‹ Les Infections Bronchiques Chez Le VieillardChapitre 12 sur 43 · VERT A · texte numérisé non relu

VERT A

À l'auscullation. — Râles. sibilants fins du côlé gauche, râles

Les deux temps de la respiration très es expiration très

lente et prolongée.

L'expecloration donne des crachals irés épais presque purulents non aérés.

I n'y a pas de fièvre.

Le 2 octobre. — L'état ne s'est pas cdi très dnéienL.

Les râles sont restés à pee près les mêmes. ie a aug PRO À

f | ONE RU ATEN } SARA SX : <

menté.

Cœur. — Normal. LSÉRE be SET ti SE \ # È ï 2 ES + ï $ F2 F. \ 4

Urines. — Pas d’albumine, mais urines Ju abondan!es. Examen bactériologique.. — Souris inoculée avec un centi- ‘

mètre cube de crachats, morte Mons neuf jours. re 4 de : L'ensemencement du sang et la méthode des’ plaques donnent

les résullats suivants. | ; Eat : :

Nombreuses colonies d’une forme coli- bacillairé 3 c'est” un + Ne

bacille mobile se décolorant par le Gram, donnant la réaction de

l’indoi. [1 donne surfa gélatine, que d’ailleurs il ne liquéfie pas,

des colonies bleuâtres.: £ Séite 48 8e AHIDAG SERRE

On trouve également quelques colonies de Slaphylocoque blanc. 14e

. Oesknvarion V (personnelle). à ie | SIDE -Bronchite à staphylocoques blancs et Dore avec duelques colonies 5 cle tétragene.. ASIN FA EE

Ü î f < gs À ; HREUSEETAN à

La nemmée Anna R..., domestique, âgée dé 89 ans. À Antécédents héréditaires. — Jnconnus, 7 ira MERE Antécédents personnels. — Bonne santé. Jusqu’à l’âge de 75 N ans, elle a eu simplement es fièvres dont elle ne peut déterminer la nature. jé D fl KORG TE IR

Elle est entrée à l’Hospice Général en 1835 comme infirmière, puis elle a été domestique et enfin depuis 15 ans elle est hospitalisée comme vieillard, PNR CPE

Il y a 15 ans elle eut une pneumonie dont elle fut très long=

CU

tous les jouts dans le: jardin. : L'appélit est conservé.

être ARE te nee

MAEre

temps à se remettre, et depuis il luiresta, dit-elle, une grande

facilité à contracter des rhumes,

Chaque année elle est atteinte d’une poussée SA de bronchile chronique, ou de pneumonie, à

Dans les! premières années, (out cessait pendant l'été, mais depuis quelque temps, la toux quoique diminuée pendant L'été

subsiste toute l’année.

Examen du male. - Je l’examine le 24 Roue

A ua percussion je trouve une sonorilé exagérée.

A l'auscultation. = Rôles müqueux accompagnés de râles Fi el sibilants sur tout le côté gauche du dos

A droite, on entend beaucoup moins de râls, seulement quelques râles. sibilan(s.

L’ inspiration est courle, la respiration prolongée. |

La toux est fréquente el grasse. Les crachats sont verdätres, très adhérents au vase. À k

Le cœur présente une dilatation du côlé droit.

. L'état général de la malade est bon, elle se lève el sort. ua peu

Le 1e' octobre. — Je: revois la malade el je trouve que les râles ronflants el sibilants ont disparu.

Les crachats sont blancs mais loujours visqueux.

Examen bactériologique. — [inoculation à la souris n'a pu

Sur les plaques ont Si de oué nombreuses de staphy-

Jocoques blancs et dorés et quelques colonies de tétragène,

SR 9D lues

Osservarion VI (personnelle).

Bronchite à staphylocoques droës et à formes coli-bacillaires.

La nommée Ch..., âgée de 76 ans, ménagère, est entrée à l’hô-

pital, le 26 juin.

Antécédents héréditaires, — Inconnus.

