‹ Les industries chimiques et pharmaceutiquesChapitre 65 sur 160 · RECETTES · texte numérisé non relu

RECETTES

6.900 kilogrammes .d essence de térébenthine à 170 francs la tonne. 1,178 francs.

19,900 kilogrammes de goudron h 76 franc la tonne i,&/to

1,900 sacs de charbon de bois à fr. 9 5 le sac 36»

Total des recettes 9,99,5

Le revenu net est donc de 896 francs, il paye le travail de trois hommes pendant cinq mois, de sorte que leur salaire journalier ne dépasse pas 1 fr. 80. Il existe dans le gouvernement de Koslroma 84 usines du genre de celle dont nous venons de donner la description. La production totale de cette région peut donc être évaluée à environ 5oo tonnes d'essence de térébenthine et 1,600 tonnes de goudron.

Térébenthine des Étata-Unis. — Les Américains donnent le nom de Naval stores (matière navale), à tous les produits résineux dérivés des conifères et particulièrement des pins. L'origine de ce terme doit être attribuée à l'emploi dans les constmctions navales, pour le calfatage des navires, du plus anciennement connu de ces produits : le goudron de pin^^l

Les pins qui se rencontrent dans les régions des Etats-Unis que nous avons citées , appartiennent aux variétés suivantes :

1** Longleaf Fine (pin à longues feuilles ou pitch-pin) Pinus palustrîs Miller, Pinus australis Michaux ;

a" Shortleaf Fine (pin à feuilles courtes), Pinvs echwata Miller, Pinm mltts Michaux ;

(*> La plapart des faits relatés dans ce paragraphe a quelques années, par la Division des forêts du

sur le résinent d^Amérique, sont extraits dune série Ministère de ragiiculture des Élals-Unis d'Amérique, .

d^arlicles très documentés et fort bien conçus, que sur lus forêts de pins des États du Sud. D^autrcs

M. Vèzcs, professeur à la Faculté des sciences de rensoignemenls ont été pui'ës dans le volume L$$

Bordeaux et M. Pitard, ont publiées dans la Revue Huile$ eâtentiellei , de MM. G. Gildemeisler et Fr.

nêrciale et coloniale de Bordeaux (1890-1891), lIofTmanu, que la maison Schimmel, de Leipzig, a

fin se servant des rapports officiels, mis au jour il y édité en 1900.

3* Loblolly Fine, Pinus tœda{

4** Guban Fine (pin de Cuba) Pinus heierophilla Eliiot.

5** Spruce Fine,j!?m««g^/aéra.

De toutes ces essences, le pitchpin, ou pin à longues feuilles, semble être Tarbre le plus exploité au point de vue de l'industrie qui nous occupe.

On ne sait, en effet, pas encore si l'exploitation du pin à feuilles courtes peut devenir rémunératrice; d'autre part le Loblolly Fine fournirait une résine peu fluide, qui durcît avec une telle facilité au contact de l'air, que son exploitation ne saurait être avantageuse.

Seul le Cuban Fine (pin de Cuba) serait très riche en matières résineuses. La térébenthine brute, fraîchement récoltée, serait d'une limpidité parfaite, d'une couleur ambrée, d'une fluidité supérieure à celle du Longleaf Fine. Il serait aussi probable que sa teneur en essence surpasse celle des autres pins, car les entrailles du tronc ne se recouvrent, après un temps d'exposition à l'air, que d'un mince enduit de produits solides. Actuellement la gemme du Cuban Fine est mélangée, pendant la récolte, à celle du pin à longues feuilles, auquel il est associé dans la plupart des pinados. Toutefois, les distillateurs de Géorgie ont été, de tout temps, frappés de la grande proportion de térébenthine que cette espèce était susceptible de produire. Etant donné sa rapide croissance, ils estiment qu'un arbre peut être gemmé avec profit vers l'âge de 3o à 35 ans, tandis que le Longleaf Fine exige soixante années de végétation avant d'être utilisé.

