‹ Les industries insalubres; établissements classésChapitre 93 sur 153 · MINIUM · texte numérisé non relu

MINIUM

Minerais de zinc non sulfureux (Réduction des). — 3» dasse.

Le principal mioerai de zinc, non sulfureux est la calamine qui est formée par du carbonate do zinc. Le minerai est d'abord broyé, puis calciné pour le priver de Teau et do Tacide carbonique. L'oxyde de zinc obtenu est mélangé avec du charbon et soumis à l'action d'une température élevée qui a pour effet de réduire Toxyde et de distiller le métal.

Le bruit des broyeurs et les fumées des fours sont les deux principaux inconvénients de cette industrie.

Conditions, — 1* Bien aérer les ateliers ;

2^ Placer les broyeurs et machines loin des murs mitoyens afin de ne pas incommoder les voisins par le bruit ;

3® Fermer les ouvertures sur le voisinage ;

4^ Munir les fours d*une cheminée élevée de 4 à 5 mètres audessus des cheminées voisines dans un rayon de 50 mètres.

Minium (Fabrication du) . - 3« classe.

Les oxydes de plomb les plus employés dans l'industrie sont le massicot, la litharge et le minium.

Le massicot et la litharge ne sont en réalité que du protoxyde de plomb obtenu industriellememcnt soit en chauffant le plomb au contact de Pair, «oit en décomposant par la chaleur l'azotate ou le carbonate de plomb.

Quand Toxydo de plomb n'est pas chauffé à la température do sa fusion, il se présente sous une forme pulvérulente ; sa couleur est jaune ; c'est le massicot. Si i'nn fond le massicot au rouge, il se produit par refroidissement des écailles cristallines d'une couleur jaune rouge&tro ; c'est la litharge.

Le minium se prépare en chauffant le massicot h une température peu élevée (300« environ). C'e«t une poudre rouge vif qui est constituée par du plombate de plomb.

L'industrie des oxydes de plomb présente de très graves inconvénients qui con<^istcnt dans b production de pouf^sières et vapeurs toxiques, d'émanations nuisibles, de fumées plombouses et dans le bruit des machines employées au broyage et au blutage.

Conditions . — 1® Ventiler très énergiquement les ateliers eten imperméabiliser le sol ;

2** Pein.lre les murs à l'huile afin d'empêcher l'adhésion des poussières ;

3<» Laver à grande eau et balayer tous les joure les locaux ;

4» Construire entre les fours et la cheminée deux ou trois chambres de condensation permettant do recueillir le plomb entraîné ;

5*» Surmonter les portes des fours de hottes pour aspirer lea vapeurs dans la cheminée qui devra être élevée de 3 à 4 mèii-es audessus des souches <les cheminées voisines dans un rayon de

6** Fermer les ouvertures donnant sur la voie publique et sur les propriétés voisines ;

7^ Fniœ Tecaillage du plomb et Técrasage sous Teau ou sur des matières fortement imprégnées d'eau ;

8** Faire mécaniquement et en vases clos toutes les opérations de broyage, de blutage, etc. ;

9* Eloigner des murs mitoyens les appareils de broyage, de blutage, etc., afin de ne pus incommoder le voisinage par le bruit ;

10*' Munir les ouvriers occupés à ce travail de lunettes et de masques-respirateurs ;

11® Disposer des lavabos dans une pièce située à côté des ateliers afin que les ouvriers puissent se laver soigneusement aussitôt leur travail terminé ;

12<* A voir un vestiaire muni de vêlements de travail que les ouvriers doivent eulever dès la sortie des ateliers.

Miroirs métalliques {Fd6riV/ue de) et autres aldiers eniployani des moutom.

î® Où Ton emploie de*^ marteaux ne pesant pas plu^ de 25 kilogrammes, et i/avant que 1 mètre au plus de longueur de chute. — 3* classe;

29 Où Ton emploie des marteaux ne pesant pas plu<^ du 25 kilogrammes, et avant plus de I mètre do longueur de chute. — 2* classe;

3« Où Ton emploie des marteaux d'un poids supérieur à 25 kilograirmes, quelle que soit la lonsrueur de chute. — 2'' classe.

Les iDconvénienls de ces établissements so»il le bruit et Tébranle- D»eni. Imposer les conditions d'exploitatioa prescrites aux Forges et Ckaudrcmnenes de grosses œuvres.

Morues ^Sècheries des . — ^^ classe.

Les inconvénient^ de ces établissements provienaeut principalement des mauvaises odeurs qu'ils dégagent et des eaux putrescibles qu'ils produisent.