Antécédents personnels. — Elle n’a pas eu de maladie lan: s1 jeunesse. s

[ y a 9 ans, elle a contracté le choléra à Nantes.

À 52 ans, elle semble d’après sa description avoir été atteinte de paralysie labio-glosso-pharyngée.

Elle a commencé à lousser à Noël dernier. Pendant l'hiver, elle aurait élé atteinte de broncho-pneumonie. Depuis ce moment elle Lousse et crache surtout le matin.

Elle a des habitudes alcooliques.

Examen de la malade. — J'examine la malale le 24 septembre.

A l'auscultation. — Du côté droit, râles muqueux liss iminés du haul en bas de la poitrine.

Du côté gauche, râles sous-crépitants. | +

Percussion. -— Sonorité très exagérée. Respiration prolongée, enphysème.

le 30 septembre. — La malade semble plus fatiguée. Elé a un pou de fièvre, on entend à l'auscullation en plus des sigaes déjà indiqués des râles ronflants et sibilants disséminés partout.

L'expectoration est toujours abondante, les crachats sont épais,

peu aérés.

Le 4 6ctobre. — L'expecloration a diminué, la malade est

moins oppressée, il n’y a pas de fièvre.

À l'auscullation. — On entend du côlé droit, vers le milieu du poumon, des braits cavitaires com ne dans la dilatation des bronches.

Reins. — Urine non albumineuse mais peu UNE NL

Examen ot — Une souris inoculée avee un centimètre cube de crachats est morte après 48 heures. h

L'ensemencement du sang el la méthode des plaques ont per-

mis d'isoler :

De nombreuses colonies de staphylocoques dorés el quelques autres appartenant aux groupes des coli- bacilles.

Osservarion VII (personnelle).

Bronchite à pneumo-bacille de Friedlander à l’état de pureté.

Le nommé B..., âgé de 69 ans, est maréchal-ferrant. A ntécédents héréditaires. — Nuls.

Anlécédents personnels. — Très bonne santé dans l'enfance.

A 22 ans, il a eu seulement une pneumonie. Îl à depuis tou- Jours continué à travailler à son métier.

ll y a 6 ans, il fut atteint d’une bronchite au commencement dé V’hiver. Il resta alors 3 mois à l’Hôlel-Dieu.

Depuis cette époque, il est pris tous les hivers de bronchite avec poussées aiguës de temps en temps. Il est très facilement : oppressé. ju Le 15 septembre, — Il est pris de vomissements et ne dort

pas la nuit. Le lendemain, il a de la fièvre, des quintes de toux

très fréquentes, une inappétence absolue.

D De Ale ;

Examen du malade. — Auscultation. — En avant, on trouve la respiration un peu soufflante au sommet gauche. Rien au som- met droit. cu

En arrière, on perçoit des râles muqueux, mais pas de râles

ronflants, ni sibilants.

Percussion. — Normale. Pas d'emphysème.

Expectoration. — Crachats bien aérés, blancs, non visqueux. L’appétit est bon, il n’y a pas d’amaigrissement.

Examen bactériologique. — On inocule un centimètre cube de crachats à une souris le 1°" octobre, elle meurt le 5. L’ensemencement du sang et la méthode des plaques révèle

l'existence du pneumo-bacille de Friedlander à l’état de pureté.

OgservarTion VIII

Service du Dr Monnier.

Observation due à l’obligeance de son interne M. Bureau. Bronchite à staphylocoques dorés à l’état de pureté. :

Le nommé Jean Jan. âgé de 80 ans, a exercé autrefois la profession de marin. Il est entré le 8 mars à l’Hospice Général après avoir passé dix-sept jours à l’'Hôtel-Dieu. Il y était entré pour la faiblesse de ses jambes, faiblesse, qui, dit-il, daterait de la guerre de Crimée où il aurait eu les pieds gelés.

Il accuse des habitudes d’alcoolisme. Ila eu plusieurs bronchiles. dans le cours de ses traversées, surtout dans les dernières années.

