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acid picriqi
alizari rlificic
1res . .
Extraits \
bois de teinture f et d'autres /
espèces 1 ® tinctoriales /
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Teintures (
dérivées 1
du goudron <
de J
houille f
concerne les quantités fournies à l'étranger. II est vrai que pour les extraits de bois de teinture, si les exportations ont sans cesse augmenté, les prix ont suivi une marche inverse.
Si nous ajoutons à cela que plusieurs de nos maisons les plus importantes se font concurrence à elles-mêmes en fondant des établissements à l'étranger, nous ne pouvons être que satisfaits de la situation de leur industrie.
Quant aux matières colorantes dérivées du goudron de houille, importations et exportations ont graduellement augmenté, les dernières moins que les premières, si Ton considère les quantités en poids, car la valeur globale reste à peu près la même. C'est là une preuve manifeste de la diminution constante que subissent les prix des matières colorantes artificielles. (Voir les tableaux des pages 4o9,4ioet4ii.)
Parmi les maisons françaises qui ont exposé, nous citerons :
MM. CoEZ, Langlois et 0% rue Dumdoff, i s i à 1 35 , au Havre.
Cette maison, très favorablement connues pour ses divers extraits tinctoriaux, a montré une série
d*extrait8 liquides, mous, secs et en poudre de bois tinctoriaux les plus variés, ainsi que des tannins |
et des laques. Parmi ses spécialités nous citerons ses noirs directs sur laine seule, sur coton seul et sur |
tissus laine et coton. I
M. Dubosc[Ebnest), rue Jules-Lecesne, i6, au Havre.
Fondée en i86i, par M. E. Dubosg, cette maison est la plus importante parmi celles qui s'occupent des extraits tinctoriaux, non seulement sur le continent, mais encore dans le monde entier.
A répoque de la création des usines du Havre, l'Amérique importait l'extrait de campêche, marque Sanford. Actudlement, grâce aux nombreux perfectionnements apportés à l'outillage, M. E. Dubosc est en mesure de lutter avec les producteurs américains et exporte ses extraits aux États-Unis.
Le prix de l'extrait de campAche, de saS à q5o francs les loo kilogrammes qu'il était en i86i , n'est plus que de 90 francs les 100 kilogrammes.
Pour la fabrication de ses divers extraits, M. Dubosc emploie, tant au Havre que dans son usine de Miîblgraben-Riga, en Russie, environ 78,000 tonnes de bois tinctoriaux qui, tous, sont importés au Havre. Outre cette extension croissante donnée à la fabrication de ses extraits tinctoriaux , M. Ë.^Dubo9C , frappé des difficultés que rencontrait la tannerie française de se procurer du tan ou écorce de chêne pour lutter avec avantage contre la concurrence étrangère, comprit l'importance qu'il y aurait à trouver un nouveau produit assez riche en tannin et d'un prix assez bas pour être employé concurrement avec le tan, sinon pour le remplacer entièrement. Après de nombreuses recherches et divers essais, il découvrit les propriétés remarquables du bois de Quebracho Colorado, originaire de laPlata, et, en iSyS, il prit un brevet pour l'application nouvelle de ce produit à la teinture et à la tannerie.
Il a donc, le premier, aussi bien en Europe que dans les autres parties du monde, importé ce bois et, pendant plusieurs années, il a lutté avec énergie pour en propager l'emploi.
Le bois de quebracho renferme en moyenne de 18 k ai p. 100 de tannin pur.
Il a été paiement reconnu à ce bois des qualités remarquables , comme désincrustant, et nos grandes compagnies de chemins de fer l'emploient couramment.
Ce bois, connu scientifiquement avant 187a , mais n'ayant jamais été employé en Europe, ni même à Buenos- Ayres, est aujourd'hui l'objet d'un trafic très important.
En effet, les importations, qui étaient nulles en 1878 , sont maintenant pour ie Havre, de 3o,ooo à 35,000 tonnes par aa , dont la majeure partie est traitée par M. Dubosc.
Les importations pour le reste de l'Europe dépassent ie chiffre énorme de 190,000 tonnes. M. E. Dabosc possède deux usines ; la première est située à Graviile (Havre) , près le canal d'Harfleur et le chemin de fer.
Elle coavre une superficie de 85,ooo mètres carrés, triture annuellement 5o,ooo tonnes de bois, et produit pour environ 8,000,000 de francs d'extraits par an.
ËSe possède ik générateurs tubidaires d'un système spécial, formant une surface de chauffe de â,3oo mètres carrés et une force motrice de i,5oo chevaux, développa par ai machines à vapeur. Le persoDiiel se compose de 35 o employés et ouvriers.
U existe une Société de secours mutuels pour la maladie, entre tous les ouvriers, lesquels sont, eu plus, couverts contre tous les accidents par une assurance aux frais de M. E. Dubosc. L'établissement est relié au chemin de fer de TOuest par un embranchement. La seconde usine, fondée en 1 884 , est située à Miihlgraben-Riga en Russie; et comme elle a été construite loogtemps après celle du Havre, on peut la considérer comme l'usine-type du genre, car tous les perfectionnements possibles y ont été apportés.
On y trouve 5 générateiurs tobnlaires donnant une surface de chauffe de 950 mètres carr&, et une force motrice de 55o chevaux.
E&e peut triturer 85,ooo kilogrammes de bois par jour avec un personnel de i5o ouvriers. De vastes chantiers permettent de constituer un stock de i5,ooo à 18,000 tonnes, nécessaire pour passer les longs mois d'hiver pendant lesquels la navigation est interrompue.
Par tout ce qui précède, on voit que la maison E. Dubosc est une maison de tout premier ordre , et par l'initiative qu die a prise, et par la ténacité et l'intelligence avec laquelle die a poursuivi son but, et par le succès qu'elle a remporté. EUe a puissamment contribué au bon renom de l'industrie des extraits et grâce à ses nombreuses importations de bois, die a ajouté à l'importance cpi'è prise le port du Havre.
Les produits qu'dle a exposés sont assez nombreux. Nous ne citerons que les extraits secs et liquides de bois de campéche, bois jaune, bois rouge, quebracho, quercitron, châtaigner, sumac, dividivi, myrobolam, graine de Perse, épine-vinette.
A cAté de ces produits nous devons signder de beaux spécimens de morine , de quercétine , de flavine , bréfflline, etc.
Mais notre attention a été tout particulièrement attirée par une nouvelle matière préparée dans les laboratoires et usines de M. Dubosc; nous voulons parler de la ehrysokématme.
La ooncurroioe que font aux extraits les matières colorantes artificidies, a déterminé M. Dubosc à rechercher s'il ne serait pas possible d'augmenter le pouvoir colorant des extraits de campéche.
Jusqu'à ce jour on ne livrait au commerce qu'un extrait de campéche composé , sans proportions dé6nies, d'hématbxyline et d'hématéine. Or, ces deux produits n'ont pas la même valeur tinctoriale, l'hématoxyline ne donne qu'un colorant faible , et c'est en l'oxydant que l'on obtient l'hématéine qui est le principe colorant même du campéche.
M. E. Dubosc a réussi à transformer toute l'hématoxyline du bois de campéche en hématéine , h l'aide d'une oxydation rationnelle , et a donné à son produit le nom de ehrygohimatine.
Cette matière a un pouvoir colorant de &o p. 1 00 supérieur aux meilleurs extraits de campéche connus jusqu'alors, et permet d'obtenir de belles nuances fraîches et brillantes recherchées dans la teinture en noir et en gris de la soie, de la laine, des fourrures et des cuirs.
La maison livre cette chrysohématéine sous forme d'extraits pâteux , d'extraits secs et d'extraits réduits en poudre.
C'est de l'hématéine presque chimiquement pure ; un ou deux lavages suffisent pour obtenir de Thëmatéine cristallisée, mais sous cette forme, ce produit a l'inconvénient d'être moins soluble.
