‹ Les industries chimiques et pharmaceutiquesChapitre 114 sur 160 · CH«CH = CH« CH = GH - CH · texte numérisé non relu

CH«CH = CH« CH = GH - CH

safrol. isoaafrol.

Cet isomère du safrol sert à la préparation de l'héliotropine.

Au nombre des éthers de phénols qui ont reçu des applications en parfumerie , nous devons encore mentionner :

L'éther méthyliqae du j8 naphtol, ou yara-yara ou neroline qu'on obtient en chauffant du naphtol sodé avec de l'iodure de méthyle.

Purifié par cristallisation, cet éther se présente sous la forme de feuillets fusibles à 70-79 degrés.

H possède une odeur très forte et pénétrante n'ayant qu'une ressemblance très éloignée* avec celle de l'essence de néroli.

Étber dthylique du )3 naphtol. — Cet éther, qui se rapproche conune odeur du dérivé méthylique, se prépare dans des conditions semblables.

Il cristallise au sein de l'alcool en lames nacrées fondant à 36-37 ^^g^^s et bouillant à 37/1-975 degrés.

Comme son homologue inférieur, il sert à parfumer des savons de toilette communs.

CSOMBINAISONS AZOTÉES. — Ce n'est que depuis quelques 'années qu'on a réussi à isoler des parfums naturels des combinaisons azotées qui, par leur association avec d'autres principes, contribuent à cette sorte de bouquet d'odeurs que nous présentent toujours les produits tirés du règne végétal ou du règne animd.

Si Tanthranilate et le méthylanthranilate de méthyle ne possèdent pas à l'état pur et concentré une odeur attrayante , si d'autre part l'indol et le scatol ont même une odeur franchement désagréable, il n'en est pas moins vrai que leur présence, en quantité infiniment petite, dans certains produits odoriférants, comme les essences de néroli, de mandarine, de jasmin et la civette, confère à ces produits un caractère particulier, un cachet spécial.

Nous pouvons en dire autant des composés définis auxquels on a donné le nom de camuses artificiels?), bien que chimiquement parlant ils n'aient aucun rapport avec les principes qui sont contenus dans le musc naturel. Ces composés nitrés ont, en effet, à l'état pur et concentré , une odeur tellement pénétrante et persistante que sous cet état ils sont rien moins qu'agréables. Leur emploi dans la parfiomerie , où ils forment le fond de beaucoup d'articles courants et ordinaires, est cependant très répandu et très justifié.

Anthranilata de méthyle ou orthoamidobenzoate de méthyle :

OCOOCH»

Cet éther a été trouvé dans l'essence de néroli d'abord par M. Walbaum, de la maison Schimmel^^^, puis par MM. E.-H. Erdmann^^^ M. Hesse ^^\ chimiste de la maison Heine, l'a isolé plus tard des produits contenus dans l'essence de jasmin.

Ce corps s'obtient artificiellement en saturant d'acide chlorhydrique une solution d'acide orthoamidobenzoïque dans l'alcol méthylique, chauffant au réfrigérant ascendant pendant une heure, évaporant, décomposant le chlorhydrate par du carbonate de soude et reprenant par l'éther.

(1) Bulletin Sehimmel, avril 1899, p. 33. — t» Rer. deut. chetn. Gei,, t. XXXK, p. ii9i3. — <»> Ber. âeut, (kem. Ge$.f t. XXXIl, p. 9612.

La solution éth<5rée, après avoir été desséchée, est évaporée et le résidu est distillée dans le vide.

L'antfaranilate de méthyle est blanc et cristallisé, quand il vient d'être préparée, mais prend une coloration rougeâtre avec le temps. Il cristallise en grosses tables fondant à ai** 5, et distille à 1 37 degrés sous 1 1 millimètres. En raison de sa fonction basique, il se dissout facilement dans les acides.

Il est également soluble dans l'alcool et dans l'éther. La solution éthérée, qui manifeste une fluorescence bleue , traitée par de l'acide chlorhydrique gazeux l'abandonne sous la forme d'un chlorhydrate fusible à 1 78 degrés.

BSôthylanthranilate ou méthylorthoamidobenzoate de méthyle.

OCOOCH»

AzHCH»

Trouvé par les chimistes de la maison Schimmel et C"*, dans l'essence de mandarine, oîi il existe en même temps que de petites quantités de l'inalool, de terpinéol, d'aldéhydes nonylique et décylique , du dipentène, le tout dissout dans le limonène droit, cet éther peut être préparé artificiellement en employant la même méthode que celle qui sert à faire l'anthranilate.