Conditions. — 1' Eloigner ces établissements le plus possible des habitations ;

MUREXIDE COd

2® Imperméabiliser le sol des cours et des ateliers ;

3^ Avoir de Teau en abondance afin de faire procéder à de fréquents lavages des locaux ;

4® Epurer les eaux résiduaires avant de les déverser à Tégout en les filtrant à travers des grilles métalliques, en les décantant et en les traitant par un désinfectant, le chlorure de chaux par exemple ;

5** Lorsqu'on ne pourra assurer Tépuration des eaux résiduaires, on les enlèvera tous les jours de l'usine dans des tonneaux étanches et on les utilisera comme engrais ;

6° Désinfecter fréquemment les locaux soit avec de l'eau chlorurée, soit avec de l'euu formolée.

Moulins à broyer le plâtre, la chaux, les cailloux et les pouzzolanes. — o^ classe.

Ces moulins sont fcrt incommodes par les poussières qu'ils produisent ainsi que par le bruit dos broyeurs, moulins, etc.

Conditions, — 1° N'autoriser ces établissements qu'à une assez grande distance des habitations ;

2® Ventiler les ateliers au moyen d'aspirateurs enlevant les poussières au fur et à mesure de leur production ;

3^ Placer les moteurs, broyeurs, pilons, etc , loin des murs mitoyens afin de ne pas incommoder les voisins par le bruit et par rébranlement ;

4<» Toutes les opérations de broyage, blutage, embarillage, etc., devront être faites en vases clos ou au moyen d'appareils empochant la dispersion des poussières ;

K>^ Munir les ouvriers de lunettes et de masques-respirateurs.

Murexide(Fa6nca/ton de la) en vases clos jpar la réaction de V acide azotique et de V acide urique du guano. — 2° classe,

La mwexide est le nom sous lequel on désigne couramment le purpu^ raU d'ammoniaque . C'est une belle matière colorante pourpre obtenue industriellement par plusieurs procédés, ot notamment par la réaction de l'acide azotique et do Tacide urique du guano. L'addition do l'acide nitrique au guano oxyde son acide urique libre ou combiné pour former de raUoxane et de raltoxantine qui se transforment en murexide sous l'action de l'ammoniaque .

Cette industrie a des inconvénients résultant de la production de vapeurs nitreuses et ammoniacales et d'eaux résiduaires très insalubres.

voie publique ou dans les cours d'eaux senrant aux usages domestiques ;

8<» Enlever fréquemment les résidus et les utiliser comme engrais.

Huiles [Epuration des', - 5« cleisse,

I/épuration des huiles a pour bot de le» débarrasser des matières mucilagineuses ou autres qui souillent souvent encore les huiler, même après une clarificalion résultant d'un repo^ suffisamment prolongé.

Le procédé généralement employé consiste à traiter It^s huiles par de petites quantités d'acide sulfurique dont on les débarrasse ensuite par plusieurs lavages à Tcau.

Conditions. — 1^ Pratiquer autant que possible Tépuratioa à froid ;

2^ Lorsqu'on opère à chaud, placer Touverture des foyers à Textérieur des ateliers ;

3^ Rendre le sol des ateliers imperméable ;

4<» Revêtir de plâtre les bois apparents ;

5^ Déposer les résidus d'épuration dans des réservoirs métalliques placés dans un local éloigné des ateliers ;

6® Ne brûler dans les foyers ni débris de tonneaux, ni résidus d'épuration ;

1^ Traiter les eaux résiduaires par du lait de chaux avant de les déverser à l'égout ;

8<* Fermer les ouvertures donnant sur la voie publique ou Sur les propriétés voisines.

Huiles lourdes créosotées {Injection des boisa Vaide des). Ateliers opérant en grand et d'wie manière permanente. — 2« classe.

Ces atelie:s ont Tibconvénient de dégager des odeurs désagréables et d*être la cause de dangers d'incendie.

Conditions. — !<> Autant que possible, construire les ateliers en matériaux incombustibles ;

2** Bien aérer les ateliers et n'y travailler qu'à la lumière du jour ou à Técldirage au moyen de lampes électriques ou autres placées à l'extérieur et séparées par des glaces dormantes ;

3^ Eloigner les ateliers des magasins servant de dépôts aux huilbS ;

4*' Placer les foyers des générateurs loin des ateliers de dépôts d'huiles et de bois ;

NOIB 607

tant de reconnaître que le gaz sortant ne contient pas de vapeurs nitreuses et qu'il n'en fournit pas au conlact de Tair;

4® Neutraliser les eaux résiduaires avant de les déverser à Pégout.

