‹ Les infections biliaires à Bacille "Perfringens"Chapitre 4 sur 28 · INTRODUCTION · texte numérisé non relu

INTRODUCTION

Le domaine du rôle pathogène des microbes anaérobies est encore bien incomplètement exploré; leur classification bactériologique est encore quelque peu imprécise.

Parmi eux, une place à part doit être faite au Bacille Perfringens. Sa personnalité bactériologique est nettement marquée: c’est un long bacille sporulé, à bouts carrés, prenant bien le Gram; il est résistant et pousse facilement sur presque tous les milieux, pourvu qu'il y ait anaéorobiose. Il est donc facile à reconnaître. Son rôle pathogène est également bien connu.

Décrit pour la première fois en France parVEIL- LON et ZUBER en 1808, dans un cas d’appendicite gangreneuse, il est retrouvé par GUILLEMOT dans les pleurésies putrides, par RIsr dans les otites fétides, par COTTET dans les infections urineuses.

La thèse de JEANNIN ouvre le grand chapitre des infections puerpérales à Bacille Perfringens. La guerre 1914-1018 permet l'étude de la gangrène gazeuse, où souvent cet anaérobie joue un rôle de premier plan. Les nombreuses observations ainsi recueillies permettent de démontrer l'existence de véritables

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septicémies à B. Perfringens avec leurexpression clinique habituelle: l’ictère hémolytique. Celui-ci, bien étudié en 1911 par WIDAL, LEMIERRE, ABRAMI, LÉON-KINDBERG, est ensuite fréquemment décrit; sa symptomatologie se précise : la coexistence d’ictère et de cyanose oriente le diagnostic clinique.

En 1927, le rapport de M. le Professeur DE LaA- VERGNE au Congrès de Médecine, met bien au point les connaissances déjà acquises sur les septicémies à B. Perfringens. Le sujet est repris, peu de temps après, par BAIZE dans une revue générale de la Gazette des Hôpitaux. Récemment la thèse d’'AMESTOY, celle de WEILL constituent d'excellentes études d’ensemble de la question des infections puerpérales. WEINBERG de son côté précise les multiples indications du sérum anti-perfringens. Il démontre expérimentalement l’action hémolytique des toxines du Bacille Perfringens, et lui fait prendre rang parmi les agents infectieux de l’anémie pernicieuse.

Tel est, rapidement esquissé, l’historique des travaux français sur le rôle pathogène du Bacille Perfringens, tel est le bilan des connaissances classiques. L’étude que nous allons entreprendre s’éloigne quelque peu de ces notions bien établies. Elle se limite à un domaine mal précisé jusqu'ici: celui des infections biliaires à bacille Perfringens. Leur histoire clinique n’est pas écrite, leur existence même mise en doute. M. le Professeur DE LAVERGNE a observé récemment un cas d’ictère catarrhal, suivi d’un ictère hémolytique fugace, avec présence du Bacille Perfringens dans le sang. À cette occasion, il a étudié expérimen-

talement les infections biliaires à Bacille Perfringens. Il a cherché à réunir, à grouper les observations cliniques qui en ont été publiées.

M. le Professeur DE LAVERGNE a bien voulu nous associer à ses travaux et nous a invité à en faire le sujet de cette thèse. Il nous a, en outre, entouré constamment de ses conseils et guidé pas à pas dans nos recherches. Pour l’accueil si aimable qu’il nous a réservé dans son laboratoire, pour l’aide qu’il nous a apportée dans notre travail, nous lui devons beaucoup. Nos plus vifs remerciements traduiront encore bien mal toute notre reconnaissance.

Notre thèse comprendra une étude expérimentale et une étude clinique des infections biliaires à Bacille Perfringens. Dans la première partie, nous avons cherché à provoquer le passage du bacille dans la bile; nous nous sommes demandé ensuite quel pouvait être l'avenir du B. Perfringens parvenu dans les voies biliaires ; nous avons aussi précisé les caractères des cultures de cet anaérobie en milieu bilié.

Dans la seconde partie, étude clinique, nous avons surtout fait un travail de bibliographie. Sur le sujet que nous étudions, ont paru surtout des études allemandes et aussi quelques travaux de langue anglaise. La littérature française, plus pauvre, ne nous a fourni que de rares observations. Après réunion et groupement de tous les cas que nous avons pu découvrir, nous essayons d'en déduire les caractères cliniques généraux des infections biliaires à B. Perfringens.

Dans un dernier chapitre enfin, notre but sera de montrer que les caractères cliniques de ces infections biliaires s’harmonisent avec les caractères biologiques du bacille, que la bactériologie permettait de prévoir ce que les cliniciens ont réellement observé, qu'ici encore laboratoire et clinique arrivent par des voies différentes aux mêmes conclusions, qui en acquièrent de ce fait un double prix.

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