A son entrée le 8 mars, il toussait beaucoup et expeclorait des crachats épais et verts assez abondants.

A l’auscultation il présentait les signes physiques de la bronchite,

— SD — Le malade avait une leinte subictérique, le foie était volumineux.

Le {& avril. — La poussée aiguë de bronchite a cessé, et alors succèdent tous les signes de bronchite chronique. Sa vue baisse sensiblement. | On remarque qu'après le coucher du soleil il ne peut plus disünguer les objets.

On l’examine et on trouve qu'il est atteint d’héméralopie. Urines, normales.

Le malade sort de l’imfirmerie, guéri de sa poussée aiguë.

Examen bactériologique. —— Une souris blanche est inoculée avec un centimètre cube de crachats, elle meurt après 3 jours. L'ensemencement et la méthode des plaques n’ont permis d'isoler que des staphylocoques dorés à l'état de pureté.

Il est bon de noter ici que cornme dans beaucoup de staphylococcies, l’évolution de cette bronchite à staphylocoques a été d'une bénignité (rès grande et d’une guérison rapide.

OBssrvarion IX

Service du Dr Monnier.

Observation prise par M. Bureau, interne.

Bronchite à forme coli-bacillaire et à bactérium-termo. :

Le nommé Del... est âgé de 77 ans. [l est entré à l'infirmerie

de l'Hospice Général se plaignant uniquement d’une extrême

faiblesse dans les membres ; faiblesse qui augmente, d'ailleurs, depuis quelques jours. Il toussait un peu, atteint du reste depuis plusieurs mois de bronchite chronique.

Examen du malade. — A l’auscultation de la poitrine, signes de bronchite et d’emphysème. Les jambes ne sont pas œdématiées, il n’y a pas de température.

L'examen des urines ne dénote pas d'albumine. [l n'y à rien

au cœur.

Traitement. — Repos, 10 grammes de teinture de kola par jour. Térébenthine à l'intérieur. \ | Les jours suivants, le malade va beaucoup mieux.

| Quatre ou cinq jours après on le trouve le matin très oppressé,

se plaignant beaucoup.

L'examen reste négatif. La nuit suivante il meurt subitement.

Aulopsie. — Cerveau. — Sain.

Poumons. — Très emphysémateux, un peu de congestion aux \ ) # bases.

L’emphysème a gagné le üissu cellulaire du médiastin et la cou-

che située sous la plèvre pariélale. Il n’y à pas de dilatation bron-

chique. Dans quelques ramifications des bronches on trouve un

peu de pus.

| ji Cœur. — Enorme, hypertrophié en masse, surtout au niveau

du cœur droit. Les piliers sonttrès développés. Les valvules sont saines. Les valvules sigmoïdes de l'aorte commencent à s'indurer, mais pas au point que leur libre jeu en fûl compromis.

Une couche de tissu graisseux très épais entoure les oreillettes.

L’aorte dilatée porte quelques plaques d’athérôme., Foie. — Un peu cirrheux, crie sous le scalpel.

Reins. —- L'un d'eux semble moins malade que la plupart des reins séniles que nous voyons tous les jours.

Ils sont de volume normal. La capsule s'enlève difficilement, la couche corticale est légèrement plus épaisse que de coutume.

Une ou deux pyramides ont perdu la netteté de leurs contours. L'autre est franchement alleint, et sa décorlication difficile. La couche corticale est épaissie, plusieurs pyramides ont disparu. On aperçoit par places des plaques jaunâtres dues à la dégéné-

A LA à ro 2 De NP NO PA ES PPT PRES, DRAP AL CREME 4 à Ÿ AN A

rescence. Le malade malgré l’absence d’albumine dans ses urines

semblerait avoir succombé à une 2nsu/ffisance rénale.

Examen bactériologique. — L'ensemencement et la méthode des plaques donnent les résullats suivants.

Colonies de bacilles à forme coli-bacillaire, ct bacterium {er'Ino.