Actuellement, ce pin à longues feuilles est le plus répandu et le plus important des cinq sortes de pins qui constituent les forêts du Sud-Est des Etats-Unis ; on estime à environ 3o millions d'hectares l'étendue des forêts de ce pin dans les Etats du Sud. Far suite de l'exploitation intensive de ces forêts , tant pour la production de planches et de bois de construction qui sont exportés en Europe ou utilisés sur placq que pour l'extraction des produits résineux, il est à craindre, si l'administration forestière n'intervient pas, qu'elles ne viennent à disparaître complètement dans un avenir plus ou moins rapproché.

ce L'exploitation àxx Longleaf Pxm , au point de vue des matières résineuses comme au point de vue du bois, date des premiers temps de la colonisation anglaise dans la Caroline du Nord. Elle y acquit en peu de temps une grande importance ; dans la seconde moitié du xviii" siècle, les produits résineux formaient à eux seuls la majeure partie des exportations de la colonie. Une statistique établie, en prenant comme base les trois années 1768, 1769, 1770, a fourni les chiffres suivants, comme représentant la moyenne des exportations annuelles : 88,1 1 1 barils de gemme, s 0,6 46 barils de poix, 88,366 barils de goudron, dont la valeur totale, au cours actuel, atteint 1,076,000.

« Ce fut vers la fin du xviii* siècle que l'on commença à distiller la gemme pour en extraire l'essence de térébenthine et les produits secs (colophanes et l)rais). Effectuée d'abord dans de grossières cornues de fer, elle se fit, à partir de i834, dans des alambics en cuivre, dont on fait encore usage aujourd'hui. On obtient de la sorte un meilleur rendement et une essence de meilleure qualité. Cette amélioration du produit

principal de la distillation de la gemme eut comme conséquence de lui ouvrir de nouveaux débouchés : on l'employa en plus grande abondance dans les manufactures de caoutchouc ; sous le nom de camphène oxxfiuide combustible, on utilise son mélange avec Talcooi pour l'éclairage domestique, réalisant ainsi un mode d'éclairage très économique, qui, inauguré vers t83â, se généralisa vers i8&â, et ne fût détrôné que longtemps après par le pétrole

-^ Cette industrie avait ainsi acquis, vers le milieu du siècle actuel, un développement considérable, lorsque la guerre de Sécession vint causer un arrêt momentané de la production américaine ; pendant quelques années, notre région landaise dut fournir à elle seule la presque totalité des essences et des brais consommés dans le monde entier, et cette période extraordinairement fructueuse fut pour elle le point de départ de progrès importants. La guerre terminée, la reprise et le développement ultérieur de l'industrie résinière en Amérique furent retardés par l'introduction du pétrole dans l'éclairage domestique, et par la substitution progressive de ce corps, de jour en jour moins coûteux et plus répandu, aux mélanges d'essence et d'alcool employés jusqu'alors. Néanmoins, l'industrie des produits résineux s'est développée en Amérique depuis cette époque, ses progrès étant la conséquence du développement industriel général de ce dernier quart de siècle. Actuellement, elle correspond à un mouvement d'affaires de phis de 5o millions de francs par an n,

M. Vèzes ^^\ auquel nous empruntons leshgnes qui précèdent, donne ensuite quelques renseignements statistiques sur l'état actuel de cette industrie dans la Caroline du Nord, dans la Caroline du Sud, la Géorgie, la Floride et l'Alabama, le Mississipi, la Louisiane et le Texas.

Comme ceux qui précèdent, la plupart de ces renseignements sont empruntés aux rapports du Ministère de l'agriculture des Etats-Unis.

«En totalisant l'ensemble de ces données, on obtient, pour l'année 1898, les résultats suivants :

36o,ooo fûts ou 79,000 tonnes d'essence, représentant, à iy francs les 100 kilogrammes (prix moyen aux ports d'embarquement), environ 34 millions de francs;

i,38o,ooo barils ou 1 59, 000 tonnes de produits secs, représentant, à 8 fr. 65 les 100 kilogrammes (prix moyen aux ports d'embarquement), environ i3 millions de francs.

La valeur totale de la production résinière aux Etats-Unis, a donc été, en 189/4, d'environ 4 7 millions de francs. »

Depuis cette époque, cette production paraît avoir augmenté; des statistiques récentes évaluent, en effet, la production de l'essence de térébenthine aux Etats-Unis à 89,000 tonnes en 1899 et à 96,000 tonnes en 1900.

Ce mouvement ascensionnel n'a rien qui doive surprendre, car le notable accroissement des exportations de Savannah, par où s'écoule les produits de la Géorgie, suffit, et

t'^ heruê commpreialf et colotnale de Bordeaux, 1900, N" 7 a, p. 5, 6 : N" 7/1, p. '1.

au delà, pour compenser la baisse éprouvée par tous les autres ports : Wiimington (Caroline du Nord), Charleston (Caroline du Sud), Mobile (Floride et Alabama).

