‹ Les industries monopolisées (trusts) aux États-Unis;Chapitre 40 sur 99 · Tariff Acts, p · texte numérisé non relu

Tariff Acts, p

environ trois milliards de livres * et n'en produisent pas le cinquième. La politique protectionniste devait donc normalement conduire le législateur à

\ frapper les sucres étrangers d'un droit modéré et à favoriser les producteurs de sucre indigène au moyen d'une forte prime. En plus, cette prime était

' une manière de diminuer les excédents accumulés du trésor. Quels qu'aient pu être à ce moment-là les aofissements du Trust et son influence sur les décisions prises, il faut reconnaître que ces décisions étaient conformes à l'esprit général de la loi de 1890 et à la politique du parti qui l'inspira. Elles ne présentaient pas un caractère anormal.

La loi de 1894 (tarif Wilson) devait au contraire mettre en relief d'une manière fâcheuse l'influence du Trust du sucre sur les législateurs. Elle élevait en effet à son profit les barrières protectionnistes, tandis qu'elle les abaissait pour la plupart des autres produits.

Le résultat fut d'autant plus remarqué que la lutte avait été très chaude. Le Trust avait pu craindre à un moment donné que la réaction libreéchangiste amenât la suppression complète des droits sur le sucre. Nous avons vu que ses actionnaires les plus importants, les plus avisés et les mieux informés, s'étaient même parés en prévision de ce danger, mais ils parvinrent finalement à le conjurer. Deux sénateurs, MM. Goarman et Brice,

1. D'après l'enquête du Sénat de New-York en 1888, la consommation était alors de deux milliards huit cent millions de lirres. Voir William Cook, Trusts, p. 66.

montrèrent un zèle ardent pour le vote des droits sur le sucre et surent si bien persuader leurs collègues de leur nécessité qu'en fin de compte la modification apportée par le nouveau tarif se trouva aggraver le régime protecteur pour le sucre.

On supprimait, il est vrai, les primes à la production, offrant ainsi en holocaustes sur l'autel du libreéchange quelques planteurs et cultivateurs moins bien armés que les raffineurs pour faire prévaloir leurs intérêts; puis, ce sacrifice une fois accompli, on frappait les sucres étrangers d'une série de taxes : 1° 40 p. 100 ad valorem sur tous les sucres, mélasses, sirops, etc. Cette catégorie se trouvait exempte de droits sous l'empire du tarif Mac* Kinley. — 1^ Le sucre dépassant le degré 16 de l'étalon hollandais payait en outre un droit de 1/18 de cent par livre, soit environ un centime et 1/3 (0 fr. 0138) par kilog. — 3° Le sucre en provenance d'un pays où il bénéficierait d'une prime d'exportation acquittait en plus un droit de 1/10 de cent par livre, soit 0 fr. 011 par kilog. ^ En somme, en supposant le sucre brut au prix de 0 fr. 25 le kilog. pris en Europe^, une tonne de sucre cotée 250 francs en France, en Allemagne ou en Autriche, et dépassant le degré 16, avait à payer trois droits super posés de 100 francs, 13 fr. 80 et 11 francs, soit au

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