Quand il est pur, ce composé distille à i 3o degrés, sous une pression de 1 s millimètres, et se prend par refroidissement en une masse solide fondant à 20 degrés et de densité 1.1 qo à i5 degrés.

IndoL

Depuis que ce composé a été trouvé dans l'essence de jasmin par M. Hesse , l'industrie a essayé de le reproduire artificiellement, bien que son emploi soit nécessairement limité , par suite de l'odeur désagréable qu'il possède.

Le moyen le plus économique pour l'obtenir semble être la distillation sèche d'un mélange' d'indigotine pure et de poussière de zinc.

Il se présente sous la forme de feuilles blanches fondant à 5 9 degrés et bouillant à 9 45 degrés.

Musc artificiel. — Avant la découverte du premier dérivé nitré qu'on a qualifié de « musc artificiel » , un grand nombre de chimistes , et en particulier ceux qui ont eu l'occasion de traiter des carbures aromatiques ou des composés terpéniques par de l'acide azotique, ont constaté que souvent les produits nitrés qu'ils obtenaient ainsi jouissaient d'une odeur rappelant celle du musc naturel. Un certain nombre de ces produits, de constitution inconnue, il est vrai, et en particulier ceux qu'on obtient en soumettant différents terpènes ou certaines résines à l'action de l'acide azotique , étaient depuis long-

temps usités en parfumerie. Mais l'usage ne s*en est réellement implanté qu à la suite de l'introduction sur le marché d'un produit défini, le trinitropseudobulyltoluène, dû à M. Bauer, qui, en 1 888, prit un brevet allemand pour un procédé de fabrication de ce composé, auquel il donna le nom de «musc artificiel».

La cherté de ce produit, son rendement extraordinaire en parfumerie, n'ont pas manqué de lui suscitor des concurrents. Aussi, à l'heure actuelle, le nombre des muscs artificiels est considérable, et rien ne s'oppose à ce qu'il augmente encore.

Le premier en date, celui de M. Bauer, s'obtient en partant du toluène qu'on soumet à l'action du chlorure ou du bromure d'isobutyle en présence du chlorure d'aluminium. On obtient de la sorte, non pas de l'isobutyltoluène i.3 , mais le composé

CH

'c^CH»

CH'-^CCl, chlorure de triméthylcarbinol.

le chlorure d'isobutyle Qjja^CH.CH^Cl se transformant , dans le cours de la réaction , en

CHK.

Ce carbure , qui passe à la distillation au-dessus de 170 degrés, est ensuite traité par une partie d'acide azotique de densité i.5 et deux parties d'acide sulfurique fumant à i5 p. 100 d'anhydride. Après lavage et cristallisation dans l'alcool, on obtient des cristaux jaunâtres, à odeur très prononcée de musc, et fondant à 96-97 degrés.

L'auteur attribue à ce corps la formule

CH

AzO»

et lui donne le nom de trinitropseudobulyltoluène.

A côté de ce produit, il existe toute une série d'autres dérivés nitrés à odeur de

musc, qu'on obtient en partant des carbures C®H*<^j^, ou C^H^^RS où R représente

un des radicaux C^H'', C*H^, C*H^^ ou bien de carbures plus compliqués, comme, par exemple , le butylhydrindène , qu'on soumet à l'action de l'acide azotique.

Certains éthers phénoliques, comme l'éther méthylique du pseudobutylcrésylol , fournissent également des produits à odeur de musc quand on les traite par de l'acide azotique.

Il en est de même de quelques cétones (pseudobutyltolylcétone et pseudobutylxylylcétone), de l'aldéhyde pseudobutyltoluique , du cyanopseudobutyltoluène , du cyanopseudobutylxylène, de la pseudobutyltolylazimide, etc., qui tous donnent naissance à des combinaisons di ou trinitrées, à odeur très prononcée de musc, quand on les nitre dans des conditions convenables.

Nous n'insistons pas sur ces différents composés, qui ont figuré à TExposition dans la vitrine de la maison de Laire et C*, et dont la préparation et la description sont données tout au long dans le précieux petit traité les Parfums artificiels, de M. Gharabot, auquel nous renvoyons le lecteur.

Bien entendu, ces produits ne se trouvent pas tous dans le commerce, les fabricants se bornant à préparer ceux qui offrent le plus grand rendement comme parfum et dont la production est la plus économique.

Il en est ainsi des trinitropseudobutyltoluène et trinitropseudobutylxylène (muscs Baur) et des dinitrobutyltolyl et dinitrobutylxylylcétones (muscs Mallmann).

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