intervalles de quatre jours.
Aucun résultat appréciable.
Observation XVIII
Communiquée par le D' Lavenant.
Induration du corps caverneux gauche. Origine inconnue.
B..., Charles, 37 ans.,
Vient à la consultation de l'hôpital Lariboisière le 8 avril 1903, se plaignant de douleurs pendant la miction depuis six mois. Cette douleur est survenue en même temps qu’une grosseur dans la partie gauche de la verge.
N'a jamais eu ni blennorragie, ni chancre.
Urines claires sans filaments.
Réaction à la liqueur de Fehling : négative, — Dans la région pénienne on sent à la palpation sur la face dorsale une tuméfaction dure, noyau siègeant dans le corps caverneux gauche, non douloureux à la pression.
L’urètre est libre. La prostate est de volume normal.
Quand la verge est en érection elle forme une courbe à concavité gauche.
Le malade n’est pas revenu.
Lan
Observation XIX (Résumée).
Communiquée par le D' Lavenant.
Indurations multiples du corps caverneux droit. Origine inconnue.
G... Ernest, 53: ans.
Vient à l’hôpital Lariboisière le 15 avril 1908.Se plaint d’avoir quelques petites grosseurs dans la verge qui provoquent une douleur assez vive pendant l'érection qui est fortement déviée à droite.
On sent en effet dans l’épaisseur du corps caverneux droit trois noyaux indurés, pas très nettement limités, indolores à la pression. |
L’urètre est libre.
Les urines sont claires: nt sucre, ni albumine,
Pas de blennorragie ni de syphilis antérieure.
- Le malade n’a pas été revu.
Observation XX (Résumée).
Communiquée par le D' Lavenant,.
Induration des corps caverneux. Origine inconnue.
G..., 32 ans, Se présente à la consultation de l’hôpital Lariboisière le 30 décembre 1902 parce que, pendant l’érection,sa verge est for-
tement tordue et sensiblement rétrécie dans le sens de la lon-
gueur, entre le gland et le pubis,
On sent en effet à la palpation à droite et à gauche, sur la face dorsale, une induration très nette séparée en deux parties par un sillon médian.
Aucun autre symptôme.
Une seule blennorragie, il y a dix ans, guérie en quinze jours.
Pas de syphilis.
La recherche du sucre dans les urines a été faite plusieurs
fois, sans résultat positif.
Pas de traitement indiqué.
Observation XXI
Communiquée par le D' Lavenant.
Induration des corps caverneux. Origine inconnue.
Dem... Alfred, sellier, 49 ans.
Vient consulter le 10 décembre 1907.
Rien dans les antécédents du malade.
Pas de syphilis, pas de blennorragie.
Le malade se plaint de ce que sa verge en érection se courbe en deux, présentant une tuméfaction à la partie médiane et infé- . rieure et sur la partie supérieure à gauche. °
On sent en effet une induration allongée de 3 centimètres environ le long du Corps caverneux gauche. Cette induration se prolonge le long de la paroi inférieure de l’urètre. Elle est un peu sensible à la palpation.
L’érection est extrêmement douloureuse.
Ni sucre ni albumine dans les urines.
L’urètre est absolument libre.
MO Traitement. — lonisation avec solution de NaCI 25 milliampères, pendant cinq minutes.
Après cette première séance la déformation de la verge pendant Pérebtion et le volume de la tumeur n’ont subi aucune : modification, mais il y a diminution telle de la douleur que le malade voulait revenir avant le jour fixé.
Au bout de trois séances, le malade ne souffrant plus du tout
n’est pasirevenu.
Observation XXII
Communiquée par le Dr Lavenant.
Induration du corps caverneux droit, Origine blennorragique (?)
G... Louis, surveillant des travaux, 58 ans.
Vient à la consultation des voies urinaires de l’hôpital Lariboisière, le 21 avril 1908, parce qu’il souffre d’une grosseur au niveau de la verge et dont il s’est aperçu depuis trois ans.
Blennorragie en 1902. Pas de goutte militaire. Pas de syphilis.
Urines claires. Ni sucre, ni albumine.
On constate l’existence d’une induration cartilagineuse allongée sur le dos de la verge. C’est une plaque de forme un peu irrégulière empiétant surtout à droite, de la largeur d’une pièce de 50 centimes environ et longue de 2 centimètres.
@ Cette induration est très douloureuse pendant l'érection et à ce moment la verge est fortement déviée du côté droit.
Le malade est opéré le 7 mai par M. Marion. Résection sur la face dorsale de la verge d’un segment allongé et très étendu : Quelques ligatures au catgut. Suture de la peau aux crins.
Le 20 mai le malade quitte l’hôpital, cicatrisé.
La verge est toujours déviée pendant l'érection.
Le malade n’a pas été revu depuis. x #
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Observation XXIII (Résumée)
Communiquée par le D' Lavenant.
Induralion da corps caverneux droit
(origine blennorragique ou syphilitique) (?)
M. - Jacques, boulanger, 36 ans.
Vient consulter, le 3 avril 1908, pour une épidydimit gauche d'origine blennorragique.
A eu plusieurs blennorragies, la dernière il y a deux ans, mal soignée et incomplètement guérie.
Syphilis il y a dix ans.
Traitement de l’épidydimite.
Le 17 avril, on s’aperçoit par hasard que le malade est porteur d’une induration du corps caverneux droit dont il s’est aperçu depuis plusieurs mois, mais qui ne provoque aucune gêne et aucune douleur.
