‹ Les industries chimiques et pharmaceutiquesChapitre 6 sur 160 · CC >0 /CI · texte numérisé non relu

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GouleurB phénolic[ue8. — Par un brevet français N" 365,607, la Société s'est réservée l'application en impression des couleurs employées à l'état insoluble dans l'eau. Ces matièi*es colorantes, dissoutes dans l'acide phénique et les crésols, sont appliquées sur les tissus par les moyens ordinaires d'impression; dans cet état, elle pénètre, selon la Société, complètement les tissus et demeurent solides à tous les agents , lorsque l'acide phénique a été enlevé par les opérations d'usage.

La Société a exposé, parmi les différentes marques de ses couleurs phénoliques, une matière colorante bleue , une matière colorante violette et une matière colorante rose.

Gomme dernier colorant, le plus important h tous les points de vue, la maison a présenté de

rindigo synthétique qu'elle a réussi, dit-dle, a obtenir iudustriellement en qualité iri*éprochable et à un prix permettant toute concurrence avec Tindigo naturel le meilleur.

Gomme nous le verrons au chapitre indigo , cette matière colorante est préparée par la méthode de Baeyer et Drewsen , la Société affirmant avoir réussi à produire industriellement Taldébyde orthonitrobenzoïque en partant du toluène orthonitré.

La méthode d oxydation employée (bioxyde de manganèse et acide sulfurique) pour la toluène

oitre, a été appliquée au méta-xylène, et l'aldéhyde qui en résulte fournit pai* nilration deux dérivés

nilrés.

/CH» (i) yCH» (,)

C«H»^AzO« (a) et C«H^COH (3)

\COH (3) XAzO» (h)

donnant tous deux , par condensation avec Tacétone , deux méthyle-indigos correspondants. Ces honio logaes de Tindigo sont de nuances un peu différentes de celle de Tindigo ordinaire, et Tun d'eux, siilfoeonjugué, donne sur soie une teinte bleue magnifique restant bleue à la lumière artificielle, tandis que la nuance du carmin d*indigo ordinaire parait grisâtre en comparaison.

Quel que soit le sort réservé, au point de vue industriel, h ces essais de synthèse, ils témoignent des efforts que fait la Société pour contribuer au progrès de la fabrication des matières colorantes en France.

Produits pharmaceutiques. ^- Onlre les produits courants que beaucoup de maisons fabriquent, la Société a montré du formol à Ao p. loo, du trioxy méthylène, du gaïocophosphal ou phosphite de gaiacol, du phosphotal ou phosphite de créosote, agents thérapeutiques brevetés par la maison en Angleterre et en Allemagne; de la lactiline (bilacto-monotannate de bismuth), autre création de la maison; de la névralgine, obtenue en combinant Tanalgésine du Codex et la caféine avec Facide citrique; de la salipyrazoline , combinaison d'acide salicylique et de pyrazoline; du sérum antidiphtérique, du sérum antistreptococcique; des tubes médicinaux au chloriu*c d'éthyle (Kéiène), tenant en dissolnlion de Fiodoforme, du naphtol, de la résorcine, de Facide salicylique, de la créoline, du salol, de Fiodol , du menthol , de la cocaïne , etc.

Parfums. — Ont figuré dans la vitrine spécialement affectée aux parfums, de Famandol ou aldéhyde benzoïque exempte de chlore, de Faubépine ou aldéhyde anisique, du cinnamol ou aldéliyde dnoamique, de Fhéliotropine, de la couraarine, du linalol, du lavandol ou acétote de liualyle, de la néroline cristallisée ou éther métbyliqne du jS naphtol du benzo naphtol, du rhodinol, ainsi que son acétate, de la vanilline, du winlergreen, etc.

Tous ces produits étaient remarquables comme pureté et comme aspect.

Noos devons enfin signaler de très beaux spécimens d'or dentaire ou or de Genève, préparé d'après unprovédé inventé par MM. Redard et Nagy, de Genève. Cet or est malléable et ne nécessite plus I emploi du marteau dans Faurification des dents.

