III. — Procédés biologiques
Ils sont de deux ordres : naturels ou artificiels.
1^ Epuration biologique naturelle. -« C'est l'épuration par le sol c'est-à-dire par Vépandage, si efficacement employé pour épurer les eaux d'égout.
Ce procédé, qui permet Tulilisation agricole des eaux industrielles, met en jeu l'action des microorganismes du sol aidés par l'influence de l'air et
de la lumière, à laquelle s'ajoutent les propriétés fillranles des terrains perméables.
Dans l'épuration biologique, l'azote des matières organiques est transformé d'abord en produits ammoniacaux, puis en azotates et en azotites.
M. Gérardin (1) a utilisé avec succès Tépandage pour purifier les eaux d'une féculerie qui infectaient une rivière.
Les eaux résiduaires de distilleries^ de brasseries et d'autres industries ont pu être parfaitement épurées par ce procédé qui a, comme on le sait, l'inconvénient d'exiger de grandes surfaces de terrain, mais qui n'en constitue pas moins un excellent moyen de purification des eaux industrielles.
2^ Epuration biologique artificielle. — Avec l'épuration biologique artificielle, on obtient exactement les mêmes résultats qu'avec l'cpandage ; les matières organiques sont finalement transformées en éléments minéraux sous l'action de différents microorganismes. Mais, tandis qu'avec l'épandage, cette transformation nécessite de grandes surfaces et qu'elle peut être rendue difficile par la nature du terrain, avec l'épuration biologique artificielle, on règle et on accélère, au moyen de surfaces relativement faibles, l'attaque des substances organiques par les microbes.
Ce mode d'épuration est en général précédé d'une décantation des liquides à traiter. La décan* tation a pour but de séparer les matières solides
(i) Oérardiû. AlUration^ corruption et assainissement des rivières. (Ann!kles d'hjgièue publique et de médecine légale T.XLUr, p. t^).
qui ne sont pas susceptibles d'être dissoutes. Le travail des bactéries comporte deux phases distinctes : l'^ la solubilisation des matières organiques et leur tranibformation en sels ammoniacaux sous rinfluence des microbes anaérobies ; 2^ la transformation des produits ammoniacaux en nilrites d'abord, puis en nitrates par Taction de microbes aérobies.
La première phase de l'épuration, — attaque de Feau résiduaire par les anaérobies — s'opère dans des réservoirs (fosses sepliques) ayant peu de surface et possédant une certaine profondeur. La deuxième phase — oxydation — se pratique au contraire dans djs bassins peu profonds et remplis de malières poreuses^ scories ou coke (lits bactériens).
Nous donnons ci-après les plans et le devis estimatif d'un projet d'épuration bactérienne des eaux d'abattoir destiné à la commune des Arcs, Var, (3.U00 habitants). Ce projet qui avait été demandé à M. le D^Galmette, directeur de l'Institut Pasteur de Lille, nous a été communiqué par M. le D'^ A. Sigallas, médecin-inspecteur du service départemental d'hygiène du Var (1).
c Le système d*éptiralion bactérienne des eauxd*abaitoirde la commune des Arcs, (Var) devra comprendre :
c Une fosse de décantation figurée en A sur le plan (fig. 12) ; « Une fosse septique indiquée en B (fig. 11 et 12) ; c Deux lits bactériens G et D ,
(i) Plusieurs communes du département du Var ont décidé d'appliquer Tépuration bactérienne, par ce procédé ou par un procédé analogue, aux eaux résiduaires de leurs abattoirs.
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Fig. 11
Pig. 18
242 INDUSTRIBS INSALUBRES
f Le8 eaux, après décantation dans la fosse Â, subissent Taclion des microbes anaérobies dans la fosse septique B, et passant succesAÎvement sur les lits bactériens G et b au moyen d'un système d*épandage constitué par des tuyaux et nochères, pour être soumis à Taction des microbes aérobies nitreux et nitriques.
c Fosse de décantation. — La fosse de décantation aura les dimensions suivantes :
Longueur I m. 50
Largeur 1 m. 50
Profondeur au dessous du niveau des eaux, 2 m. »
Profondeur totale 2 m. 30
c Le fond affecte la forme d'une pyramide quadrangulaire tronquée dont la petite base se termine par une fosse cubique de 0, m. c. 500, destinée à recevoir un panier qui permettra d'enlever les déchets insolubles.