Extraction et distillation de la gemme. — Aux Etats-Unis , les procédés d'extraction de la térébenthine sont en général partout les mêmes. Lorsqu'on veut exploiter, au point de vue de la résine, une forêt de pitchpins, on commence par y organiser une distillerie, en un emplacement dont le choix est subordonné à la double nécessite d'avoir, à proximité, de l'eau pour la condensation de l'essence et une route ou une ligne de chemins de fer pour l'expédition des produits. Cette distillerie, simplement installée dans de grossiers hangars (^turpentine famis) , comporte un seul alambic en cuivre de 3o à 4o hectolitres. Sa charge normale est de qo à a5 barils de gemme de 137 kilogrammes l'un , soit huit à dix fois plus forte (jue celle des appareils distillatoires employés dans les Landes. «La récolte pratiquée le plus souvent par les nègres attachés .à la iurpentinefmmi, a lieu aux premiers jours secs du printemps, en général en avril. Le tronc est entamé avec une hache lourde et bien aiguisée, à environ 1 pied à 1 pied et demi du sol ; cette entaille est faite obliquement et de manière à constituer un réservoir, une boîte [box) à déclivité dirigée vers l'intérieur ou la résine vient se rassembler.

La longueur de ce réservoir est d'environ 1 tx pouces et la profondeur de 6 à 7 pouces, de sorte cpie sa capacité est d'au moins un litre de térébenthine. Pour les troncs tW*s épais, on creuse quelquefois une seconde cavité, à l'opposé de la première.

Aussitôt que la sève printanière commence à circuler dans les arbres, on pratique dans les troncs, de chaque côté de la poche à térébenthine et au-dessous de celle-ci, des incisions larges de 9 pouces et longues d'en\iron 8 pouces, pour isoler l'écorce sur cette étendue {^corner iag).

Ensuite l'écorce, ainsi délimitée au-dessus du réservoir, est enlevée jusqu'à l'aubier, au moyen de la hache [hacking, chipping). L'écoulement de la sève a lieu bientôt et est plus ou moins abondant, selon la température: le suc résineux gagne lentement le réservoir.

Selon la chaleur de l'air ambiant et l'intensité de l'écoulement du suc (^blecding), les surftices mises à nu sont élargies tous les huit ou quinze jours, de telle façon que les blessures faites à l'arbre, soit par enlèvement d'une partie d'écorce, soit par nouvelle entaille, soient situées au-dessus des premières. Cette opération est continuée (chipping) aussi longtemps que dure la saison chaude, en général jusqu'à fin octobre.

Les poches se remplissent, au commencement et par une température très chaude, en moyenne toutes les deux à quatre semaines, et sont ensuite vidées avec une cuiller plate, dans des seaux en bois et finalement de ceux-ci dans des tonneaux.

Lorsque par suite du refroidissement de la saison , l'écoulement de la résine vient à cesser, les surfaces dénudées et les poches sont débarrassées de la résine adhérente et desséchée (^barras scrape) des résiniers landais, puis abandonnées à la cicatrisation, ou mises en exploitation au printemps suivant par de nouvelles entailles. Dans le premier

cas, on renouvelle la même opération [bleeditig) sur d'autres endroits du tronc, au retour de la première ou de la troisième saison printanière.

La quantité de gemme nécessaire à l'alimentation de l'alambic est celle fournie noi'malementpar 1,600 hectares (/i,ooo acres) de forêts composées d'arbres de bonnes venue; celles-ci sont partagées en ao parcelles de 80 hectares en moyenne. Chaque lot comprend de 4, 000 à 5, 000 arbres assez beaux pour pouvoir être exploités, et ces arbres étant susceptibles de fournir plus d'un réservoir à résine, quelquefois jusqu'à trois (et même quatre pour une exploitation intensive) on arrive à avoir jusqu'à 10,000 poches à résine (^boxes) par lot. Le rendement de ces 10,000 poches comporte dans une exploitation rationnelle et à chaque épuisement, 4o à 5o barils de térébenthine de tây kilogrammes brut, 110 kilogrammes net. Pendant la première exploitation et avant l'épuisement des brèches démesurées (hleeding) , le rendement moyen d'une semblable étendue est de â 70 à 980 barils ou 3 1,0 oâ kilogrammes de gemme, puisée dans les poches, et de 70 barils de produit raclé ou barras {scrape) vers la fin, sur les surfaces dénudées. Chaque baril de résine puisée fournit à la distillation 7 gallons d'essence et le barras en produit 3 gallons.

