Tarif Acts, p
2. Dans la question de l'annexion des îles Hawaï l'influence du Trust du sucre s'est encore fait sentir dernièrement pour les mêmes raisons.
des Républicains ultra-protectionnistes, l'élection de Mac Kinley à la présidence de la République, témoignaient d'une recrudescence des idées de défense douanière, et le Trésor mis à sec par l'exagération insensée des pensions militaires accordées aux anciens combattants de l'armée du Nord, réclamait une source plus abondante de recettes ; c'est sous l'empire de ces circonstances que le tarit Dingley fut préparé. Au lieu de s'en tenir, comme en 1890, à une politique de prohibition en exagérant les droits d'entrée sur les marchandises étrangères que la production nationale pouvait remplacer, on cherchait à établir des droits simplement protecteurs et produisant un revenu pour le Trésor. Tel était, du moins, le programme. La discussion du tarif Dingley montra que le parti républicain n'avait pas l'indépendance nécessaire pour le faire aboutir. Les intérêts manufacturiers avaient trop contribué à son triomphe pour ne pas se montrer exigeants vis-à-vis de lui; les grands Trusts l'avaient tout particulièrement soutenu dans la lutte en faveur du maintien de l'étalon d'or. Il n'en pouvait être autrement, puisque les Trusts représentent toujours un grand pouvoir financier, et que toute la haute finance américaine se rangeait naturellement du côté de la « saine monnaie ». Mais ce qui avait fait la force du parti pendant la campagne électorale devait se retourner contre lui après la victoire. Il s'était appuyé sur des soutiens qui entendaient bien être payés de leurs services. La discussion du tarif fut pour eux l'occasion favorable
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Dès lors, il ne resta plus grand'cliose du tarif Dinglcy, tel qu'il avait été primitivement présenté au vote de la Chambre des Représentants. Les articles destinés seulement à procurer un revenu au trésor furent éliminés ; ceux dont l'objet direct était de protéger une industrie puissante, de favoriser un Trust, furent seuls conservés et aggravés.
Le Sénat fut le théâtre de scandales plus criants encore que ceux dont le tarif de 1894 avait été Toccasion. Le tarif Dingley, tel que la Chambre des Représentants l'avait voté, assurait de grands avantages aux raffineurs de sucre, mais le Trust ne s'en déclarait pas satisfait. Il fallut que le Sénat fermât le marché aux sucres allemands et autrichiens en décidant que toutes les marchandises étrangères jouissant de primes seraient frappées de droits additionnels équivalant à ces primes. Les financiers du Trust engagés à Hawaï dans la production du sucre brut s'étaient entendus, assure-t-on, avec d'autres financiers intéressés au canal de Nicaragua pour amener ce résultat, à charge de revanche *. On comprend quelle devait être la fureur des marchandages dans les couloirs du Sénat quand on pense que cet article passa avec une majorité de quatorze voix seulement ^.
Le marché des valeurs accuse d'une façon irrécusable l'influence du nouveau tarif sur la situation du Trust du sucre. Lorsque le Congrès commença à discuter le tarif, les actions ordinaires des raffineries étaient à 110; une fois la conférence ter-