M. FicuoT'Landrin[L.)^ me Monlorgueil, i5,à Paris.
Foadëe en 1 85o , par M. Breton , cette maison s^occupe surtout des couleurs vitales à Tusag^ des pâtissiers, des confiseurs, des cuisiniers, glaciers , etc. , et des conserves de jus de fruits purs, pour glaces et sirops. Parmi ses couleurs nous citerons les ff carmins Breton t» , du nom du fondaleui* de la maison, qui sont d'une innocuité parfaite, ainsi qu'en fait foi un rapport officiel du D' Chevalier, du 10 octobi*e i86o. Leurs teintes principales sont : le carmin, le jaune, le vert, Torange, le bleu, le violet, le brun et la couleur cafë.
M""' VBUVB GoNDOLO [Pavl)^ Pfairie-au-Duc , à Nantes (Loire-Inférieure).
Importante maison qui s'occupe de fabrication d'extraits de chêne, de châtaigniers et, en gëuëral, de tannins servant au tannage des peaux.
Les usines de M"* veuve Paul Gondolo ne Iraitentjourneilement pas moins de 3 5o tonnes d'ëcorces et de bois , en vue de la fabrication de ces extraits. Les bois de chêne et de chàtaigner qui servent à cet effet sont d'origine continentale, tandis que le sumac et le quebracho sont importes d'Amérique.
Pour clarifier ses extraits, la maison Gondolo les soumet h un traitement préalable avant de les évaporer dans le vide. Le procédé qu'elle emploie est prot^ par un brevet et consiste à faire bouillir les décoctions de bois avec de l'albumine du sang, qui, en se coagulant, entraine les impuretés et se précipite.
Quant au ligneux qui reste comme résidu de l'extraction , il est comprimé sous la forme de briquettes , séché et soumis à distillation sèche en vase clos. On obtient aussi de l'alcool méthylique , de l'acide acétique et tous les autres produits qui se forment par calcination du bois.
M. HuiLLARD [Alphonse) et C\ rue du Gomnotandant-Rivière, à Suresnes (Seine).
Bien que, pour des raisons commerciales, les trois usines que possède la maison A. Hdillard et C'% fonctionnent sous des noms différents, leur direction, tant au point de vue commercial qu'au poiut de vue industriel, est centrdisée à Suresnes.
La première de ces usines, installée à Suresnes, en 1870, par M. P. Gondolo, devient Sordes, Huiilard et G**, en 1881 et A. Huillard, en 1890.
Une autre, établie au Havre en 187a , sous le nom de Sapiétra, existe actuellement sous le nom de Jules Siegfi*ied fils et G".
Enfin, la troisième usine a été fondée en 189a, à Saint-Denis-des-Murs (Haute- Vienne), sous le nom de Huillard et G'*.
Les usines de Suresnes et du Havre ont pour objet principal la fabrication des extraits de bois de teinture (campéche, bois jaune, bois rouge, etc.).
L'établissement de Saint-Denis-des-Murs a pour seul objectif de fournir aux industries du cuir les extraits de chêne et de chàtaigner. Son emplacement au cœur de la France ne lui permettant pas de traiter d'autres matières tannantes que les bois du pays, c'est au Havre et à Suresnes que sont produits les extraits de tannins exotiques (quebracho, sumac, myrobolam, etc.) qui sont employés soit par les tanneries et m^isseries, soit par les maisons de teinture.
La maison possède un certain nombre de procédés à elle, qui sont prot^és par des brevets. 11 en est ainsi d'un nouvel appareil à concentrer les liquides (brevet du Qâ novembre 1898), d'un nouveau procédé pour la décoloration des extraits tanniques (brevet du i5 décembre 1890), et enfin d'un nouveau dispositif de dessication.
Les superficies occupées dans les usines, tant par les bâtiments industriels que par les dépôts de
bois, représentent, au total, 73,000 mètres carres. Elles traitent, annuellement, prèsde 5 0,000 tonnes (le bois, travail qui nécessite a^ooo chevaux vapeur.
Les produits fabriqués représentent un poids annud de i&,5oo tonnes, et le chiffre d*affaires total s'élève à 6,000,000 de francs, sur lequel la vente, en France, représente &, 000, 000 de francs et la vente èTétranger 3,000,000 de francs, dont 1,000,000 pour TAllemagne.
La maison possède une succursale à Leipzig , ayant dans ses attributions la gérance de nombreuses agences, le plus souvent avec dépôts, tant en Allemagne qu'en Autriche et dans les pays du Nord ;
Des agences^épAts dans les principales villes d'Angleterre , d'Ecosse et d'Iriande ;
Un consignataire général pour la Belgique , etc. . . .
L'exposition de la maison Huillard comprenait des échantillons choisis de toute la .série d'extraits liquides, secs et pailletés de campéche, de bois rouge, de graine de Perse, de quercitron, de fustet, (le sumac, d*épine-vinette, etc. Tous les produits pailletés ont été obtenus par le procédé de dessîcatîon rationnelle, breveté par la maison.
Outre ces extraits, MM. Huillard et C'* ont montré des noirs pour cuirs, pour coton et pour litho- }[raphie, des laques pour papiers peints et pour papiers couchés, ainsi que de très beaux échantillons de morine, d'hématoxyline, de rhamnétine, etc.. . .
M. Marqdet de Vassblot [Léon)^ rue Vieille-du-Temple, i5, à Paris.
La &brication de la maison Mabqdbt db Vassblot est très variée, et la belle qualité des produits qa'dle a exposés, permet de lui assigner une place des plus honorables à la fois dans le compartiment des codeurs et laques et dans celui des matières colorantes et extraits tinctoriaux. Les produits qui ont figuré dans sa vitrine peuvent, en effet, être classés en deux groupes : i** couleurs et extraits divers pour la teinture des étoffes et la coloration des matières alimentaires ; a** couleurs fines pour la peinture d'art et l'imprimerie, et laques pour papiers peints et papiers de fantaisie.
Parmi les produits qui appartiennent au premier groupe, nous citerons de très beaux spécimens d'extraits dorseille (violet et rouge) , d'orceOane en pâte (extrait d'orseille réduit au tiers de son volume par concentration), d'orcellane sèche (extrait d'orseille concentrée par précipitation et séché qui constitae la matière première des extraits purs Marquet , solubilisés par un procédé spécial et destinés à la coloratioa des produits alimentaires)^ d'extrait d*orseille pur A liquide (destiné à la coloration des sirops, des conserves et des confitures et monopole de la maison Marquet), d'extrait d'orseille B liquide, d'extrait d'orseille B pAte, d'extrait d'orseille BET, de carmin d'indigo, de cochenille ammoniacale, d*orcine et d*érythrite magnifiquement cristdlisés.
Les produits de la seconde cat^orie comprennent une très belle collection de bleus, verts, violets et roses de cobalt qui sont principalement employés pour l'impression des billets de la Banque de France et de la plupart des banques d'État.
Pour les bleus, on se sert à cet effet de la marque C L A , tandis que la marque C L F est plus spécialement employée par la peinture d'art.
Les verts de cobdt, quil ne faut pas confondre avec les verts dits de Rinnmann (zinc et cobalt), ^ntdes chromoaluminates de cobalt de constitution encore inconnue. Certaines banques les emploient |)our l'impression de billets spéciaux pour modifier le ton des bleus de cobalt, mais leur intérêt principal consiste dans leiu* résistance au grand feu de porcelaine. En outre des trois tons de vert exposés^ M. Marquet en prépare six autres qui constituent pour le céramiste une gamme de verts dont l'aveu- ^^ est d'aflBrmer, après la cuisson , le ton choisi au moment du décor de la pièce.
A côté des couleurs de cobalt figurait toute l'échelle des jaunes de cadmium, qui ne comprennent pas uioÎQs de cinquante nuances différentes. Ce sont des sulfures de cadmium purs obtenus par voie humide, et dont les tons sont fonction de l'état moléculaire et de la composition du sulfure.