Nitrobenzine, aniline et matières dérivant de la benzine (Fabrication de). — S^ classe,

La nilrobenzine s^^oblient en faisant agir sur la benzine de Tacide nitrique concentré, ou plutôt un mélange diacide nitrique et d'acido sulfurique. Vaniline se prépare en réduisant la nitrobenzino par un mélange de fer et diacide acétique ou par tous autres réducteurs. G^esl grâce à Tanilino que Ton est arrivé à produire toute la série de ces matières colorautos si belles, si variées et si utilisées par dififérentes industries.

Conditions. — 1® Construire les ateliers en matériaux incombustibles et ne les éclairer que par Textérieur et de préférence par la lumière du jour ; en imperméabiliser le sol ; les ventiler énergiquement ;

2*» N'employer dans le chauffage que la vapeur et placer les foyers des chaudières à l'extérieur des ateliers ;

S^ Condenser tous les gaz et les vapeurs nitreuses dans des colonnes à coke et brûler les gaz non condensés soit dans les foyers, soit dans des récipients spéciaux ;

4^ Eloigner des ateliers les entrepôts de benzine et les magasins contenant les produits fabriqués ;

5<> Avoir dans différents points des ateliers une provision de sable proportionnée à Timportance de rétablissement et utilisable en cas d'incendie ;

6o Neutraliser les eaux résiduaires avant de les laisser s'écouler à l'égout.

Noir des raffineries et des sucreries (Revivifwalion du). — 2^ classe.

Le noir animal finit par perdre, au bout d'un certain temps de travail, la propriété qu'il possède d'absorber certaines matières azotées et les matières colorantes. On lo roviviûo, c'est-à-dire on lui rend Fes qualités primitivcs,par plusieurs procédés parmi lesquels nous n'indiquerons que ceux qui sont le plus fréquemment employés : 1^ les lavages avec do l'eau aiguisée d'acide chlorhydrique ; 2»» la fermentation dans des cuves. Dans les deux cas, on doit soumettre le noir à une calcination qui a pour effet de le débarrasser dos matières colorantes et organiques absorbées.

Conditions, — 1® Ventiler les ateliers, cimenter le aol, paver les cours ;

2^ Placer au-dessus des cuves à fermentation des hottes permettant de diriger les gaz dans la cheminée, après les avoir fr.it passer sous les foyers pour les brûler ;

3<> Construire les étuves et séchoirs en matériaux incombustibles ;

4'' Traiter les eaux de lavage par de la chaux ou de Tacide chlorhydrique et les recevoir dans un bassin de décantation avant de les diriger à Tégout ;

5« UUHser les résidus comme engrais.

Noir de fumée [Fabrication du] par la distillation de la houille^ des goudrojis, bitumes, etc, — 2** classe,

, Le noir de fumée se prépare en brûlant des matière» résineuses, les goudrons, la houille, et en recevant les fumées sur des toiles placées dans des chambres à condensation.

Coyxditions, — P Etablir les constructions en matériaux incombustibles avec portes en fer ;

2° Eloigner les fours et les chaudières des chambres à noir ;

3^ Dans les fabriques où sont employés les résines ou les goudrons, faire le mélange dans des chaudières placées sous des hottes et dont les foyers sont en dehors des ateliers ;

4° Ne pénétrer dans les chambres à condensation que lorsqu'elles sont entièrement refroidies ;

5^ Eloigner les dépôts des matières premières des fours et des chambres de condensation ;

6° Toujours disposer d'une provision de sable meuble en prévision d'incendie.

Noir dlvoire et noir animal [Distillation des os ou fabrication du], — /«"û et 2° classes.

Le noir animal ou noir d'os se prépare en calcinant les os d'animaux en vases clos ou dans des fours spéciaux. Le noir d'ivoire (noir de ColO" gne, noir de Cassel) s'obtient par la calcinalion des défenses d*éléphanls.

Ces établissements sont rangés dans la /'« classe lorsqu'on n*y brûle pas les gaz produits (ammoniaque, hydrogène sulfuré, acide cyaohydrique, produits organiques ammoniacaux à odeur empyreumatique) et dans la 2* dusse lorsque ces gaz sont brûlés.

Conditions, — 1® N'autoriser les établissements de l'* classe qu'à une grande distance des habitations ;

ouvBS 609

i^ Construire les ateliers en matériaux incombustibles ; en dmenter le sol et les ventiler énergiquement ;

30 Faire toutes les opérations en vases clos et brûler sous les foyers ou dans des appareils spéciaux les gaz et les vapeurs ; les diriger ensuite dans une cheminée très élevée ;

4<^ Pratiquer également en vases clos le broyage; la pulvérisation et le tamisage du noir ;

50 Employer des os secs et ayant subi au préalable Popération du débouillage ; calciner au plus tôt les os frais, si Ton en reçoit.

