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I. MATIÈRES PREMIÈRES

Dans l'industrie des colorants, les matières premières jouent un rôle capital aussi bien au point de vue des découvertes qu'au point de vue des fabrications.

En ce qui concerne les découvertes, nous aurons l'occasion de voir tout à l'heure que le nombre de réactions fondamentales, génératrices de matières colorantes, est relativement peu élevé; mais comme, en revanche, ces réactions sont très générales parce qu'elles reposent uniquement sur le caractère fonctionnel des substances employées, ces réactions s'appliqueront presque à coup sûr à toute substance qui possédera l'une des fonctions requises comme, par exemple, la fonction aminé, la fonction phénol, la fonction aldéhyde ou cétonique, la fonction aminé tertiaire, etc. Il s'ensuit que la découverte d'une nouvelle matière première possédant une de ces fonctions permettra d'obtenir, presque à coup sûr et d'une façon mécanique, dos colorants nouveaux qui conserveront évidemment la trace des propriétés particulières que présentait, outre sa fonction fondamentale, la matière première mise en œuvre et qui, dans bien des cas, devront leur intérêt à ces particularités. C'est ainsi par exemple que la découverte de toute nouvelle aldéhyde aromatique entraîne la découverte de toute une série de colorants nouveaux, mais que de plus celles de ces aldéhydes qui sont orthosulfonées donnent des colorants qui, comme on le verra plus loin, ont un intérêt tout particulier* En raison de ce caractère spécial , l'industrie des colorants offre de multiples exemples des résultats heureux obtenus avec une seule matière première nouvelle et cela justifie l'intérêt qui s'attache à leur recherche.

Au point de vue des fabrications, comme les colorants dérivent des composés aro* matiques substitués et que ces substances présentent des cas très nombreux d'isoméries, la recherche, la séparation et l'utilisation de ces isomères devient une question capitale souvent très difficile à résoudre, compliquée qu'elle est encore par l'importance évidente et fondamentale des rendements.

Le plus grand nombre des brevets pris depuis 1889 ^^* relatif à l'obtention de nouveaux dérivés amidés ou hydroxylés de la naphtaline présentant en outre des substitutions telles que AzO\ SO^H, CO^H, et on sait que c'est là une mine très riche; mais h côté des progrès réalisés dans cette voie et rendus apparents par le nombre des brevets , il convient encore de citer les perfectionnements journaliers apportés aux fabrications anciennes et qui, plus difficiles à saisir dans leurs détails, n'en sont pas moins très appréciables dans leur ensemble par l'abaissement global du prix des colorants livrés par les usines.

Comme produits nouveaux, nous citerons :

Trois naphtylamines monosulfonëes, douze disulfonées , douze trisiilfone^es et trois lëlrasiilfones , surtout intéressantes comme produits intermédiaires de la préparation des dérivés amidohy-droxylés sulfonés (par fusion alcaline) ; trois naphtols monosulfonés et luiit naphtols disulfonés

dont on a, dans la plupart des cas, fixé la constitution, malgré les difficultés bien

connues de ces recherches surtout lorsque ie nombre de ces substitutions devient un |)eu élevé.

Six oxynaphtalines (naphtols) trisulfonées, une oxynaphtaline (napbtol) tétrasalfonëe, deux diamidonaphtalines, douze diamidonaphtalinesmonosulfonëes, sept diamidonaphtriines disulfonées et une diamidonaphtdine trisulfonëe, de m^me aussi deux dioxynaphtalines, quatorze dioxynaphlalines monosulfonées , onze dioxynaphtalines disuifonées.

Parmi ces derniers corps, il faut mentionner spécialement la dioxynaphtaline sulfonée 1 .8.4 ou dioxynaphtaline S ; et surtout l'acide chromotropique , qui a la formule suivante , remarquable par sa symétrie,

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