DISTILLATION DES RÉSINEUX
Les résineux dont il sera question dans ce paragraphe appartiennent tous à la faniiiie des conifères et fournissent : i** une résine plus ou moins solide; 2" un terpène, appelé vulgairement essence de térébenthine, et qui en général est constitué par du pinène droit ou gauche plus ou moins pur: S"" dès colophanes ou brais restant comme résidus de la distillation de la résine; â^ des goudrons obtenus par la distillation sèche des bois.
Suivant les régions du globe où se fait l'exploitation des résineux , on s'adresse à des espèces différentes et on opère aussi différemment.
Les principaux centres de fabrication des produits résineux sont : la France, la Russie et l'Espagne, en Europe; la Caroline du Sud, la Caroline du Nord, la Géorgie, la Floride, TAlabama, le Mississipi, la Louisiane et le Texas, aux États-Unis. Comme nous le verrons dans la suite, d'autres États comme l'Autriche, la Pologne, le Canada contribuent également à la production générale , mais dans ces derniers on s'attache plutôt à exploiter certaines essences particulières, dont la consommation est limitée et ne dépasse pas un certain rayon autour du siège de la production.
Térébenthine des Landes, du Jura. — Pour le moment, c'est la France, avec sa région landaise, et les États du Sud de l'Amérique du Nord, qui produisent les plus grandes quantités de matières résineuses et d'essence de térébenthine consommées dans le monde. Les produits russes ne viennent qu'en troisième ligne, nous les aborderons d'ailleurs plus loin.
En France, l'industrie des résines est pour ainsi dire localisée dans les deux départements des Landes et de la Gironde, où environ i,5oo hectares de landes sont plantés en pins maritimes [Piritis pinaster de Solander, Pinus maritima Poirot).
La térébenthine s'extrait en pratiquant à la base des arbres, au printemps, une ou deux entailles [carre) traversant l'écorce jusqu'à l'aubier. Au-dessous de ces entailles, longues de 3o à o m. /to et larges de m. 10, on adapte avec un clou un petit vase en fer-blanc ou en terre (pot Hugues), dans lequel la résine vient s'écouler. Les incisions sont renouvelées de temps à autre au'^dessus de celtes existantes, selon la
température et la durée de récoulement (pinage), de sorte qu'au bout de quatre k cinq années, les troncs sont marqués de bandes parallèles jusqu'à une hauteur d'environ 4 mètres. Ce n'est qu'après la cicatrisation des entailles [carre) épuisées, qu'au printemps suivant on en pratique une ou deux nouvelles sur le côté opposé du tronc. La térébenthine molle [gemme) étant rassemblée, est distillée dans le voisinage des lieux de production et la résine desséchée le long des carres est grattée en automne et versée dans le commerce sous le nom de galipot [barras).
Réglementairement le gemmage des arbres n'a lieu que lorsque ceux-ci ont alleiiit l'âge de 3 à 3o ans, et un arbre ainsi préparé peut, lorsqu'il est exploité d'une manière rationnelle, fournir de la térébenthine pendant un siècle.
Dans les Landes, le nombre moyen des pins gemmés par hectare ne descend guère au-dessous de i oo ; très rarement il s'abaisse à 70, et cela seulement dans les très vieilles forêts. Cent troncs de pins maritimes fournissent en moyenne 35 kilogrammes de térébenthine, susceptibles de donner par distillation i5ài8p. 100 d'essence.
La térébenthine destinée à la distillation est chauffée dans des cuves, de manière à pouvoir être passée à travers un tamis de fer, pour en séparer les débris d'écorces et les aiguilles qui y sont mélangés ; la résine ainsi préparée est introduite aussitôt dans un alambic de 3oo litres environ de capacité. La distillation s'opère en général à feu nu, avec introduction de vapeur d'eau dans le cucurbite. Le résidu de résine fondue (brai) est mis en tonneaux et livré au commerce sous le nom de colophane jaune.
Procédés et produits espagnols sont identiques, eu égard à la même matière première et au voisinage des deux régions où se pratique l'industrie résinière.
Lsc Jura contribue aussi dans une faible mesure , il est vrai , à la production de matières résineuses.
L'arbre qui est exploité à cet effet est l'épicéa commun ou sapin de Norvège (picea vulgaris Link) et est très répandu dans les forêts du Nord et du centre de l'Europe. H est particulièrement répandu en Suède, Norvège, Finlande et dans l'Em'ope centrale, en Suisse, sur les contreforts du Jura, oii il atteint une altitude de i,5oo mètres, et des Alpes, où il s'élève jusqu'à 3,000 mètres.
L'exploitation résinière de l'épicéa date du xvn* siècle. Assez répandue à cette époque dans le Jura français, le Jura suisse et la Forêt noire, elle est aujourd'hui à peu près entièrement limitée au Jiu-a bernois et particulièrement aux forêts cooununales de Soulce et de Tramelan , dans la vallée de Délémont.