Pendant la seconde année de l'exploitation , le rendement de résine puisée est inférieur de 10 barils à celui de la première, tandis que la résine grattée {^ct-ape) s'élèvt» jusqu'à 1 so barils. La quantité d'essence comporte, la seconde année, ko barils à 45 gallons et environ âoo barils de colophane. Comme qualité, l'essence est absolument semblable à celle de la première année , mais la colophane» est un peu plus foncée. Le rendement en térébenthine puisée diminue pendant la troisième année et la quatrièn\e saison.

L'ensemble des produits, genmies et barras, fournis pendant les quatre premières années d'exploitation par un lot normal de 10,000 boîtes réparties sur IxS^oo arbres et sur 80 hectares environ, se monte aux chiffres suivants :

GEVVF. KAAHAS. TOTAL,

kilo^. kilogr. ' kilogi-.

1" saison 3i,ooo 7,000 88,700

Q* saison ar),ooo i3,aoo 38,âoo

3* saison i3,90o 11,000 a&,soo

U* saison 12,000 11,000 â3,ooo

Totaux 8i,âoo 4*2,900 1 â4,ioo

Pour la préparation de l'essence, on distille des produits dans les vastes alanilncs dont il a été question plus haut, et on obtient les rendements suivants :

BSSENGI!. PR0D11T8 SECS.

kilogr. kilogr.

1" année 8,000 28,^00

a' année 7,600 aa,ooo

3' année 4,3oo 1 1 ,000

4* année 2,200 1 1,000

ToTAix 23,000 72,600

EXPOSITIOxN UNIVERSELLE INTERNATIONALE DE 1900.

L'ensemble des produits dune turpentine farm, d'une étendue de 1,600 hectares environ, comporte donc pour une exploitation de quatre années au maximum, une moyenne de 4 6 0,0 00 kilogrammes d'essence et de 1, 4 5 2,0 00 kilogrammes de produits secs.

L'exploitation de la forêt diminuant encore pendant la cinquième année, ne fournirait plus un rendement financier suffisamment rémunérateur. Aussi, est-elle interrompue après la quatrième saison. On démonte la distillerie et on va la réinstaller plus loin, au milieu de 1,600 hectares de forêt vierge, que l'on exploitera de même pendant quatre ans et que l'on abandonnera de la même façon une fois cette période terminée.

La forêt abandonnée est ensuite soumise au déboisement partiel* ou total, pour écouler le bois lucrativement, soit dans des scieries voisines, soit dans des dépôts oii il sert à un usage quelconque ^^\

En admettant que sur les 3o millions environ d'hectares de forêts de pitchpin que possèdent les Etats du Sud, on en épuise 1 million d'hectares pai' quatre ans pour l'extraction des produits résineux et pour les bois de construction, ces 3o millions dureront environ 130 ans. Ces chiffres, que déduit M. Vèzes de l'ensemble des documents qu'il a soumis à l'analyse , ne sont pas ceux d'un journal américain spécialement consacré à l'industrie des huiles, essences, couleurs et vernis. Le OU and colours Jourtml, 1900, p. 969, est beaucoup plus pessimiste. Dans un entrefilet intitulé V Avenir de l'essence de térébenthine américaine, il est dit : «Les prévisions relatives au développement de cette industrie sont extraordinairement défavorables. Il y avait autrefois aux Etats- Unis des forêts de pin très étendues; des déboisements continuels, un gaspillage constant de ces richesses forestières ont conduit à ce résultat, qu'il n'y a plus actuellement que trois millions d'hectares environ qui soient effectivement plantés en pins. Des reboisements méthodiques , comme en France, peuvent seuls éviter la ruine totale de cette industrie. »

Les Américains se rendent parfaitement compte du danger qui les menace, et certains Etats, comme celui du Nebraska ont pris, dès 1873 , des mesures pour reconstituer ou tout au moins faire respecter les bois qu'ils possèdent. Nous lisons en effet dans YearBaok, i8gg, United States, Département of Agriculture, spécial édition, Paris, Exposition 1900, p. 3o6 : ^VArbor day (jour de l'Arbre), est une des dispositions les plus importantes parmi celles destinées à faire naître chez les enfants un intérêt pour tout ce qui touche à la forêt. Inauguré au Nebraska, en 1873, par J. Sterling Morton , secrétaire de l'Agriculture, VArbor day s'est propagé d'Etat en Etat et, depuis le commencement de

(^^ li nous parait intéressant de signaler i^usage ([u^on fait des feuilles de pitchpin. A Télat vert, elles fournissent, par distillation, une huile essenliellc dWeur balsamique, qui ressemble beaucoup à Tessencc de térébenthine. En outre, elles donnent lieu, depuis quelques années, à une industrie nouvelle, celle de la laine de pin. Traitées par une solution alcaline et bouillante, elles sont attaquées, et il ne

reste d'intact que les fibres; celles-ci sont lavées, cardées et donnent une sorte de laine qui est employée dans les fabriques d'objets de pansements antiseptiques , ainsi que dans les fabriques de tapb. En particulier, on en fait des tapis qui ressemblent aux paillassons en fibre de coco, mais avec un tissu plus serré, une couleur plus brune et une solidité plus grande.