La sërie des laques poui* papiers peints et papiers de fantaisie n-ëtait pas moins intéressante. A i'encontre de ce que nous avons observé dans beaucoup d^autres expositions et en particulier dans le pavillon des laques allemand , les produits de la maison Marquet sont des laques d'alumine et d^ëtain ne renfermant pas trace de matières colorantes artificielles qui ne résistent pas à la lumière. Font seules exception dans la série, les laques vertes qui sont constituées par un mélange de colorant jaune dérivé du bois jaune et d'un bleu dérivé du goudron de houille. Il sera facile à M. Marquet d'obtenir aussi des verts solides en substituant au bleu fugace qu'il emploie, un des bleus solides qui appartiennent au groupe de l'anthracène, soit les différentes marques de bleus d'alizarine, soit les bleus d^Indauthrène,etc.
Mbissonnibr [Les héritiers de Charles)^ boulevard d'Ornano, 44 , à Saint-Denis (Seine).
Une des plus anciennes maisons qui s'occupe de la fabrication d'extraits et de produits dncioriaux , puisque sa fondation date de 1899.
Elle était très renommée pour ses extraits de garance et sa garancine , fabrication dont elle avait le monopole pendant de longues années. Les produits qu'elle prépare actudlement ne le cèdent pas en qualité à ceux qu'elle extrayait jadis de la garance, puisque celle-ci est partout remplacée par de Talizarine artificielle.
Son exposition comprenait des extraits tanniques pour la teinture et la tannerie (sumac, dividivi, mimosa, etc.), des extraits tinctoriaux comme ceux de campéche, de bois jaunes, de bois rouges; des noirs directs à base de campéche , permettant la teinture , en un seul bain , de la laine et des mélanges coton et laine, etc.
Indépendamment de ces produits mal définis , qui ne sont que des mélanges de principes à propriétés tinctoriales et de matières extractives inertes , la maison a eu la coquetterie d'exposer un certain nombre de substances cristallisées , parfaitement définies , retirées des extraits tinctoriaux. Parmi ces substances , nous avons remarqué de très beaux spécimens d'alizarine et de purpurine naturelles, d'hématoxyline , de brésiline, de berbérine avec son chlorhydrate, de qnercétine, d'orcine, d'érythrite, d'isodulcite du quercitron, etc.
La maison possède deux usines dont l'une, très vaste, est située sur les bords de la Seine, à Saint- Denis , tandis que l'autre se trouve à SaintrPétersbourg et est connue sous la raison sociale Kuenemann , Baudet et C^', depuis la mort de M. Gh. Meissonnier.
MM. Oesinger (A.) ET C\ rue Lamartine, a 8, au Havre (Seine-Inférieure).
De toutes les maisons qui s'occupent de la fabrication des extraits de bois de teinture, celle de MM. Oesingbr bt G** est une des plus anciennes. M. François Oesinger, le trisaïeul de son chef actuel, créa en lySa, à Ottrott (Basse- Alsace), des établissements métallurgiques que la Société y exploite encore aujourd'hui. Son petit-fils, M. Gharles Oesinger, fonda en 18&6, l'usine d'extraits de bois de teinture. B fut le créateur de cetle industrie.
Après les événements de 1870-71 , la maison racheta à M. F. Langlois une usine au Havre, où ce dernier avait fondé, en 1867, une industrie similaire et quelle exploite depuis paraUèlement avec Tusiue d'Ottratt.
Les deux usines couvrent une superficie de a hectares i/4.
La production de la vapeur y est effectuée par onze générateurs qui consomment tant en charbon qu'eu bois épuisés, brûlés sur des grilles spéciales, l'équivalent de 7,000 tonnes de houille par an.
Elles disposent de cinq machines, représentant un total de 5 00 chevaux de force.
L'extraction des bois, prëalablement réduits en copeaux au moyen de sept coupeuses, est assurée par cinq batteries de diffuseurs auxquels correspondent cinq batteries d'ëvaporateurs h cuire sous le vide à double effet en cuivre et en laiton.
Les extraits liquides sont amen^ à Tëtat sec au moyen de sept chaudièi'es à cuire daus le vide , également en cuivre.
Le chiffre d'affaires atteint près de trois millions par an.
La maison Oesinger a été une des premières à monter la fabrication industrielle de Thématine , où le développement du pouvoir colorant est obtenu tout en évitant la résinification de l'extrait.
L'une des premières Clément, elle a créé les noirs réduits ou noirs directs pour lïmpression des lissas se fixant directement par le vaporisage.
L'extrait de campéche constitue l'artîcie principcd de sa fabrication et y entre pour 7/1 o environ de la production totale, puis viennent les extraits de caba, de lima, de sumac, etc.
Le personnel comprend un directem* général, deux directeurs, deux chimistes chefs, quatre contremaitres et cent-vingt ouvriers.
Chaque usine a sa caisse des malades et assurait les ouvriers contre les accidents, avant la loi actuelle.
MM. Picard [Lucien) btC% à Saint-Fons (Rhône).
Fondée en i8ai, par M. A. Peter, cette maison eût successivement pour raison sociale A. Peter et Guinoo, puis Guinon jeune et G'*; en 1861, Guinon jeune et Picard; quelques années plus tard, Gainon, Picard et Jay, et enfin, en 1899, Lucien Pigabd et C".
Au début, la maison s'occupait de la fabrication des dérivés de l'indigo, de l'orseille et de la cochenille.
En i85i, M. Guinon prépara industriellement l'acide picrique par nitration de Tacide phéuique retiré des huiles lourdes de goudix>n. Secondaire au début, cette fabrication acquit, daus la suite, uue impoi-tance considérable, par suite des applications de l'acide picrique et des picrates à la balistique. Aossi la maison s'attacha à perfectionner sans cesse ses procédés de fabrications , et lorsque l'État , ayant adopté l'emploi de l'acide picrique comme explosif de guerre, demanda à la maison de lui fournir ce produit, ceUe-ci était à mémo d'en fabriquer jusqu'à 10,000 kilogrammes par joui*. Puis, TEtat français s'étant décidé à fabriquer lui-même ce composé, ce fut M. Picard qui fut chargé d'en organiser la fabrication dans les poudreries nationales et les ateliers de Vonges, d'Esquerdes et de Saint-Ghamas.
Il y monta également, quelque temps après, la fabrication de la erésyltle ou trinitrocréêol , obtenu par nitration du crésylol , qu'il avait fait adopter par le service de l'artillerie pour suppléer h l'acide phéoiqne qui commençait à faire défaut.
Indépendamment de ces fabrications spéciales, dont il vient d'être question, la maison Lucieu Picard et G'* s'est aussi intéressée à toutes les nouveautés et, en particulier, aux matières colorantes. Elle fabrique, en effet, un assez grand nombre de couleurs artificielles dont des échantillons choisis ont figuré dans sa vitrine de l'Exposition.
Nous ne citerons que les principaux :
1* Dérivés nitrés. — Acide picrique ; acide picramique ; jaune naphlolS ; trinitronaphtaline. 9*" Dérivés azoxiques et azoîques. — Thiophosphiue J R ; thiophosphine J ; thiophosphine a R (produits substantifs pour coton, solides au chlore, à l'air et au lavage, fabriqués depuis 1891); brun bismark; chrysoïdine; bleu Java; jaune solide ; citronines R et J ; chrysoïne à l'alcool J; chrysoînes J et R ; orange II à l'alcool ; oranges I, II, J et IV; jaune métanil ; ponceaux J R, a R et 4 R; ponceau à l'alcool; poncenu de crocéîne 3 R; écarlates de crocéïne; rouges solides; ponceau pour soie; bruu de résorcine; brun solide; substitut d'oi*seiile; uoir au chrome.
Gi. XIV. — Cl. 87. — T. II. a
IlirBlllXBIK SATIQHALS,
Ce dernier uoir, dont la dëcouverie par la maison date du 3i décembre 1897, a aussi été bit^veU; , le 30 mai 1898, par la Compagnie parisienne des couleurs d'aniline de Creil (succursale des Farl>werke vormals Meister Lucius et Bruning, à Hoechst). Ce noir, qui n'est autre chose que le pixHiuil de la copulation du diazoïque de Tacide picramique avec Tacide amidonaphtol disulfonique A, teint fa laine en bain acide additionne de 1 à i/â p. 100 de bichromate de potasse en violet noir, qu'un baiu subséquent dans le bichromate transforme en noir pur.