OgBservarTion X (personnelle).

Bronchite avec nombreuses colonies de streplocoques, quelques colonies de staphylocoques citreus, quelques colonies de gros diplobacilles. - | è

Le nommé Ber..., âgé de 60 ans, chef d'orchestre.

Anlécédents héréditaires. — Le malade prélend que ses parents et ses arrière-parents ont toujours été sujets à des bronchites. Il les a, dit-il, toujours vus toussant et crachant. Son père. était un vieux bronchitique qui avait de plus une dilatation du cœur droit et qui est mort en asystolie. ct

Antécédents personnels. — 11 a joui d’une excellente santé jusqu’en 4870 où il a eu une fièvre typhoïde très grave à forme ataxique. Sa convalescence a été très longue et pénible ; elle a duré un an. |

Dans l'hiver qui a suivi il a eu sa première bronchite, et depuis tous les ans au commencement de l'hiver il a une nouvelle poussée, qui d’ailleurs se calme après quelques semaines sans que le reste de la saison soit mauvaise pour lui.

Examen du malade. — X] est tombé malade cette année, dans les premiers jours d'octobre 1895.

Il n’a jamais présenté de fièvre, mais il a eu dans les premiers

jours des accès d'oppression tels qu'il ne pouvait ni parler ni.

rester couché dans son lit. Au bout de quelques heures, l'accès se termine par une toux pénible, quinteuse ei uue expectoration aboadanie, mais sans caraclère spécial. Les crachais sont blancs et bien aérés.

Depuis, il passe des nuits assez bonnes, mais e matin il a des quintes répélées qui d’ailleurs ne se reproduisent pas dans la journée. L'oppression cependant ne disparaît pas complètement pendant le jour et le malade a une certaine fatigue à suivre une conversation un peu animée. è

L’auscullation révèle une respiration longue et prolongée.

Du côté droit on entend des râles sibilants, surtout vers le milieu et la base du poumon.

Du côté gauche, des râles muqueux et sous -crépitants. Percussion. — Sonorité exagérée révélant de l’emphysème.

Cœur. — Rien:

L’appétit du malade est'assez bien conservé, et il peut vaquer à ses occupations. Il prétend toutefois que les longues séances de violon qu’il est obligé de faire le fatiguent beaucoup et lui causent de véritables accès d'asthme.

Traitement. — On lui donne un traitement à base de térében- |

tine. Potions et compresses sur le dos. Toniques.

Examen bactériologique. — Une souris blanche’est inoculée le 2 octobre avec un centimètre cube de crachats.

L’ensemencement et la méthode des plaques donnent les résullats suivants :

Colonies de séreplocoques ea très grande quantité. Quelques

colonies de gros diplo-bacilles liquéfiant la gélatine, enfin quel-

ques rares colonies de sfaphylocoques citreus.

OBservarTIoN XI (personnelle).

Hôtel-Dieu de Nantes. Service du D' Monnier. Bronchite à pneumo-bacille de Friedlander et à staphylocoques blancs.

Le nommé G... Pierre, âgé de 62 ans, est entré à l'Hôtel-Dieu, le 4 octobre 1895.

Antécédents héréditaires et personnels. — Impossibles à obtenir.

Ce malade est pour ainsi dire Lombé en enfance et ne peut fournir aucun renseignement.

Examen du malade. — Nous nous contenterons donc de constater les sympiômes du moment.

À son arrivée à l’Hôtel-Dieu, il présentait tous les signes d’une bronchite chronique.

L'’auscultation révele des deux côtés des râles muqueux très abondants et des râles sibilants. C’est un vrai bruit de tempête qui empêche l'auscultation du cœur ; aussi ne pourrions-nous rien affirmer de ce côté.

La toux et l’expectoration sont assez faciles.

Le malade n’a jamais présenté, pendant tout le cours de son séjour à l’hôpital, ni élévation de température, ni aucun accident aigu. |

Il est cependant oppressé, mais sans avoir de crises de suffocation.