1 y 00, on se prépare à l'observer sur chaque territoire. Son principal objet est la plantation d'arbres par les enfants des écoles, à des dates fixées par des proclamations des Gouverneurs des différents Etats , ou par d'autres autorités. La plantation est généralement accompagnée d'autres exercices , destinés à convaincre les enfants de la beauté et de i utilité des forêts, et de les encourager à avoir soin des arbres et des bois. Quoique ces plantations n'aient en elles-mêmes que peu de valeur au point de vue économique, on peut dire que l'institution de YArbor day aura une grande influence sur les générations futures, en provoquant l'affection et le respect des arbres, et en suscitant chez ces générations un ensemble de sentiments qui aidera considérablement à généraliser dans la suite la pratique de la conservation des forêts».

D'autre part, depuis quelques années déjà, la Division des forêts aux Etats-Unis a (entrepris une campagne en vue d'empêcher ce gaspillage des richesses forestières américaines. Elle réclame entre autre des mesures législatives de natm*e à assurer la protection des forêts de pins conti*e les incendies, qui détruisent par an des milliers d'hectares ; elle ne cesse, en outre, d'inviter les industriels intéressés à modifier leurs méthodes barbares de récolte, à imiter les procédés beaucoup plus soigneux employés dans les Landes, et à tirer ainsi de leur capital forestier un revenu plus régulier, plutôt que de l'anéantir d'un seul coup.

Easenoe de térébenthine américaine. — C'est un liquide incolore dont l'odeur et le goût de colophane sont assez différents de ceux de l'essence française. Sa densité à l'état brut, oscille entre 0.865 et 0.870; il y en aurait toutefois déplus légères (0.8 58) et de plus lourdes (0.897). Soumise à la distillation fractionnée, elle fournit environ 85 p. 1 00 de terpènes C^®H^^ passant dei55ài63 degrés. Les différentes variétés de pins américains fournissent des essences aussi bien dextrogyres que levogyres ; le pouvoir rotatoiredu produit commercial est plus ou moins droit ou même gauche, selon qu'aux lieux d'origine l'une ou l'autre espèce domine. Des mesures faites sur s 8 espèces d'essences provenant de Wilmington ont donné, en 188&, à M. Armstrong, des chiffres variant de -f- 1 3*" 36' à + 1 4** 1 7', tandis que d'autres de Savannah avaient un pouvoir rotatoire de -h 9° 3o' à + 1 3** 3'. Suivant MM. Schimmel, deux essences de Savannah ont même donné récemment «^^ — =- 0° /»o' et jS^ = — 2° 5'.

Gomme l'essence française , l'essence américaine est donc principalement composée de pinène (qui est droit, tandis que celui de l'essence des Landes est gauche), de comphène gauche et probablement aussi de dipentène , de terpènes polymères , ainsi que de traces d'acides formique, acéticpie et résineux.

Produits aeoB (Ck>lophane8 et brais). — Us diffèrent peu de ceux €[ue fournit la distillation de la gemme de pin maritime. Leur odeur rappelle celle de l'essence américaine ; leur couleur et leur transparence sont très variables, comme celles de la gemme dont ils proviennent, chaque saison successive d'exploitation d'un même arbre donnant des produits secs de plus en plus colorés. Nous reproduisons ici leur classification

usuelle, basée sur ces qualités de coloration et de limpidité, ainsi que de la façon donl se répartissent, par rapport à cette échelle de teintes, les produits des quatre premières années d'exploitation :

W.W. Waterwhile

W. G. Wiudow glass

Colophaues. . ^ N. Extra pâle > i" Baison.

M. Pâle

K. LowPâle

l J. Goodn'* 1 \

Braifl claii-s. . / H. N* i > a" saiiK)ii.