Elle consiste à pratiquer au moyen d'une hache quatre incisions dans l'écorce de l'arbre, à m. 5o au-dessus du sol.
L'année suivante, l'écorce s'est disjointe par l'effet de la croissance de l'arbre, et la térébenthine, qui n'est jamais que demi-fluide, a découlé du cambimn, s'amoncelant entre l'écorce et le bois. Les quatre incisions d'un même arbre fournissent en moyenne 5 00 grammes de térébenthine brute par an.
Un arbre peut supporter une exploitation semblable pendant une centaine d'années.
La térébenthine est récoltée dans un récipient formé de deux bandes d'écorce de til-
leul cousues ensemble en forme de cornet; on le place au-dessous de Imcision et l'ouvrier y fait tomber la résine. Le contenu est versé dans des sacs en toile qui sont portés sur le lieu de la cuisson de la térébenthine.
Cette opération se fait dans une hutte installée à proximité d'un ruisseau. La térébenthine est introduite avec de l'eau dans une grande chaudière, dans le genre de celles que Ion emploie dans l'industrie fromagère. Elle y est fondue, puis on la verse dans un sac de toile grossière soutenu par une fourche au-dessus d'un récipient en forme d'auge , creusé dans le tronc d'un arbre abattu et à moitié rempli d'eau froide. Elle est ainsi filtrée; on achève de l'extraire du sac en pressant celui-ci au moyen d'un levier de bois, à l'extrémité duquel est posée une pierre lourde. La matière filtrée se rassemble au fond du récipient, sous une couche d'eau au moyen de laquelle on la pétrit. Le produit jaunâtre ainsi obtenu est enfin enfermé dans des tonneaux et livré au commerce, au prix moyen de 4o francs les loo kilogrammes, sous le nom àepoix de Bourgogne.
Suivant M. le professeur Tschirch, de l'Université de Berne, et M. Bruning, la résine de sapin de Norvège renferme environ 53 p. lOo d'acides libres constitués parles acides picea-pimarique, cristallisé et amorphe, et picea-pimarolique a et /3 amorphes, une essence de térébenthine (3q à 33 p. lOo) et une matière neutre incristallisable, le Jurorésène.
Térébenthiae citriodore de Strasbourg. — Ce produit, connu déjà à l'époque romaine, est sécrété par le sapin blanc (^Abies pecltnala DC, Abies exceha LR, PinuspiceaL) qui est assez répandu dans toute l'Europe méridionale. Toutefois, l'extraction de la résine était en quelque sorte localisée dans la région des Vosges et, en particulier, sm* le versant alsacien, d'où le nom de térébenthine de Strasbourg, des Vosges ou d'Alsace. La matière résineuse se trouve dans des petites ampoules situées dans le parenchyme de Técorce moyenne du sapin. Pour l'extraii'e , il suffit de crever ces ampoules et d'en recueillir le contenu dans des petits gobelets en fer-blanc munis d'une anse et d'un bec qui sert à perforer les poches. Cette récolte très pénible se faisait, comme nous en avons été témoin nous-méme avant 1870, pai* les habitants des villages les plus pauvres de la montagne (Lapoutroie, Orbey, Mutzig, Barr, etc.). Elle ne se fait plus actuellement, par suite du peu de rendement et à cause des difficultés que suscite l'administration forestière allemande à cette exploitation. Aussi, ce produit qu'on trouvait couramment dans les drogueries et phai^macies alsaciennes avant la guerre, a-t-il à peu près complètement disparu de nos jours.
La térébenthine de Strasbourg était très appréciée, grâce à sa limpidité et à son odeur de citron (d'où le nom de térébenthine citriodore). Elle était surtout employée en pharmacie.
Suivant MM. Tschirch et Weigel, la térébenthine d'Alsace est constituée par des acides abiétique amorphe, abiétolique cristallisé, abiétinolique a et jS amorphes, s8à3op. 100 de térébenthine levogyre, de l'abiétorésène neutre et inattaquable par les alcalis, et des impuretés.
La térébenthine de Venise, provient du mélèze (^Pinus larix, L, Lnria: europea DG) arbre des pays montagneux de l'Europe centrale. Connue des Romains, puis(ju'elle se trouve mentionnée dans les ouvrages de Vitruve ainsi que dans ceux de Dioscorides et de Pline 5 elle était vendue au xv* siècle sous le nom de térébenthine de Venise et au xvni* siècle sous celui de térébenthine de Briançon.
Pour l'exploitation de ce produit on ne s'adresse qu'à des arbres ayant, à hauteur d'homme, un diamètre d'au moins o m. 3â.
