‹ Les Infections Bronchiques Chez Le VieillardChapitre 14 sur 43 · SL · texte numérisé non relu

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Observation. — Dame de 70 ans, rhumatisante, chronique, goutteuse, coliques hépatiques dans les antécédents, présente un peu de diabèle (6 à 12 grammes par litre) ; bien portante en somme ; un peu de catarrhe chronique pendant l'hiver.

Le 18 février 1891, elle me fait appeler pour un rhume datant déjà de quelques jours ; elle a eu froid et a été prise de mal de têle suivi de sensation de froid, puis de malaise avec un peu de chaleur à la peau : elle s’est mise à tousser, Elle se plaint actuellement d’une sensation de chaleur derrière le sternum. Depuis la veille, elle présente une expectoration d’un blanc mousseux, un peu collante et assez difficile à détacher ; à l'examen quelques râles ronflants et sibilants peu abondants mais disséminés.

Le 20. — Le malaise est plus accentué, elle se plaint d’op-

pression ; elle a eu de la fièvre. 38°, 5 s. ; 38° m.

Pouwmons. — Toujours râles sonores peu abondants, mais aux bases il exisle des râles sous-crépitants assez nombreux ; la percussion dénote pourtant une sonorité normale. |

Le 21. = Même état.

Le 22. — Douleur épigastrique ; malgré les cataplasmes sinapisés, l'état local persiste, le même. Toujours ua peu de fièvre ; pas de sommeil la nuit, expecloration un peu plus opaque, muco-purulente, mais toujours un peu peu visqueuse.

Le 24, -— La langue est blanche, il y a de l’endolorissement dans la région épigastrique, le foie ne dépasse pas le rebord des fausses côtes, mais la palpation est douloureuse.

Un peu de coloration ictérique des conjonctives ; le faciès est tiré, il y a de l'abattement.

Le 25. — Même état local ; les râles pulmonaires persistent sans augmenter, les râles sous-crépitants sont plus nombreux à la base droite qu’à la base gauche; l'abattement est plus marqué ; la nuit dernière, il n’y a pas eu de sommeil ; un peu d’agitation.

Le 26, — Je constate la présence de pneumocoques nombrèux

dans les crachats.

M. Millard vient en consultation le 28 février, il constate une

simple “bronchite avec râles prédominants à la “base droite, accompagnée de congestion légère du foie.

T raitement. — Eau de Vichy Häuterive, continuer les révulsifs sur le thorax et sur le foie. |

Le 1* mars. — Douzième jour de la maladie, il est manifeste que la malade à dépéri; je note l’amaigrissement, la pâleur de l facé; les yeux sont tirés; la malade se plaint beaucoup, elle continue à avoir un peu de fièvre sans que la tempéraiure ait dépassé 38°, 9. Locälement, mêmes signes pulmonaires.

L'état local contraste avec l'état général qui est préoccupant ;

la malade d’ailleurs est inquiète ; il faut l’aider pour qu’elle se

remue dans son lit. L’expectoration persiste muco-purulente; elle est plis abondante le matin, les efforts qu’elle nécessite s’accompagnent de nausées. Te

Le 4. — Il y a encore des pneümocoques dans les crachats, la malade a du dégoût absolu pour la nourriture même liquide, bouillon et lait.

Le 10. — Depuis deux jours le malaise est moins grand, elle dort mieux la nuit. :

Le 19, — Il n'y a plus de râles à la base gauche; à droite on constate quelques râles sous-crépitants dans l'inspiration qui suit la toux. |

Le 13. — L'amélioration s’acceritue, les signes locaux ont diminué, pas de fièvre, la malade se sent mieux. Toujours même

expectoration, elle ne contient plus de pneumocoques.

A partir du 20, l'amélioration a progressé lentement, elle peut |

se lever pour qu’on fasse son lit; l’expectoration se borné à

quelques crachats le matin, elle recommence à manger, mais

peu.

du pp Le 6 avril. — Elle reste levée de 2 à 5 heures, il n’y a plus rien dans les poumons, encore quelques crachats. Revue le 22 et le 28, elle est guérie, mais reste faible avec un appétit languissant. ;

Elle n’est remise complètement qu’à la fin de mai. P

Si maintenant nous jetons un coup d'œil d'ensemble sur cette série de 15 observations accompagnées de leurs résultats bactériologiques, nous pouvons constater ce qui suit :

Le streptocoque S’est rencontré trois fois dans les bronchites chroniques, il faut ajouter qu'il était toutes les fois accompagné d’autres bacilles.

Le staphylocoque a été isolé cinq fois, et jamais seul.

Le slaphylocoque doré s’est trouvé trois fois avec d’autres bacilles, et une fois à l’éfal de pureté.

Les formes coli-bacilluires ont été nombreuses, quatre fois et jamais seules. |

Le tétragène, une fois.

Le pneumo-bacille de Friedlander à ètè une fois à l’état de pureté.

Le baclèrium-lermo, deux fois, mais toujours en même

temps que d’autres bacilles.

Le pneumocoque trouvé une fois à l’état de pureté. Un diplo-bacille encore indéterminé rencontré une fois. Le slaphylocoque cilreus, une fois.

Enfin, on a vu une fois un bacille court liquéfiant la

gélatine.

Tels sont les germes que nous avons décelés dans nos

15 cas de bronchite chronique,

Il serait illusoire de prétendre que d’autres microbes ne seront pas ultérieurement isolès de l'expectoration du vieux catarrheux.

Notre but, du moins, nous semble dtoiat) Noise nous étions, en effet, proposé dans ce chapitre de démontrer par Panalyse des faits que la bronchite chronique des vieillards était provoquée par des germes, hôtes fréquents, on pourrait dire constants de la muqueuse bronchique chroniquement enflammée et souvent dilatée.

Nous voulions, en second lieu, rechercher si les microorganismes des bronchites chroniques du vieillard n’étaient pas le plus souvent ceux que nous retrouverons dans les chapitres suivants, comme ayant étè l’origine - des autres infections bronchiques (forme fétide, gangrèneuse, broncho-pneumonique, infectante ou non), dont nous aurons à parler. L’exposè des faits va nous démontrer que nos recherches expérimentales sont, à cet égard, nettement affirmatives. La preuve bactériologique vient ainsi confirmer ce que l’anatomie pathologique, et même la clinique, nous autorisait à penser.

C’est là ce que nous désirions mettre em lumiére, et non pas comme on aurait pu le supposer, une classification des bronchites chroniques analogue, par exemple, à celle que des travaux plus nombreux ont permis d’établir pour les broncho-pneumonies (1). Pour en arriver à une classification vraie et rationnelle, il faut attendre de nouvelles observations, d’autres recherches expérimentales que le temps ne nous a pas permis d’aborder.

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