Le sel de cuivre de ce produit (bleu céleste, brev. S. 6. D. G.) teint directement la laine, sur baiu acide, en bleu solide, à Tair et au foulon.
Parmi les colorants azoïques nous citerons encore quelques dérivés tetrazoïques des paradiamines et des toiuylène-diamines sulfoniques :
Oranges alcalins J R et q R; rouge congo; benzo-purpurine & B et 10 B; deita-purpmîne 5 B ; rouges corinthe R et B ; azoviolet ; azobleu ; benzazurine 6 ; chrysamine ; bruns alcalins ; gris directs.
La maison fabrique, en outre, des colorants azoïques dérivés de la déhydrothioparatoluidine ou de son sulfoconjugé, comme le jaune T; le jaune direct 0; razorcéine; le rouge carthame; le bnm alcdin R.
3" Indulines, — Indulines à Teau ; indulines à Talcool : nigrosine.
A"* ColoranU dérivés du Inphénylméthane. — Coralline jaune ; coralline capucine ; coralliue rouge : vert à l'aldéhyde.
5** Colorants soufrés, — 1" de la paratoluidine : primuline et ihiophosphine J; — a"* lliiocacliou J ; thiocachou J R ; thiocachou N ; thiocachou N N ; noir thiazol.
6* Produits extraits des végétaux. — Dérivés de l'indigo : indigo raffiné ; carmin d'indigo ; indigotine.
Dérivés de l'orseiUe : oi'seille en pâte ; cudbeai*d ; extrait d'orseille ; orcéine ; rouge orseille cristallisé;
Dérivés de la cochenille : carmin de la cochenille ; carmin S ; cochenille ammoniacale.
Extraits de sumac : extrait de siunac décoloré , employé pour la charge de la soie ; extrait de sumac ordinaire pour coton.
Extraits divers : extrait de campéche ; hématine ; noir réduit pour impressions ; extraits de quercitron ; extrait d'épine-viuelle ; extrait de gaudes; extrait de graines de perse.
Le chiffre annuel de la maison Lucien Picard et C'* est de i,aoo,ooo francs.
Société anonyme des matières colorantes et produits chimiques de Saint-Dems,
rue Lafayette, io5, à Paris.
De toutes les maisons françaises qui s'occupent de la fabrication des matières colorantes ai-liGcielles , les établissements Poiebier et Dâlsace sont les plus importants par le rôle d'initiateurs que, dès l'origine de cette fabrication , l'un des chefs a joué dans la production des colorants mêmes , et l'autre dans la fabrication des matières premières.
Gomme nous l'avons déjà fait remarquer dans l'aperçu que nous avons donné du développement de la fabrication des colorants ailiGciels , les noms de M. Poirrier et de ses collaborateurs scientifiques sont inséparablement liés à l'histoire des couleurs dérivées du goudron de houille car, après la mise au jour industriel de la fuchsine par Renard et Frank, c'est dans les établissements de M. Poirrier qu'ont été faites les découvertes les plus saillantes qui ont marqué l'ère de début de cette industrie. C'est à partir de cette époque, que la fabrication des matières colorantes artificielles devint une industrie autonome et se suffisant à elle-même.
Pour monti*er toute la part qui revient à la Société des matières colorantes et pi^oduits chimiques
de Saint-Denis dans révolution de celte branche de l'industrie chimique, il suffit d'ënumérer tous les brevets qui ont été pris par la société depuis Fépoque (1860) où M. Poirrier a joint h son extraction des matières colorantes végétales la fabrication des colorants arlificids.
En i865, brevet Poirrier et Bardy n"* 71970 du 16 juin 1866, pour préparation et obtention industrielle de la diméth^aniline.
L'emploi de vases clos pour Tobtention des aminés aromatiques tertiaires a été une découverte des plus finctueuses, tant au point de vue scientifique qu*au point de vue industrid. C'est die qui a rendu pratique l'exploitation du violet de Paris, découvert par M. Lauth, en 1861, découverte qui jusqu'alors n'avait pas reçu de sanction pratique iaute de matière première.
Ce procédé généralisé a permis de préparer la diéthylaniline et un grand nombre d'autres aminés substituées, ainsi que les matières colorantes qui en dérivent.
Voici comment M. Berthelot, dans son rapport sur l'industrie chimique et la méthode du vase elo$ à l'Exposition de 1 867, appréciait ce procédé.
irMM. Poirrier et Chappat ont été plus hardis, lorsqu'ils ont appliqués la méthode des vases clos à la préparation de la diméthylaniline par la réaction de Fdcool méthylique sur le chlorhydrate d'aniline. Ces premières tentatives peuvent être regardées comme le prélude des découvertes qui attendent i'indastrie chimique dans les voies nouvdles et fécondes, n
Remarquons en passant que les premiers autoclaves, qui ont servi à ces préparations, ont figuré h TexpositioD rétrospective de la dasse de l'industrie chimique.
En 1868, exploitation dans les usines Poirrier de la fuchsine découverte par Verguin et Renard, eu 1869, des bleus et des violets de rosaniline phénylée et des verts de rosaniline.
En 1873 (brevet français n" 98918), exploitation du cachou de Laval, prototype des matières culorantes sulfiu^ , et découvert par MM. Croissant et Bretonnière.
En i875>i876 (pli cacheté de M. Roussin à l'Académie des sciences), fabrication des premiers représentants de la magnifique série azoïque que venait de découvrir M. Roussin en 1876. Celte série a pris depuis lors un développement considérable et a donné à l'industrie des matières colorantes artifideHes un essor rapide et justifié ^^K En 1877-1878, exploitation de l'orangé I; orangé II; orangé IIl; orangé IV; Rocelline. Ed i883, découverte du jaune C. (jaune métanile brome) [collaboration Roussin et Rosenstiehl]. En i883 (brevet n* 1 87755), découverte des jaunes carboxylés dus à la même collaboration (azoïque d(frivée d'acide métamidobenzoïque)
En 1887 (brevet n° 18A5/19), découverte du rouge de Saint-Denis du à la collaboration Rosenstiehl et Noelting. Le rouge de Saint-Denis est un représentant de la famille des azoîques dérivés d'azoxyamines, colorants qui jouissent, comme ceux de la benzidine, de la propriété de teindre directement le coton.
En 1 889 (brevet n" 1 96605 ) , découverte des nigrisines dans les laboratoires de la Société de Saint- Denis, par son collaborateur M. Ehrmann.
Egalement cette même année; — (brevet n*" 196793), pour préparation de noir phénylène, anûdoazoîque complexe (Rosenstiehl).
En 1890 (brevet n** Qo35a7), préparation de matières colorantes bleues solubles delà classe des indaiines, invention du D" Chapuis.
En 1891 (brevet n** 211710) [Société des matières colorantes et D' Chapuis, directeiu* des laboratoires de la Société de Saint-Denis] préparation des roses de benzoyie par benzoylation des benzidines, tolidines et diazotation ultérieure.
En 1893 (brevet n" 337996), découverte de l'acide anthracène monosulfoné par le directeur des
^'^ Voir pour Phistoire des colorants azoîques : 3"* deux lettre^ de MM. Gribss et 0. Witt dans l' le rapport de M. Liurasur TExposition de 1878; ZeiUchri/ï fur Farhen und Texttel Industrie, t. I a** notre rapport sur Texposition de Chicago en 1898; (1903), p. 7.
laboratoires, M. le D' Ghapuis. Cette découverte, qui n'a pu malheureusement prendre le développement attendu en raison des conditions économiques spéciales et étrangères k la science, réalisait la préparation de |3 sulfo-anthracène pur et sa ti*ansformation en dioxyantbraquinone-alizarine.
En 1 896, extension de cette découverte et bi-evet étranger D. R. P. 7896 1 . Préparation pai* le même auteur de deux acides anthracène disuKones isomères dont la partie principale était le jB disulfo correspondant à Tanthrapurpurine.