Au printemps on creuse dans leur tronc, à o m. 3o au-dessus du sol, un canal circulaire horizontal, de o m. 3o environ de diamètre, et de longueur telle qu'il atteigne le cœur de l'arbre. On ferme ensuite l'orifice au moyen d'un bouchon en bois de mélèze faisant saillie, et on abandonne l'arbre jusqu'en automne. Le canal se remplit de résine p<»ndant l'été et on le vide vers l'arrière-saison avec une sorte de cuillère de fer à bortls tranchants et de forme allongée.
Le rendement ne dépasse pas aoo grammes de térébenthine pai* arbre et par saison.
Cette térébenthine, préparée dans les conditions que nous venons d'indiquer, est d'une grande pureté et est très appréciée en pharmacie ainsi que dans la confection de vernis superfins.
Suivant MM. Tschirch et le docteur Weigel, ce produit renfermerait un acide laricinohque cristallisé et fondant à liy-iAS degrés, des acides larinolique a et j3 amorphes fondant respectivement à 80-81 et à 85-86 degrés; aoàsâp. 100 d'essence de térébenthine levogyre, et un corps jaune et visqueux insoluble dans les alcalis auquel les auteurs ont donné le nom de laricosène.
Térébenthine de Russie. — Le pavillon de Russie de l'Exposition de 1 900 renfermait toute ime série de produits résineux ainsi que des documents très complets, publiés par l'administration générale des apanages impériaux , sur l'industrie résinière de cet immense empire. Nous en donnons un résumé que nous devons à l'extrême obligeance de M. le professeur Vèze, de la Faculté des sciences de Bordeaux.
L'industrie résinière en Russie est principalement localisée dans les forêts des apanages impériaux, particulièrement dans les deux arrondissements de Velsk (gouvernements d'Arkhangel et de Vologsta) et de Nijni Novgorod (gouvernement de Kostroma). Dans l'une comme dans l'autre de ces deux régions l'arbre qui fournit à cette industrie des matières premières est le pin commun, pin rouge ou pin sylvestre (Pwmm sylveslris) , mais les méthodes employées pour en extraire des produits commerciaux sont assez distinctes dans les deux pays pour que la description en doive être faite séparément.
Dans l'arrondissement des apanages de Velsk, le résinage (gemmage) du pin sylvestre n'est autorisé que dans les forêts spécialement affectées à cet usage, dont la superficie atteint environ un million d'hectares. Ces forêts, qui occupent les districts de Schenkoursk (gouvernement d'Arkhangel), de Velsk et de Solvitchégodsk (gouvernement
de Vologda) sont exploitées méthodiquement par parcelles successives, avec une durée de révolution suffisante (60 à 80 ans) pour assurer la reconstitution complète des parcelles exploitées. On affecte au résinage les exemplaires de pin sylvestre ne dépassant pas o m. s5 de circonférence à la base du tronc. Le résinage consiste à enlever Técorce de l'arbre, à partir du pied, sur une hauteur de 1 mètre environ et sur presque la totalité (le la circonférence du tronc, en ne laissant qu'une bande d'écorce de m. o 5 environ lie largeur appelée courroie, dont le maintien permet à la sève de continuer son mouvement et évite ainsi la mort immédiate de l'arbre. L'année suivante on écorce l'arbre de la même façon sur une nouvelle hauteur de 1 mètre au-dessus de la première, et ainsi de suite pendant cinq ans. Un seul résinier peut écorcer ainsi de 30oà 3oo arbres par jour. La cinquième année, on enlève aussi la courroie : l'arbre se dessèche et est abattu l'hiver suivant.
Pendant ces cinq années de résinage, il ne serait pas possible de recueillir à l'état liquide la résine qui exsude sur la partie ainsi dénudée du tronc, ainsi qu'on le fait en Amérique ou en France; tout au moins ne pourrait-on la recueillir à cet état qu'en quantité beaucoup trop faible pom* couvrir les frais de la récolte. Ceci tient au climat très froid (surtout la nuit) de l'arrondissement de Velsk, par suite duquel la gemme, très épaisse, se solidifie presque immédiatement sans pouvoir couler jusqu'à un récipient inférieur. On ne récolte donc pas de produit liquide ou semi-liquide analogue à la gemme française ou américaine; on se borne à récolter, chaque automne, sous forme de galipot , la totalité de la résine sécrétée par l'arbre et solidifiée sur place. Cette récolte se fait au moyen d'un grattoir avec lequel on fait tomber le gaUpot dans un sac; il est naturellement mélangé de fragments de bois, qui représente en moyenne so p. 100 de son poids brut. Chaque résinier peut récolter dans sa journée le galipot fourni par 700 à 1,000 arbres, soit 35 à 5o kilogrammes de ce produit. Ou voit par ces chiffres que le rendement moyen, par arbre et par an, est de 5o grammes de galipot environ, valeur extrêmement faible si on la compare à celle obtenue en France ou en Amérique et qui s'explique évidemment par les conditions climatériques, très peu favorables h la sécrétion résinière, où se trouve le pin sylvestre dans le Nord de la Russie. La quantité totale de galipot récoltée annuellement dans l'arrondissement des apanages de Velsk atteint 4 00 tonnes environ, sa valeur sur place varie entre 76 francs et lao francs la tonne.