Sa quantité d’urines est normale.

Examen bactériologique. — On inocule ua centimètre cube de -crachafs à une souris blanche, elle meurt après 36 heures.

L’ensemencement du sang etla méthode des plaques révèlent l’existence du pneumo-bacille de Friedlander ; on trouve aussi

trois ou quatre colonies de sfaphylocoques blancs.

it) —

Ossenvarion XII (personnelle).

Service du Dr Monnier.

.Bronchite à bacteriwm lermo et à staphylocoque blanc.

. Le nommé Doy.., menuisier, âgé de 59 ans, est entré à l’Hôtel-

Dieu le 1% octobre.

Antécédents hérédilaires. — Son père est mort à 49 ans, pro-

bablement d’une cirrhose, sa mère est morte à 75 ans.

Antécédents personnels. — 11 à eu une pleurésie en février Jusqu’alors il s'était très bien porté, mais depuis il a tous les

hivers plusieurs poussées de bronchite. L'été se passe très bien.

Il n’a d’accès d’oppression qu’au moment de ses bronchites, à .

moins qu’il fasse un travail trop violent.

A Vauscultation on n'entend que très peu de râlés du côté gauche, du côté droit ce sont surtout des râles humides.

Reins. — Il urine très souvent pendant le jour et pendant la nuit se réveille 8 ou 10 fois pour uriner. La station debout ou la marche déterminent un œdème des Jambes. En somme, il présente les symptômes cliniques d'une néphrile concomitante à sa bronchite.

Traitement. — Pilules de térébenthine.

. Potions à l'iodure de potassium.

Examen bactériologique. — On inocule un centimètre cube de crachats à une souris blanche le 12 octobre, elle meurt le 13 au soir. |

L'ensemencement du sang et la méthode des plaques donnent :

Des colonies de bacterium lermo et de staphylocoques blancs. - ”

sui

Vs CO

Osservartion XIIT (personnelle).

Bronchite à pneumocoques et à diplo-bacille indéterminé.

La femme Cau.…, veuve, âgée de 69 ans, est entrée à l'Hôtel- Dieu, le 6 octobre 1895.

Antécédents héréditaires. — Nuls.

Antécédents personnels. — Eîle a eu une bonne santé dans son enfance et dans sa jeunesse. |

Ilya 4 ans, elle eut sa première bronchite qui lui dura tout l'hiver. Il y a 3 ans, elle contracta une broncho-pneumonie pour laquelle elle entra à l'hôpital, elle y resta un mois. : - Depuis ce temps, elle a toujours toussé et craché.

A certains jours, elle étouife, dit-elle, dans son lit et est obligée de passer une partie de la nuit assise. |

Examen de la malade. — À l'auscultation. — Râles muqueux “humides à gauche ; à droite, on entend de plus quelques râles

sibilants. En avant, nombreux râles sibilants.

A la percussion. — Sonorité normale en arrière, en avant

sonorité exagérée.

Cœur. — Dilatation du ventricule droit.

Pas de fièvre.

Nous la revoyons huit jours plus tard, l’élat s’est amélioré, la malade se promène et sort dans le jardin, les râles ont diminué,

mais n’ont pas disparu, il y a moins d’oppression.

Examen bactériologique. — Une souris blanche est inoculée avec un centimètre cube de crachats, le 10 octobre ; elle meurt le 14.

.- — 2 — L’ensemencement et la méthode des plaques donnent les résultats suivants :

Colonies de pheumocoques et de bacilles courts liquéfiant la gélatine. | |

OgservaTION XIV

Bronchite à coli commune. cr Observation de M. Duflocq (Archives générales de médecine).

Le bacille coli commune a son habitat normal dans l'intestin, mais On à montré aujourd’hui qu’il peut former des colonies dans d’autres organes. Les premières recherches furent faites sur le cadavre et on crut alors à une dissémination posé mortem, mais bientôt on reconnut que pendant la vie, ce bacille pouvait se retrouver dans les points les plus variés de l'organisme.