Cette-induration a la forme d’une plaque siégeant sur la partie moyenne du pénis au niveau de sa face dorsale.
On fait 6 piqûres d’huile grise et on prescrit 2? grammes d’iodure de potassium par jour. |
Aucune modification.
Observation XXIV Communiquée par le D' Lavenant.
Induralion des corps caverneux. Origine indélerminée. pn W... Pierre, garçon de magasin, 55 ans.
Vient consulter, le 26 janvier 1907, parce que, depuis deux
mois, il s’est aperçu qu'il souffrait pendant les érections.
Le '80tE-
Cette douleur, d’abord simple-tiraillement a été en augmentant progressivement ; elle est devenue en ces derniers temps si intense que le malade a cessé toute relation conjugale depuis un mois. 1
Le malade n’éprouve aucune difficulté à uriner. 1 ca
L’urètre est libre.
Les urines ne contiennent nt sucre n1 albumine.
Pas de blennorragie antérieure, Pas de syphilis.
Par la pression qui n’est nullement douloureuse, on sent une tumeur dure, allongée, partant du gland et se terminant en pointe à 2 centimètres de la racine de la verge. Elle siège très
‘nettement dans les corps caverneux. R Le malade est soumis à un traitement par l’iodure de potas-
sium qui ne donne aucun résultat, :
Observation XXV .
: h Communiquée par le D' Lavenant.
Induration des corps caverneux.
. Origine probablement blennorragique.
Ver... François, 38 ans.
Vient à l’hôpital Lariboisière, le 16 mai 1905.
Ce malade a eu, il y a quatre mois,une blennorragie qui a duré plus d’un mois. |
Depuis il souffre et il est gêné pendant les érections et il a constaté l'apparition d’une induration sur la partie supérieure
- de la verge.
A l’examen on note que les deux corps caverneux sont durs
| ARS dans leur ensemble et présentent par places de petits noyaux comparables à des phlébolithes.
Le malade n’est nullement gêné pour uriner.
L'’urètre est libre.
Les urines claires ne renferment ni sucre ni albumine.
Pas de traitement indiqué.
Observation XXVI due à l’obligeance du D*' R. Le Für.
Induration plastique des corps caverneux, d'origine indéterminée. Blennorragies antérieures.
Electrolyse circulaire. Guérison.
D. 38 ans.
À eu autrefois plusieurs blennorragies non compliquées, parfaitement guéries depuis quelques années.
Pas de syphilis. Tendance à l’artério-sclérose.
Depuis huit mois, le malade se plaint de difficultés à pratiquer le coït, et de douleurs pendant l’érection et l’éjaculation. Pendant l'érection la verge est déviée en haut et à gauche.
Depuis le début de l’affection les douleurs se sont accentuées progressivement ; elles sont devenues intolérables pendant l’érection et le malade dit avoir été obligé de renoncer complètement à la pratique du coït, et il se plaint amèremeut de cette privation.
Un état neurasthénique prononcé est venu se greffer sur cette affection locale et la compliquer sérieusement.
Au premier examen, on constate l’existence d’un noyau dur, gros comme un gros pois, siégeant sur la face dorsale de la verge,
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un peu en avant de la racine des bourses. Partant de ce noyau, on sent très nettement une induration au niveaü du corps caverneux gauche qui se continue presque jusqu’au gland.
Pas de goutte urétrale.
Urines claires sans filament.
Urètre légèrement rétréci dans son ensemble, mais laissant encore passer facilement un explorateur n° 20.
Prostate peu augmentée de volume, mais un peu dure,
Quand le malade entre en érection, la verge se dévie en haut et à gauche, présentant donc une courbure à concavité supérieure et latérale gauche.
Les douleurs ont leur maximum d’acuité et s’irradient vers le gland.
Trailement. — M. Le Für fait d’abord une série de dilatations avec les béainiqués, jusqu’au n° 56; en même temps massage des indurations sur béniqué.
Il n’en résulte aucune amélioration.
M. Le Für pratique alors l’électrolyse circulaire sur béniqué Chaque séance a lieu tous les cinq jours. Elle dure de huit à dix minutes environ, comporte une intensité de courant de 7 à 10 milliampères. On emploie successivement les béniqués du n° 50 au n° 60. Le béniqué étant relié au pôle négatif, le pôle positif est dans les premières séances placé sur le ventre. Dans les séances suivantes le pôle positif est appliqué sur un manchon d’ouate hydrophile humide qui entoure la verge. *
Dès la première séance, le malade se sent soulagé. Il a eu la nuit suivante une érection beaucoup moins douloureuse.
Au bout de dix Jours, c’est-à-dire après la deuxième séance, le coït est devenu possible et indolore, mais la déviation de la
verge persiste.
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Après six semaines de traitement tous les symptômes ont disparu ; l'érection n’est plus gênée, l’éjaculation n’est plus douloureuse ; la déviation de la verge a disparu.
On sentait d’ailleurs très nettement pendant les premières séances, sous l'influence du courant électrique, l’induration du | noyau dorsal et du corps caverneux gauche diminuer, et la verge devenir souple ; après la troisième séance, on sentait encore très légèrement le noyau dorsal, mais l’induration diffuse du corps caverneux avait complètement disparu.
Le malade après dix séances était parfaitement guéri.
Cette guérison complète s’est maintenue depuis trois ans,