L'arbre étant abattu après ses cinq années de gemmage, on débite la partie gemmée du tronc (qui, sur une longueur d'environ 5 mètres, (îst riche en matières résineuses) en fragments destinés à la distillation sèche ainsi qu'il sera expliqué ultérieurement. C'est là, de beaucoup, son emploi principal; le reste de l'arbre n'est employé que pour la confection de barils ou comme bois de chauffage, et n'entre pas en compte dans le calcul du rendement de l'exploitation. Il faut de huit à dix arbres pour fournir un mètre cube de bois résineux gemmé; sa valeur sur place atteint de 5 à 6 francs le mètre cube. La quantité totale de bois résineux gemmé , propre à la distillation sèche , produite annuellement par l'arrondissement des apanages de Velsk atteint près de a 00,000 mètres cubes.
G». XIV. — Cl. 87. — T. H. 10
IMVIIUKMB RATlOSlLr..
Le gaiipoi et ie bois résineux gemmé sont ainsi les matières premières de 1 niduslric* résinière , dans l'arrondissement des apanages de Velsk.
Examinons maintenant les traitements qu'ils ont à subir, l'un et l'autre, en vue de leur transformation en produits commerciaux.
Comme la gemme d'Amérique, de France ou d'Espagne, le galipot est soumis à la distillation, cette opération ayant pour but de séparer ses constituants essentiels, l'essence de térébenthine et le brai sec.
On l'eifectue dans des usines situées en forêt et renfermant chacune un ou deux alambics, d'une contenance de a à 3 tonnes. Ces alambics sont en cuivre, et munis d'un double fond percé de trous, à travei*s lequel s'effectue une filtration grossière du brai résiduel de la distillation. Us sont chauffés à feu nu et munis d'un réfrigérant dans lequel se condense l'essence de térébenthine distillée. Quand celle-ci cesse de couler, on .vidange le brai dans un récipient spécial, d'où on le puise, encore liquide, pour le verser dans des barils d'une contenances de aSo kilogrammes,, où il achève de se solidifier.
Il possède une couleur brun rouge assez foncée, due aux surchauffes inévitables qu'il a subies pendant la distillation, ainsi qu'aux impuretés auxquelles il est forcément mêlé, par suite d'une filtration manifestement insuffisante.
Quant à l'essence obtenue — à laquelle on donne le nom à*es8ence de thérébentkine de résiné, pour la distinguer de celle obtenue à partir du bois résineux gemmé, comme nous le verrons ultérieurement — elle est de couleur jaunâtre et possède une odeur désagréable qui ne rappelle que de très loin celle des essences française ou américaine. Les impuretés (fragments de bois, d'écorce, etc.) qui restent mélangées à du brai, sur le double fond de l'alambic, sont recueillies par un trou d'homme placé à la partie supérieure; on leur donne le nom de croûtes et elles sont utilisées pour faire de la poix ou brai gras. La distillation du galipot fournit en moyenne :
Essence de térébenthine de résine lo p. loo
Brai sec 5o
Croates et perles 4o
La quantité de ces matières produite annuellement dans les usines de l'arrondissement des apanages de Velsk est de aoo tonnes de brai sec, de /&o tonnes d'essence de térébenthine de résine. Le premier vaut, sur place, de 300 à 3oo francs la tonne; transporté à Saint-Pétersbourg ou à Moscou, il vaut deSyBà/iBo francs. L'essence vaut, sur place, de/&5oà6ii5 francs la tonne; à Moscou ou à Saint-Pétersbourg de 760 à 1,000 francs. Des tarifs de douane, institués en 1891, protègent le commerce local de ces produits contre la concurrence étrangère.
La récolte et le traitement du galipot, dont nous venons de faire un exposé, ne constituent qu'une portion, la moins importante, de l'industrie résinière dans l'arrondissement des apanages de Velsk. Le bois résineux gemmé, tel qu'il résulte de l'abatage du
pin sylvestre après cinq ans d'exploitation résinière, est .une source bien plus considérable de matières résineuses.