En 1 893 , la Société des matières colorantes et produits chimiques de Saint-Denis devient acqaéreur d'un brevet français n"* 981188 (M. Vidal). Préparation de matières colorantes sulfurées dérivées de rhydroquinone.
En 189/1 (brevet français n*" a36&o5, pris au nom de la Société de Saint-Denis et Vidal). Découverte dans les laboratoires de la société de Saint-Denis des procédés industriels et réellement pratiques de préparation de matières colorantes sulfurées pour coton (voir Vidal).
En 189& (brevet français n''a397i&),Ia Société de Saint-Denis continue la série de ses découvertes dans celte même série et prend des brevets pour la préparation de substances teignant le colon sans mordants en brun, jaune brun et jaune (Thiocatéchine).
En 1895 (brevets n**' 336&o5 et 33971^ [brevets additionnels] et brevet n** sâ&585), découverte dans les laboratoires de Saint-Denis du procédé spécial pour la solubilisation des colorants des brevets n"" a36&o5 et 33971 & de 189a. |
En 189a (brevets français n" 939100), fribrication de colorants nitrosés donnant avec les sels |
métalliques des laques de nuances variées et solides analogues aux laques d'alizarine (Naphtine S.). j
En 1896 (brevets français n*"* 958354 et 358288), transformation de colorants nitro-azoïques 1
pour laine non substantifs en colorants substantifs de la série du rouge de Saint-Denis (brevet de 1 887) par condensation en solution alcaline. j
En 1897 (brevet français n" 968179), découverte dans les laboratoires de la Société de Saint- j
Denis de leuco-bases sulfonées dérivées du triphénylméthane. Cette découverte, faite dans les labora- j
toires de la société (M. Suais), est une bdie application de la suifonation concomitante d'un noyau 1
aromatique à substitution nitrée au moyen de sulfites et possédant une place libre en para par rap- |
poil à son groupe nitro. C'est également dans les laboratoires de la Société de Saint-Denis qu ont été démontrées , pour la première fois, les relations qui existaient entre la position d'un groupe sulfo en ortlio I
par rapport au carbone central de colorants du triphényl méthane et la résistance aux alcalis de ces colorants (pli cacheté déposé à la société industrielle de Rouen).
En 1897 (brevet français n* 968686), étude des colorants découverts par M. Prudhomme résultant de l'action du bisulfite de soude et de la formaldéhyde sur des colorants basiques ayant un ou plusieurs AzH' libres, et formation de colorants k fonctions acides méthylèniques , sulfoniques, etc.
En 1898 (brevet français n** 977610 [Haller et Guyot]), étude pour réalisation industrielle de composés anthraquinoniques dérivés d'acide benzylbenzôiques amidés substitués.
En 1899 (brevet français n" 999/100), étude et découverte par la Société de Saint-Denis de nouvelles matières colorantes sulfurées élargissant le domaine de 1896 par substitution au soufre comme agent de sulfuration , de combinaisons aromatiques sulfru'ées , dérivant du chlorure de soufre.
Et enfin, en la même année (brevets n°' 987518 et 986oo3), emploi également aux lieu et place de substances aromatiques simples à un seul noyau comme générateur de noirs sulfurés, de substances plus complexes à deux noyaux comme indophénol, indamine, etc.
L'exposition de la Société de Saint-Denis comprenait, au point de vue matériel, une vitrine à quatre faces semblables et semblablement aménagées, où le visiteur pouvait suivre, avec les progrès de l'industrie des matières colorantes , les difiérentes phases de cette industrie.
La première façade possédait à son centre un bloc de houille, substance génératrice par excellence des carbures aromatiques; k droite et à gauche de ce point de départ partaient des guiidandes de coupes renfermant les carbures et les produits de substitution.
Les guirlandes se continuaient par des arbres places aux extrëmitës de la façade. Ces arbres étaient à double enroulement, la partie ascendante faisant suite aux guirlandes supportaient des matières premières de plus en plus complexes, à mesure cp^dles s'éloignaient du centre pour se continuer h la partie descendante et passer ainsi aux façades voisines , en donnant naissance aux matières colorantes qui en dérivent.
C'est ainsi que» de la façade I (matières premières) , on passe à droite à la face II (colorants azoïques), et à gaucbe à la face III (colorants du triphénylméthane) et enfin face IV opposée à la face I, où étaient exposa les représentants de Timportante dasse des colorants soufrés.
Fagb I. — Matières premibres.
Par cette exposition, la Société de Saint-Denis a eu pour but de montrer Timporlance de plus on plus considérable que prennent les matières premières dans cette industrie des colorants ai*tiGciels.
On peut dire, sans conteste, que toutes les découvertes et les nouveautés dans cette branche sont le r^ultat de découvertes de matières premières nouvelles, et cp'ici, plus que partout ailleurs, les évolutions ont été parallèles.
Mais si les matières premières sont des éléments indispensables au développement de cette industrie, elles doivent pdsséder des qualité de pureté aussi parfaite que possible. Elles sont en effet des dérivés plosoa moins substitués de carbures aromatiques et, partant, presque toujours accompagnés d'isomères, sans parier des iuipui*etés inhérentes à chaque manipulation et de nature très variées.
On sait qu'à chaque isomère correspond un résultat technique différent, ce qui oblige le préparateur à sdparer avant toute transformation définitive les isomères de fabrication s'il veut arriver, d'une façon certaine, à des types de matières colorantes de nuances et de propriétés déterminées et invariables (base de toute transaction commerciale).
Les éliminations des impuretés proprement dites de natures complexes et souvent indéterminées s'imposent paiement. Une purification incomplète est toujours insuflBsante , car des restes d'impuretés ne mettent pas à l'abri de réactions parasitaires qui constituent parfois des déchets considérables.
Poor se conformer à ces nécessités, la Société de Saint-Denis fabrique elle-même ses matières pre-
DansTune de ses usines, la société traite plus particuhèrement les benzines commerciales qu'elle distille et sépare en leurs composants, benzine pure ou cristallisable, toluène, xylène, et transforme en dérives plus complexes par substitutions appropriées.
A. Dérivés nitrés et leurs termes de réduction. — Avec la benzine elle prépare l'aniline, dont la consommation a pris un développement sur lequel il est presque superflu d'insister.
Mais à côté de l'aniline, produit ultime de la réduction, on sait cpie la nitrobenzine donne par des rédnctions ménagées des termes intermédiaires très importants tels que : la |3 phénylhydroxylamine , qui transposée en milieu acide donne le para-amidophénol ; l'azoxybenzène , dont le produit de transformation, l'oxyazobenzène , est employée dans la préparation des indulines; l'azobenzène, destinée aux mêmes usages que le précédent; Tbydrazobenzène, sans importance par lui-même, mais matière première de la benzidine qui en dérive par transposition sous l'influence d'un acide, et qui est h matière première d'un grand nombre de colorants substantifs.
Avec le toluène elle prépare les nitrololuènes, les toluidines (particulièrement l'ortho et la paratoiiiidlDe) et la tolidine.
Avec la naphtaline elle obtient l'a naphty lamine , dont l'importance est si considérable dans la fabrication des matières colorantes azoïques et polyazoïques et même dans la teinture directe du coton.
B. Produits à deux substitutions azotées, — i* Avec les nitrobenzines et les nitrotoluènes elles prépare le binitrobenzol et le binitrotoluol qui par réduction totale donnent les métadiamines, corps gëDérateurs des bruns azoïques basiques.
a** Produits nitrés amidés et diamidés : Par rintroduction d'un second groupe nitro dans un noyau aromatique déjà amidë elle prépare les trois nilranilines ortho, meta et para. Cette dernière, particulièrement importante par son emploi k l'obtention sur fibre de rouge de paranitraniline (diazo de paranitraniline |S naphtol) et par son emploi à la fabrication de la paraphënylène-diamine qui en dérive par réduction totale.
A signaler, dans la série du toluène , Torthotoluidine nitrée qui sert h la préparation des colorantes dérivés d'azoxyamines et en particulier du rouge de Saint-Denis.
G. Produits amidés et sulfonés. — Les composa sulfonés conduisent en général à des colorants plus solubles, leur étude et leur préparation sont donc des plus intéressantes.