Noir minéral (Fabrication, du) par le broyage des résidus de la distillation des schistes bitumineux. — S^ classe.

Conditions. — 1« Ventiler les ateliers et éviter les ouvertures sur la voie publique ou sur les propriétés voisines ;

2^ Lorsqu'on calcine le noir, opérer en vases clos ; broyer en vases clos également.

Oignons [Dessication des) dans les villes. — ^ classe.

Conditions. — 1^ Dessécher les oignons en vases dos ou dans des fours fermés ;

2^ Diriger les gaz ou vapeurs vers une cheminée à bon tirage;

30 Fermer les ouvertures donnant sur la voie publique ou sur les propriétés voisines ;

4» Ventiler les ateliers ;

ô® Revêtir de plâtre ou de chaux tous les bois apparents.

Olives (Confiserie des). «- 5« classe.

On confit les olives en les faisant .macérer pendant quelques Jours avec une lessive plus ou moins concentrée de soude ou de potasse obtenue avec de la chaux et du carbonate de soude ou dépotasse. Lorsque^ grâce à ce traitement, les olifes ont perdu leur amertume, on les lave et on les conserve dans une dissolution de sel marin que Ton a préalablement fait bouillir avec des plantes aromatiques.

Conditions. — P Cimenter le sol des ateliers et les ventiler ;

2^ Enlever les résidus tous les 2 ou 3 jours dans des tonneaux et les transporter aux champs où ils seront utilisés comme engrais ;

3<» Neutraliser les eaux alcalines avant leur déversement à Tégout ou à la rivière. ^^

610 INPDSTRIBS INSALUBRES

Orduren ménagères (/ncm^a/ton ou carbonisation des).

a) Qaelt que soient Tétat et la quantité traitée JouroallemeDt :

î'* clê4S€.

b) A rétat vert, s*i1 en eat traité au plus 150 tonnas par jour et si leur traitement eat opéré sans triage et exécuté dans les ?ingt-quatre heures de leur apport: 2* ciasse.

L'incinération des ordures ménagères est le meilleur moyen de se débarrasser de ces résidus essentiellement insalubres. Ce procédé a des tendances à se généraliser un peu partout, sauf en France, où il rencontre des résistances inexplicables.

L^opération se fait dans des fours spéciaux parmi lesquels nous citerons ceux de Ilorsfall, Frjer, Beaman et Dear, Womer, Heenan. Meldrum, etc. et Tappareil Tobianski dont un essai a été autorisé à Saint- Mandé en 1903.

La plupart des fours sont disposés de manière à dessécher les ordures ménagères, puis à les brûler, sans addition de combu^^tible, car la plupart des gadoues sont auto-comburantes lorsqu'elles ne sont pas mélangées aux boues et aux poussières des rues. La température atteinte dans ces fours est en général très élevée et la chaleur produite par la combustion est le plus soufent employée à la production de vapeur ou dMlectricité.

Les établissements où Ton incinère les ordures ménagères ont ou peuvent avoir Tinconvénient de dégager des odeurs désagréables, des fumées, des gaz tels que Tacide carbonique et Toxyde de carbone« des poussières.

Ces inconvénients sont très atténués, pour ne pas dire presque annihilés, dans les fours dont le fonctionnement est bien réglé et dont la construction ne laisse rien à désirer, c'est-à-dire dans ceux qui répondent aux conditions suivantes posées en 1896 par Tingénieur anglais Macadam :

1° Brûler toute la partie combustible des gadoues, sans émission d'odeurs et de gaz nuisibles : le résidu ne doit dès lors plus contenir de carbone et les gaz doivent être complètement brûlés ;

2° Laisser sur les cendres une bonne cendre brillante et claire, sans mauvaise odeur ;

3» Produire finalement une scorie vitrifiée, inodore, utilisable pour Tcmpierrement des routes, la fabrication du ciment, etc.

Nous avons pu nous convaincre personnellement que les fours Horsfall (12 fours) installés à Bruxelles, presque dans Tagglomération, ne présentaient aucun inconvénient sérieux.

Conditions. — l^ Eloigner des habitations les établissements de 1>^ classe ;

2^ Disposer les fours sous de grands hangars ouverts de tous côtés ou tout au moins très largemient aérés ;

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