Débité en fragments, ce bois, qui est imprégné de résine, est soumis à l'action de la chaleur, ce qui a pour effet d'en extraire un goudron résineux. Cette opération se faisait autrefois dans des fosses deiooàiSo mètres cubes de capacité, où la chaleur dégagée par la combustion d'une partie du bois servait à provocpier l'écoulement du goudron dans tout le reste de la charge. Le produit ainsi obtenu, recueilli dans un bassin placé latéralement, était de bonne qualité, relativement très liquide, la température restant peu élevée dans les fosses et ne permettant pas l'élimination complète de l'essence de térébenthine contenue dans le bois résineux employé. Mais le rendement était médiocre (45 kilogrammes seulement de goudron par mètre cube de bois) une bonne partie du produit à recueillir se trouvant brûlée pendant l'opération. De plus ce procédé, tout en donnant un goudron supérieur, ne permettait pas de recueillir l'essence de térébenthine dans le bois employé; il nécessitait l'emploi, pour recouvrir le fond des fosses, d'écorce d'épicéa, arrachée à des arbres encore sur pied, dont il causait ainsi le rapide dépérissement; enfin il était assez souvent le point de départ d'incendies considérables. Pour toutes ces raisons, le procédé des fosses, vigoureusemet combattu par l'administration des apanages, a été à peu près complètement abandonné dans tout l'arrondissement de Velsk; il ne subsiste actuellement que sur quelques points isolés, dans la région du Vaga et dans celle de la Dvina septentrionale, et la quantité de goudron obtenue annuellement par ce procédé ne dépasse pas 80 tonnes.
Il a été presque partout remplacé par la distillation sèche , permettant d'extraire à la fois l'essence de térébenthine et le goudron. Cette opération se fait dans des fours, dont la dimension varie de s à 7 mètres cubes généralement, munis d'un réfrigérant destiné à la . condensation de l'essence de térébenthine et constitué par un tuyau de cuivre immergé dans une cuve pleine d'eau. Ces fours, installés en pleine forét, sont peu coûteux (chacun d'eux revient deiooàaoo francs) et par suite très nombreux : on en compte environ s,86o en fonctionnement dans la région de la Vaga, dont 1,600 avec réfrigérant pour l'essence. Celle-ci étant de plus en plus demandée, le nombre des fours munis de réfrigérants augmente sans cesse : de 1895a 1900, 336 fours en ont été munis.
La durée d'une distillation, variable avec la dimension du four, n'est jamais moindre de trente-six heures; elle se prolonge, dans certains cas, jusqu'à quatre jours. Les distillations se font pendant l'hiver, à raison de dix à quinze par four, du mois de janvier au mois d'avril. La quantité totale de bois résineux gemmé, ainsi distillée dans tous les fours de l'arrondissement des apanages de Velsk est d'environ 300,000 mètres cubes, Le rendement par mètre cube du bois distillé, est de 60 à 70 kilogrammes de goudron et de 6 à 8 kilogrammes d'essence. Il distille en outre une eau résineuse qui n'est point utilisée, et il reste un résidu de charbon, qui n'est guère employé qu'au chauffage des fours.
Le goudron ainsi obtenu porte le nom de frouâronâ^ four», il est plus abondant (pour
l/i8 EXPOSITION li.NIVERSELLE INTEUNATIONALE DE 1900.
une même quantité de bois), mais aussi plus dense et moins liquide que le goudrm de fosses, car il contient moins d'essence de térébenthine : aussi sa valeur est-elle moindre. On distingue et Ion sépare, dans le goudron de fours, le goudron liquide (formant seulement îî p. i oo de la quantité totale, le goudron moyen [ 1 5 p. i oo] et le goudron dense [83 p. loo]).
Sur place, il vaut de 5 à 9 francs le baril de 1 3o kilogrammes; à l'entrepôt d'Arkhangel, par où il est exporté (principalement à destination de l'Angleterre), le baril vaut de lâ à âo francs.
La quantité de goudron produite actuellement dans l'arrondissement des apanagos de Velsk est de io5,ooo barils de i3o kilogrammes, soit i3,65o tonnes (moyenne relative à la période iSgi-iSgS); sur cette quantité 37,000 barlfe ont été, sur place, transformés en poix noire, par un traitement qui sera étudié plus loin : 65,700 barils ont été exportés par le port d'Arkhangel, et 1 2,3 00 barils ont été expédiés, dans l'intérieur de l'Empire russe, par Vologda-Moscou et Saint-Pétersbourg, pour la consommation locale, qui va en augmentant tous les ans.
L'essence de térébenthine obtenue dans les foure à goudron porte le nom de tMben- Uiine de four ou térébenthine jaune.
Elle est, en effet, assez fortement colorée par des huiles pyrogénées, auxquelles elle doit son odeur très désagréable. Elle n'est pas livrée telle quelle au commerce, on lui fait subir une rectification préalable sur laquelle nous aurons l'occasion de revenir. A l'état brut, la térébenthine de four vaut, sur place, de 76 à 120 francs la tonne. Sa production annuelle totale dans l'arrondissement des apanages de Velsk , qui , à raison de 7 kilogrammes en moyenne par mètre cube de bois distillé, devrait atteindra i,4oo tonnes, n'est en réalité que de 900 tonnes environ, parce que tous les foui's ne sont pas encore munis de réfrigérants.