Ceux que la société prépare plus spécialement, facide parasulfanilique, fadde métasulfanilique et les toluidines sulfonées; citons également les nitrotoluènes sulfon& et surtout le paranitrotoluène orthosulfoné , matière première principale des colorants dits stilbèniques.
Dans la série de la naphtaline, la société de Saint-Denis fabrique les aminés sulfonées : le naphthionique Piria i. i; le naphthionique i. 8; et le Dabi III dérivés de Va napbtylamine, ainsi que diverses |S naphtylamines sulfonées.
D. Produits sulfonés, produits KydroxyUs, — La société de Saint-Denis applique en grand la réaction de Wurtz pour la préparation des phénok.
C*est ainsi que par fusion des phénylsulfites elle prépare le phénol synthétique , avec lacide metaphényidisulfonique la résorcine, avec le |3 naphtylsulfite le jS naphtol, produit de très grande consommation, aussi bien sous sa forme même, que sous la forme de ses dérivés sulfonés parmi lesquels il faut citer les ^ naphtols monosulfonés Schâffer et Rumpf et les jS naphtols disulfos, sel R et sel G, etc.
Les dérivés sulfonés de Va napthtol, également importants, sont obtenus en fondant avec un alcali les dérivés amidés correspondants; c'est ainsi, par exemple, que la société de Saint-Denis fabrique Va sulfo a naphtol, dérivé du naphthionique i. &.
On sait que la sulfonation en vue d'une hydroxylation ultérieure joue un rôle considérable dans la fabrication des alizarines.
Quoique la société de Saint-Denis n*eût pas continué ces fabrications, de nombreuses recherches avaient été faites dans cette voie ; c'est ainsi par exemple qu eUe avait réussi à préparer, contrairement à l'opinion reçue jusque là , un monosulfoanthracène qui se prétait très bien à toutes les o|)érations ultérieures que nécessite l'obtention de l'alizarine.
E. Aminés substituées dans les AzH^ — A côté des matières premières dont on vient de parier, il convient encore de citer les produits obtenus en introduisant dans les groupes AzH* des radicaux alcooliques ou des restes d'acides.
Parmi les corps exposés, les dérivés alcooliques de l'aniline méritent une mention spéciale; ce sont la mono et la diméthylaniline, la mono et la diéthylaniline , la méthyl et l'éthylbenzylaniline, la phénylaniline ou diphénylanine , les phényinaphtylamines , etc. substances qui jouent dans la série des colorants du triphénylméthane un rôle considérable et tout à fait prépondérant.
Comme on l'a vu plus haut , la préparation industrielle des aminés tertiaires a été découverte dans les laboratoires et exploitée dans les usines de la société de Saint-Denis.
Disons, en terminant cette énumération, que la société de Saint-Denis fabrique également le chlorure de benzyle qui lui sert dans la préparation des colorants du (riphénylméthane.
Face IL — Colorants azoîques.
Cette face était réservée aux colorants azoîques, dont l'un des plus importants, l'orangé II, occupe le centre. On sait que les colorants azoîques prennent naissance par l'action de l'acide nitreux sur les aminés et aminés sulfonées (diazotation) et par l'action ultérieure des corps ainsi formés sur un dé-
rivëamidë ou sur un dérive hydroxylë. Cette seconde opération s'appeOe la copulation. Ou sait Clément à quel nombre considérable de combinaisons on arrive en associant entre eux, d'après ces réactions, les dérivés connus des carbures aromatiques substitués et avec quelle rapidité la dasse des azoîques s'enrichit chaque fois que Ton vient à découvrir une aminé ou un phénol nouveau. Nous mentionnerons rapidement les matières colorantes exposées en les divisan en trois calég^ories :
a. Azoîques basiques qui teignent le coton mordanoé au tannin;
A. Azoîques acides qui teignent la laine;
e. Azoîques basiques qui teignent le coton non mordancé.
A. Azoîques basiques, — Ces colorants, les plus anciens en date, représentés par : les bruns de métaphénylène diamine ou de métacrésylène diamine (vésuvine) et les différentes cbrysoïdines , brun J. E. E., brun A; h cette cat^rie d'azoîque basique se rattache le bleu madras, dérivé de la safranine (liazotée et copulée au /3 naphtol , qui teint le coton mordancé en un beau bleu rappelant Tindigo.
B. Azoîques acides. — Rappelons en conmiençant que des azoîques dérivent pour la plupart d'aminés ou de phénols (ou naphtols) sulfonés et ont été découverts par Roussin et exploités en premier lieu à Saint-Denis.
Actaellement ils sont très nombreux et donnent des nuances extrêmement variées depuis le jaune jusqu'au noir.
Citons entre autres, parmi les plus importants : jaune G; jaune M ; jaune MO; orangé i ; orangé s , oranges et i; orangé L; orangé sR; orangé MG; citronine AAE; chrysoîne; roccelline; rouge d'Alger ponceauJ; ponceau NRR; ponceau RB; ponceausoie; ponceau spécial; ponceau BEE, cocpeine 78; eoccéine-orange; cérasine grenat; noir phénylène; noir soudan.
G. CohratUs azoîques substantifs. — Jaunes directs J et R; jaune coton brillant; rouge Congo C rooge coton BP; rouge Saint-Denis; très belle matière colorante rouge inaltérable aux acides; bnm SDPetSDM.
A côt^ de ces colorants azoîques, la société de Saint-Denis a exposé un certain nombre de colorants nitrè qiii possèdent la propriété des colorants acides et qui, comme eux, teignent la laine en bain acide.
A citer parmi eux, le jaune , S; le jaune d'or et l'acide picrique.
Face III. — Colorants du tryphéntlmbthane.
Au centre de la face trois, réservé aux matières colorantes du triphénylméthane , se trouvait une conpe de violet de Paris, l'une des substances les plus importantes du groupe. Découverte, en 1861, par M. Lauth, par oxydation de la diméthylaniline, elle est restée l'objet d'une fabrication très active, maintes fois perfectionnée dans les usines de Saint-Denis. A côté de cette substance, on a exposé les autres violets de la même série.
Le violet 0, le violet 90 et le violet 35oN (benzylé) qui a été découvert dans les laboratoires de la société de Saint-Denis en traitant le violet de Paris par le chlorure de benzyle (premièi^ application iodustrieQe du chlorure de benzyle) violet hexa-éthylé, violet acide (violet basique sulfoné).
La fuchsine, une des plus anciennes matières colorantes artificielles appartient également à ce groupe, dont elle est le prototype; die y était représentée sous la forme de fuchsine A; de son produit ^ sulfonation la fuchsine AS et surtout sous la forme de produits qu'on en fait dériver par phénylotion ou par phénylation et par sulfonation; ce sont en général des colorants bleus d'une grande '«'uté parmi lesquels nous citerons les bleus ii l'alcool BV, BTV et BR, triphényl, diphényl et monopk&ylrosaniline, leurs dérivés sulfonés bleu RV, 3BS (bleu pour soie), le bleu 4B (Nicholson), le WflttCBBB (coton) c'est-à-dire : trisulfo-coton; et tétrasulfo^oie; monosulfoné-dérivé (Nicholson).
Cette même série comporte encore d'autres colorants bleus d'origine différente et d'une grande
pureté de nuance : tels sont le bleu VB (naphtyltëtraméthyltriphénylcarbinol), le bleu marine S, résistant aux alcalis et permettant Tobtention de nuances modes très appréciées en raison de cette propriété.
Enfin la même famille des colorants du triphénylméthane comprend encore une série de verts dérivés de la benzaldéhyde et de la diméthylaniline ou d'aminés analogues.
A citer parmi les verts basiques :
Le vert acide, le vert brillant, parmi les veiis sulfonés teignant la laine acide le vert sulfo BB, le vert sulfo J.