c Le panier sera enlevé au moyen d'un treuil fixé sur une potence volante.
c La capacité utile de la fosse de décantation sera donc de 5 me, volume représentant approximativement le cube d*eau à traiter journellement.
d Fosse septique. — Les eaux sortant de la fosse de décantation par le déversoir A, passent au moyen d'un siphon à deux branches égales dans la fosse septique B (fig. 13) munie de chicanes en maçonnerie c^ d, qui descendent jusqu'à 0, 80 du fond, et de deux autres «, ^ montant à 0, 80 de la surface des eaux.
c Avant de sortir par le déversoir y, les eaux franchissent une cinquième chicane située à 2 m. 200 du fond.
c La fosse septique est couverte d'une voûte légère, d'une brique d'épaisseur, soit 0, 22, comportant une cheminée pour Tévacualion des gaz et un trou d'homme de 0, 600 de diamètre permettant le nettoyage .
c La capacité utile de la fosse sera de 12 me, 300 et ses dimensions seront de :
Fig. 13 Coupe transveriale CD de la fosse septique et du bassin de dëcantatioa
c 4 m . pour la longueur ; c 1 m. pour la largeur ;
c 3 iD. pour la profondeur comptée à partir du niveau des eaux, 8oit une profondeur totale de 3 m. 300.
c Le fond sera disposé en cuvette pour la facilité du nettoyage.
c LUs bactériens. — Les eaux sortant du déversoir A, se rendent au premier lit par le canal ouvert /, pour passer dans le tuyau central k, et s'égouiter sur les scories par les nochères L, (simples gouttières en zinc), (fig. 14).
c Les lits G et D sont constitués par des scories disposées en trois couches de 0, 40 d'épaisseur chacune. Les plus Gnes seront plaçi^s au-dessus, les moyennes au milieu, et les plus grosses an-dessous, de sorte que Tépaisseur totale est de 1 , 200.
c Les dimensions d*un lit sont :
Hauteur 1, 20 plus Om. 30 ;
Largeur 3, 00 ;
Longueur 4, 00 .
« Le second lit est identiquement semblable au premier, et
244 INPUSTBIBS INSALUBRES
situé en conlre-bas de celui-ci de façon qae les eaux puissent être épandues de la même manière.
>^«m «r«/îr#at i#iMn»* e«* #*
Fîg. 14 PenpeeUve caTtlièra d'un Ut bactérien
« On donnera au radier une pente de 1 cm. par mètre. Afin de faciliter l'aération des lits, on ménagera à la partie antérieure de chacun d'eux un espace vide E F ; E* F' ; dans le fond duquel se rassembleront les eaux traitées avant leur sortie.
Surface de chacun des filtres : 12 mètres carrés.
« La perspective cavalière du plan (fig. 14) représente un lit par la partie antérieure ; Taération se fait par dessous les voûtes.
DBVIS BSTIMATIP DBS TRAVAUX
« 1^. — Déblai des terres :
Mètres cubet
Fosse de décantation 8, 5
Fosse septique 25, 00
Lits bactériens 53, 80
Total 87, 30
87 mo. 30, à 0 fr. 45 le mo., représentent une somme de 39 fr. 28.
c Transport des terres à la brouette : mémoire.
€ 2<>. — Maçonnerie.
c Nous comprenons la maçonnerie en murs de 0,33, soit une brique et demie, au mortier de chaux hydraulique pulvérisée.
Mètret eobM
Fosse de décantation 3, 50
Fosse septique 12, 00
Lits bactériens 16, 00
Total 31, 50
« En estimant à 19 fr. le prix du me. la maçonnerie revient à598rr. 50.
«3*. — Enduit au ciment de 2 centimètres dVpaisseur :
Mètret earrét
Fosse de décantation 14, 25
Fosse septique 34, 00
Lits bactériens 66, 00
Total 114, 25
c A 2 francs le mètre carré, soit une dépense de ciment de 228 fr. 50.
4<' Scories tamisées : 26 me. (8 à 4 fr.). 107, 20
5* Tuyauterie 95, 00
6* Trou d'homme en fonte 50, 00
7o Potence et treuil 50, 00