Une partie de goudron résineux produit dans les forêts de l'arrondissement des apanages de Velsk , au lieu d'être exporté par le port d'Arkhangel ou expédié dans l'intérieur de l'Empire russe pour y servir à la consommation locale, est immédiatement transformé, siu* place, en poix ou brai gras. Cette opération s'effectue dans les usines que nous avons déjà décrites à propos de la distillation du galipot. Dans ces usines dont le nombre, dans tout l'arrondissement, dépasse 80, le même alambic sert en général à transformer le gahpot en brai sec et essence de térébenthine, et 1<^ goudron en poix et <*ssence de térébenthine.
Cette façon d'agir, cela va sans dire, n'est pas faite pour améUorer la quantité de brai sec obtenue. Un petit nombre d'usines seulement (quatre à l'heure actuelle), sont disposées spécialement pour la distillation du galipot, et possèdent un alambic à double fond perforé , ne servant qu'à cet usage ; le plus grand nombre conservent l'alambic à deux fins, souvent dénué de doid)le fond; leur prix d'installation n'est alors que de 2,000 à 4,000 francs, et elles comportent un ou deux alambics.
Pour préparer la poix, on verse dans l'alambic environ 2 tonnes et demie de gou-
di*on, on ajoute i p. loo de chaux et l'on chauffe le tout. Une partie du goudron est génércdertient remplacée par les croûtes résiduelles de la distillation du galipot qui trouvent là leur utilisation. Il passe à la distillation avec de l'eau , de l'essence de térébenthine associée à des huiles pyrogénées, à laquelle, vu sa coideur, on donne le nom à^esience Se térébenthine rouge, il reste dans l'alambic une matière noire, fondue, la poix. On la vidange, encore liquide, dans un n'^cipient spécial, puis, dé là, dans des tonneaux d'une contenance de â5o kilogrammes, oii elle se solidifie. Le rendement moyen de cette opération, suivant qu'on. l'effectue sur du goudron de four ou du goudron de fosses, naturellement plus riche en essence, ou enfin sur des croûtes, est représenté par les chiffres suivants :
GOl'OBON DE FOUR. OOUDKON Dl F0SSB8. CB0éTB8. p. 100 p. 100 p. too
Poix 76 65 80
Essence de iérëbenthine rouge 8 âa ^
Eau, perte 16 i3 18
La poix ainsi obtenue vaut, sur place, 90 francs la tonne. Elle est en majeure partie exportée à l'étranger, par l'intermédiaire du port d'Arkhangel, où elle se vend de 1 ao à âoo francs la tonne. La quantité de poix produite annuellement dans l'arrondissement des apanages de Velsk est de 3,ooo tonnes environ, dont s,&oo sont exportées, et 600 expédiées dans l'intérieur de l'Empire russe, où la consommation va continuellement en augmentant.
Quant à l'essence de térébenthine rouge, elle est de qualité tout à fait inférieure, et ne vaut, sur place, que /&o à 60 francs la tonne. Elle est rai-ement employée à l'état brut, le plus souvent, on la brûle dans des usines spécialement installées dans ce but, de manière à la transformer en noir de fiunée qui se vend, sur place, de soo à a5o fr. la tonne et vaut, à Moscou, près de 4oo francs la tonne. On l'emploie aussi pour diminuer la densité du goudron résineux, en particulier du goudron de four, auquel on la mélange dans la proportion de 10 p. 100 environ. Quelquefois enfin on la rectifie, comme il sera dit plus bas; mais elle est trop impure pour que cette opération soit avantageuse. La quantité d'essence de térébenthine rouge produite annuellement dans l'arrondissement des apanages de Velsk est d'environ 1 60 tonnes.
Rectification des essences de térébenthine brutes, — Reste à indiquer, pour achever h» tableau de l'industrie résinière de l'arrondissement des apanages de Velsk, comment s'effectue la rectification des essences de térébenthine impures fournies par les opérations précédentes : l'essence jaune obtenue dans les fours à goudron , l'essence rouge obtenue dans la fabrication de la poix. Cette rectification se fait dans les mêmes usines, et généralement dans les marnes alambics, que la distillation du galipot ou que celle du goudron ; quelques usines cependant possèdent un alambic spécial , quelquefois chauffé à la vapeur; pour cette rectification, une petite installation de cette nature peut être montée pour une somme de 600 à 700 francs environ.
L'essence de térébenthine à rectifier est additionnée d'eau et de i.5 p. loo de chaux, et le tout est porté à l'ébullition dans l'alambic. Un courant de vapeur d'eau arrivant d'un bouilleur spécial facilite l'entraînement des vapeurs d'essence, et leur séparation d'avec les vapeurs d'huile pyjogénée ; celles-ci plus lourdes et moins volatiles , sont condensées dans un réfrigérant à air, précédant le tube de cuivre entouré d'eau, où se condense l'essence.