Le vert méthyl, quoique de constitution différente, se rattache, par sa nuance, aux colorants ci-
La société exposait également une série de colorants appartenant à la série des phtaléïnes; cesont: la fluorescéïue, les éosines, Térythrosine et le rose bengale. '
Avant de passer à Ténumération des produits exposés sur la face IV (colorants suliîirés), mentionnons encore quelques-uns des produits que la société fabrique couramment et qui sont les principaux représentants des diverses familles très nombreuses de colorants artificids. Tels sont, par exemples : le bleu meldola; le bleu meldola MRBBB; oxazines; la safranine (et le bleu madras qui en dérive); les indulines BE et BBB; le rouge d'induline; les nigrosioes CBR, CNBI, CNN, le noir alcool-cinereïnes; les nigrisines JB et R; les phosphines, très employés dans la teinture des cuirs; la naphtine S et Toxy naphtine; les noirs n** 3 et noir gras pâte pour encres d'imprimerie, ciragrs et encaustiques.
Face IV. — Colorants sulfurés.
Dans cette face de la vitrine étaient exposées plus particulièrement les matières colorantes sulfurées ; nous les divisons en deux catégories :
a. Les thiazines ;
b. Les colorants de constitution inconnue.
A. Les thiaztnes, découvertes par M. Lauth, en 1876, sont aujourd'hui bien connues, ce sont des produits parfaitement cristallisés que l'industrie livre sous cette forme; le représentant le plus important est le bleu de méthylène cristallisé et le bleu de méthylène zincique.
A côté d'eux se trouvait représenté le violet de Lauth, le premier en date de la série et qui teint le coton mordancé en violet rougeâtre.
B. Colorants de constitution inconnue, — A côté de ces colorants viennent se placer d'autres colorants, contenant également du soufre qui y a été introduit par un procédé tout à fait différent et dont la constitution nous est encore inconnue.
Us ont tous la remarquable propriété de teindre directement le coton non mordancé et de donner des nuances variables, pour un même colorant, suivant la nature du traitement qu*on peut lui faire subir après teinture et au moment de la fixation, passage en milieu acide ou en milieu oxydant.
Comme d'autre part le nombre des colorants de cette série est déjà assez étendu , elle met à la disposition du teinturier une gamme très riche de nuances directes, très solides à la lumière et aux agents atmosphériques , très solide également aux acides , aux alcalis , au savon et au foulon.
Le premier en date de ces colorants est le cachou de Laval , dû à MM. Croissant et Bretonnière (1878), puis à côté le noir Vidal, les noirs de Saint-Denis, les thiocatéchines I, II, III et IV; ces derniers produits teignent également le coton en jaune , jaune-brun et brun.
Citons enfin les colorants plus particulièi*ement destinés à l'impression et obtenus en solubilisant ces derniers par du sulfite de soude : le noir Vidal, la thiocatéchines, le cachou.
Les colorants sulAu*és exposés par la Société ont ouvert une nouvelle voie de recherches aux chimistes et fabricants de tous les pays.
Leur febrication et leur exploitation, par le dëveloppement considérable pris depuis quelques années, tant en France qu'à Tëtranger, prouvent Tintérét qu^ils présentent.
Avant de terminer cette nomenclature, mentionnons encore quelques produits pharmaceutiques qae la Société a exposé. A savoir: la phénétidine Poirrier ; Tanalgésine; le naphtol pharmaceutique; le benzonaphtol ; Tacétanilide; la saccharine et aussi les produits minéraux que Tune de ses usines fabrique plus spécialement et qui sont d'un usage courant dans la teinture. Tels sont par exemple : le sulfate de zinc; Talun épuré et Talun ordinaire; les sulfates d'alumine extra; les diverses variétés (le sui&te de soude, les acides chlorhydrique et nitrique purs.
Ce rapide exposé de Tétat actuel des Cobrications dans les établissements de Saint-Denis donne une idée du nombre considérable et de la grande diversité des matières colorantes qu'ils produisent joumdlement.
n conduit à donner rapidement l'organisation , les moyens de productions ainsi que les moyens d'action de la Société.
L'organisation de la Société comprend un conseil d'administration dont deux membres sont déliés et s'occupent de la direction générale de l'administration supérieure de la Société.
Ces deux membres délégués, M. Poirrier et M. Dalsace, sont les fondateurs de chacun des deux établissements principaux dont la réunion a donné naissance à la Société actuelle.
Les moyens de production sont répartis dans quatre usines, d'importance différente, dont trois sont ifkdées h la préparation des matières premières principales. Dans la quatrième sont installés les stTvices scientifiques, les laboratoires de recherches et d'apphcalion à la teinture; les fabrications dos mitières colorantes artificielles pour utilisation des matières premières plus complexes qu'elle fabrique elie-mime; la production de certains produits pharmaceutiques dérivés de la série aromatique et enGn la préparation de certains colorants naturels.
La première de ces usines a spécialement en vue la préparation, à l'état de pureté, des matièiM's premières fondamentales dans l'industrie des colorants, telles sont :1a benzine, le toluène, la nilro* benzine, l'aniline, les toluidines, les xylidines, les naphtylamines.
Cette usine est dirigée par M. le D' Bloch.
Une deuxième usine , située également à Saint-Denis , et sous la direction de M. Lantz , prépare les matières premières accessoires de nature minérale utilisées dans la teinture et dans les antres usines de la Société.
Ces matières premières sont l'acide chlorhydrique, l'acide nitrique, les aluns de potasse, le sulfate d'alumine, le sulfate de zinc et autres sels de zinc, etc.
Une troisième usine, située à Bessèges, recueille les carbures des fours à coke et expédie la plupart de ses produits, en partie déjà rectifiés, aux usines de Saint-Denis.
Enfin, la quatrième usine, située à Saint-Denis, a pour objectif principal la production des matières colorantes artificielles dérivées du goudron de houille , en même temps qu'elle continue la fabrication de certains colorants naturels comme l'orseille , l'extrait d'oseille , le cudbeard , le carmin de cochenille , l'indigo, etc.
Cette nsine comprend sept services distincts :
Le premier, qui comprend la préparation des matières spéciales, complexes, comme les dérivJs substitués de l'aniline, des toluidines, des naphtylamines, des phénols, les crésols et, en particiilor, desnaphtols eux-mêmes, la diméthylaniline, l'éthylaniline , l'éthylbenzylaniUne , etc.
Un deuxième oii sont préparés les colorants azoïqnes, simples ^ complexes, substantifs oa non.
Un troisième relatif à la fabrication des colorants du triphénylméthane : fuchsines , verts , violets, l)leus, de rosaniline et leurs dérivés sulfonés, bleus coton, bleus soie, bleus Nicholson.
Un quatrième pour les colorants de la famille de oxazines, des safranines, thiooines et pour les colorants sulfurés du genre cachou de Laval, noir Vidal, noirs Saint-Denis, thiocatéchines , etc.
Un cinquième pour les colorants naturels et les produits pharmaceutiques : antifébrine, naplilol.
beDzonaphlol , phëo(^tidine Poirrier, analgësine, saccharine, aniline pharmaceutique, phënol syniht^tique.
A c6të de ces services affectes à la production des matières colorantes , s en trouve un sixième constitue par un laboratoire de teinture spécialement chargé deTëtude des colorants nouveaux, en même temps que du contrôle du laboratoire de teintiu^ spécial à chaque fabrication.
EnGn un septième service, le plus important au point de vue scientifique, comprend des laboi-atoires'des fabrications où des chimistes rompus aux manipulations de la série aromatique, spécialistes depuis de nombreuses années en cette branche de la chimie, travaillent sur des sujets nouveaux, répétant et étudiant les brevets relatifs aux matières colorantes, en même temps qu'ils collaborent aux améliorations sans cesse nécessaires dans les fabrications existantes.
Tous ces services sont sous la direction du D' Chapuis, agrégé des Facultés de médecine, assisté de M. Ehrmann.
Les usines de la Société occupent ensemble une surface d'environ i5o,ooo mètres carr^, dont plus du tiers couvert.
La vapeur est fournie par des batteries de générateurs de types variés , dont Tensemble représente environ 9,000 chevaux. La vapeur produite est utilisée, en partie, dans des appareils moteiu^ et partie dans des appareils de chauffage ou de distillation.
