‹ Les industries chimiques et pharmaceutiquesChapitre 57 sur 160 · nilrolMosaldébyde. Aeëloae. Ortbo nitrophénylcétoDe · texte numérisé non relu

nilrolMosaldébyde. Aeëloae. Ortbo nitrophénylcétoDe

Cette dernière combinaison, en présence d'un alcali, se convertit rapidement en bdigo et acide acétique .

Indigo. Acide Métique.

La cëtone intermédiaire, insoluble par elle-même, peut être solubilisée par combinaison avec le bisulfite de soude et constitue alors le sel de Kalle ou sel A'mdigo qui, en impression, l'emporte sur l'acide ortho-nitrophénylpropiolicjue par son emploi plus facile, n suffit, en eflfet, de laisser passer le tissu imprimé en soude caustique pour développer le colorant.

Comme on le voit, le problème de la fabrication de l'indigo parait être, en apparence, des plus simples, puisqu'il se réduit à la préparation de l'aldéhyde ortho-nitrobenzoïque , car l'acétone est un produit qu'on peut avoir à volonté. Or, c'est précisément la préparation de cette aldéhyde qui a présenté de grandes difficultés jusqu'alors.

Pour arriver au but cherché, il semble qu'il suffise de nitrer l'aldéhyde benzcnque, d'un usage si courant en industrie; mais, comme pour l'acide cinnamique, le dérivé orlhonitré est loin de se former en quantité théorique, accompagné qu'il est de notables proportions de produit métanitré, inutilisable pour la préparation de l'indigo. Dans des essais tentés pour obtenir du chlorure de benzyle orthonitré qui, par oxydation, fournirait l'aldéhyde cherché , on a encore été éconduit par la formation du dérivé paranitré , qui est sans valeur pour la synthèse projetée.

Bien d'autres tentatives ont été faites avant celle qui est à l'ordre du jour et qui consiste à oxyder directement l'orthonitrotoluène, au moyen du bioxyde de manganèse ^et de l'acide sulfurique. Cet orthonitrotoluène se forme dans la proportion de 60 à 66 p. 100, à côté du paranilrotoluène, quand on nitre le carbure dans certaines conditions.

Ce procédé d'oxydation est dû à la Société chimique des usines du Rhône, qui déclare être arrivée à un résultat industriel et se trouver en mesure de réaliser en grand la synthèse de Baeyer et Drewsen. Cette même société a étendu son procédé aux métaxylènes nitrés, et a obtenu deux aldéhydes métanitrotoluyliques qui, par condensation avec l'acétone, en présence de soude caustique, lui ont fourni un indigo méthyle*B et son isomère R, auxquels elle attribue la constitution :

CH=» CH

Indigo mélbyie B. Indigo méthye R.

Les rendements obtenus en aldéhyde, dans l'oxydation de l'orthonitrotoluène, sontils suffisants pour justifier les espérances qu'a fait nattre ce procédé ?

Nous ne saurions nous prononcer à cet égard; l'avenir seul pourra nous éclairer sm* ce point.

On a fait une grave objection à l'application possible de cette synthèse sur une grande échelle.

Au point de vue industriel un procédé n'est viable que lorsqu'on peut se procurer la matière première en quantité suffisante et à un prix rémunérateur. Or, jusque dans ces dernières années, la matière première, le toluène, nécessaire à la mise en œuvre de ce

procédé, ne se retirait (jue des goudrons provenant des usines à gaz, et était par conséquent d une production relativement limitée. Depuis la construction des fours à coke à récupération des sous-produits, les quantités de goudron dont peut disposer l'industrie augmentent journellement. Il nous suffit de citer les exemples suivants :

En 1 883 , la production du goudron en Europe a été de 67 5,ooo tonnes.

En 1898, cette production a atteint le chiffire de 1,907,800 tonnes, lesquelles, avec le coeQicient de â à 3 p. 100 de benzols bruts, peuvent fournir, en chiffres ronds, de !iâ,ooo à 36,000 tonnes de carbures benzéniques. Or, on admet généralement que le benzol brut renferme en moyenne un sixième ^^^ de toluène, ce qui fait une production de 6,000 tonnes de toluène pour l'année 1898. Mais cette production a certainement augmenté depuis cette époque, puisqu'on ne cesse d'installer, aussi bien en France qu'en Belgique, en Allemagne et aux États-Unis, des fours à coke à récupération, soit du système Smet-Solvay, soit du système Otto Hoffmann. Il existe actuellement ],&5t fours du premier système et 357 autres en construction, de sorte qu'à un moment donné il en fonctionnera 1,808. On prétend, d'autre part, que les fours Otto Hoffmann sont beaucoup plus nombreux et plus répandus, et que bientôt il en existera environ 5,ooo de par le monde entier ^^\

Outre cette augmentation dans la production du goudron, on a cherché à améliorer le rendement en carbures benzéniques. On sait, en effet, d'après les travaux de Bunte, que sur la quantité de benzols bruts réellement produits dans la distillation, 5 p. 100 seulement restent dans le goudron, tandis que 9& p- 100 sont entrainés par les gaz.

Or, comme les gaz des fours à coke ne sont guère utilisés pour l'éclairage, on a songé à en extraire les benzols en les faisant barboter à travers des goudrons fluides qui retiennent les carbures benzéniques. Actuellement déjà ce système permet à l'Allemagne de produire 3 0,000 tonnes de benzols, par suite de ne plus être tributaire de l'étranger et en particulier de l'Angleterre, et le jour où tous ses fours à coke seront munis de laveurs, on estime que la production de benzols s'élèvera à environ 80,000 tonnes par an. En admettant donc que le sixième de 80,000 tonnes soit du toluène, on aurait à sa disposition i3,ooo tonnes environ de carbure ce qui, à raison de & kilogrammes de toluène par kilogramme d'indigotine, permettrait de préparer plus de trois millions de kilogrammes de la matière colorante sur les quatre millions qui sont employés.

Nous avons donc là une source de toluène qu'il suffira de capter et de régler. Mais rien ne s'oppose à ce que l'on n'en trouve pas une autre, soit en réglant la marche des fours de façon à enrichir les goudrons en toluène , soit en préparant celui-ci au moyen du benzène et du méthane.

Dans cette production intensive de carbures , il y aura sans doute un excès de ben-

(0 Nous prenons à dessein le sixième, car si les (') Satnmlung Chêm,und ChemÎMch-tedimicher Forbenzols des goudrons des usines à gaz renferment (rd^e du Profess. Àhrens.Ghemischesaufder Wellausenviron s3 p. loo de toluène, ceux provenant des slellung zu Paris 1900, par le D' G. K*ppeler, foors & coke contiennent tout au plus i5 p. 100 de t. VI, fasc. 1. Voir aussi au chapitre Distillalion de ce carbure. la houille, p. 56 1.

zène pour lequel il faudra trouver un débouché rémunérateur, si Ton ne veut pas que le prix du toluène s'élève au delà de certaines limites.

Le champ des études sur ce sujet est des plus étendus en même temps que des plus captivants.

La simplicité même de cette synthèse de Tindigotine, les bons rendements qu'elle fournit une fois que l'on est en possession de l'aldéhyde ortiumitrobenzotque, la possibilité qu'il y a d'avoir à un moment donné la matière première en quantité sullisante, sont faits pour encourager les efforts et exciter l'émulation des chercheui's.

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