L'essence jaune de four donne ainsi, par une premif^re rectification, yô à 85 p. i oo d'essence purifiée, de couleur vert pâle. Cette variété d!essence est la plus communément employée en Russie. L'arrondissement des apanages de Velsk en fournit chaque annéi; plus de &00 tonnes, au prix de aSo francs la tonne, sur place; elle est expédiée à Moscou ou à Saint-Pétersbourg où elle se vent 4oo francs la tonne environ.
Etant beaucoup moins pure que l'essence jaune, l'essence rouge, soumise au même traitement, ne donne cpie 3 5 p. i oo d'essence vert pâle analogue à la précédente.
On obtient enfin une essence plus pure, portant le nom de essence de térébenthine blanche rectifiée, en soumettant aune nouvelle rectification, en présence de chaux, dans le m^me appareil , l'essence de térébenthine vert pâle. Il se produit dans cette opération une nouvelle perte de 5 à lo p. loo environ, de telle sorte que l'essence jaune de four, après deux rectifications, ne donne que 70 p. loo au plus d'essence blanche. Le produit obtenu, qui possède encore, malgré les traitements qu'il a subis, une odeur assez désagréable, se vend sur place deSyBàSoo francs la tonne; transportée à Moscou ou à Saint-Pétersbourg, elle se vend deSooàyoo francs la tonne. Elle est donc moins appréciée que l'essence de térébenthine de résine provenant de la distillation du galipot.
La transformation de l'essence vert pâle en essence blanche rectifiée, se généralise de plus en plus ; la quantité annuelle d'essence blanche fournie actuellement par l'arrondissement des apanages de Velsk dépasse 3oo tonnes.
La (piantité totale d'essence de térébenthine commerciale (essence de térébenthine de résine, essence vert pâle et essence blanche rectifiée) produite annuellement dans cette région, atteint donc 760 tonnes environ. La majeure partie de cette essence est consommée» dans l'Empire russe; une faible portion seulement (environ 100 tonnes) est exportée à l'étranger par le port d'Arkhangel.
Apanages de Nijni-Novgorod. — Nous avons vu précédemment comment sont exj)loitées les forêts de pin sylvestre dans la région septentrionale des apanages impériaux de Russie (arrondissement de Velsk.) Bien que relativement simples, les méthodes d'exploitation de ces forêts paraissent assez perfectionnées, si on les compare à celles qui sont en usage dans l'arrondissement des apanages de Nijni-Novgorod. C'est darfs le gouvernement de Kostroma, et particulièrement dans le district de Varnarine, que réside principalement l'industrie résinière de cette région. Ici comme dans l'arrondissement de Velsk, l'administration des apanages vend aux industriels la matière première, c'està-dire l'arbre sur pied, propre h être exploité, avec le droit de le gemmer pendant cinq
ans 9 puis de l'abattre et d'en employer le bois, partie comme bois résineux à distUler, partie comme bois de chauffage; mais tandis que dans les forêts du Nord elle la leur feit payer au moyen d'une taxe sur les produits obtenus (87 fr. 5o par tonne de galipot; â fr. 80 à 3 fr. do par baril de goudron de i3o kilogrammes; 87 fr. 5o par tonne d'essence), elle se contente, ici, d'exiger une patente fixe en payement du droit d'exploiter une étendue déterminée de forêts. En outre , dans l'arrondissement de Velsk, elle leur procure, à des conditions avantageuses, les plus coûteux des appareils qui leur sont nécessaires , par exemple les réfrigérants en cuivre pour la condensation de Tesspnce : ici, au contraire, les frais d'organisation de l'usine, plus simplement installée, sont entièrement k la charge de son propriétaire. Ce propriétaire est généralement le négociant qui doit en acheter les produits; l'usine est construite, au moyen de l'argent prêté par lui, par un groupe de paysans (quatre à six, quelquefois plus), auxquels il la loue et qui l'exploitent en empmntant au même commanditaire la somme nécessaire pour payer la patente.
Dans les forêts du Nord, comme nous l'avons vu, on récolte le galipot, l'arbre étant encore sur pied, pour le distiller à part; cette méthode permet d'obtenir, en même temps que l'essence de térébenthine, du brai sec. Dans les forêts du district de Varnavine, on laisse le galipot sur l'arbre, que l'on débite tel quel, de manière à distillera la fois le galipot et le bois résineux qui le porte. Cette distillation , effectuée à température peu élevée, fournit ainsi d'un seul coup la totalité de l'essence que peut donner l'arbre. Le bois desséché, imprégné de brai sec qui forme le résidu de cette première opération, est ensuite soumis à une seconde distillation (à température plus élevée), qui le transforme en goudron en donnant un résidu de charbon de bois. Ces deux opérations s'effectuent dans des appareils distincts dont nous allons donner la description.
