NICARAGUA
II n'est pas sans intérêt pour nos fabricants d'extraits de bois tinctoriaux de connaître les tentatives qui se font, sur les lieux de production de ces bois, en vue de leur traitement su? place, des matières utilisables qu'ils renferment. 11 est évident que si les extraits qu'on obtient sont fabriqués dans de bonnes conditions et possèdent les qualités requises par les consommateurs, ils peuvent faire une concurrence redoutable aux produits fabriqués en Europe.
FADmcA DE Eàtràctos DE Sànta Terbsa, b Leou.
Gréée en i883 par M. E. Chesnây, de Paris, cette &brique, après la mort de son fondateur, fui acquise par an groupe d'étrangers, composé en majorité de Français.
Le capital de la nouveUe société est de s5o,ooo francs , divisé en actions de 5oo francs.
La contenance des terrains appartenant h la société est de 67 5 hectares. Sur ces 676 hectares, 90 hectares sont réservés en pâturages, à des dépôts de bois et renferment une entreprise de briqueterie et de tuilerie.
Les 485 hectares restant sont destinés aux coupes de bois à brûler, dont la fabrique consomme annuellement 3,ooo stères.
L'exploitation comporte une usine à deux étages, comptant 53 mètres de longueur sur ûj mètres de largeur; divers ateliers de menuiserie, d'emballage, de réparation: des magasins, des maisons d'habitation pour les directeiu*s, des maisons d'oavriers, etc. L'usine est reliée par 5 kilomètres de routes carrossables h la station de chemin de fer de la Paz, sur la ligne qui mène de Massagua, capitale du pays, au port de Corinto, sur le Pacifique.
Le matériel a été presque entièrement importé de France et comprend :
Deux machines à vapeur de 35 et i5 chevaux de force, qui sont alimentées par & chaudières de Co et 65 mètres de surface de chauffe avec appareils pour brûler les sciures;
Une scierie verticale avec chariot et rails pour scier 5 mètres de longueur sur 1 mètre de hauteur :
Une scie circulante, une coupeuse, douze cuves à décolorer et à jus pouvant contenir de 3o à 90 hectolitres chaque, trois appareils à évaporer et accessoires tout en cuivre rouge, quatre pompes, pulsomètre et élévateur, un pont-bascule, une petite chaudière portative de & chevaux de force, deux r^rvoirs en tôle gdvanisée de 80 hectolitres chacun , etc.
Le pei*sonneI est composé de &o ouvriers partagés en équipes de jour et de nuit. La fabrique occupe , en outre , au dehors , comme charretiers pour les transports et dans lès coupes de bois conmie bûcherons, de 3o à ko ouvriers.
Production, — La production annuelle de l'usine est d'environ 3,ooo caisses; chaque caisse contenant de 60 à 63 kilogrammes d'extrait sec, 6e qui équivaut à environ 180 tonnes par an.
Cette production est obtenue par le traitement de près de 6,000 kilogrammes de bois de teinture par jour.
Actuellement, la fabrique s'est spécialisée sur l'exti^ail de bois jaune dit Cuba, mais elle travaille (paiement le bois rouge (Brazd), le campéche et les bois tannants.
L'exposition de cette maison comprenait des spécimens de bois de teinture à l'état brut, des échantillons de bois travaillé et des échantillons d'extraits secs de bois jaune Cuba , de Brasit , de fustet et de campéche.
RUSSIE
Le marché de la Russie n est pas sans importance pour les matières colorantes artiiicielles et les extraits tinctoriaux. Les meilleurs clients sont les teintureries, les manufactures d'impression qui par leur étendue et aussi par la variété des artioles qu'elles produisent rivalisent avec les fabriques les plus renommées de l'Occident. La belle exposition qu'ils ont fait à la section russe et la prospérité de leurs affaires en sont la preuve. Hàtons-aous d'ajouter que la plupart de ces manufactures ont été fondées par des industriels de Mulhouse et qu'elles ont sans cesse été dirigées , jusque dans ces dernières aimées, par des chimistes et des techniciens élevés à l'école des Steinbach, des koechlin, des Hubner, etc., de la grande cité industrielle de la Haute-Alsace.
Les matières colorantes artificielles qui sont nécessaires à ces différentes industries, proviennent presque toutes soit directement des usines allemandes, soit de leurs succursales étabhes en Russie (^). Quand le prix du produit le comporte, on le tire de la maison-mère. Il en est ainsi de l'indigo artificiel, des couleurs de l'anthracène, alizarine (>l autres, et de ceitains. colorants phénoliques et amidés. Lorsqu'il y a intérêt et possibilité de fabriquer dans la succursale, on exporte les matières premières ou les produits intermédiaires et on effectue la préparation finale sur place. C'est ainsi que l'on produit quelques coulem'5 parmi lesquelles ce sont les azoïques qui dominent.
Grâce à ses nombreux gisements de pétrole et partant à ses résidus de naphte dont on peut, parait-il, retirer actuellement par distillation sèche, jusqu'à i5 p. loo de benzine, sans compter le toluène, la naphtaline et l'anthracène, grâce aussi au désir (|u ont les industriels russes de s'affranchir de l'Allemagne pour les colorants, il est ([uestion de monter à Kineschma une usine destinée d'abord à traiter les résidus de naphte en vue de l'obtention des matières premières, usine sur laquelle devra s'en greffer une autre dont le but serait la fabrication des matières colorantes.
Les usines allemandes qui ont des filiales en Russie , sont : La Badische Anilin und Soda Fabrik ; Aclion-Gesellschaft fur Anilin-fabrikation ; Farbwerke vorm. Meister Lucius et Rruning ; Farbenfabriken vorm. Fried. Rayer ; Léopold Cassella et C^
Parmi les maisons russes qui ont exposé des colorants, nous devons citer :
MM. Bremmé frères, à Saint-Pétersbourg.
Ont montré quelques échantillons de matières colorantes azoïques, b côté de différents spécimens de cooleiirs minérales, de laques et d'essences de fruits.
^* D'après M. Wichelhaiu, il y aurait eu Russie i5 usines de rnalièrcs coloraulcs, qui sont la plupart des iîliales allemaodes.
Quant aux extraits de bois de teinture, la plupart sont fabriqués sur place par des établissements fort importants qui tous deux dépendent de maisons françaises :
M. DuBosc (E.), à Muhlgraben-Riga.
C'est une succursale de la grande maison qui a son siège au Havre.
MM. KuENEMANN, Bavdbt ET C'% à Saint-Pétersbourg.
A également exposé ses produits consistant en de très beaux spécimens d'extraits de bois et de végétaux de teinture. Cette maison n'est d'ailleurs qu'une succursale de l'établissement des héritiers de Charles Meissonier, à Saint-Denis.
APERÇU SUR LES PROGRES REALISES DANS L'INDUSTRIE DES MATIÈRES COLORANTES ARTIFICIELLES