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Progedk de la Société bauoisk

Le point de départ de ce procédé est une observation faite en 1890 par Heumann, qui a montré qu'en fondant le phénylglycocoUe avec de la potasse caustique, il se formait de l'indigo. Les essais lentes pour faire de cette synthèse l'objet d'une exploitation industrielle n'ayant pas réussi, faute de rendements, la Société badoise tira parli d'une autre découverte de Heumann , celle qui consiste à fondre l'acide phénylglycine-o.-carbonique avec de la potasse. Dans ce cas, la réaction est beaucoup plus nette, et les rendements sont meilleurs.

La mise au point de ce procédé, tel qu'il est exploité actuellement par la Société, a demandé une suite ininterrompue de recherches et d'essais qui n'ont pas duré moins de sept années et qui ont abouti à des résultats remarquables, non seulement en ce qui concerne l'indigotine elle-même, mais encore au point de vue des industries connexes, qu'il a fallu créer et perfectionner, de façon à former un cycle de réactions aussi parfait que possible.

Les différents stades de cette fabrication sont les suivants :

i** Oxydation de la naphtaline en acide phtalique au moyen de l'acide sulfurique l'umant et régénération de ce dernier acide :

IJL»>

Naphtaline. Anhydride phtalique.

a" Préparation de la phtahmide et transformation de cette imide en acide oiihocimidobenzoïque ou acide anthranilique ;

,C0\ . .. i^COOH

;C0>"" k>Aa.

Pbtalimide. A«. anUmniliqMe.

3"" Préparation de l'acide monochloracétique et action de cet acide sur l'acide anthranilique pour obtenir l'acide phénylglycine-ortho-carbonique :

I + CHH3I.C00H = r

AiH« ^ I^AiHCH«.COOH.

Ac. plieojlglydue-ortho-carbouique.

à"" Fusion de cette dernière molécule avec de la potasse et action de l'air sur le produit de la fusion :

OGOOH AiHCH'.COOH *■* ^ l^

Aâde iodoxyiiqufl.

COOH.

Indoxyle. indigo.

S 1. Préparation de l'anhydride phtalique. — La naphtaline, matière première dont on part pour fabriquer cet anhydride, se trouve en quantités considérables sur le marché, et à un prix ne dépassant guère i lâ francs la tonne. D'après M. Brunck, on dispose d'au moins 4 0,000 à 5o,ooo tonnes de ce carbure,' dont i5,ooo tonnes seulement, correspondant aux demandes, étaient isolées jusqu'alors. Les s5,ooo tonnes restantes étaient donc disponibles pour la fabrication de l'indigo, puisque, faute d'emploi, elles restaient dans les huiles lourdes, ou servaient à la fabrication du noir de fumée.

L'oxydation de la naphtaline par l'acide chromique étant trop coûteuse, la Société Badoise réussit, après de longues études, conduites systématiquement et avec une science consommée, à trouver les meiUeures conditions nécessaires pour effectuer cette oxydation au moyen de l'acide sulfurique anhydre , en présence du bisulfate de mercure, sel qui a pour effet de modérer la réaction. Il est vrai qu'un heureux hasard, le bris d'un thermomètre à mercure, a singudièrement contribué à assurer le succès de cette opération; mais, comme le dit fort judicieusement M. Brunck , on aurait néanmoins atteint le but poursuivi, sans ce fait heureux.

Les quantités d'acides fumant employées pour cette oxydation étant considérables, il a fallu, pour rendre le procédé économique, récupérer l'acide sulfureux, et le retransformer en anhydride, par un procédé autre que celui des chambres de plomb, qui est loin d'être avantageux.

C'est ici qu'intervient l'ingénieux et nouveau procédé de fabrication de l'acide sulfurique, imaginé par M. Ch. Winckler, et mis au point par M. Knietsch, de la Société Badoise, procédé qui permet de préparer l'anhydride par combinaison directe du gaz sulfureux et de l'oxygène de l'air, en présence de l'amiante platinée ^^\

Dans cette opération , l'acide sulfurique sert donc de corps intermédiaire pour fournir l'oxygène nécessaire à la transformation de la naphtaline en anhydride phtalique, et repasse ensuite, sous forme d'acide sulfureux, à travers la masse de contact, pour se convertir à nouveau en acide sulftuique.

La Société Badoise récupère ainsi, annuellement de 35, 000 à /io,ooo tonnes d'aride sulfureux provenant de la fabrication de l'anhydride phtalique.

(*) Voir au chapitre fx Grande indi»trip chimîqne » la description du procédé.

Gr. XIV. — Cl. 87. — T. II. ci

S 2. Phtalimide. Acides anthranUiqiÂe et motiochloracétiqm. — La préparation de la phtaiimide au moyen de l'ammoniaque et de l'anhydride phtalique ne présentant pas de difficultés au point de vue industriel, nous n'y insisterons pas.

Grâce aux recherches de MM. Hoogewerff et Van Dorp, recherches basées sur la découverte d'A.W. Hoffmann, la transformation de la phtalimide en acide anthranilique s'effectue assezfacilementau moyen de solutions d'hypobromite ou d'hypochlorite de soude.

On emploierait à la Société Badoise l'hypochlorite , et le chlore nécessaire à sa fabrication, comme celui qui sert à chlorurer l'acide acétique, est obtenu par un procédé électrolytique que la maison a acquis de la Société Elektrm de Griesheim. Ce chlore est ensuite purifié et liquéfié d'après une méthode décrite au chapitre de la Grande Industrie, qui a été brevetée par la Société Badoise, et se trouve dans les meilleures conditions de pureté pour chlorurer l'acide acétique.

