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CHAPITRE VII

Industries diverses

$ 1. Fabrique de papier. !

(Roues n° 9 et 10 de notre plan de 1811, fig. 3.)

La fabrique de papier de Serrières est une des plus anciennes de la Suisse. Celle de Bâle, la première en date, remonte aux dernières années du XIVE siècle ; : celle de Serrières s’ouvrit déjà le 25 juillet 1477.

L’acte de concession, ? que nous avons trouvé parmi les Actes de Chancellerie de l’État, et dont nous donnons ici une reproduction photographique (voir fig. 7) fixe les conditions dans lesquelles ce « batoir à papier » doit être ‘édifié. Pierre de Piémont et de Cazelle-et Jehanin Varnoz obtiennent la permission de construire un « baptour a battre papier » à Serrières sous condition qu'ils ne nuiront en aucune manière aux autres usines.

Dans ce but, Rodolphe de Hochberg leur céda une place pour édifier ce battoir et une grange pour essuyer le papier, ainsi qu’une parcelle de terre derrière leur bâtiment. Il leur est pernus d’installer dans la grange un four.

En outre, le comte les autorise à prendre, au moins une fois, le bois nécessaire pour la construction du moulin, dans ses forêts,

Les redevances annuelles sont fixées à «..… deux raymes de petit papier, une rayme de gros, et deux florins d’or... » En vertu de cette concession, les papetiers purent exploiter eux-mêmes leur moulin, en jouir librement, l’affermer, ou même le vendre, les droits du seigneur étant expressément réservés.

Claude Barillier, des Verrières de Joux, qui reçut en 1507 de Louis d'Orléans la permission de construire des scies, forges et autres rouages, excepté des moulins à blé, en haut de Sent due être le successeur des fondateurs de la fabrique, car le contrat de mariage fait par Jaqua Prucot, sa veuve, avec Bonaventure Beynon, du 29 novembre 1543 (signé Hory) ! mentionne des scies, foule et batteurs (à papier).

En 1551, Huguenin Gourra et Nicolas l’armurier, son beau-fils,

1 Nous devons les nombreux renseignements qui ont permis cette étude à l’obligeance de Me Erhard Borel et de M. Grisel fils, directeur de la Fabrique de papier.

2 Actes de Chancellerie, vol. À. (Musée Neuchâtelois, 1901, p. 95.)

3 Voir annexe n° 19.

4 Ed. QUARTIER-LA-TENTE, Le Canton de Neuchâtel, I, p. 441.

RAT RE 29 «paspetiers » de Serrières, s'engagent à livrer à Jean Creppin, imprimeur à Genève, tout le papier qu'ils pourront faire à Serrières dans l’espace de einq ans. !

Les actes du procès du greffier Grossourdy ? nous permettent de suivre

l'histoire de la papeterie au XVI siècle. Le nouveau propriétaire, Simon Iteret, fut cité comme témoin dans cette affaire, et comme tel il exposa

la marche de son usine. D’après les documents trouvés, nous pouvons :

conclure que, dans les & nées 1560, l’activité de la papeterie ne fut pas forte, peut-être fut-elle nulle. Était-ce la concurrence d’autres papetiers, nombreux dans les pays voisins, * ou étaient-ce les matières premières (chiffons) qui manquaient pour exploiter avantageusement la papeterie ? Nous ne le savons pas ; mais il est prouvé que le bâtiment de la papeterie fut négligé et qu’en 1563, il était question de le reconstruire.

Dans ce but Simon Iteret, « marchand et bourgeois de Neufchastel », conclut un arrangement avec Bonaventure Beynon à Serrières, en vertu duquel la nouvelle papeterie serait édifiée dans sa maison. Beynon s’engagea à faire les transformations nécessaires pour cette nouvelle usine, moyennant la somme de 500 livres. Mais dans la suite Beynon négligea ses obligations et ne fit pas les constructions convenues. Un autre accord intervint alors entre Beynon et Iteret, par lequel ce dernier se chargea lui-même de reconstruire la papeterie « a ses frais et despends ». * Beynon lui loua pour un terme de sept ans les immeubles nécessaires ; le contrat prévoyait encore qu’en cas de vente de ces derniers de la part de Beynon, Iteret aurait le droit de préférence.

La nouvelle papeterie commença son activité le 6 juin 1564 ; ses produits peuvent être facilement distingués de ceux de l’ancienne papeterie, car dans cette dernière « … l’on ne faisoit papier a escripre sinon de celuy que estoit marqué de l’aigle que sont les armoyries de la Ville de Neutchastel... » 5

Le 22 novembre 1565, « .… le diet Beynon fit vendition pure et perpétuelle au dict Iterêt de la dicte papeterie et cours d’eau... » 6 Iteret devint donc à ce moment propriétaire de cette usine. Avec quelques ouvriers, cités égalemént dans le procès Grossourdy : Anthoine Ballanche, Michel Benard, d’'Ouville-PAbbaye près Longueville en Normandie, 1l exploita la nouvelle papeterie. Benard d’Ouville « … ayant lui mesme fait le premier papier, donna a boire une piece d’argent, parce qu'il avoit heu cest honneur d’estre le eue er avoit fait papier à la dicte neufve papeterie du dict Iterest.…

La reconstruction de la fabrique de se en 1563-1564 par Iteret nous est confirmée par une autre pièce, citée par M. Ed. Quartier-la-

1 Ed. QUARTIER-LA-TENTE, Le Canton de Neuchâtel, I, p. 442. 2? Musée Neuchâtelois, 1901, p. 54.

3 Archives de l'État, Dossier part. S. Iteret.

4 Archives de l État, O 5, n° 20 «… que au paravant l’acquit de la maison ou de present sa papeterie (de Simon Iteret) est ediffiee, il delivra a Bonaventure Beynon la somme de cinq centz livres pour faire la dite papeterie, et nonobstant pour n’en avoir rien faict, ils ë accor a ent despuis par ensembles que le dit Simon feroit icelle PARCMRE a ses frais et

espends > Arch. de l'État, O 5, n° 20. 2 6 Zdem.

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