M. Stel\er [Victor)^ à Vernon (Eure).

Etablissement fondé en 1 88 1 et dont Fusine est située h Saint-Marcel , près Vernon. Elle occupe une superficie de i6,ooo mètres, dont le tiers environ est couvert en bâtiments. La production comprend :

1^ Des benzines lourdes et légères aussi pures que possible. Ces benzines sont destinées au diraissage industrie et à la dissolution du caoutchouc ;

1* De Facide sulfanilique et des sulfanilates , de Félliyle |3 napblyiamiue, du benzldine-sulfonedisulfonate de soude;

3" De i orange II , du ponceau & R , de la rocceHine rouge Congo , de la benzopurpurine i B , bleu sulfure à B,

Parmi les produits exposas, ce sont surtout les beaux cristaux de benzidine-sulfone-disulfonale de de sodium qui ont attire l'attention.

L'usine produirait annudlement 8o,ooo kilogrammes de couleurs d'aniline et i5o,ooo kilogrammes de benzines raffinées. Toute cette production est vendue en France, en Espagne, en Belgique, aux Étals-Unis d'Amérique, en Suisse, en Italie, en Hollande,

Le personnel de l'usine varie de aS à aS hommes ; deux générateurs à vapeur de 5o chevaux alimentent l'usine; une machine à glace produisant i,ooo kilogrammes par jour, fournit le iroid pour la fabrication des azoîques.

ALLEMAGNE

L'industrie des matières colorantes artificielles est, sans contredit, un des plus beaux fleurons de l'industrie chimique allemande. Aussi l'Exposition de 1900 a-t-elle été pour cette industrie un véritable triomphe.

Tout concourait d'ailleurs à ce résultat, et les découvertes retentissantes qu'une de ses maisons les plus renommées venait d'effectuer, et la multiplicité des produits de choix ([lie la collectivité des usines a exposés, ainsi que le succès commercial dont ils sont l'objet de par le monde entier.

Si les industriels et les chimistes français et anglais ont été les initiateurs dans ce domaine actuellement si vaste et si étendu des matières colorantes, on ne saurait méconnaître que c'est en Allemagne que cette industrie est arrivée à son épanouissement le plus complet.

Nous n'avons pas l'intention d'insister à nouveau sur toutes les causes qui ont contribué ù donner aux industriels allemands cette suprématie dans le domaine de l'industrie chimique et, en particulier, dans celui des matières colorantes; qu'il nous suffise de mettre sous les yeux du lecteur quelques chiffres relatifs à la production et à l'exportation de ces matières, chiffres que nous empruntons aux statistiques officielles et à quel({ucs documents publiés à l'occasion de l'Exposition de 1900 ^^K

Une estimation approximative de la valeur des couleurs dérivées du goudron de houille qui ont été fabriquées dans les établissements allemands, pendant le dernier quart de siècle, conduit aux chiffres suivants :

COULEURS D'ANILINE. ALIZARINE.

francs. francs.

1874 3o,ooo,ooo i5,ooo,ooo

1878 » 5o, 000, 000 3i,95o,ooo

1882 62,500,000 4s,5oo,ooo

1890 8i,25o,ooo 3i, 980,000

1898 i5o,ooo,ooo »

^') Rapport de M. 0. Witt sur VIndu$trie chimique allemande et Wirtêchajïlicke Bedeutung Chemiecher Arbeit, par le professeur WicHBLHAus, édition de igoo.

Il convient de remarquer que les quantités de matières fabriquées augmentent proportionnellement bien plus que leur valeur globale. Cela tient à ce que les prix des produits diminuent au fur et à mesure que des améliorations sont introduites dans leur fabrication et aussi sous Tinfluence de la concurrence. En 1 8 9 o on estimait , par exemple , que les prix n'atteignaient plus que les quatre dixièmes des cours de 1878. Depuis, ils ont encore baissé, comme le montre le tableau ci-dessous concernant les couleurs exportées.

POIDS ET VALEUR DES COULEURS D'ANILINE EXPORTiES ^^K

tonnes.

francs.

PRIX HOTIN Bl LA TOffUI.

francs.

Cette augmentation sans cesse grandissante de la production se traduit naturellement par un accroissement parallèle des usines, des ouvriers, des salaires payés et, en gérai, de tout ce qui contribue au fonctionnement normal de l'industrie.

Les chiffres suivants représentent sous une autre forme le développemc^nt prodigieux qu'a pris la fabrication des matières colorantes dans cette dernière période décennale.

ANNÉE

NOMBRE DKS ISINES.

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