La distillation du bois résineux brut, chargé de galipot, s'effectue dans un four en briques, capable de contenir au moins 1 o mètres cubes de bois. Ce four, dont les parois n'ont qu'une brique d'épaisseur, a 3 mètres de haut; sa partie inférieure est cylindrique et comporte deux parois parallèles entre lesquelles circule la flamme du foyer avant d'atteindre la cheminée.
La partie supérieure du four est de forme ovale et porte une ouverture fermée par un couvercle plat en bois, par laquelle se fait le chargement et le déchargement. Une seconde ouverture située latéralement sert au nettoyage du four. Les produits volatils que fournit la distillation sortent du four par un tuyau de bois d'une quinzaine de mètres de longueur et de m. i5 à m. so de diamètre au plus petit bout, disposé en pente douce sur une série de chevalets de hauteur décroissante. Ce tuyau est préparé au moyen d'une poutre que l'on scie en deux, et dans les deux moitiés de laquelle on creuse deux gouttières dont les bords n'ont pas plus de m. 5 d'épaisseur : on réunit ensuite ces deux demi-tuyaux par des cercles en bois. Par son bout le plus gros, ce tuyau est fixé à la partie supérieure du four; son petit bout vient s'emboîter dans un tuyau de bois de même grosseur, long de 2 mètres, disposé verticalement et fermé à son extrémité supérieure. Enfin , ce tuyau vertical aboutit h un tube de cuivre de 7 mètres
de longueur, immergé dans une auge remplie d'eau, et dans lequel l'essence de téré- .benthine achève de se condenser et de se refroidir.
Chaque distillation dure cinq jours. Au début, l'essence recueillie (essence de premier jet) présente une couleur brune très marquée, puis arrive l'essence de second jet, la meilleure, dont la couleur est jaune clair et l'odeur moins désagréable; enfin le troisième jet donne une essence de couleur rougeâtre contenant toujours des produits goudronneux et pyrogénés, quelque soin que l'on apporte à empêcher la température do s'élever à la fin de l'opération.
Le bois résineux desséché qui s'extrait du four, une fois la distillation terminée, est ensuite transporté dans les cornues oti s'effectue la préparation du goudron.
Celles-ci sont des caisses en fer, longues de t m. 5 o, sur une largeur de o m. 90 et une hauteur de m. 90. Chacune d'elles est cimentée dans un fourneau en briques, de â m. 5 de longueur sur i m. 80 de largeur et 1 m. 80 de hauteur; la cornue est disposée à m. 5 de hauteur au-dessus du sol, tout près de la paroi postérieure du fourneau ; elle repose sur une voûte en briques percée de cinq ouvertures de chaque côté, de telle manière qu'elle soit entourée de flammes provenant du foyer situé audessous ; elle est d'ailleurs protégée contre leur contact direct par une rangée de briques disposées latéralement. La cheminée s'élève à peu près au milieu de la longueur du fourneau; elle traverse un toit, reposant sur quatre colonnes, qui recouvre le fourneau et le protège contre la pluie. Derrière la paroi postérieure du fourneau, on installe une chambre à condensation, en briques, de â mètres de hauteur; le fond de cette chambre a la forme d'un entonnoir de 1 m. 80 de diamètre; il aboutit à un tuyau de bois incliné par lequel le goudron s'écoule dans une cuve. La conununication entre cette chambre et la cornue est assurée par un tube de cuivre de 1 m. /io de longueur, pénétrant jusqu'au milieu de la chambre à o m. 1 de hauteur au-dessus du fond. Des ouvertures convenablement disposiîes permettent de charger ou de vider la cornue et le fourneau . ou de les nettoyer, ainsi que la chambre de condensation. Pendant une opération, toutes ces ouvertiœes sont fermées par des bouchons ou des plaques de fer que l'on fixe avec du ciment.
Chaque opération dure une demi-journée, une seule distillation de bois résineux brut, qui dure cinq jours, correspond ainsi à dix distillations de bois résineux desséché, et fournit la matière première qui leur est nécessaire. Les deux appareils dépensent, ensemble, 2 mètres cubes de bois à brûler par jour. Pendant les cinq mois de fonctionnement de l'usine, elle consomme 3oo mètres cubes de bois résineux et autant de bois de chauffage.
Les frais d'installation d'une usine, telle qu'elle vient d'être décrite, sont d'environ, 46 francs, sans compter le travail du personnel de l'usine pendant l'installation, lequel peut être évalué à 1 00 francs.
Les frais annuels d'entretien des appareils ne dépassent pas 60 francs, les parties construites en briques n'ont besoin d'être renouvelées qu'au bout de cinq ans, et celles en métal au bout de vingt-cinq ans seulement.
Le bilan dune telle usine, pour une saison annuelle de cinq mois, peut sVtablir ainsi :