( G. Low n* 1 )

F. Good n' 9 J

E. N* a I 3* saison.

. D. Good Strained. )

G. Strained \

B. Common Strained \ /i* saison.

A. Common Black ]

Qoudron de pin. — C'est le produit de la distillation sèche du bois de pin. 11 provietii principalement de la Caroline du Nord et de quelques points de la côte des Etats du Sud. La distillation du bois de pin s'effectue dans quelques usines au moyen de vastes cornues de fer, mais le plus souvent on se contente d'une installation beaucoup plus primitive. Dans un trou circulaire, revêtu d'argile, on dispose une meule conique avec des tronçons de bois de pin bien sec, dont on a préalablement enlevé l'aubier; du centre de cettr meule descend une sorte de canal creusé dans le sol , et qui va aboutir à une cavité éloignée de plus d'un mètre de la meule. On recouvre cette meule de terre et de gazon , en laissant quelques ouvertures à la base , et l'on y met le feu pav ces ouvertures , en donnant très peu de tirage, de façon que la combustion soit très lente. Au bout d<î quelque jours, h» goudron commence à couler dans la cavité, et cet écoulement dure plusieurs semaines. Une corde de bois sec donne ainsi environ âoo litres de goudron.

Ainsi cpie nous l'avons dit au commencement de ce paragi*aphe sur Y Industrie résinière aux États-Unis, la plupart de ces renseignements sont tirés des articles de MM. Vèzes et Pitard, du traité de MM. Gildemeister et Hoffmann, qui les ont puisés aux sources suivantes :

1** Theforests, farest Land andforest froducts ofEastem North CaroUtia, by WW. Ashk ; KaleighN.C, iSgi;

*i° Cari MoHR, The timberpines of tlie Southern United States, Washington, 1897 ;

3° Cari MoHR, Prodwtion et producteurs de la térébenthine dans les Etats-Unis du Sud. Pharm. Rundschau (New-York) ; 2(i884),p. i63 à 187; 12 (1894), p. âti ;

i"* E. Kremers. Pharm. Rundschau, 13 (1895), p. i35, i36;

5" Long. (Journ, Anier. Cheni. Soc., 16 (1896), p. 84/i.

Térébenthine on Baume du Canada. — C'est le voyageur français Marc Lescarbot^^^ qui ie premier, dans ses écrits, fait mention de ce produit spécial à l'Amérique connu sous le nom de bautne du Canada, ainsi que sous ceux de baUam offir, balsam of Gilead. Cette térébenthine est fournie par une variété particulière de sapin {^Ahieê hahamea Miller ; Knm basalmea L.), qui pousse principalement sur les sommets des monts AUeghanies, de la Géorgie au Canada ; on la récolte surtout dans les montagnes laurentines de la province de Québec.

C'est dans l'écorce, au-dessous de la couche subéreuse du tronc ou des branches, que se trouve le baume résineux sécrétépar ie sapin du Canada. La récolte , très pénible, se fait par les Indiens, à peu près comme celle de la térébenthine des Vosges. On emploie à cet effet des petites canettes en fer dont l'ouverture est étirée en bec pointu qu'on enfonce dans les ampoules. Le baume s'écoule lentement dans la canette qu'on transvase, lorsqu'elle est remplie, dans un récipient plus grand. Un homme ne peut récolter plus de 9 kilogr. 5 00 par jour; toutefois, aidé d'enfants, il peut doubler cette quantité. .

Un sapin de taille moyenne, riche en baume, n'en fournit pas plus de a&o grammes par jour. Un arbre peut être ainsi exploité pendant deux ans ; il faut ensuite lui laisser deux ou trois ans de repos, sinon son rendement serait notablement diminué. Les deux centresprincipauxd'exportation, Montréal et Québec, expédient chaque année 90,000 ki* logrammes de baume.

II était jadis beaucoup employé pour l'usage interne et externe, mais ne sert plus guère que pour la préparation du coUodion élastique, pour la technique microscopique et pour la confection de vernis fins.

Le baume du Canada est dextro-ogyre, tandis que l'essence de térébenthine qu'on en retire par distillation est levogyre et se trouve être du levopinène.

Outre cette essence (sSàs/ip. 100), cette térébenthine contient encore, d'après les recherches de MM. Tschirch et Bnining :

1° De l'acide canadinique , amorphe, fondant à 1 35-i 36 degrés ;

â** De l'acide canadolique cristallisé fondant à iâ3-i /i5 degrés;

3"* Des acides a canadinolique et jS canadinoliques amorphes, fondant tous deux à 95 degrés;

V Du canadorésène amorphe, neutre et inattaquable par les alcalis. Ce corps fond à 170 degrés.

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