Soins médicinaux, hygiène et participation. — Les soins médicaux sont donnés par un médecin attaché aux établissements, et dans chaque usine; les soins d'hygiène sont surveillés par le chef de service. G est ainsi que des baignoires sont installées dans presque chaque atelier et que des rè^ements obligent, surtout dans certains endroits, les ouvriers à prendre un bain avant la sortie de l'usine.
Jusqu'en juillet 1899, date de lapplication de la nouvelle loi sur les accidents du travail, les ouvriers blessés étaient soignés aux frais de la Société, qui leur donnait leur salaire intégral pendant toute la durée du chômage, et les malades étaient également soignés aux frais de la Société, qui leur payait la moitié des salaires pendant la durée du chômage, lorsque celui-ci n'excédait pas trois mois.
Depuis l'application de la nouvdle loi , les blessés sont évidemment soumis au r^ime de la nouvelle loi et la Société , par bienveillance , a continué aux malades le régime antérieur à la loi.
Enfin, la Société a toujours fait bénéficier ses ouvriers et ses employés du régime de la participation. Cette participation, prélevée sur les bénéfices de l'année, est répartie entre chaque intéressé au prorata de ses années de service et de l'importance de ses fonctions.
Moyens d'action. — Les moyens d'action dont dispose la Société sont représentés surtout par son organisation conmierciale, sous la direction de M. Guiral, son fondé de pouvoirs , de nombreux voyageurs, et par ses succursales et dépôts dans toutes les parties du monde.
Elle est représentée dans les grands centres de teintures et d'impressions , soit par des succursales proprement dites, comme à Lyon, soit par des dépôts, comme à Roubaix, Angers, Saint-Etienne, Epinal, Sainl-Dié, en France. En Italie, à Milan; en Espagne, à Bareelone; en Angleterre, à Rradford, Manchester et h Huddersfield; en Ecosse, à Glasgow; en Allemagne, à Berlin; en Pologne, à Varsovie; en Russie, à Moscou; en Autriche, à Vienne; en Orient; en Algérie; au Japon, à Kioto; aux Etats-Unis, à New- York; au Mexique, etc.
Société chimique des usmes du Ruône, à Lyon (Rhône), 8, quai de Retz.
Constituée on juillet 1 896 , cette Société prenait la suite de la Maison Gilliard , P. Monnet et Cartier. Celle-ci, qui avait nettement abordé la voie industrielle, était elle-m^nie la continuation d'une maison fondée en 1801 et spécialement adonnée au commerce en général.
La Soafrjfi ghimiqub dbs dsihbs du RhAnb s'occape des fabrications suivantes :
a. Prodoits chimiqnes dérives du goudron de houille, notamment la fiibrication de la rësorcine, du phénol synthétique, etc., et de diverses matières premières, telles que la benzaldéhyde , la diméthylaniiine, la diélhylaniline, etc.
h. Codeurs d'aniline et de résorcine, couleurs azoïques et, en tout dernier lieu, de la fabrication de I mdigo synthétique et des indigos méthylés.
e. Divers produits pharmaceutiques dont les principaux sont : la pyrazoline (antipyrine), les produits salicylés, la résorcine médicinale, Tacide phénique, lacide borique et la saccharine.
i. Parfums et essences synthétiques : vanilline, coumarine, héliotropine, aroandol, cinnamol, wintergreen.
En outre, elle s'occupe de la vente en gros des extraits tanniques, des sérums thérapeutiques, préparés sp^ialement pour elle par l'Institut sérotbérapique de Grenoble.
Ces diverses fabrications sont réparties dans deux usines appartenant en propre h la Société chimiqae des usines du Rhône et dans deux succursales plus ou moins indépendantes :
1* Usine de la Société chimique des usines du Rhône, k Saint-Fons, près Lyon;
9* Usine delà Société chimique des usines du Rhône, à la Plaine, près Genève (Suisse);
3* Une succursale à New- York (États-Unis) ;
h' Usine de la Société chimique des usines de Pruszkow, à Pruszkow (Russie).
Le personnel des usines comprend : 97 chimistes, 3 ingénieurs et 700 employés ou ouvriers. '
Superficie , chauilage , force motrice. — La superGcie totale des deux usines de Saint-Fons et de la Plaine est d'environ 60,000 mètres carrés, dont plus de 90,000 mètres sont couverts de bâtiments, non compris un entrepôt de marchandises de 3, 000 mètres carrés de superficie.
Dix cbaudières, d'une surface de diaufle totale de 1,900 mètres carrés, fournissent la vapeur des* tin^ en presque totalité aux fabrications diverses.
I^ force motrice, en majorité électrique, correspond à plus de 1,900 chevaux; la force électrique est fournie à Saint-Fons par la Société des forces motrices du Rhône , et h l'usine de la Plaine par les forces motrices de Genève.
tSzpoeition. — La Société chimique des usines du Rhône avait aménagé un pavillon fort élégant divisé en quatre vitrines correspondant aux quatre faces du pavillon. Au centre du coquet édifice, elle avait placé une petite ritrine renfermant les produits les plus remarquables.
Une des vitrines du pourtour était occupée par les matières colorantes principales et les produits intermédiaires servant à leur fabrication.
La seconde vitrine renfermait les produits pharmaceutiques et quelques matières premières.
La troisième vitrine contenait les parfums synthétiques et la saccharine sous ses diverses formes.
Enfin, dans la quatrième vitrine, étaient exposés les indigos synthétiques et méthyl-indigos , ainsi que diverses aldéhydes préparées suivant les brevets de la Société.
Parmi les produits exposés nous citerons, dans le groupe des matières colorantes, les différents violets 3 B, 6B, 7 B, RB ou violet de Hoffmann. Le violet B cristallisé, ou chlorhydrate d'hexamétylpararosaniline , montré par la Société , est prépai*é par un procédé spécial qui a fait l'objet d'un pli cacheté déposé à la Chambre des prud'hommes, en 1881, par la Maison P. Monnet et G'*. Ce procédé a pour but la production industrielle de la formaldéhyde qui , depuis , a eu une application plus importante pour la désinfection.
Mentionnons encore le vert diamant, les verts éthyle extra et étincelle, le vert de toluylaldéhyde obtenu par condensation de la diméthylaniline avec l'aldéhyde paratoluyliqne , ce dernier composé ^^Qt préparé en oxydant leparaxylène par la méthode ayant fait l'objet d'un brevet finançais N"* 976968, pris par la maison.
Dans le groupe des colorants azoïques, la Sociëtë a montre, sous les noms de jaunes indiens JJ, J, R, des Iropëolines nilrées h divers d^rés.
/SO'Na C«H*< /H
\Az = Az-C«H*-Az< .
.SO»Na C«H*< /H
\Az = Az-G«H*-Az<
\CWA2O»
.SO»Na
\Az = Az-C«H*-Az< /AzO»
^AzO'
^Az = Az-CW-Az<
\a7. = Az-CW-Az<:^
Ces produits ont été mis sur le marche par la maison P. Monnet et C'*, en i88t, et reproduits ensuite par d'auti*es maisons.
Une autre création de la maison , ce sont des dérivés azoïques de ramido-para-disulfobenzène. Parmi ces composés, le plus important est le Lyons Black,
/(SO^Na)»
\Az = Az-C>W-AzH*(«)
qui sVmploie surtout dans la fabrication des encrc:^.
Ck>nleurs de résorcine. — Parmi les phtaléines i-ésorciques , la maison P. Monnet a lancé dans le commerce :
La Pyrosine I et la Pyrosine R, produits bi et tétraiodés de la fluorescéine, qui ont été fabriqués plus tard par d'autres maisons sous le nom d*érythrosines.
Le Rose bengale, la Phloxine, la Gyanosine, la Chrysoline, la Gyclamine, tous, sauf ce dernier, dérivés de substitutions de la fluorescéine.
En 1891 , la Maison mit dans le commerce un nouveau dérivé de la famille des rhodamines, TAnisoline. C'est Téther éthylique du produit de condensation du diéthylméta-amido-phénol avec l'anhydride phtalique.