Le cas de M. Dufloq offre cet intérêt que les symptômes cliniques, hypothermie, aspect cholériforme et la terminaison fatale peuvent être mis sous l’infl uence exclusive de ce microbe.

M... M:..,au commencement de juillet, s’est fait une fracture de l’humérus en tombant dans son escalier. Un mois après, le malade avait récupéré une grande partie de ses mouvements, mais alors le malade prit froid pendant une sortie en voiture et se mit à tousser. L'état général déjà éprouvé, à la suite de l’accident relaté plus haut, devint plus mauvais. La nutrition se faisait mal, le malade toussait par quintes longues et fatigantes. Il y avait un peu d’élévation de température le soir sans que le thermomètre montât au-dessus de 38°, et très rarement de 38°,5. Jamais il n’y a eu 39%,

Au point de vue stélhoscopique, il y avait eu au début dans la partie moyenne du poumon gauche en arrière des signes de con-

gestion broncho-pulmonaire et de bronchite, mais la lésion était

LS

FACp ee SA

restée très limitée. Quant à l'expectoralion, son abondance a: toujours persisté. L'examen bactériologique des crachats a été fait à plusieurs reprises sans donner de résuliat au point de vue de la recherche du bacille de Koch.

Parmi les antécédents, il faut relever une dyspepsie gastrointestinale avec crises de diarrhée qui datait de plus de vingt ans pour le traitement de laquelle le malade avait fait des saisons à Plombières et à Pougues. Cette dyspepsie avec des périodes d'aggravation et d’accalmie avait toujours persisté et avait fait du malade un sujet débile et affaibli. 5 . Le 18 septembre. — Le malade présente l'aspect suivant :

Très amaigri, élat squelettique, voix cassée depuis 4 à 5 jours, il ne peut parler qu’à voix basse, yeux excavés, extrémités refroidies, la peau a perdu son élasticité, et notamment sur le dos des mains et sur le ventre, le pli fait à la peau ne s’efface pas. Pouls faible et très rapide, 110 pulsations. Battements du cœur réguliers. Depuis une huitaine de jours, la température se ient entre 36° et 37° le soir. Toux fréquente. Expectoration abondante, d'aspect puriforme et d'odeur nauséabonde.

L'examen du poumon dénote de la submatité à la partie

moyenne du poumon gauche ; râles sous crépitants nombreux

avec exagération du retentissement vocal ; dans le reste des deux

poumons, râles disséminés de bronchite. Les battements du cœur sont précipités et faibles, sans arythmie ; à diverses reprises il y a eu menace de syncope surtout quand le malade se déplaçait. Depuis ce matin, il y a eu expectoration d'environ 200 grammes de liquide purulent, verdâtre, fétide, formant une masse homogène au fond du crachoir.

Le 21. — Même élat, sans changement, même dépression

générale, persistance de l’aphonie, de la tachycardie, du refroi-

1 f < dissément, de la perte d’élasticité de la peau. L'état pulmonaire

n’a pas varié ; le malade conserve toute sa lucidité d'esprit, il se

trouve faible.

Pie Le 23. — Je vois le malade en consultation avec le D' Hérard, à qui j'aunonce le résultat des recherches bactériologiques et je lui dis qu'à mon avis, le pronostic est très mauvais. M. Hérard constate tous les signes mentionnés plus haut. Le pouls était à 120, la température toujours au-dessous de la normale. Le 23. — Je remets à M. Chaumel son malade dont l’état n’a pas changé. ; - Une dizaine de jours plus tard, j’apprenais qu’il venait de suc=

comber.

Examen bactériologique. — L'examen de l’expectoration a toujours été négatif au point de vue de la recherche du bacille

tuberculeux.

Une partie de ce liquide puriforme, examinée au laboratoire et inoculée sur une dizaine de tubes d’agar, donne une culture presque pure de coli commune mêlée à quelques séaphylocoques

blancs.

Page 1