Suivant le D' Brunck, on transforme actuellement 2,000,000 de kilogrammes d'acide acétique en dérivé monochloré, c'est-à-dire la quantité correspondante à celle d'acide extraite par distillation de 100,000 mètres cubes de bois.

8 3. Acide phénylglycineorthocarbimique. Indigo, — La condensation de l'acide anthranilique avec l'acide monochloracétique semble aussi se faire assez régulièrement, mais une des plus grandes difficultés à vaincre fut la détermination des conditions exactes pour la fusion ,jsur une grande échelle , de l'acide phénylglycocolleorthocarbonique, opération au cours de laquelle il se forme de ï acide itidoxylique , qui, oxydé au contact de l'air, donne de l'indigo. La Société a même réussi à isoler cet acide , et le livre, sous le nom d'indophore, à l'impression, où il trouve un emploi analogue à celui du sel etindigo de Kalle, où à celui de l'acide ortho-nitrophénylpropiolique.

L'indigo qui, sous l'action de l'air, se sépare de la solution aqueuse de la masse de fusion, est cristallin. Pour l'obtenir à l'état de finesse que nécessite la cuve à fermentation , on se sert d'un procédé déjà appliqué jadis à l'indigo même , et qui consiste à le transformer en sulfate d'indigo qu'on décompose ensuite par l'eau. Il se forme ainsi une pâte très ténue qu'il suffit de laver, jusqu'à ce qu'elle ne contienne plus d'acide sulfurique. Cet indigo ainsi divisé se prête très bien à la préparation des cuves, car il se réduit, et partant se dissout avec la plus grande facilité.

Quoi qu'on en ait dit et écrit, ïindigotine obtenue par voie de synthèse, soit par le procédé Heumann, soit par celui de Bœyer et Drewsen, soit par tout autre procédé, est en tous points identique avec celle qui se trouve dans les indigos naturels.

Telle qu'elle est livrée au commerce, cette indigotine présente sur le produit naturel un certain nombre d'avantages, qu'énumère M. Brunck dans la conférence déjà citée : «La régularité, la teneur constante du produit livré en indigotine pure, l'absence absolue de corps accessoires dans cet indigo, la facilité avec laquelle il se réduit, grâce à son état de division extrême, tous ces avantages constituent les principales qualités en face de la richesse irrégulière en colorant et de la difficulté de réduction que présente l'indigo naturel. Le teinturier qui n'est pas familiarisé avec les méthodes de dosage se

voit contraint d'acheter l'indigo naturel non pas d'après sa valeur intrinsèque, mais d'après les caractères facilement trompeurs de l'aspect extérieur. Les propriétés de l'indigo artificiel mettent facheteur à l'abri de ces risques et lui assurent un produit uniforme et d une qualité irréprochable, -n

L'indigo synthétique donne des nuances très pures et aussi solides à la lumière que cfîUes fournies par l'indigo naturel. De nombreuses expériences ont été faites à ce sujet, et on a pu voir au pavillon de la Société des Usines du Rhône, à l'Exposition de 1900, que des échantillons de tissus teints en indigo synthétique ne le cédaient en rien , comme beauté et comme solidité à la lumière, à ceux teints avec de l'indigo naturel.

Les nuances qu'on obtient avec cette indigotine pure seront, sans aucun doute, uniformes, et toujours identiques à elles-mêmes; tandis que celles fournies par les indigos de culture varient avec leur composition , et aussi avec la façon dont sont conduites les cuves à teinture. Or, dans la teinture sur laine, comme aussi dans celle du coton, on tient à cette variété de nuances, qu'on ne peut réaliser avec le produit synthétique actuel, ce qui fait que l'emploi de la matière colorante naturelle n'est pas près de disparaître si l'écart entre les prix n'est pas trop considérable et si l'on n'arrive pas , comme on l'a fait pour les aiizarines, à produire des indigos artificiels qui se rapprochent par leurs composants, indigotine, indirubine, bruns d'indigo, etc., du colorant naturel.

11 est inutile d'ajouter que l'indigotine pure, extraite de l'indigo de culture par la méthode à l'acide sulfurique, qui permet d'obtenir un rendement industrie. de plus de 90 p. 100, avec un minimum de 1 franc à 1 fr. 5o par kilogramme, jouit des mêmes avantages que ceux que nous avons énumérés à propos du produit synthétique, puisqu'elle lui est identique.

IV. Pfkociùi DE LA SoGiifTÉ : Farbwbbkë vormals. Meistbr, Ldgius und Bruning,

A HOBGHST, PRÈS FrANCFORT-SUR-LE-MbIN.

Ce procédé, dû k la Deutsche Gold und Silber-Selieide Aiutalt, est, de tous ceux que nous venons d'étudier, le plus simple. Il serait aussi le moins coûteux si le prix du sodium, au lieu d'être de 3 fr. 5o environ, baissait jusqu'à 1 fr. a5 à 1 fr. 5o le kilo.

Il consiste, d'abord, à préparer de l'amidure de sodium en faisant agir du sodium sur de l'ammoniaque gazeuse

AzH^ + Na = AzH^Na + H

puis à chauffer cet amidure, à une température desiSoàsôo degrés, avec du phénylglycocoUe. Il se forme dans ces conditions de l'indoxyle, de la soude et de l'ammoniaque régénéré.

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